UNE NUIT DE SANTIAGO
Le soleil venait de se coucher derrière les hautes montagnes des Cordillières qui dominent
van
rage
tilés
toute atmo
Le murn meur lonté
Le avait gress le mc de 801 son c
tm mm wm
la ville et la campagne de ses crêtes noires et chevelues ; la chaleur la plus accablante avait pesé sur la terre engourdie ; les panaches du cocotier, immobiles et ternes, semblaient s’affaisser sous le poids de leurs élégantes folioles ; le large parasol du bananier protégeait à peine les innombrables familles d’arbustes qui croissent au pied de sa tige filandreuse.
Un morne silence régnait dans l’air, silence menaçant, pareil à celui qui précède les épouvantables ras de marée de la plupart de ces parages, après lesquels on cherche sur la plage désolée les débris des navires et les cadavres mutilés des matelots. |
Le Chilien avait quitté sa case ouverte à toutes les brises, et respirait avec effort le lourde atmosphère qui l'emprisonnait.
Les récifs de la baie ne poussaient aucun murmure, la lame mourait sur le sable, comme meurt tout ce qui est sans énergie et sans volonté.
Le paille-en-queue, dont la visite est une joie, avait suspendu son vol et attiédi son cri d’allégresse..... Pas un nuage, à l’horizon, qui dit le mouvement ; pas un, qui, au zénith, protégeät de son voile contre les sueurs du sol menacé dans son opulence. (C’était une torpeur mille fois
plus dangereuse que ses violences et qui torturait également l’âme et le corps dont rien ne se faisait le protecteur.
Voici la nuit, nuit diaphane, balsamique, caressante, avec la mer qui se ride, les oiseaux qui gazouillent, les étoiles qui scintillent, les arbres et les fleurs qui s’épanouissent.
Voici la nuit, avec le sommeil que l’on sent venir, avec des caresses, avec des sourires aux lèvres, des pensées à l’âme : nuit fraîche et parfumée comme une jeune fiancée, nuit suave et poétique, baignée dans son mystère et son recueillement. Bénie sois-tu, Ô nuit de Santiago que les embrasements 4e la journée rendent plus harmonieuse ! Bénie sois-tu, Ô nuit, qui nous berce et nous enivre comme une tendresse de mère, comme un baiser de sœur, comme le souvenir d’un premier amour |
Au Chili, la nuit, tout s’agite, tout se colore, tout se peuple ; la nuit vous n'êtes jamais isolé ; vous appartenez à tout ce qui vous entoure, comme tout ce qui vous entoure est à vous : l’oiseau qui soupire, la feuille qui frémit, le flot qui murmure, le ruisseau qui s'échappe. Ce qui surtout vous émeut ici ; c’est la musique du silence que vous écoutez par tous les sens ; vous croyez entendre la brise mélodieuse s’échapper
de la charmille et courir c\ et 1}, sautillante, vagabonde comme un boléro catalan, ou se traîner capricieuse et mélancolique comme une élésie de Schuber. Ne changez pas de place pour vous balancer à toutes ces mélodies ; elles vienent à vous, ainsi que des visiteuses aimées, elles savent que vous les attendez ; et, souveraines courtoises du lieu, elles vous épargnent jusqu’à l’impatience du désir.
Les nuits du Chili ne se lassent jamais de leurs générosités, soit qu’elles se couronnent d'un ciel d’azur, soit qu’elles se voilent d’un crêpe chargé d'orage ; on se demande, au Chili, si, en effet, Véclair est une menace, et la foudre un châtiment.
8 forêts n’ont pas de colosses déracinés par le météore, les cases n’ont point de brèches ouvertes
‘par le glaive de Dieu. Aussi, la tempête qui
mugit, loin de donner l’épouvante, fait-elle présager des heures calmes et joyeuses pour le lendemain. Ici, la pensée chemine avec la vie ; et plus la brise est orageuse, plus vous visitez de sites et d’oasis, plus la nuit devient caressante et fraternelle. Elle noie les regrets, les désirs, les passions, les remords ; elle ferme les portes au sommeil, ce consolateur de toutes les infortunes. La nuit arrive, vous êtes égaré, vous entrez dans une case ; le repos y entre avec vous ; il
hetne SA EE on