MONTALIVET
Le « marché, » le voici, tel qu'il fut formulé par Gros, sans doute d'accord avec M. Denon, et tel qu'il fut approuvé par le ministre. Nous le redonnons ici à cause de son importance dans l'histoire de l'œuvre, bien qu'il ait été déjà publié par Delestre, dans la vie du grand artiste, son maître :
« Je soussigné, Antoine-Jean Gros, peintre d'histoire, membre de la Légion d'honneur, m'engage, envers Son Excellence le ministre de l'intérieur, à peindre la calotte du dôme du Panthéon et à y représenter, dans la proportion de figures de quatre mètres, une gloire d'anges emportant au ciel la châsse de sainte Geneviève ; au bas, Clovis et Clotilde son épouse, fondateurs de la première église ; plus loin, Charlemagne, saint Louis, et, à la partie opposée, Sa Majesté l'empereur et Sa Majesté l'impératrice consacrant la nouvelle église au culte de cette sainte.
LES DÉCORATIONS DU PANTHÉON
« Je demande pour cet ouvrage la somme de trente-six mille francs, qui me seront payés en trois termes, savoir : douze mille francs, lorsque ma composition sera terminée et arrêtée par Son Excellence, et que je pourrai me mettre à peindre ; douze mille francs lorsque mon ouvrage sera avancé aux trois quarts, et les derniers douze mille francs lorsque, I'échafaud retiré, on pourra jouir de la vue du plafond.
« Il ne me sera fourni, pour m'en faciliter l'exécution, que le plancher actuel qui ferme l'ouverture de la première calotte. Tout autre ustensile, tels qu'échelles doubles, marchepieds, tréteaux, eic, etc., seront à ma charge, et je ne pourrai rien revendiquer pour leur payement ou loyer.
« Je m'engage à terminer cet ouvrage dans l'espace de dix-huit mois, si la calotte est fermée au premier janvier prochain ; et de deux ans, si elle ne l'est qu'au mois de juin [812.
« Paris, le i" août 181 1.
« Gros. »
• Approuve: Paris, le 9 août 181 1.
« Le ministre de l'intérieur, « Comte de l'empire,