‹ Souvenirs d'un impresarioChapitre 25 sur 44 · E>' AMÉRIQUE ET EN NORVÈGE. HT · texte numérisé non relu

E>' AMÉRIQUE ET EN NORVÈGE. HT

A Stockholm, cinquante mille personnes se pressaient sous les fenêtres de sa demeure située sur une place assez étroite. Dans un des coins de cette place se dressait un échafaudage d'une maison en construction ; les curieux avaient pris possession de cet échafaudage dont la solidité n'était pas à toute épreuve, et ils risquaient leur vie pour entendre M""^ Nilsson dans les refrains de leur pays.

Deux rues en face l'une de l'autre donnaient accès à la place, et la foule arrivant par chaque extrémité, il y eut sous l'échafaudage qui obstruait l'entrée de l'une des rues, une poussée terrible ; les flots humains se rencontrant en sens opposé vinrent se heurter l'un contre l'autre. Il y eut un écrasement épouvantable et l'on ramassa vingt morts et une centaine de blessés.

Le lendemain, M"''" Nilsson, qui n'avait pas vu la catastrophe dv son balcon, \isilait les hôpitaux, consohiiif les blessés;

lis SOUVENIRS u'i'N 1 .M IMl KS A lU ().

elle (lisli'il)iiii des secoiu's de toute natiu'e.

M"'" (lliristiiio jNilsson n'est pas moins indépendante que eourageuse. Un exemple entre mille de sa liberté d'allures.

A Vienne, en 1877, elle avait chanté Faust devant l'impératrice Elisabeth qui avait assisté à la représentation ; l'impératrice, pour complimenter l'artiste, la pria de venir la voir au palais le lendemain.

A]n*ès une heure de causerie, M""" Nilsson, qui, à la prière de l'impératrice, lui avait raconté l'histoire de son enfance, se leva pour prendre congé, contrairement anx règles de l'étiquette, avant (pic l'impératrice ne lui ait elle-même signiliè que l'audience était achevée.

L'impératrice engagea la diva à se rasseoir en lui disant : « Ne soyez donc pas si pressée, ^> c( la conversai ion se prolongea encore pendani une demi -heure. Puis l'impératrice se leva à son tour; celte fois, l'étiquette n'étail pas violée, mais les der-

Page 1