LE « THÉÂTRE » DE THÉOPHILE GAUTIER
H n'est point de poète qui ne se soit essayé au théâtre et qui, malgré l'opinion reçue, n'y ait réussi. La scène est du domaine des Muses. Ceux i|u'elles n'ont point marqués au front peuvent, au mi lieu de la confusion régnante des métiers, surprcndr<> un instant la faveur publi(|u<' et même illusionner la critirjue, rien d'eux ne survit à l'engouement dont ils bénéficient par aventure et le succès même les abat.
Si l'art dramatique est un art, et il est cet art, c'est précisément en ceci qu'il n'est et ne peut pas être une profession. On n'apprend pas à faire une pièce, et l'erreur énorme de l'Oncle, comme aulant celle des Neveux, fut de croire, hélas I et de prêcher, qu'il y a des règles, une norme, des procédés, une tradition aristotélique pour la composition d'une comédie ou d'un drame. H n'y en a pas, et c'est ici une besogne où chaque ouvrier se forge son oui il luimême. Si c'est l»acine cpii sait le IhéAIre, c'est Sha-