VI PREFACE
Siècle, à ce « tœdium vitœ » qu'Obermann, AntonyetRollaonltour à tour ressenti. C'était la passion douloureuse et amère, entraînante, irrésistible, pleine de foi et brisant volontiers, au lieu de les tourner, les obstacles rencontrés. Je n'ai pas vuBocagedanSi4/?/o/?^, mais j'ai vu Laferrière dans ce rôle fébrile, et le comédien rendait possibles et légitimes les colères, les fureurs, les malédictions que l'auteur met à profusion sur les lèvres de son héros.
J'entends encore cette voix amère et vibrante qui vous prenait par sa netteté et sa mâle puissance. Laferrière en éprouva, un jour, l'écrasant effet, lorsqu'il jeta, le soir de la première représentation de YHonneur et l'argent, de PonsarJ, la fameuse apostrophe de Georges irrité et souffletant le monde de son honnête colère. L'éminent comédien, — qui était aussi un écrivain d'un vrai talent, — a raconté dans le premier volume de ses Mémoires ce bruvant et brillant souvenir.