STRAKOSCH ET MADAME PASTA
l'étranger; pourrais-je voir M""* Pasta?
— Parbleu, répondit la jardinière, c'est bien facile, si je me retourne.
C'était, en efTet, AP" Pasta elle-même, dontlebonbeur consistait, lorsqu'elle avait terminé ses leçons, à soigner son jardin.
Avec sabienveillanceordinairCjM™'' Pasta accueillit le nouveau venu ; elle l'écouta et l'engagea à ne pas abandonner le piano, ajoutant : Demeurez près de moi ; je donnerai des leçons devant vous, et vous apprendrez alors ce que c'est que le grand art du cbant, ce grand art du chant italien, lequel, entre parenthèses, tend à disparaître aujourd'hui.
On sait que M"" Pasta n'avait qu'une rivale, M""" Malibran, et elle en parlait (oujours les larmes aux yeux, tant était grande son admiration pour celle si prémalurément enlevée à l'art. M"" Malibran «Icvail j)lus à son merveilleux génie el à son inspiration (ju'à l'étude, tandis (jue
«i SOUVKMUS l)'r.\ I.MI'RESARK).
M"" Pasia, au coulraire, avait du loul acqurlir, r\ elle eu ('onv(Miail; ainsi, pendani (•in(| ainuH's, seule, sans en parler à personne, elle Iravailla 1(^ Irille qu'elle ne possédai! j)as lors d(» ses débuts et que les niaîlres avaient déelaré qu'elle ne possédelail jamais. Kll(^ aiii\a à la perfection dans vv déliei(;u\ ornement du chant.
.Maurice Strakoscli comprit la valeiu'du conseil donné par une aussi haute autorité, il comprit également l'importance d'une proposition (|u'il accepta avecempressement, et il resta trois années auprès de M"" Pasta, apprenanl cette science qui lui a permis de former à son tour une élè\e comme M"'" Adelina l*atti.