XX PRÉFACE
Laferrière était ému, parce qu'en véritable artiste, en comédien qui pense, il avait tout à la fois le respect de son art el le sentiment de sa responsabilité ! Dans l'œuvre qu'il s'était chargé d'interpréter, il n'oubliait jamais l'auteur. Il é(ait de ceux qui, sous le feu de la rampe, eussent considéré une faiblesse comme une trahison.
Nous avions donné, il y a quelques années, une comédie au théâtre de Cluny, sous ce titre : Le Lest. Il n'était point du tout question d'y faire jouer Laferrière; mais, un jonr, cette lettre m'arriva :
Samedi, 19 septembre 1871.
Cher Ami, Les journaux annoncent que vous allez donner une pièce nouvelle ; je me plais à penser que, votre volonté aidant, vous vous souviendrez de la bonne promesse faite au comédien et à l'ami.
De tout cœur, Votre
Laferrière.