NOT£S
Quelle pourrait être la ville moderne qui aurait existé sur les bords de la mer Morte au point nommé Sebâan? Peutêtre me répondra-t-on que c'est Bennamerium ou Bennemarim. Puisque cette localité n*est désignée que comme un village, il ne faudrait plus alors qu'expliquer comment ce même village avait plusieurs kilomètres d'étendue. Tant que l'on ne m'aura pas rendu compte de cette dimension d'un village perdu sur les bords inhabitables en été de la mer Morte, je me permettrai de croire qu'à Sebâan j'ai foulé les décombres de la Seboïm de la Pentapole maudite.
NOTE a. — ZOUERA
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Le récit de la Genèse est positif. Zoar était à proximité de Sodome,et tellement à proxijnité, que Loth, échappant au désastre de la ville, partit au point du jour et entra à Zoar au moment où le soleil paraissait à l'horizon. Pour quiddnque a voyagé en Syrie, l'intervalle entre ces defix moments est bien connu, et Loth, qui s'enfuyait à pied, n'a pu parcourir que moins d'une lieue; or, au point même où les écrivains s'accordent à placer Sodome, il se trouve deux localités jonchées de ruines de ville, situées à trois kilomètres de distance l'un de l'autre. La première s'appelle Khar-
bet-Sdoum (ruines de Sodome), la seconde Kharbet-Zouera et-Tahtah (ruines de la Basse-Zouera). La première ville, placée sur le flanc d*une montagne de sel gemme, n'a puavoir de citernes ni d'eau de source ; elle n'a donc pu exister qu'antérieurement au soulèvement de la montagne de sel. La seconde garnit deux mamelons assez bas, entre lesquels passe l'Ouad-el-Zouera. Le texte biblique nous apprend que Loth insista auprès des anges pour qu'il lui fût permis de ne pas chercher un refuge dans la montagne, où la catastrophe pourrait l'atteindre et le faire périr, mais bien dans la petite ville de Bala ou Zoar. Zoar n'était donc pas dans la montagne, mais bien au pied, et la montagne ellemême devait être ébranlée et bouleversée par l'effroyable explosion volcanique qui détruisit la Pentapole.
A mi-côte, entre la plage de la mer Morte (plaine de Sodome) et le plateau sur lequel grimpe l'Ouad-ez-Zouera (ce plateau, à l'autre extrémité, donne accès à l'Ouad-et-Thaemeh), se trouvent les ruines d'un petit fortin de l'époque des croisades, et deux citernes creusées dans le rof;. Une espèce de grotte casematée, taillée dans le rocher qui fait face au château, est munie de meurtrières et semble avoir servi à flanquer le château lui-même. En. un mot, il y a là un système de défense de Vouad, établi probablement pour rançonner les caravanes et les voyageurs, peut-être par Renaud de Chatillon, sire de Karak, peut-être aussi par les souUhans mamelouks, ce qui semble peu probable, vu Tabsence de toute inscription arabe dans le petit fortin. Cet endroit se nomme Zouera-el-Fouqah (Zouera-la -Haute) ; il est bien clair qu'il n'a de commun que le nom de Zouera avec la ville biblique que j'ai indiquée tout à l'heure, et qui
SBO NOTES
a dû exister jusqu^à une époque assez rappi-ochée de nous, à en juger par les écrivains arabes et par les historiens des croisades.
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Lorsqu'on est parvenu à la crête de l'Ouad-ez-Zouera, on traverse une petite plaine à Textrémité ouest de laquelle on entre dans un ouad peu profond, mais horriblement tourmenté. C'est rouad-et-Thaemeh. Très- probablement je n'aurais fait aucune attention à cette localité, qui ne me présentait pas de ruines, si mes guides arabes ne m'eussent fait faire une halte de quelques instants au milieu du plus affreux chemin, pour me dire : « Nous sonjmes ici sur l'emplacement du marché d'Et-Thaemeh (Souq-et-Thaemeh). Il . y avait ici une ville qu'Allah détruisit dans sa colère, parce qu'elle était criminelle, et il n'en est resté que le nom. »
Avec cette tradition, que je ne demandais pas et qui me fut offerte, il ne fallait pas un grand effort d'imagination pour entrevoir la possibilité de rapprocher le nom moderne Et-Thaemeh du nom biblique Adamah.
De la sorte s'expliquait toute seule l'insistance de Loth à se défendre de monter dans la montagne pour y chercher son salut. Comme il lui fallait gravir l'Ouad-ez-Zouera, il
devait arriver, au terme de sa course, à Adamah, qui périssait en même temps que Sodome. Zoar, qui, placée entre les deux villes condamnées, fut épargnée, n'était ni dans la plaine ni dans la montagne. C'était en quelque sorte le seul point que la colère divine laissât comme refuge au patriarche, car il est au moins curieux de voir que les textes sacrés parlent d'un désastre qui atteint toute la plaine et la