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sont, ainsi que Fa dit M. Milne Edwards (ISA), QùmtM autant de petits lacs de diverses grandeurs communiquant ensemble par des goulets tortueux. A mesure que le travail d^organisation avance, les goulets s'élargissent, les lacs se ebasgent en fleuves, et bientôt ces c«iaux , d'abord simplement creusés dans la substance même des tissus, s'encaissant et se revêtant d'une membrane tubuleuse, passent à Vétat de vaisseaux proprement dits. Des phénomènes tout pareils se passent dans les fausses membranes qui trop souvent succèdent, par exemple, aux accidents inflammatoires d^une fluxion de poitrine. Là aussi, la matière plastique, s'organisant sous Finfluence désordonnée d'un surcroît de vie, se creuse de lacunes qui se changent en vaisseaux et ne tardent pas a se mettre en communication avec quelqu'une des branches préexistantes de Tarbre circulatoire* En présence de cette masse de faits empruntés a des sources si diverses, n'est'-il pas raisonnable de penser que les choses se passent généralement de la même manière, et que d'ordinaire, sinon tou-» jours, la lacune a précédé le vumeau ?
Telle est, en eflet, la conclusion i laquelle est arrivé M. Mihie Edwards, et par cela seul il s'est
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mis en opposition avec la théorie cellulaire due à M. Schwan, un des élèves les plus distingués du célèbre MûUer (135). Selon le physiologiste allemand, toutes les parties du corps animal seraient primitivement composées de simples cellules. Cet élément universel se développant, se modifiant, produirait, selon les circonstances, tantôt les fibres musculaires, tantôt le parenchyme des glandes ou la trame des os. Les vais* seaux ne seraient également que des cellules qui, d^abord sphériques, et venant plus tard à s^allonger, à s'aboucher les unes aux autres, constitueraient par leur réunion les mille ra* mifications vasculaires du corps.
Cette théorie compte, nous devons le dire, des partisans nombreux et distingués. Elle séduit par sa simplicité, par la manière dont elle permet d^embrasser tous les phénomènes de développement, et parles rapports qu^elle établit entre les deux grandes divisions de la création organisée. Depuis longtemps, en effet, une théorie semblable est adoptée par les botanistes, qui la re^ gardent comme T expression de tous les faits observés chez les végétaux. Nous venons de voir qu'il n^en est pas de même pour les animaux. Chez ces derniers, la théorie cellulaire donnera.
nous le croyons, quelques résultats utiles. Elle peut être propre à nous diriger dans Tétude de certains tissus animaux qui ont des rapports éloignés avec ceux des plantes; mais, appliquée au règne animal entier , elle ne saurait être acceptée comme vraie.
Ajoutons encore un exemple à ceux que nous avons cités plus haut. Depuis longtemps on savait que chez les Anodoniei, espèce de Moules d'eau douce très commune aux environs de Paris, le cœur est traversé par la dernière partie de rintestin. D'autre part, M. Edv^ards, étudiant Vorganisation des Patelles et des Haliotides^ a reconnu que, chez ces Mollusques, Taorte, c'està-dire la grande artère qui part immédiatement du cœur, renferme une partie de l'appareil buccal. Ces faits curieux sont inexplicables par la théorie cellulaire. On ne comprend pas, en effet, comment une cellule, en se développant, pourrait enfermer dans son intérieur des organes d^abord placés au dehors ; elle devrût plutôt les refouler à mesure qu'elle-même augmenterait de volume. Au contraire, on conçoit sans peine que ces organes, formés au milieu d^un espace parfaitement libre, ont dû être entourés par les parois, qui, en se constituant plus I. • 27
Hi SOUVENIRS D^UN MaTVRàUSTE.
tard, ont transformé la lacune en vaisseau ou en cœur*
L'ensemble d4dées que nous avons cherché à résumer fut, nous le répétons, repoussé d^abord avec une véritable violence. On lui prodigua les épithètes d^incroyable, d^absurde, de ridicule ; on traita d'impossibles bon nombre de faits sur lesquels il s'appuie. C^est à Paris surtout, nous le disons à regret, que se manifesta cette oppo^ sition, respectable sans doate, si elle i^ait tou^ jours pris sa source dans des convictions purement scientifiques et consciencieuses, mais qui eut trop souvent pour motifs des rivalités per<< sonnelles. Plus désintéressés, les étrangers en comprirent promptenient toute la valeur, et lui rendirent justice. Les hommes les plus distin*' gués d'Angleterre, de Belgique, d'Allemagne, de Danemark, de Suède, examinèrent sérieuse-' ment les questions nouvellement soulevées, et la plupart d'entre eux firent bientôt acte d'adhé* sion. En France même, l'importance de ces idées ne put être indéfiniment niée, et on les vit pénétrer jusque dans la Faculté de méde^ oine de Paris, qu'on ne pourra pourtant pas accuser d'un amour inconsidéré pour les innovations scientifiques. Dans plusieurs leçons
publiques, M. Ândral développa à ses auditeurs ces nouvelles théories, exposa et montra les faits qui leur servent de base, et les conséquences importantes qui en découlent pour l'exacte appréciation de plusieurs phénomènes physiologiques et pathologiques observés tous les jours chez rhomme. On voit que les recherches approfondies sur les êtres inférieurs ne sont pas, comme bien des gens le croient encore, purement spéculatives.
N° 1 (p. 3) . — Parmi le» personnes entre les mains de qui cet ouvrage pourra tomber, il s'en trouvera sans doute de- peu familiarisées avec les études d'histoire naturelle, et surtout avec le nom et la répartition des groupes zoologtques. J'ai cru, en conséquence, qu'il pourrait être utile de présenter ici un résumé succinct de la classification, résumé qui serait en même temps une sorte de vocabulaire. Pour ne pas entrer dans trop de détails, je me suis contenté d'indiquer les classes^ laissant de côté les groupes subordonnés , ordres , familles et genres. Les lecteurs curieux d'aller plus avant, et qui voudraient surtout consulter des figures propres à préciser leurs idées, pourraient consulter, comme ouvrages généraux, les traités élémentaires de M. Edwards , en particulier ses Eléments de zoologie (1), et l'édition illustrée du Règne animal de Cuviet (2).
(1) Èlémmu 4ê xoohgie, 2 vol, ia^.
(2) Le Règne €mimàl, nouvelle édition i>ar une réunion d'élèves de Cuvier,
Adoptant en ceci des idées émises en premier lieu par quelques auteurs allemands, nous reconnaîtrons quatre règnes de la nature, savoir : le règne minéral^ le règne végétal, le règne animal et le règne hominaL L*homme à lui seul forme ce dernier, qui ne renferme par conséquent qu'une espèce, car, à part toute autre considération, la science moderne a démontré cette unité.
Deux sous-règnes,
RÉGIE ÂIIHAL. I Invertébrés,
8Ms-ri{ie
Quatre classes,
/Mammifères.
\ Oiseaux.
»»Ttt«tS. (K&
Trois embranchements.
SMs-rigie ^Annelés.
des I Mollusques.
«VERTÉBRÉS. U^yonnés.
EabriKheMil
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