‹ Souvenirs d'un aveugleChapitre 73 sur 90 · Partie principale de la pirogue · texte numérisé non relu

Partie principale de la pirogue

Rima, ou arbre à pain.

Pomme-d'amour.

Corde qui lie les pièces de la pirogue.

Présent quelconque.

Non; je ne veux pas.

Mais.

Liqueur dont on se frotte les cheveux.

Pagne des fenimes.

Casque des guerriers

| sandwichiens.

| Eventail.

vider

s'assied

| Bois avec lequel on frappe l'écorce du mürier-papier pour

Atéa.

Véri-véri, Touno.

Touno-toé.

Ohou.

Péa.

Ebou.

Pépeïahou.

Toa.

Oulou. Eeia.

Aa.

Macana.

Ahoré.

Tourina.

Paroro,

Paitouiloui.

lé.

Péai, Leourou, Mahourou.

faire des étofles. Eié.

NUMÉRATION | Dix. Oumi.

Onze, Oumi-koumou- makaï.

Douze. Oumi-koumou-maroua.

| Treize. Oumi-koumou-macorou, etc.

Vingt. Kanaroua. | | Trente. Kanakorona. |

Bois sur lequel on frappe.

Raisin.

Melon.

Calebasse recouverte.

Marteau de pierre.

Feu.

Pourpier.

Arc.

Flèche.

| Bout de la flèche.

Grande Sagaïe.

Bois pointu comme un fuseau qui sert à un jeu.

Natte.

Banc.

Malle.

Bouteille carrée.

Bouteille ronde.

Carafe de verre blanc.

Gobelet.

An.

Mois.

Premier jour du mois.

! Bon, c’est bien, c’est

bon.

Femme.

Bonjour; je vous aime bien.

Demain.

Tatouage.

| Quarante.

Cinquante.

Soixante.

Soixante-dix.

Quatre-vingts.

Quatre-vingt-dix.

Cent.

Ek-koua.

Makaou.

Poa.

Okéou-inai.

Poachou, Poatou.

Ai.

Agounigouni.

Toaié.

Poua.

Mamané.

Mamané.

Ouléi, Toaié.

Mouhéna.

Noo.

Poua.

Lapalapa.

Omoré.

Omoré-anéané.

Ti-ia-anéané.

Makahilé.

Ma-ina, Tairo. Co.

Meitei.

Ouainé.

Aloa, Aro-ha.

Abobo.

Cacaou, Tataou.

Kanaa,

Aroua Kanaa, Aono Kanaa.

Aïkon Kanoa.

A-ouarou-kanaa.

Aïva-kanaa.

On voit, par ce petit vocabulaire, que la langue des Sandwichiens est formée en grande partie de mots com-

posés; mais il est bon de faire observer que presque tous ces mots sont terminés par une petite aspiration que J'aurais pu figurer par un h, et que tous les insulaires de cet archipel changent à volonté le À en 4, ou le Len k,

ainsi que l> en /, où l'£ en r. J'ai remarqué que leurs chansons parlées étaient moins rapidement récitées que

leurs autres discours.

NOTE 1 Les vents alizés.

(Page 16)

Dans la plus grande partie des régions équatoriales, on rencontre constamment un vent d'est, auquel on à donné le nom de vent alizé. Un phénomène aussi régulier devait se rattacher à des causes permanentes; l'explication admise le fait dépendre à la fois de l’action calorifique du soleil et de la rotation de la terre.

Pour concevoir le transport des masses d’air qui résulte de ces influences combinées, il faut se rappeler d'abord qu'au contact d’un corps fortement échauffé, l'air s'échaufte Ini-même ; qu'en s'échauffant il devient plus léger, s'élève et commence à former ainsi, au-dessus du corps chaud, un courant ascendant; qu'enfin ce courant s’alimente sans cesse au dépens de l'air plus froid qui, de toutes parts, afflue vers sa base et s'élève en se dilatant à son tour.

Voila donc, par la seule présence du corps chaud, une inpulsion donnée, un courant établi. Supposons, maintenant, qu'à une certaine hauteur, l'air échauffé rencontre une surface froide, il se refroidira bientôt, et, devenu plus dense, il retombera; il ira former, à quelque distance du courant ascensionnel, un contre-courant dirigé de haut en bas; il pourra même alors, de la région inférieure, être ramené vers le foyer calorifique, qui agit comme un centre d’aspiration, et, s'échauffant de nouveau, il circulera sans cesse dans la courbe fermée qu'il aura parcourue une premiere fois.

Toutes les circonstances dans lesquelles un mouvement circulatoire de l'air s'établit sous nos yeux, d'une manière continue, dans un espace fermé, toutes ces circonstances existent à la surface de la terre, mais cette fois dans des proportions énormes.

La zone échauffée qui déterminera par son contact avec les couches inférieures de l'atmosphère un courant ascensionnel, ce seront les régions équatoriales, formant autour de la terre une large ceinture, et frappées dans toutes les saisons par un soleil également ardent.

La surface froide qui forcera ce courant à se déverser, en se refroidissant, de part et d'autre, des tropiques vers le sol des climats tempérés, ce sont les couches supérieures de l’atmosphère dans les régions élevées où règne, même à l'équateur, un froid perpétuel.

Mais à mesure qu'entre les tropiques il s'établit un courant ascensionnel d'air échauffé par le sol des grands continents, l’air plus froid des zones tempérées vient, en rasant Ja surface de la terre, remplacer les couches qui s'élèvent.

Et l’air de la surface des zones tempérées est remplacé à son tour par le déversement des couches refroidies dans les hautes régions de l'atmosphère.

Ainsi s'établit des deux côtés de l'équateur, et d’une manière permanente, une double circulation.

Le seul vent qui semblerait, au premier coup d'œil, résulter de ce transport de l’air à la surface de la terre, ce serait un vent qui, de chaque pôle et dans des directions contraires, soufflerait sans cesse vers l'équateur, € est-à-dire un vent de nord dans l'hémisphère boréal, un vent de sud dans l'hémisphère opposé.

Et cependant, ce transport de l'air du nord et du sud vers | l'équateur n’est que très-peu sensible; il vient en quelque sorte se perdre dans le transport bien plus rapide qui nous parait entrainer l’air des régions équatoriales de l’orient à | l'occident.

; Comment se rendre compte de ces mouvements qui semblent s’accorder si mal avec les données que nous avons admises ?

C’est à la rotation de la terre qu’il faut demander le reste de l'explication.

La terre tourne sur elle-même : en tournant, elle entraine l'atmosphère qui l'enveloppe et la presse. Chaque portion d'air, en quelque sorte adhérente au sol par le frottement, acquiert promptement toute la vitesse du sol, et cependant, si elle ne la possède pas d’abord, il lui faut un certain temps pour l'acquérir.

Mais la vitesse du sol, qui résulte de la rotation, est trèsdifférente suivant les diverses latitudes.

Qu'on se figure une boule tournant autour d'un de ses diamètres; les extrémités de cet axe diamétral seront en repos, le grand cercle, dont le plan lui est perpendiculaire, prendra le mouvement le plus rapide. Ainsi, sur la terre, un point de l'équateur décrit, en tournant, environ sept lieues par minute; à la latitude de Paris, nous ne parcourons guère que cinq lieues dans le même temps. Les pôles de meurent inmobiles.

Ce que nous venons de dire de différents points du sol, est également vrai de l'air qui les touche.

Ainsi, dans chaque minute, l'air à Paris, l'air des régions tempérées, parcourt deux lieues de moins que l'air, que le sol des régions équatoriales.

Mais si, en se transportant vers l'équateur, par l'effet de la circulation qu'excite la chaleur solaire, l'air des régions tempérées conservait cette énorme infériorité de vitesse: parvenu entre les tropiques, chaque point du sol le devan= cerait de deux lieues par minute, dans le sens de la rotation de la terre, c’est-à-dire d'occident en orient. Chaque point du sol frapperait l'air et paraitrait en être frappé, comme si, la terre étant immobile, un vent d'une épouvantable violence soufflait dans la direction opposée, dans celle que semble suivre en elfet le vent alizé, de l’est à l’ouest.

C’est ainsi qu'emportés dans la direction même d'un vent peu rapide, par une voiture qui le devance, nous croyons que l'air qui nous frappe est poussé vers nous en sens con- Lraire de son véritable mouvement.

Et telle est aussi l'explication du vent alizé.

Seulement, au lieu de cette énorme rapidité de deux lieues par minute, le vent alizé n'offre qu’une vitesse médiocre. On aura déjà compris qu'il doit en être ainsi, pour peu qu'on ait songé que l’air des régions tempérées n'arrive que lentement à l'équateur, que successivement et dans tout le trajet, le frottement sur le sol diminue la différence de vitesse de l'air et des parallèles terrestres qu’il vient traverser,

Par un raisonnement semblable, on arrive à conclure que le courant supérieur qui ramême l'air des couches élevées de l'atmosphère équatoriale vers la surface de nos climats tempérés, doit tendre constamment à produire des vents d'ouest. C'est, en effet, dans nos climats la direction du vent la plus ordinaire. Mais un grand nombre de causes accidentelles, qui n'existent pas dans le voisinage de l'équa-

teur, masquent fréquemment, chez nous, la partie régulière du phénomène.

Après avoir lu cette explication, peut-être s’étonnera-t-on de nous entendre annoncer que les vents alizés peuvent être encore l’objet d'importantes recherches ; mais il faut remarquer que la pratique de la navigation se borne souvent à de simples aperçus dont la science ne saurait se contenter. Ainsi il n'est point vrai, quoi qu'on en ait dit, qu’au nord de l'équateur ces vents soufflent constamment du nord-est, qu'au sud ils soufflent constamment du sud-est. Les phénomènes ne sont pas les mêmes dans les deux hémisphères. En chaque lieu ils changent, d’ailleurs, avec les saisons. Des observations journalières de la direction réelle, et, autant que possible, de la force des vents orientaux qui règnent dans les régions équatoriales, seraient donc pour la météorologie une utile acquisition.

Le voisinage des continents, celui des côtes occidentales surtout, modifie les vents alizés dans leur force et dans leur direction. Il arrive même quelquefois qu'un vent d'ouest les remplace. Partout où ce renversement du vent se manifeste, il est convenable de noter l’époque du phénomène, le gisement de la contrée voisine, sa distance, et, quand on le peut, son aspect général. Pour faire sentir l'utilité de cette dernière recommandation, il suffira de dire qu'une région sablonneuse, par exemple, agirait plus tôt et beaucoup plus activement qu'un pays couvert de forêts ou de tout autre nature de végétaux.

Sur la mer qui baigne la côte occidentale du Mexique, de Panama à la péninsule de Californie, entre 8° et 22° de latitude nord, on trouve, comme nous l’apprend le capitaine Basil Hall, un vent d'ouest à peu près permanent, là où l'on pouvait s'attendre à voir régner le vent d'est des régions équinoxiales. Dans ces parages, il sera curieux de noter jusqu'à quelle distance des côtes l'anomalie subsiste, par quelle longitude le vent alizé reprend pour ainsi dire ses droits.

D’après l'explication des vents alizés la plus généralement adoptée, il doit y avoir constamment, entre les tropiques, un vent supérieur dirigé en sens contraire de celui qui souffle à la surface du globe. On a déjà recueilli diverses preuves de l'existence de ce contre-courant. L'observation assidue des nuages élevés, de ceux particulièrement qu’on appelle pommelés, doit fournir des indications précieuses dont la météorologie tirerait parti.

L'époque, la force et l'étendue des moussons, forment enfin un sujet d'étude dans lequel, malgré la foule d’importants travaux, il y a encore à glaner.

NOTE 2 Les ouragans.

(Page 51)

Jai dit quelques-uns des phénomènes météorologiques observés à l'Ile de France, au moment du terrible ouragan qui dévasta la colonie; j'ai cité des faits vrais, précis, je les ai appuyés par des noms propres; J'ai passé sous silence des catastrophes si extraordinaires, que la raison se refuse à les accepter, et, pourtant, J'ai appris qu'on m'avait accusé d’exagération. À cela que répondre? Je l'ignore en vérité. Toutefois, comme je veux qu’on me croie, comme ce qui est vrai pour moi est vrai pour tous, comme mes allures de franchise ne peuvent ni ne doivent être contestées, voici de nouveaux documents qui me viennent en aide, et contre l'évidence desquels toute contestation est impossible. La logique la plus sûre est celle des faits.

Je donnerai ici des détails authentiques sur l'ouragan qui dévasta la Guadeloupe le 26 juillet 1825.

Cet ouragan renversa, à la Basse-Terre, un grand nombre de maisons des mieux bâties. d

Le vent avait imprimé aux tuiles une telle vitesse, que plusieurs pénétrèrent dans les magasins à travers des portes épaisses.

Une planche de sapin d'un mètre de long, de deux décimètres et demi de large et de vingt-trois millimètres d’'épaisseur, se mouvait dans l'air avec une si grande rapidité,

qu'elle traversa d'outre en outre une tige de palmier de quarante-cinq centimètres de diamètre.

Une pièce de bois de vingt centimètres d'équarrissage et de quatre à cinq mètres de long, projetée par le vent sur un chemin ferré, battu et fréquenté, entra dans le sol de prés d'un mètre.

Une belle grille en fer, établie devant le palais du gouverneur, fut entièrement rompue.

Trois canons de 24 se déplacèrent jusqu'à la rencontre de l'épaulement de la batterie qui les renfermait.

J'extrais le passage suivant d'une relation officielle rédigée peu de jours après l'événement :

Le vent, au moment de sa plus grande intensité, paraissait lumineux ; une flamme argentée, jaillissant par les joints des murs, les troux des serrures et autres issues, faisait croire, dans l'obscurité des maisons, que le ciel était en feu.

Voici un aperçu des diverses opinions qui ont été émises depuis quelques années sur les grands ouragans.

M. Espy croit que le vent souffle dans toutes les directions possibles vers le centre des ouragans; il est arrivé à cette conséquence en discutant un grand nombre d'observations recueillies sur la côte des États-Unis. Les effets du tornado qui, en juin 1855, traversa un partie du territoire de New- Jersey, étaient parfaitement d'accord avec cette théorie. M. le docteur Bache, ayant suivi à travers le pays les traces du météore, trouva, en effet, à l’aide de la boussole, que les directions des objets renversés convergaient généralement, dans chaque région, vers un point central.

La théorie de M. Espy est complétement en désaccord avec celle que M. le colonel Capper, de la Compagnie des Indes, proposa en 1801; que M. Redfield, de New-York, a reproduite naguère en la perfectionnant, et qui vient d'être l'objet d’un mémoire approfondi présenté à l’association britannique, à New-Castle, par le lieutenant-colonel Reid.

D’après cette théorie, les grands ouragans des Antilles, des régions tropicales et de la côte orientale des États-Unis, seraient d'immenses trombes. M. Reid trouve que les directions simultanées des vents dans les vastes étendues de pays que les ouragans ravagent, concordent avec son hypothèse. Les journaux nautiques qu'il a pu discuter, provenant des divers navires dont së composait l’escadre de l'amiral Rodney en 1780, et du grand convoi escorté par le Culloden, qui, en 1808, fut presque anéanti dans le voisinage de l'Ile de France, paraissent aussi montrer que sur la limite extérieure du tornado, les vents, au lieu d'être normaux à un seul et même cercle, lui étaient tangents.

En point de fait, les observations sur lesquelles s’appuient, d'un côté, MM. Espy et Bache, de l’autre, MM. Redfield et Reid, ne pourraient se concilier qu'en admettant qu'il y a des ouragans, des tornados de plus d’une sorte.

Si l’on suivait lathéorie deces deuxderniersmétéorologistes, il faudrait accorder que la rombe-ouragan a quelquelois une base de sept à huit cents lieues de diamètre; que sa vitesse de propagation peul aller à huit lieues à l'heure; que celle de la rotation de l'air à la circonférence, ou, en d’autres termes, que la vitesse des vents tangents, est quelquefois de quarante lieues à l'heure.

L'observation singulière de Franklin, que les vents un peu forts ont quelquefois leur origine dans les points vers lesquels ils soufflent, se rattache parfaitement à la théorie de M. Redfeld. Rapportons, en tout cas, l'observation de l'illustre physicien américain. !

En 1740 on éprouva, à Philadelphie, vers les sept heures du soir, une tempête violente du nord-est, qui ne se fit sentir à Boston que quatre heures plus tard, quoique cette ville soit au nord-est de la précédente. En comparant ensemble plusieurs rapports, d'autant plus exacts que dans cette même soirée on avait observé une éclipse de lune dans un grand nombre de stations, on reconnut que l'ouragan, qui, partout soufflait du nord-ouest, s'avançait du sud-est vers le nord-est avec une vitesse de seize myriamètres par heure.

Une tempête semblable du nord-est fut observée de nouveau sur cette côte de l'Amérique, en 1802; elle commença à Charlestown, à deux heures après midi, et ne se fit sentir à Wasington qu’à cinq heures; à New-York, qui est plus

NOTES

septentrional que ces deux premières villes, elle commença à dix heures du soir, et w'atteignit Albani qu'au point du jour du lendemain. Dans tout cet intervalle, la vitesse par heure fut d'environ seize myriamètres.

J'imagine qu'on ne sera pas fâché de trouver ici les vitesses, déterminées par les physiciens, des diverses sortes de vents.

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