SOMMITÉS ET PRIME DONNE
Nous nous sommes étendu un peu longuement sur les cantatrices qui ont fait, avec Maurice Strakosch, une ou plusieurs saisons italiennes; mais d'autres encore pour lesquelles il professe la plus profonde admiration, tiennent troj) à l'histoire contemporaine du chant, ({u'elles ont toutes illustré(î par l'éclat de leur (aient, pour (|ue nous n'en disions pas (pu^ipies mots :
Nous devons commencer par M"" Viar-
iOO SOUVKNNIS 1) L\N IMl'HESAIUO.
DOT, la sœur de M"'" Malihian, qui a créé d'une façon si merveilleuse le rôle de Fidès (la us la Prophète. Maurice Strakosch a entendu pour la première fois M™' Viardot dans le rôle de Rosiua du Barbier deSéville ; en 1842 plus tard, à Paris, dans le Prophète; ensuite dans le rôle iVOrplicus de Gluck. Ceux qui n'ont pas entendu M'" Viardot dans ces trois rôles si différents, ne pourront jamais s'imaginer qu'elle ait pu les chanter et jouer avec une perfection aussi absolue. Dans toute sa carrière, Maurice Strakosch n'ajamais rencontré uneorganisation artistique aussi universelle que celle de M'"" Viardot : chanteuse hors ligne, actrice admirable, compositeur et maîtresse de chant de haute valeur, écrivain délicat cl dessinateur détalent, elle estrestée, avec cela, femme de cœur et d'esprit.
Toul le monde se souvient encore de Sophie CuuvELLi, la plus belle voix de soprano
PRIME DONxXE. 191
dramalique de son temps, dont le règne dura trop peu, au gré de tous, interrompu par son mariage avec le vicomte Vigier. C'est elle qui créa le principal rôle dans les Vêpi^es siciliennes de Verdi. M""^ Vigier ne chante plus que pour des œuvres de charité.
Nous ne pouvons omettre dans cette liste, nécessairement incomplète, de toutes les illustrations du chant, le nom de M""'Miolhan-Carvalho, la première des cantatrices françaises, celle qui, dans Faust ^ Mireille, Roméo et Juliette, n'a jamais été surpassée; celle dont Gounod lui-même a dit une fois : « M™" Miolhan-Carvalho, c'est Léonard de Vinci dans l'art lyrique. » Cette appréciation vaut tous les éloges.
M""' Marie Sasse a eu , elle aussi , son triom[)he dans sa création de Selika de Meyerbeer.
M'"* Tedesco, qui a, plus tard, épousé M. de Franco et qui, au regret de tous, a trop tôt quitté le théâtre, a créé le rôle
l'J2 SOL V EMU S D UN IMPRESARIO.
(I(^ N'rniis dans la inémoral)le rcprésenlalion (lu TaimJiaiiscr de Waiiner à Paris. Elle unissait à une voix de mczzo soprano merveilleuse une beauté lelleinenl rare qu'il élailimpossible de Irouverunearlistemieux appropriée pour ce rôle.
Enfin la dernière des étoiles qui fut présentée au public de Paris par M. llalanzier, M"'^ Adler Devriès , a obtenu dernièrement un éclatant triompbe dans son admirable création du rôle de Chimène dans le Cid de Massenet.
Il nous reste à parler de M"' Mvtuilde Sessi, descendant de la famille de Sessi, jouissant, au commencement du siècle d'une grande réputation en Italie, et qui eut un grand succès jadis à l'Opéra de Paris où, après Nilsson, elle prit le rôle d'0[)liélie.
C'est à la requête du baron Erlanger que Strakoscli entendil à Francfort M"" Sessi. La voix élait ravissante, mais la