GUERRE ARABE
Commandement des goams. — Courage arabe. ^ Position critiqué. — Retour d'und grande raula. ^ Petit eoup de mata sur les Cliouchaoua. ^ Les Nahdi au eombat* — Samou la vieux MeiLiLrazeni.
Jfe suis arrivé à cette partie brillante et prestigieuse de la ôàirlère des officiers des bureaux arabes, qui consisté dans raccomplissement par le moyen des forces irrègttlières Indigènes, ougoums, de certaines entreprises de guerre.
Ôoums, Combats, razzias, expressions magiques si puissantes sur rimaginatloti des jeunes militaires de TAl-
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gérie, représentent tout un ordre d'idées, nouveau pour les fonctionnaires de Tarmée, et qui est bien fait pour les séduire. Etre chargé comme capitaine, lieutenant ou môme simple sous-lieutenant, du commandement d'un goum; de plusieurs centaines de chevaux; avoir à remplir une mission lointaine et importante, telle que la punition d'une tribu où Tenlèvement de ses ressources; et seul, chef suprême, avoir à résoudre toutes les difficultés qui se présentent dans des opérations de ce genre; prendre des décisions sur les marches, les directions, la manière de vivre, de camper, de transporter le matériel, la politique à observer avec les populations amies, douteuses ou hostiles, Torganisation du goum lui-même, l'action directe à exercer sur lui ; et enfin, au-dessus de tout cela, avoir la possibilité d'amener une belle action de guerre que Ton dirigera soi-même à son gré, la facilité d'aller se mêler à la poudre la plus épaisse, de s'y baigner comme disent les Arabes, d'en rassasier ses yeux, ses oreilles et surtout son cœur ; ce sont là des tentations irrésistibles. D'autant mieux que les militaires qui ont déjà fait quelques campagnes, et assisté à des actions de guerre, savent par expérience que dans ces derniers cas ils sont fixés à un rang déterminé dont ils ne peuvent sortir, encadrés dans une troupe qu'ils ne doivent pas abandonner, et comprennent que la carrière du soldat est une affaire toute
d'un chef de bureau arabe. 189
de chance, que celui-ci attendra très-longtemps, peutêtre toute sa vie une occasion favorable de mettre son courage et ses autres qualités militaires en relief, tandis qu'un autre plus heureux aura eu diverses occasions en quelques années. Le commandement des goums, au contraire, donne lieu à beaucoup d'occasions, ou de facilités de les faire naître.
Et puis, cette vie de chef à Torientale a bien d'autres séductions encore; ce prestige extraordinaire dont on est entouré; cette soumission mêlée de dignité et qui va cependant jusqu'aux attentions personnelles dans l'intimité, des chefs et agents indigènes ; ces grandes et somptueuses tentes ; ces beaux chevaux ; en un mot, cette constante disposition du sujet musulman à garder pour lui toutes les misères et à reporter vers ses chefs toutes les jouissances ; ces sensations nouvelles pour nous ont un attrait qu'il est difficile de méconnaître.
Mais je crains que certains lecteurs ne sachent pas bien ce que c'est que le goum : quelques mots le feront comprendre.
De tout temps, les indigènes ont eu dans chaque tente des armes et des chevaux de selle munis des harnachements nécessaires. De nos jours, autour des villes et au milieu des tribus qui n'ont pas été troublées depuis longtemps, ces habitudes commencent à se perdre; les armes
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et les mcmtnreg de guerre deviennent rares : mais snf lei frontières, la lisière du Sahara et dans le Baharà lui* même, les anciennes coutumes subsistent dans toute leur rigueur. Dès le plus bas âge, le jeune musulman corn-» mence à jouer avec les armes et les chevaux; à quinzd ans, c'est un bon cavalier^ apte à faire le coup de feu, et dès lors jusqu'à soixante ans au moins^ il peut être ap« pelé chaque fois que la tribu a besoin de ses hommes de guerre^
Au milieu d'une population virile aussi bien préparée, le chef d'une tribu a donc bientôt trouvé^ lorsqu'il eu reçoit Tordre, et sans beaucoup gêner la population^ uû grand nombre de cavaliers prêts à le suivre*
Ces contingents font eux-mêmes porter & leur suite, sur des mulets de bât, leurs vivres et tout de qui lëUr eèl nécessaire pour camper.
Us sont réunis pour une expédition, uti coup de tnâiiii une opération déterminée, et rentrent ensuite dans leurs foyers.
C'est là une des obligations des sujets algérien^ envèrô l'autorité^ c'est un précédent que noUà aVOtts trouvé établi de temps immémorial dans les mœurs arabes.
Les contingents des tribus ou fractions de tribu, sont commandés par les cheikhs, caïds, aghas, qui sont, aomiue on le saiti des chefs Universels dans le pays. Là
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d'un chef dfi SVABAU ARABE. i9i
réunion de tous leê auxiliaires qui doivent accompagner une colonne ou agir Isolément, est mise sous le comman*» dément d'un grand personnage musulman, ou plus habi* taellement d'un officier du bureau arabe.
Tout groupe de ces cavaliers irréguliers, petit ougrand, 66t désigné sôus le nom de goum. On dit le goum de tel oheikh, qui n'a cependant que huit ou dit chevaux derrière lui, aussi bien que le goum du cald,'de Tagha, de rolBoier français.
C'est ici le lieu de placer quelques réflexions naturelle ment amenées par l'étude de la guerre arabe; les indigèûôs ont-ils du courage ?
L'affirmative n'est probablement aujourd'hui plusdou-^ tèuse, pour ceux qui ont suivi les détails de la guerre dé Crhnée; mais tant de gens et de ceux précisément qui, ayant séjourné en Algérie, sont à même de donner dea renseignementi sur ce pays, répètent partout que l'Arabe fuit toujours et n'a aucune valeur guerrière, que je croid utile de consigner nâes observations.
L'indigène a beaucoup de courage naturel, son âme bien trempée peut envisager sans faiblir les dangers les plus imminents, les preuves en sont partout dans la viô arabe. Sur vingt hommes réunis, prehez-en dix, quinze et faites-vous raconter, si vous en avez la patience, toute leur vie passée? vous serez étonné de cette série d'acci-