‹ Souvenirs d'un impresarioChapitre 2 sur 44 · DÉBUTS DE MAURICE STRAKOSCH MADAME PASTA · texte numérisé non relu

DÉBUTS DE MAURICE STRAKOSCH MADAME PASTA

R 'après un dicton assez connu, on devient cuisinier et Ton naît rôtisseur; il pai-aît que, pour devenir imprésario, il l'aut naître arli^to e( enthousiaste : c'est ce (ju'affirnie M. Maurice Strakoscli qui a vu le jour dans une petite ville de Moravie et débuta en (|ualité de prodii^e. à onze ans, dans un concert donné à Brimn, où il exé-

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cula sur le piano mi concerlo de lluniinel. Cet illuslre compositeur tenait alors avec Mosclieles et Jlenry Herz la première place dans le monde musical, précédant Tabbé Liszt, comme talent et comme réputation. Le triomphe du jeune Strakoscli fut tel à IJriinn qu il put embrasser la carrière artistique dont ne voulait pas entendre parler son père qui ne croyait pas, suivant la loi commune, à la vocation de son fils.

J^endant quelques années, le petit prodij;e parcourut l'Allemagne, toujours acclamé ; à Vienne, il étudia la composition avec Sechter, le plus célèbre professeur de l'époque, maître de ïhalberg et de Vieux- Tcîmps. Cependant l'enfant était devenu un jeune homme qui rêvait autre chose que d'être un pianiste hors ligne ; Maurice Strakosch rêvait la gloire de la scène, il aspirait à devenir ténor î

Il obtint du directeur de l'Opéra d'Agram un engagement qui réalisait le ])lus vif de

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ses désirs, mais dont les conditions pécuniaires n'étaient point pour lui faire prévoir un brillant avenir. Le ténor d'Agram louchait 30 francs par mois, et l'étoile de la troupe était heureuse de ses appointements qui s'élevaient à la somme mensuelle (hî 100 francs. Nous sommes loin des cachets payés actuelloiuenL aux artistes.

(Cependant, malgré des frais plus que modestes, le directeur ne joignait pas les deux bouts, et le déficit augmentant sans cesse, il se trouva contraint de diminuer d'un tiers tous les émoluments de son personnel. Maurice Strakosch termina ceth^ saison d'Agram, mais, ne renonçant pas (Mîcore à son idée fixe, il résolut d'alh^r (Ml Italie se perfeclioiiiKM- dnns Tari du chant.

Il était porteur d'une lettre d'introduction |)ourM'"° Pasta: M"" l^ista avait alors environ cinquante ans; de sa beauté passée s'il ne restait aucune Irace, sur son visage

4 s(h;vJ':nirs d lin imprésario.

so lisail colle oxccssivo boulé (jui était le fond (lu caraclèro de la caiilalrice.

M"'" .liidilla Pasta, pour la([uellc Hellini avail composé la Sonnambula et Norma, retirée du théâtre. lial)itait une villa princière sur le lac de Corne, et donnait gratuitement des leçons de chant. Elle en agissait avec ses élèves d'une façon toute particulière et dont aujourd'hui on ne citerait pas beaucoup d'exemples. Elle dotait celles qui ne lui paraissaient pas devoir réussir au théâtre. C'était un moyen de les empêcher de suivre une carrière où ne les attendaient que des déceptions.

Lorsque Maurice Strakosch se présenta chez la Pasta, sa lettre à la main, un domestique le conduisit au jardin où une femme vêtue comme une paysanne était fort occupée à arracher les mauvaises herbes.

— Pardon, dit Strakosch à cette femme qui ne s'était pas dérangée pour Regarder

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