RIMINI
Samedi^ 30 mai.
Rimini en latin Ariminum^ est une ville très antique, qui ne manque pas de célébrité; elle compte aujourd'hui 17,000 habitants. Il y en a qui la font remonter jusqu'aux compagnons d'Hercule; d'autres avec plus de probabilité tirent son nom de la rivière Ariminus, aujourd'hui Marecchia, qui l'arrose à l'ouest. VAiisa la baigne à l'est. Il est certain qu'elle est plus ancienne que Rome de quatre cent quatre vingt cinq ans et qu'elle devint une colonie romaine avant la première guerre punique, l'an de Rome 485, sous les consuls P : Sempronius Sophus et Appius Claudius, après que ceux-ci eurent défait les Picentins. Rimini fut au nombre des vingt-deux colonies, qui dans la seconde guerre punique furent d'un grand secours aux Romains. Elle fut comprise dans la Gaule Cisalpine, avant qu'il eût plû aux Romains do faire du Rubicon les bornes de cette province. Les Romains avaient fortifié cette ville et en avaient fait une place d'armes, pour empêcher les incursions fies Gaulois. C'était là aussi que s'as.somblaient les généraux des armées romaines et où ils avaient coutume de recevoir les ordres qu'ils devaient exécuter dans leurs départements.
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Rimini fut sujette aux Romains jusqu'à l'arrivée des Lombards en Italie et continua d'obéir aux exarques de Ravenne, tant que ceux-ci conservèrent leur puissance. Elle subit de nouveau le joug des Lombards et fut comprise dans la donation de Ravenne, de l'Exarchat et de laPentapole,que Pepin-le-Bref,roide France, fit au saint Siège; elle resta sous la domination des Papes, jusqu'à ce que les derniers rois d'Italie, issus du sang de Charlemagne, s'emparèrent de la plus grande partie du domaine que cet empereur et le roi Pépin son père avaient donné à l'Eglise romaine. Plus tard Rimini passa sous la domination des premiers empereurs d'Allemagne, rois d'Italie et; vers i002,Othon III en nomma gouverneur un Malatesta. On trouve peu de choses remarquables de ses descendants jusqu'en 1348, qu'un membre de cette même famille fut élu seigneur d'Arlione. Celui-ci laissa trois fils -. Massin, Pandolfe.ct Galeotte. Ce dernier s'étant fait donner par le Pape Clément YI l'investiture de Rimini, rentrée depuis quelque temps sous la domination de l'Eglise, y joignit les seigneuries de Jési, de Césène et de Cervia. Ses descendants se maintinrent dans la seigneurie de Rimini, comme gouverneurs de l'Eglise, jusqu'à Pandolfe, fils naturel de Robert, que César Borgia en chassa. Après la mort du Pape Alexandre VI, Pandolfe rentra dans Rimini ; mais s'étant rendu un objet de haine pour ses sujets il vendit la ville aux Vénitiens, qui, battus par les troupes de Louis XII, roi de France, la vendirent à l'Eglise.
Pandolfe et son fils Sigismond y rentrèrent en 1 522, mais n'y restèrent que jusqu'à l'arrivée du Pape Adrien VI en Italie l'an 1527. Tandis que Charles-Quint tenait le Pape Clément VII dans le château Saint-Ange, Pandolfe s'empara de Rimini ; mais il alla se réfugier et mourir à Ferrare après que le Pape eut fait la paix avec l'empereur.
A la décadence de l'empire de Constantinople, Rimini essuya le même sort que les autres villes d'Italie; ses fortifications furent rasées. Sigismond Pandolfe Malatesta les releva, et fit de la ville
280 SOUVENIRS DITALIE.
une place forte ; aujourd'hui elle n'est plus entourée que d'une simple muraille.
Prosternons nous encore dans ce lieu ; baisons avec respect cette terre de gloire; car elle a bu le sang des martyrs, sous le règne du trop fameux Constance, le bras droit de l'Arianisme. Dans le concile de Rimini saint Gaudence, évéque de cette ville, réfutait avec sa logique de fer tous les arguments astutieux d'Ursace et de Valens. Il triomphait ; mais il paya de sa tète sa constance et sa piété. L'empereur le fit égorger par les licteurs du proconsul.
Rimini a conservé beaucoup de monuments de son antique gloire. A la façade de l'hôtel de ville se lit cette inscription.
G. C.ÏSAR. .MGLSTI. F. COS. MAS. OMNES. ARIMMS. TER
On sait que la voie Flaminienne se terminait à Rimini et cette inscription désigne sans doute une réparation générale des voies romaines faite sous lempire d Auguste et achevée à cette ville.
A la porte saint Julien on admire encore un beau pont, qui réunit la voie Flaminienne à l'EmiUenne et le faubourg à la ville. Ce pont est jeté sur la Marecchia. On l'appelle aujourd'hui Pont san Guiliano ; c'est lun des quatre qu'Auguste fit construire sur la voie Flaminienne; les trois autres sont : celui de Narni, d'Otricoli et le Ponte Molle. Ce superbe monument, un des mieux conservés parmi ceux qui restent encore de l'antiquité, a environ deux cents pieds de long, sur trente de large ; il est percé de cinq arches de grandeur différente, dont quatre sont anciennes; la cinquième parait être moderne. L'architecture, d'ordre dorique, est simple, mais noble. La corniche n'est pas surchargée dorncments. Tout le pont est en marbre blanc.
Il parait par les inscriptions qu'on y voit et qui se sont fort bien conservées, qu'Auguste n a pas été le seul qui ait fait travailler à cet ouvrage : l'empereur Tibère y a aussi contribué, soit qu'Auguste
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l'ait laisse imparfait, ou bien que Tibère ait été obligé de le faire restaurer : c'est ce que nous apprennent les inscriptions suivantes :
CiESAR. DIVl. F. AUGUSTUS. PONTIFEX.
MAXIM. COS. xnii.
IMP. XX. TRIBUNlTIiE. POTE.'^TAT XXXVIl. P. P.
TI.CvESAR. DlVl. AUGUSTl. F. DIVl. iV- Ll. N. AUGUSTl. PONTIF. MAXIM. COS.
un. IMP. VIII. TRIB. POTEST. XVII.