LA FREZZOLINI
La Frezzolini, succédant à la Pasta, à la Malibran, à M'"® Garcia Yiardot, à la Grisi, à Jenny Lind et à TAlboni, précédait la Palti et la Nilsson. Ce sont assurément les plus célèbres cantatrices de l'Opéra Italien, et il n'est pas facile d'attribuer à l'une d'elles une supériorité indiscutable sur les autres. Chacune a eu un mérite particulier que ne possédaient pas les autres, quoiqu'elles aient eu toutes des
qualités communes qui leur ont valu la souveraineté de l'art.
La Frezzolini, morte aujourd'hui, était fille de Frezzolini qui tenait au Théâtre Italien l'emploi des bouffes dans lequel il a laissé une certaine réputation.
En 1843, la Frezzolini, très jolie femme, grande et brune, chantait à Venise la Lacrezia Borgia^ Béatrice di Tendu, un opéra de Bellini qui n'eut de valeur que grâce à l'interprète.
Si la Frezzolini avait une imagination très poétique, son caractère était très romanesque : elle épousa le ténor Poggi, bon chanteur, mais homme brutal qui ne la rendit pas lieureuse, et qu'elle abandonna un beau matin, en lui laissant la petite fortune qu'elle avait amassée.
Avant d'être mariée à Poggi, la Frezzolini avait été fiancée àNicolaï, musicien de talent devenu chef d'orchestre du Théâtre Impérial de Vienne auquel on doit // J^eni-
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plarin et les Joypuaes Commères de Windsor. Il était en train d'écrire un opéra pour la Scala de Milan, lorsque son nuu'ia^c; l'ulur fui rompu. Il adorait la Frezzolini. La doideur qu'il ressentit de la perte de ses espérances alfecta son esprit, et son opéra fit un fiasco si complet qu'il renonça à la composition.
C'est pour la Frezzolini que Verdi a écrit / Lomhardi et Jeanne d'Arc. La cantatrice, dont la voix était d'une douceui' extrême, avait le sentiment musical très développé ; elle composait elle-même ses points d'orgue.
Dans ses premiers opéras, Verdi exigeait de grands efforts des gosiers de ses chanteurs, et tous ceux qui ont chanté sa musique en ce temps, ont éprouvé les effets de celle exigence du maître; la Frezzolini aurai! pu conserver pendant de longues années le charme de sa voix si elle n'avait pas été abîmée par le travail que lui
imposait l'interprétation des opéras de Verdi.
La Frezzolini s'était fait une loi de ne jamais demander plus de 1 000 francs par soirée, et bien que les directeurs lui aient constamment remis leurs engagements en blanc, jamais elle n'a augmenté son chiffre.
La première fois qu'elle vit Strakosch, ce fut en Italie; Timpresario, qui venait de recevoir des leçons de la Pasta, donna à la Frezzolini quelques précieuses indications. En reconnaissance de ce petit service, l'artiste chanta pour Strakosch dans un concert h Naples où la recette fut de 10000 francs.
La Frezzolini, [)our cet acte de gracieuseté envers un jeune camarade, faillit se brouiller avec, son directeur. Celui-ci lui refusait le di'oit (h^ chauler aiHeurs que sur son théâtre, et comme il [)ersistait (huis un refus motivé par h^ traité (}u'elle avait signé : « Je chaulerai ([uand même, hii dil
la Fr('//olini, el je quidorai la ville demain malin plutùl ({lie de ne pas tenir ma promesse. » Le directeur savait bien qu'elle n'était pas femme à iaii)lir el il [)lia sons la volonté de sa pensionnaire.
Pendant un des séjours de la Frezzolini en Russie, un prince de la famille impériale voulait l'épouser ; l'empereur ordonna à la cantatrice de quitter l'empire : c'était un moyen violent, mais sur, d'empêcher le prince d'accomplir un acte de folie auquel il était décidé.
Par gratitude de ce premier concert qu'avait donné pour lui la Frezzolini, plutôt que dans l'espoir du gain, Maurice Strakosch engagea la diva pour une tournée en Amérique, mais, comme celle de Mario, la voi\ de la cantatrice avait ijcaucoup diminué : on s'en aperçut aux recettes.
La Frezzolini voyageait avec un perroquet (luelle affectionnait et qui imitait à
s'y tromper la voix de sa maîtresse. Un jour, à la Nouvelle -Orléans, Strakosch frappe à la porte de la chambre de sa pensionnaire : « Entrez, monsieur, » lui criet-on de l'intérieur, et Strakosch entre. La Frezzohni était dans le costume delà Vérité sortant de son puits ; spectacle dont ne se plaignit pas Strakosch, tout en s'excusant de la méprise que lui avait causée l'organe du perroquet, car c'était l'oiseau qui avait répondu. La Frezzolini était faite comme une statue qui serait bien faite, ce qui n'est pas toujours fréquent.
A la mort de Poggi, la Frezzolini en était réduite à un état voisin de la pauvreté. Elle pensa qu'elle pouvait réclamer une fortune qui lui appartenait légitimement; les héritiers de Poggi contestèrent cette réclamation et perdirent leur procès : la Frezzolini put donc vivre dans une aisance relative.
Quoique sa première union n'ait pas été
Iieurouse, laFrc/zoliiiicoiitracla un second mariage et épousa à Paris un médecin distingué. Strakoscli la icvil (l;nis les dernières années de son existence. 11 la rencontra au théâtre où pendant la représentation elle s'assoupissait de temps en temps ; pour faire excuser son état de somnolence, la cantatrice dit h Strakosch en l)a(linant : u C'est la sonnette de mon mari qui m'empôche de me reposer convenablement pendant la nuit : décidément, si jamais je me remarie, je n'épouserai jamais plus un célèbre médecin. » La Frezzolini avait alors soixante ans passés.
LA HOSIO
La Hosio était d'origine commune et passait pour laide au commencement d'une carrière qui t\it plus que difficile, car ([uelquefois elle n'avait pas un cliAle à se mettre sur les épaules ; elle chanta pour la pre-
mière fois en public dans un concert de Strakosch à Côme, près de Milan, afin de payer ses frais de voyage et d'acquitter la note de son hôtel.
Cependant la chrysalide se changeait en papillon : de laide qu'elle était et quoique légèrement grêlée, la Bosio, par un miracle fréquent chez les femmes, devenait jolie ; ses manières ne se modifiaient pas moins que son visage. Avec une facilité incroyable, elle avait pris le ton du grand monde et recevait les souverains et les princes avec une aisance que lui aurait enviée une duchesse.
La Bosio est morte à trente ans, tuée par le climat trop rude de Saint-Pétersbourg. Elle avait épousé un homme qui ne s'occupait que de faire de l'argent avec la voix de sa femme. C'est pour (h)nnor satisfaction h cette rapacité, qu'elle consentit à cet engagement de Saint-Pétersbourg où s'est terminée si brusquemeni une exis-
tence ])leinc do j)romesscs l)rillantcs. 11 est j)liis (juc |)i"oI)al)lr (|uo sans celle lin j)réniatiirée, M""" Palli eùl l'eiiconlré dans la Bosio une rivalité redoutable ; mais lorsque M°' Patti débarqua en Europe, depuis une année déjà la Bosio n'existait plus.
La Bosio avait d'abord fait partie de la troupe de Marty, ce premier directeur du théâtre de la Havane. De là elle vint à New-York et chanta avec Maret/eck, lequel, on Ta vu, lit de si brillantes saisons aux États-Unis dans ce temps-là.
La Bosio fut adorée du public à Madrid et au Covent Garden de Londres sous M. Frederick Gye, donl elle était une des premières étoiles.
Elle eut à Saint-Pétersbourg des funérailles aussi belles qu'eussent pu l'être celles dune impératrice ; elle a laissé une fortune d 'environ un million à son mari à l'avarice duquel le monde artistique peut reprocher une perte cruelle.
silhouettes de cantatrices. i77
l'albani
M'"^ Albani, aujourd'hui M"^ Ernest Gye et de son nom M'^"" Lajeunesse, fut présentée à Maurice Strakosch par le prince Poniatowski. La jeune fille était si chétive, si délicate que Timpresario ne pensait pas qu'elle pût jamais chanter un opéra tout entier. Il l'entendit cependant, la voix était charmante et d'une douceur infinie.
L'audition, quoique favorable, ne fit pas revenir Strakosch sur ses préventions :
« Vous vous trompez sur ma protégée, lui répétait le prince Poniatowski; elle a une volonté de fer et elle arrivera. » Le prince avait raison, mais Strakosch, qui, dans ce moment-là, avait une demi-douzaine de jeunes pensionnaires, ne se souciait pas d'en prendre une de plus, à l'avenir do laqueHe il ne croyait pas.
M''" Albani quitta Paris et se rendit à
178 SorVIlMRS I)'l N I.MIMJKSAIUO.
Milan où elle continua ses études inusicalos avec Lanipcrti, réinincnt professeur; puis elle alla j)asser (piehjues mois à Malle. Ia' ])ul)li(' l'apprécia mieux que ne l'avait l'ail Strakosch; île retour à Londres, elle fut engagée par M. Frederick Gye. Le directeur de Covent Garden annonça à Strakosch qu'il avait dans sa troupe une étoile nouvelle à laquelle il le priait de donner ses conseils. Dans M"*" Albani, Strakosch reconnut M"" Lajeunesse, constata de grands progrès, mais aussi que la voix était très fatiguée, car la cantatrice avait eu beaucoup de peine à achever l'air de Lucie; il engagea M. Frederick Gye à attendi'e quehjue temps avant de la faire débuter. Ce conseil ne fut pas tout d'abord i)ien accueilli par ^L Fi'iWlérick Gye; Maui'ice Strakosch élail rim|)rc*sario de la Palli, (^l, dans son iuhM'èl ])ersonnel, il ne devail pas souhaiter créer une rivalité à s;i belle-sonu'.
SILfIOUETTES DE CANTATRICES. 179
Toutefois le directeur de Covent Garden se rendit à l'avis de Strakosch.
M^'^ Albani ne débuta à Londres que la saison suivante. Elle eut un très grand succès.
On peut dire que M""' Albani est l'œuvre de M. Frederick Gye : c'est lui qui a deviné ses qualités et qui en a fait une étoile. M™'' Patti , M°^ Pauline Lucca se partageaient les faveurs du public ; M. Frederick Gye voulait avoir une troisième cantatrice afin d'être certain, quoi qu'il arrivât, de ne jamais être obligé de fermer Covent Garden. Cette troisième prima donna, il l'avait trouvée dans M*^" Albani et il mit en lumière un talent ({ui, sans lui, aurait mis bien plus longtemps à se révéler.
Maurice Strakoscli traita avec M""" Albani pour une saison américaine: seulement, à celle à qui il avait refusé 300 francs par mois que demandait en son nom ]v prince Poniatowski, il donnait maintenani
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3 750 francs par soirée en sus des frais (l'IuMel et de voyage.
La crise financière qui sévissait en Amérique lors de cette tournée, mit obstacle au succès pécuniaire, sans que le succès artistique en fût affecté. L'affaire se solda pour les frères Strakosch par une perte de 625 000 francs.
Sans quitter le théâtre, M°'° Albani s'est acquis une haute et légitime réputation comme cantatrice d'oratorio. C'est à elle que M. Gounod a confié les parties de soprano dans Rédemption, dans Mors et Vita, et il n'y a pas de festival musical important en Angleterre sans le concours de M""" Albani; tout récemment, elle a reçu de l'abbé Liszt, peu de temps avant la mort de l'illustre compositeur, les plus chaleureux compliments pour la façon remarquable dont elle avait interprété la Sainte Elisabeth dans l'dMivro du maître.
Le mariage de M'" Albani avec M. Er-
nest Gye prouve qu'il y a des exceptions au sort trop fréquemment réservé aux unions entre artistes.
M. et M""" Gye vivent heureux dans leur charmante maison des Boitons à Londres.
Leur bonheur intime est bourgeois; ils y ajoutent Tun et l'autre les joies que procure la gloire artistique. C'est un exemple qui devrait être contagieux.
BIANCA DONADIO
La signora Bianca Donadio est simplement une Française qui s'appelle Blanche Dieudonné. Elle est fille d'un receveur des contributions. La moil de son père la laissa avec sa mère dans une position pécuniaire assez modeste, et M. Maurice Strakosch, prévoyant im ti'ès brillant avenir artistique pour elle, la décida à monter sur la scène dont ses sentiments religieux et quel([ue
peu mystiques tendaient à l'éloigner.
182 sorvENins d'un i.mi»hi:sario.
Ces scnlimcnts onldonno naissance aux hi'uiLs ayant inainlcs fois circula que Bianca Donadio allait j)rcn(lre le voile; la vérité est qu'elle n'a jamais songé à interrompre une carrière dont les triomphes passés assurent ceux de l'avenir.
Retournons un peu en arrière.
Bianca Donadio, après avoir perdu son père, vint trouver Strakosch. Celui-ci, l'audition terminée, ofTrit immédiatement à Bianca Donadio un engagement pour cinq années aux conditions suivantes :
1 250 francs par mois, la première année, 1500 la seconde, 2 000 la troisième, 3 000 la quatrième et 4 000 la cinquième. Bianca Donadio ayant chanté devant lui dans la perfection le rondo de Lucie et la valse du Parchni de PloënneU SIrakoscli avait reconnu en elle l'étoffe d'une grande cantatrice. L'ofTre de l'imprésario fut acceptée : elle dépassait les espérances de la jeune femme, (jui, le jour où elle recul
ses premiers appointements, se signa dévotement, en remerciant Dieu de lui avoir envoyé cet argent.
Bianca Donadio débuta à Paris dans la Sonnambulay et elle fit sensatioTi : elle a chanté depuis dans toutes les capitales de l'Europe, avec un succès éblouissant.
A part Adelina Patti, personne mieux que Bianca Donadio ne chante le Barbier,
la Sonnambula, Dinar ah, Y Etoile du Nord. Vivant dans sa propriété du Vésinet près de Paris, Bianca Donadio, qui possède une belle fortune qu'elle a amassée en peu d'années, a conservé ses habitudes modestes, et ne chante que lorsque cela lui convient. Elle a adopté pour ses cachets un pi'ix de 2 500 francs qu'elle n'aup:mente ni ne diminue jamais.
Le mysticisme de Bianca Donadio n'est |)as tout à fait sans fondement. Lors du lerril)le incendie (|ui a délruil le Ihéàlre de Nice, le soir de la catas(ro|)lie elle devait
\S'k SOUVENIRS 1) []}\ I.MIM?KSAIU().
joiior Lf/cie. Sîi lo«;o élail assez loin de lu scène; la eaiilaU'iee, eu (raiii de s'habiller, essayai! sa voix, et n'entendait pas le bruit du dehors; elle ouvre sa porte par liasard et aperçoit la scène en feu. La reti'aite lui élait coupée, elle comprend qu'elle n'a plus (pi'à mourir, se met à genoux et recommande son Ame à Dieu.
Tandis que Bianca Donadio fiiit sa dernière prière, un homme, qu'elle n'avait jamais vu, entre dans sa loge et ouvre au moven d'un levier une porte dont elle ne soupçonnait même pas l'existence; cette porte donnait sur un corridor qui conduisait directement au dehors du bâtiment; guidée par la lumière qui pénétrait de l'extérieur, Hianca Donadio se précipite vers cette issue qui est son salut; cepenchiut elle se retourne, ses yeux cherchent son sauveur. 11 a disparu, et elle n'en a jamais entendu parler.
Essayez de persuader à l'artiste que ce
grand jeune homme pale auquel elle doit la vie, n'est pas un envoyé du ciel, et vous ne parviendrez pas à ébranler sa conviction que c'était un ange ayant pris une forme humaine. Sauf cette propension à voir des anges intervenir souvent dans son existence, Ar*" Bianca Donadio est une femme charmante et une cantatrice di primo cartello. Elle est de plus un rare spécimen d'étoile qui, sans négliger ses intérêts, a aussi à cœur ceux de son imprésario, qui est M. Ferdinand Strakosch (le frère de Maurice Strakosch) qu'elle n'a jamais remplacé, et avec qui elle est encore engagée en ce moment.
Ci A B a I E L L E K U A U S S
Nous avons réservé pour la lin le nom de cette grande artiste, M"' (lahi'iclle Krauss, que Maurice Slrakosch a loujonrs regretté de n'avoir eue sous sa direction ([ue pcMi-
18G SOLVK.MllS Dl.N I M IMli:S A T» 1 O.
(laiil (iiK^lqucs soirées de la saison du Théâtre Italien de Paris en 1873-74. M"° Gal)i'i(dl(^ Kiauss n'existe que pour son art, et sou directeur, à part les moments où il se trouvait avec elle aux répétitions et aux repi'ésenlations, n'a pas eu l'occasion de la voir assez pour raconter sur elle autre chose que ce qui a été dit dans les nombreuses biographies qui ont été faites d'elle. La meilleure de ces biographies et la plus authentique est, sans contredit, celle de ce charmant et enthousiaste critique, M. Guy de Charnacé, dans laquelle nous ne pourrons nous empêcher de puiser un extrait (pii intéressera certainement nos lecteurs*. Parlant des sommités de la tragédie lyrique, M. de Charnacé ajoute :
M''" Gabrielle Kraiiss est la dernière venue dans ce j^roupe lumineux. Comme tout ce q\ii
\ . Les Étoiles du chant: Gabrielle Kmms, par Guy dk CuAUNACK. Henri Pion, 1801).
est véritablement grand et durable, la réputation de l'artiste ne s'est pas faite en un jour. Elle n'a point éclaté tout d'un coup comme éclate un feu d'artifice. Ce n'est pas par des tours de force audacieux, par des «points d'orgue» périlleux, devant lesquels la foule émerveillée reste en extase et qui, du jour au lendemain, rendent un nom célèbre, qu'elleest arrivéeàla gloire. Non. Rien de ce qui touche au charlatanisme, à la «réclame», cette puissance moderne si bien exploitée aujourd'hui, ne fut mis en œuvre par M^'*" Krauss. Elle a conquis le succès par la seule puissance de son talent. Chacun de ses rôles n'a été pour l'artiste, depuis deux ans, qu'une halte où, s'arrêtant seulement pour retremper ses forces et son courage, sans s'arrêter aux ronces du chemin, sans se laisser abattre par les méprises de l'aveugle fortune, elle arrivait à la renommée.
Son passage au Théâtre Italien, dit M. Blaze de Bury, marquera comme un excmjDle de ce que peut à la longue, sur le public, même le plus affolé de fanfreluches vocales, l'autorité de l'intelligence et du talent. A peine distinguée à ses débuts de quelques rares connaisseurs, elle a lentement, mais sûrement, à force de travail, conquis sa place, et cette place est au premier ranu.
1S8 SorVENIUS D L'N 1 M TUES AH 10.
iM"" Krauss commença soulomciit à être jugée à sa juste valeur h l'Opéra Italien de Pai'is, sous la (lireclion de Slrakosch, malgré les nombreuses victoires qu'elle avait déjà remportées dans de |)récédentes saisons, sous la direction de M. Hagier, notamment dans le rôle de Léonora dans Fidelio de Beethoven . En conséquence de quoi , M. Ilalanzier Tattacha au Grand ()i)éra. La sensation qu'elle lit dans le Tribut de Zamora et dans Sapho de Gounod, ainsi que dans Henri VIII de Saint-Saëns et dans le rôle de Dolorès de Patrie, est encore trop récente, pour que nous ayons besoin d'en rappeler le souvenir.