‹ Souvenirs d'un enfant de ParisChapitre 12 sur 59 · UN BIFTECK AUX POMMES · texte numérisé non relu

UN BIFTECK AUX POMMES

visiteuse était restée dans l'encadrement de la porte, et elle regardait écarqiiillée le tableau de campement mohicanesque.

— Oh ! Que c'est drôle, fit-elle, en plein Paris ! Nous la priâmes d'entrer et de bien vouloir nous

dire l'objet de sa visite.

— Tout à l'heure. . . , rien ne presse !

Et sansétonnement ni questions, elle alla s'asseoir sur la balançoire pendue aux hêtres, seul siège qu'il y eut dans notre savane, où elle appela tout de suite le chat dans son giron.

— Oh ! que c'est drôle !... Continuez donc. .. C'est votre déjeuner que vous faites ?...

— Oui, madame.

— Et si le cœur vous en dit ? ajouta Zizi avec la dernière des ipiprudences.

Elle éclata de rire :

— ^lais, malheureux, vous ne savez même pas peler les pommes de terre !

Et, ôtant ses gants :

— Donnez-moi ra ! s'écria-t-elle.

Et ce fut à no're tour de nous ébahir. Cette élégante, cette inconnue, sur la balançoire mollement remuée, avec le chat sur les genoux, nous donnant une leçoft de cuisine élémentaire, Lancret et Chardin mêlés, n'était-ce pas extraordinaire?

— Ah çà ! mais vous les ciselez, madame. Elle sauta à terre :

— Et le bifteck, où est-il, le bifteck ?

Nous le lui présentâmes, et, pour le coup, elle se tordit de joie.

— Mais, mes pauvres enfants, ce n'est pas un Ijifteck !... Ce n'est même pas du bœuf î... Ah ! ah!

bonlr divine î C'est du veau, du simple veau, pour le maren^'-o, aux carolles ! Il faut quatre heures pour que ça cuise !

Alors, nous fûmes consternés, car nous n"avion> pas de carottes !

— Avec tout ça, soupirait Georges, vous oubliez de nous dire qui vous êtes, et nous ne songeons plus il vous le demander. Elle est bien bonne.

Elle pencha la tête, réfléchit un momenl, et, nous tendant les deux mains :

— Tenez, vous êtes trop gentils, avec vos vingt ans et votre bêtise d'artistes. Je vous emmène tous les deux. Venez.

— Où?

— Déjeuner à Bécon, chez Suzanne Lagier. La connaissez-vous, Suzanne Lagier ?

— De réputation, une célèbre comédienne ?

— Oui cherche une inèce, avec un beau rôle pour elle, c'est-à-dire pour moi, car je suis cette Suzanne Lagier. C'est Larochelle qui m'a envoyée vous voir.

— Ah ! Madame, que d'excuses.

— Vous m'avez invitée, je vous invite. J'ai là mon tilbury que je conduis moi-même. En route, mes poètes.

Quand nous revînmes de Bécon, le soir, nous avions une commande de drame, en collajjoration, mais nous ne trouvâmes plus le veau ; Bistu et Poinlel-Mrgule se l'étaient partagé, et les patates jonchaient la pelouse, objets de leurs jeux fraternels, autour de l'ancien jet d eau solitaire.

FRITZ R.4^MMERER

L'atelier de Léon Glaize était, il est encore, une salle immense de onze mètres carrés et disposée pour les vastes tableaux d'histoire et les compositions décoratives. Il est peu d'artistes de mon temps qui n'y aient hanté, au moins les jours de fêtes, car on s'y amusait, follement et personne n'était plus aimé que son hôte.

C'est là que se donnèrent, sous la direction de Léon Hennique, je crois, ces fameuses charades bibliques, où Guy de Maupassant et Paul Déroulède, entre autres, figurèrent comme comédiens improvisés et dans lesquelles il y avait des interprétations de l'Ancien Testament dont l'orientalisme plutôt hardi ravissait à l'extase ce grand enfant qu'était Gustave Flaubert. Certaine mise à la scène de l'histoire de Joseph vendu par ses frères, et où les chameaux jouaient un rôle prépondérant, (juoique muet, ont laissé à ceux qui y assistèrent hî souvenir d'un

" mystère » médiéval comme on n'en fait plus depuis le douzième siècle, môme en chambre. Maupassant y était prodigieux et Déroulède y tenait l'emploi de chamelier en chef de la caravane.

Quand on me demande d'où date le Xaluralismc, je nhésite pas à répondre qu'il est né chez Léon Glaize, peintre d'histoire, et que c'est Léon Ilennique, et non un autre, qui l'a tenu sur les fonts.

Il y eut aussi une arlequinade florianesque dont le Pierrot, bizarrement conformé par la nature, portait hyperl»oliquement derrière ce que l'on porte devant à l'ordinaire et était forcé de se présenter de dos à Colombine. Il en résultait des déclarations surprenantes et donl tous les gestes portaient sur un auditoire, malade de rire. Flaubert trouvait cela shakespearien, ni plus moins, shakespearien, et criait au grandissime comique I...

Le costumier de ces soties énormes, que Cadet venait régler, était Fritz K.-emmerer, dont le goût inventif pour l'habillement laissait loin l'art de Worth et de ses émules. Il possédait d'ailleurs une collection de frusques incomparable, précieusement serrées dans de vieux bahuts de sacristie et dont il étalait ces joui'S-là les richesses. Celui c|ui n'a pas vu Kremmerer, la cigarelle au bec, enrubanner, épingler, corseter, juponner, coilîer, chausser et fleurir les actrices de nos charades, d'ailleurs toutes des modèles, ne sait pas ce que c'est que de chilTonner. Il était, d'ailleurs, IloUandaiset fdsd'un serrurier d'Amsterdam, chez qui il me mena pendant une excursion <iue nous fîmes ensemble dans son pays, et il unissait à ses dons d'habilleur sans pair la précision méthodique et l'oi-dre ethiii(pie de sa race.

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Si Ton nous avait prédit, en ces heureux jour?, (jue ce délicieux compagnon, artiste favorisé des dieux et qui vendait déjà ses tableaux comme on vend de la galette, gai en outre d'une gaieté en dedans et « d'autant plus profonde », disait Georges Becker, oui, si une sorcière nous avait annoncé que ce grand sec, ivre de valse et qui en tenait le coup sans fatigue jusqu'à l'aube vermeille, se lasserait de la vie et se dégoûterait de sa chance même, au point de se suicider, sans cause, pour le plaisir, cette pythie eût été reconduite sous les huées, et Saint- Saëns, aidé d'Emmanuel Ghabrier, lui eussent, à quatre mains, plus le nez, composé sa marche funèbre.

Et pourtant, il en fut ainsi et Fritz Kœmmerer s'est tué. Un soir, dans le petit atelier, sous celui de Léon Glaize, où il vivait en célibataire endurci, il se pendit à son lustre, et on n'a jamais su pourquoi. A l'heure où j'écris, ses amis se le demandent encore. Et comme s'il voulait défier leurs conjectures, il légua toute sa petite fortune, tant en pécule, bibelots, collections et ouvrages, à une femme de ménage qu'il n'avait pas depuis un mois à son service. La plupart de ses costumes, robes et toilettes, garderobe de peintre sans prix, ont été d'ailleurs achetés à l'hôtel Drouot par Sarah Bernhardt.

L'âme humaine est décidément incompréhensible. Ses problèmes vont jusqu'au coq à l'âne. Le suicide de mon pauvre Kœmmerer reste, pour ceux qui l'ont connu, un rébus macabre dont aucun d'eux ne sera jamais l'OEdipe et Léon Glaize lui-même en jette sa langue aux chiens. A Amsterdam, quand il me con^ duisit chez son père, dans le long atelier obscur et

r.^mbrandlesque où il avait vu lo jour, j'avais été frappé de leur allilude réciproque, altitude à iallemande, sans expression extérieure, mais où, visiblement, leurs deux êtres vibraient d'une émotion intérieure qui les paralysait. Assis Tun devant l'autre, ils se regardaient en silence. Le père buvait des yeux ce fils, parti depuis si longtemps à la conquête de Paris, et qui lui revenait, pour quelques heures, célèbre, riche et francisé. Et le fils, un peu pâle tout de même, souriait à ce grand échalas à houblon de vieux ferronnier qui, à quatre-vingts ans, menait encore le petit marteau et la cisaille sans lunettes, les mains sûres et la pipe aux babines. Ils n'échangèrent que (|uelques mots, en néerlandais, s'embrassèrent, et ce fut tout. Mais je sentis bien que l'ancien était ce que mon ami aimait le plus au monde et, je ne sais pourquoi, à l'annonce de son suicide, le tableau de cette visite à Amsterdam s'évoqua tout de suite dans ma mémoire, par quelle corrélation, je l'ignore.

Fritz K?emmerer était- il de ceux que Maurice Barrés appelle des « déracinés » ; non assurément. Il était devenu Français tout de suite, comme on se rapatrie, dès son entrée dans l'atelier de Gérôme, et il y avait noué, avec Léon Glaize, une de ces amitiés infaillibles qui ne se délient que par la séparation mortelle. En outre, il avait retrouvé dans la famille de son compagnon tout ce qu'iT avait pu laissera Amsterdam, plus, en Mme (ilaize, la « maman Glaize », la sollicitude matei-nelle <jui avait, je crois, man(|ué à son enfance. Il était comme le troisième iils de cette femme admirablement bonne, dont le souvenir seul suffit à m'humecter les yeux. Pden de

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plus parisien que le peintre des Incroyables, en qui revivait un Debucoui't avec la grâce des maîtres du dix-huitième siècle les plus rafflnés. Sa souplesse de dessin était incomparable. 11 crayonnait une forme, comme l'araignée ourle sa toile, du bout acéré du graphite, entre deux boufl'ées de cigarette. Je me rappelle quil peignait avec des brosses fines, pointues, si rares de poils que nous les nommions des ({ cils de-z-yeux ». Je n'en ai connu d'aussi menues qu'à Bastien Lepage, et celles de Meissonier luimême étaient, en comparaison, des rats-de-cave à badigeon.

Lorsque dans les tableaux des camarades il j avait un motif à traiter d'architecture ou d'ornementation archéologiques, on allait chercher « Ksemme » et ses cils de-z-yeux. Il arrivait avec ses deux petites boîtes, dont l'une était, sa boîte à clous, atavique, pour retendre les châssis, s'ils n'étaient pas tendus à son gré, et en deux paquets de cigarettes, il exécutait, sans appui-main, le motif archéologique. Ce fut ainsi que dans une toile immense et champ-demarsienne de Georges Becker, Respha défendant ses fds contre tes vautours, le bouclier de l'une des potences où se tordent les suppliciés fut improvisé au cil de-z-yeux par notre habilleur des charades bibliques. J'ajoute, en vue de postérité, que toute la base de la dite potence est de ma propre palette, ou plutôt d'un pot de tons mêlés où, le soir, Becker raclait la sienne. Il n'y avait qu'à prendre un couteau flexible et qu'à cimenter, comme à la truelle, pendant que Léon Glaize, docte aux formes humaines,, achevait, de-ci de-là, des bras, des jambes et de& coins de torses ébauchés. Il est vrai que douze por-

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leurs herculéens atlendaienl dans la cour le momenl de transporter au Salon, qui s'ouvrait le lendemain, cette toile démesurée, dont KtTmmerer, de son petit marteau, assurait encore les quatre angles. D'ailleurs, elle Y ameuta les foules et la potence y eut sa part de gloire, elle criait de vérité. Comme la critique d'alors l'attribua à Léon Bonnat, je la réclame, dûment.

NousTavions ainsi surnommé parce qu'il réalisait, au physique, l'idéal de l'albinos noir, s'il y a, de cette race, un idéal ? Les cheveux crêpés en touffes de laine, les lèvres lippues, une myopie extravagante et ce rire éternel des héliophobes, dont, seul entre eux, le lapin est privé, et pour cause.

Mais il signait Ernest Lavigne. Il reste parmi les septuagénaires beaucoup dq Parisiens qui Font connu, car il termina sa vie directeur d'un grand journal du soir de la Mlle Lumière.

D'autres, — les poètes, — l'appelaient aussi « le zarnbre », parce que cela leur fournissait une bonne rime en : ambre, et elles sont assez rares.

C'était Georges qui me l'avait amené à mon pavillon ternois. Le « zambre » était son labadens de Sainte-Barbe et le grand fort en thème de sa classe. Il avait décroché une à une toutes les timbales du mât de cocagne sorbonnique, même, si ma mémoire n'y défaille pas, celle de la rue d'Ulm, qui, elle, ne

î;U S0UVE.MI{S 1) UN ENFANT DE PARIS

rime à rioii cl il élail latiniste consommé. Il venait (.railleurs de publier une traduction du De naiurâreriim de Lucrèce, excellente, et un volume de vers, détestable, car le génie souflle où il veut, et TUniversité ne fait pas de poètes.

Dans les collèges de VAlma Parens, Ernest Lavignc était légendaire. On s'y contait l'histoire de sa visite au proviseur de Sainte-Barbe le jour où il avait cueilli, comme une mouche sur une vitre avec la main, le grand prix de discours latin au concours général.

Il faut vous dire que le nègre blanc ne se connaissait parenté d'aucune sorte et que ledit proviseur lui constituait toute famille. Il lui avait été conduit à dix ans par un grand larbin galonné, muni d'une lettre missive, qui avait illico versé l'annuité totale de sa pension et qui d'ailleurs, et depuis lors, revenait chaque année opérer le même versement. Sur ce mystère de son enfance, dont la clef était sans doute celle même de sa naissance, Ernest Lavigne n'a jamais rien su, ou rien dit, à nous du moins. Tout ce qu'il en confiait aux plus intimes était qu'il avait certainement vu le jour à Naples, et qu'il avait le Vésuve dans l'œil, comme les Suisses le Mont Blanc et les Japonais le Fusiyama.

Donc, lorsque le bon proviseur de Sainte-Barbe lui annonça son triomphe cicéronien au grand concours, le « zambre », qui riait de tout et toujours, devint subitement assez grave.

— On va me nommer sur Pesti-ade de la Sorbonne, dans les palmarès, les journaux même, et tout le monde ainsi apprendra que je suis une épave sociale ?

— Que vous importe, mon cher enfant ?

— Ça peut me gêner, pour un riche mariage, par exemple. Adoptez-moi.

— Je ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Parce que tout s'y oppose, et les lois et les dieux.

— Alors, je refus<:; la palme et la gloire. Je ne monterai pas embrasser le ministre de l'Instruction publique, ou bien...

— Ou bien ?

— Ou bien, puisque je ne suis né nulle part, faitesmoi naître à Paris.

Et on le fit naître à Paris, vingt-deux ans après sa naissance.

C'était l'une des choses dont il se tordait le plus, quoiqu'il n'y en eût pas dont il ne béât de ses trentedeux dents éburnéennes, sous le binocle d'albinos.

Je n'ai connu personne d'aussi sceptique, et, tranchons le mot, d'aussi sincèrement amoral que ce traducteur de Lucrèce, mais il faut bien avouer, quand on y songe, que tout l'excusait d'être tel et que la société n'avait rien fait, ou pas grand'chose, pour développer en lui le sens du bien et du mal, ni même lui en régler la différence. Plus tard, pendant la Commune, quand devenu quelque chose comme inspecteur militaire de l'ost municipal, le pince-sansrire faisait passer, au tableau noir, des examens d'arithmétique aux têtes de l'état-major confédéi'é, cette blague formidable exprimait à elle seule toute la philosophie qu'il avait acquise à l'exercice des humanités. 11 avait appris le peuple dans Tacite et Juvénal comme il avait appris la famille parmi les lazzarones napolitains en allant chercher, à la nage, au

fon<l«le leau, les demi-lires que les Anglais y jellenl.

Aussi son entrée dans la vie lui avail-elle été comme pente huilée dans une porte ouverte, et lad<''esse chère à Lucrèce l'avait-elle conduit tout de suite dans le velours et la soie. Il n'en sortait guère que pour aller donner des leçons de latin à ceux qui les prennent en chambre plutôt que sur les bancs de collège et paient le maître en conséquence. Grâce à ses diplômes, il en avait à revendre, et il rentrait faire de mauvais vers parce que les muses n'aiment pas les sceptiques.

Le « zambre », ou nègre blanc, était d'ailleurs doué d'une attraction particulière sur les bourgeois. Il les aimantait par son rire, d'abord, de métis à la rigolade, et, ensuite par son érudition scolaire, où se signe pour eux la supériorité intellectuelle. Il en traînait toujours à ses trousses et sa joie était de les produire chez les bohèmes. Dès la première visite il nous en apporta un admirable, et, je dois le dire, excellent homme, et voici comme il nous le présenta :

— M. X..., grand morutier du Havre de Grâce, millionnaire, mon ami.

Et se tournant vers moi, qu'il n'avait jamais tant vu :

— Il brûlait de te connaître. Je lui ai fait acheter tous tes ouvrages. Il veut des dédicaces.

— Qu'à cela ne tienne, m'étais-je écrié, et je m'élanrais déjà vers l'encrier.

— Oh ! pas si vite, je l'ai invité à déjeuner chez toi.

— C'est un grand honneur, salua l'armateur avec une conviction désarmante.

— Il est pour nous, bêla Zizi en me lonranl un coup d'œil éperdu que le « zambre » comprit au vol.

Le déjeuner était sept fois impossible pour des raisons dont la plus évidente était que notre vaisselle n'était même pas lavée de la veille. L'office ne nous en était rendu que dans la journée par la concierge de la villa, « quand elle avait le temps )>. Hélas î elle n'avait pas eu le temps depuis trois jours, et malgré le zèle du chien Bistu et du chat Point-et-Virgule, les « sèvres » dépareillés qui constituaient notre service demeuraient encombrés de coquilles, soit d'œufs durs, soit d'escargots, décoratives assurément, mais « vécues », comme disait Georges. Nous en montrâmes au nègre blanc le navrant champ de bataille. Il en fut extasié.

— As-tu une serviette ? me demanda-t-il.

— Propre ?

— N'importe.

II y en avait deux douteuses. Le « zambre » les prit) alla à l'armateur, les lui tendit, et, lui désignant les assiettes pleines de reliefs et de rogatons :

— Gagne tes dédicaces, lui cria-t-il.

En vérité, ce bourgeois était, quand j'y pense, un bon être. Il accrocha Tune des serviettes à la sangle de sa culotte, empoigna l'autre, et il lava la vaisselle !...

— Au moins, toi, fit, en l'embrassant, Ernest Lavigne, tu n'as pas le million bête ! Et à présent, des homards et des femmes !...

Huit jours après, nous recevions du Havre un^panier de morues superbes, et ce fut dans notre bohème le temps fameux de la brandade î

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