PRÉDICTIONS DE DESBAROLLES
FOLIE ET INCEND lE
Desbarolles, examinant la main de Cliristine Nilsson, lui annonça que beaucoup de contrariétés et de diffirullés dans sa vie auraient deu.v causes principales : la folie et Fincendie. Cette prédiction étrange devait se réaliser.
A New-York, un fou poursuivit la diva pendant plus d'une semaine. Le malheureux était convaincu ([ue les paroles d'amour que Marguerite adresse à Faust
lui étaient destinées. 11 (''lait persuadi' (|ue la Nilsson ne roixardait que lui dans la salle. rha([ue l'ois que, dans la rue, il apercevait Nilsson en voiture, il courait après ré(jui[)age, en envoyant des baisers à celle qu'il appelait sa Marguerite.
Un soir que M""^ Nilsson recevait, au moment où son salon était rempli, la porte s'ouvrit brusquement; c'était le fou qui se précipita sur la cantatrice en s'écriani : <( Marguerite, embrasse-moi! »
L'aspect du personnage était si efTrayant que pas un des invités de M""^ Cbristine Nilsson ne songea à la protéger. Ce fut ellemême qui dut se dégager de l'étreinte de cet homme et qui de ses mains le remit à la police.
Devant cette passion ou cette folie, ce <jui est à peu près la même chose, la cantatrice ne se senlil ])as le courage de l'equérir une condamnalion ; elle demanda seulement que son Iroj) ardent adorateur
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ne soit pas laisse en liberté tant qu'elle séjournerait à New-York.
Au tribunal où fut traduit cet individu, s'échappant des mains des agents qui le gardaient, il s'efforça de nouveau d'approcher de son idole, dont il embrassait le bas de la robe avec frénésie.
IVP" Christine Nilsson eut à subir les obsessions d'un second fou. C'était à Chicago. Un pauvre diable d'étudiant était devenu amoureux d'elle, et il en perdit la tête. Il était décidé à épouser Nilsson et sollicitait sa main dans des lettres brillantes auxquelles naturellement on ne répondait pas.
L'étudiant ne renonça pas à ses projets, ([u'il tenta de mettre à exécution de la manière suivante :
Il vint un jour, dans un ti'aîneau superbement attelé de quatre clievaux, chercher sa fiancée, at'tirmait-il, pour la conduire à l'église. Jarrett, qui s(î trouvait alors avec la diva, usa d'un sti'atagème assez adroil
108 SOUVENIRS 1) UN IMFMIESARIO.
pour se débarrasser de cet insensé. « Vous êtes en relard, lui dil Jarrell, el M"'iSilsson vous attend au Tennple. »
Le troisième fou, celui qui juslilie entièi-enienl la ])ré(liction de iJesbarolles, c'est M. Auguste liouzeaud, le mari de M'"' Misson, mort, comme Ton sait, dans une maison d'aliénés et ^dont le krach avait causé la douloureuse situation; ce n'est [)eul-étrepas tout à fait exact, si Ton admet que le principe de la folie soit héréditaire; le krach a pu déterminer, mais n'a pas du causer la démence de M. A. Rouzeaud ; avant lui, deux membres de sa famille avaient déjà été atteints de la terrible maladie à laquelle il a succombé.
A deux reprises différentes et par suite d'incendie, M" (Ihrisline Mlsson perdit des sommes importantes.
La première perte fut de 100 000 francs. La cantatrice avait acheté des terrains à r.hicago, terrains dont la valeur devait être