PRÉDICTIONS DE DESBAROLLES
rapidement décuplée, par suite de l'extension de la ville. Un incendie détruisit une partie de Cliicago ; on reconstruisit bien la ville, mais du côté opposé à celui où étaient situés les terrains de M""" Nilsson.
M'"^ Christine Nilsson, qui est assurément une grande artiste, n'est pas douée des qualités qui sont indispensables aux spéculateurs : elle avait acheté les terrains de Chicago sans les voir, comme elle avait acquis le château de Jonsac sans y avoir mis les pieds ; ce château, qu'elle avait payé 140000 francs, et qui, lors de la liquidation Houzeaud, fut vendu aux enchères pour la somme de 40000 francs.
N'ayant plus, et pour cause, beaucoup de conlianccdansles terrains incultes, M'"^]Nilsson, toujours sans les voir — ça paraît être une manie, — plaça un million de francs (hins des propriétés de rapport à Boston. En Amérique, les villes brûlent sans raison connue; elles (lambent comme des allu-
110 SOrVKNlIlS D l'.N IMIMU:SAin().
int'Ilos (jiii ne soraionl pas de la régie française. Donc lîoslon hrùla el lincendic dévora les maisons de M'"" Nilsson.
Elle était pourlani h'anqnille, la diva, car elle avait l'ail assurer ses pr()j)riét,és; mais les compagnies d'assurances américaines, surtout à cette époque déjà éloignée, n'étaient pas toujours plus solides que les maisons. La prudence de M"'" Nilsson fui déjouée, la compagnie d'assurances ayant fermé ses bureaux et sa caisse h la suite de l'incendie de Boston.