EN AMÉRIQUE ET E.\ NORVÈGE
lion de francs, plus 350 000 francs, montant (le sa part proportionnelle dans les recettes au-dessus de 20 000 francs.
Maurice Strakosch a toujours regretté de ne pas s'être retiré des affaires à ce moment. Il prétend que ce regret est sincère, mais il est permis de douter qu'un homme de sa trempe puisse se décider à l'inactivité, si doré que soit un repos dont il ne se contentera jamais.
Les recettes de ces deux saisons américaines ont été en moyenne de 30 000 fr. par soirée et représentent plus de G millions ; en dehors des sommes versées à M"*" INilsson, il faut tenir compte des frais généraux qui sont considérahles dans un voyage avec une compagnie de plus de cent personnes.
Les théâtres américains, par leur disposition, permettent des recettes que pai'fois l'on ci'oirail invraisemhlahh^s. 11 n'y avait alors (pi'un nomhre très restreintde loges; presque lonte la salle était divisée en stalles dont le
il4 S/)IVKNIHS I) [IN IMPRESARIO.
prix est de cinq dollars (25 IV.). Si anormal (111(3 [)araissc c(i l'ail, il est cependant (rime antlien[icit('î absolue, les bureaux de location, les bureaux pour la vente des billets le soir de la représentation n'ont pas été ouverts pendant les deux premiers séjours de M""" Nilsson aux États-Unis.
En 1871, Maurice Strakosch lit une troisième saison en Amérique avec ?silsson, acconq)agnée celte l'ois par Campanini, Capoul,Maurelet autresartistes en réputation. L'accueil du public l'ut le même et le succès artistique et linancier ne laissa rien àdésirer.
On remplirait un volume îivec les anecdotes ayant rapport à Texistence de Christine iNilsson, et nous devons choisir dans le nondjre celles (pii peuvent donner mie idée de la nature de la femme; sur l'artiste, il n'\ a rien à apprendre à personne.
Sm' \{) \)i)\\[ du navire qui l'emmenait la première l'ois en Améri(iue, un prêtre quêtait pour nue bonne (inivre (juelconque.
E.\ AMÉRIQUE Eï ES NORVÈGE. \iZ
La Nilsson n'était pas alors fort riche; cependant elle remit au solliciteur un chèque (le 25 livres sterling; on lui fit observer (pie l'aumône était grosse : « Bah ! répon- (^lit-elle, si je fais naufrage, du moins les pauvres n'y perdront rien. »
En 1875, on avait organisé à Londres, sous le patronage du Figaro, une représentation au bénéfice des inondés de Toulouse : .M"" Xilsson avait accordé son concours et elle avait de plus payé sa loge; lorsque le lendemain un des organisateurs de la fête alla la remercier de son appui, qui avait eu une si grande influence sur la recette, elle s'enquit du montant de cette recette qui s'élevait à 12 000 fr. Elle voulut aussi connaître le cliiffre des frais, lesquels diniinuaienl hi part des inondés de I 500 ïv. environ.
I^renant alors dans un petit sac de voyage I l'ois billets de 500 francs chacun, elle les remit à celui ([ui hii avait communiqué ces (li\eis renseignements :
110 SorVKMIJS I) UN IMPRESARIO.
— Tenez, dil-elle, |)rene/ donc cela, c'est (le rargçnt l'rançais sur le clianiie duquel je perdiais trop ru An^lelerre; envoyez-le à M. de Villeniessanl.
Ce moyen d'éviter une perte de change en faisant une bonne action n'est pas usuellement employé.
Dans le voyai^^e qu'elle entreprit dei*nièrement avec M. Strakosch, tournée si bien dirigée par Hobert Strakoscli, jeune imprésario qui marche sur les traces de son père, en Suède et en Norvège, la Nilsson eut une réception royale; et lors de son débarquement, on tira en son lion neur une salve de 101 coups de canon.
Ainsi que cela était déjà arrivé en Amérique, on ne pouvait avoir de billets pour les concerts: tout avait été acheté à l'avance. Cependant, afin de donner une satisfaction à ses compatriotes, la cantatrice avait pris rhîd)itude de se montrer au balcon de son hôtel et de chanter chaque soir en plein air.