‹ Souvenirs d'un naturalisteChapitre 24 sur 32 · N0TI8. S2S · texte numérisé non relu

N0TI8. S2S

N« 2 (p< U). — Le Rotif^ des toito dmt 9 est ici question a été découvert par Lettwenhoeek(l)

probable (pie ce groupe ést loin d'être bomogène, et qu'if reuferac va grand nombre é^ètrea qui n^ont peut-être de oonmimi Qoe leur petiteiae. Pour coDOittrs ce qui s psm de plas âmportant sur Tbiftoire des Idftiaoires dana les temps modernes, on devra consulter surtout les travaux de MM. Ehrenberg etDuJardin, elen particulier le grand ouvrage du premier, Intitulé : Die Infusions Thierchen, et V Histoire dn ïnfuiùiret, puMMe par le second dans les Suites à Buffon, (1) LeaweBlMeck» né à Detfl en HoUande en 1638, et mort en 1723, est regardé à juste titre comme le fondateur de la micrographie. Sa longue carrière a été consacrée à. étudier le monde des infiniment petits, à perfectionner les instruments propres à ces observations. Les microscopes cornpûtes coMiai è son époque étant très imparfaits et sujets h beaucoup d'erreons, Leaweiihoeck tt*employa Jsaaafi qoe^ lei microscopes simples, e'est-&-»dire des lentilles fort petite» et à très court foyer qu'il fondait lui-même et fixait entre deux lames de miital percées d'une ouverture très étroite. Chaque instrument ne devait servir que pour un petit nombre d'obfeta, el Leuwetthoeck en tenait toujours im très grand nombre prêts à servir. La collection de ces microscopes, léguée à \é Société royale de Londres, se compose & elle seule de vingt-sit plaques pourvues de leurs lentilles. C'est a¥ee ces appareils si simples que I^uwenhoeck a fait les innombrables observations qui lui valurent une réputation européenne. Pendant son séjour en Hollande, Pierre le Grand vonlot le tisHer, et, pour reconnaître cet honneur, le mîcrographc montra an czar la circulation du sang dans la qnene d'une angnitle. Malgré ses travaux assidus, Leuwenboeek conserva Jusqu'à la fin de ses Jours une eicel lente vne, bonheur que n'ont pas en tons ses imitateurs.

321 SOUVENIRS D^Uff NATURALISTE.

qui, le premier, reconnut Tétrange propriété dont est doué cet animal de mourir et de ressusciter alternativement, selon qu'on le dessèche ou qu'on lui rend Teau nécessaire à l'exercice de la vie. Le Rotifère est devenu pour ainsi dire le type d'une classe aujourd'hui fort nombreuse, et dont un grand nombre d'espèces, menant le même genre de vie, jouissent des mêmes facultés. Indépendam^ ment des Rotateurs, les Tardigrades, qui se rattachent aux Acariens, et appartiennent par conséquent à la classe des Arachnides, ainsi que certaines Anguillules qui font partie des Helminthes, ont montré à divers observateurs des phénomènes semblables. Toutes ces espèces sont de fort petite taille. On nous saura gré sans doute de résumer ici quelques uns des principaux résultats que fournit l'étude de ces curieux animaux.

Leuwenhoeck, Baker (i), Spallanzani (2), ne cherchaient guère leurs Rotifères que dans la

(1) Henri Baker, né À Londres, mort en 1774, a été UD des précurseurs de Tabbé de TÉpée. Tout en s'occupant dea moyens d'apprendre aux sourds-muets Tart de parler, il fit quelques éludes de micrographie, et Spallanzani le cite avec

(2) L'abbé Spallanzani a été un des savants les plus re« marquables du xviii*' siècle. Né à Scandiaiio en 1729, il débuta par des études littéraires, et professa à Reggio la logique, la métaphysique et la littérature grecque. Mais bientAt il se livra on enlier aux sciences naturelles et fut

poussière qui s'accumule dans les gouttières. On y en trouve, en effet, mais en bien moindre quantité que dans les petites touffes de mousse qui poussent sur les tuiles ou les. ardoises, tandis qu'on n'en rencontre que peu ou point dans les mousses croissant sur un mur crépi à la chaux. Ce que nous disons des Rotateurs s'applique également aux diverses espèces de Tardigrades qui sont en tout cas bien plus rares. Pour recueillir et observer ces

appelé, poar les enseigner, à raniversité de Pavie, qu'il ne Youlut jamais quitter depuis. î\ y mourut en 1799. Il a laissé un très grand nombre de Mémoires et plusieurs ou* vrages dont les plus importants ont été traduits en français par Sennebier., bibliothécaire de Genève. On peut regarder Spallanzani comme un des fondateurs de la physiologie expérimentale. Ses recherches sur la digestion et sur la génération prouvent qu'il avait & un degré tout à fait exceptionnel le génie de Pexpérimentation. La science moderne a sans doute ajouté à ce qu'il avait dit sur ces difficiles questions, mais elle n'a g:nère changé les résultats généraux auxquels il était arrivé, et s'il a été parfois moins heureux dans ses études micrographiques, la faute en est surtout aux instruments alors en usage. Entraîné par son amour pour la science , il se prit souvent lui-même pour svget de ses expériences, au risque de compromettfe sa vie. l\ déploya la même ardeur dans it» voyages scientifiques. C'est ainsi que pour faire sur les volcans les observations consignées dans son Voyage dans les Deux-Siciles , il s^approcha , à Tâge de soixante ans , des bouches toujours en éruption du Stromboli et des laves du Vésuve, au point de s'exposer à subir le sort de Pline Tancien.

iZ6 SOUVENIRS d'un NATURALISTE.

petits êtred, 11 suffit de mouiller les moussed et dé les eiptlnfier comme ou ferait d'une éponge. L'eau, en s'écoulant, entraîne à la fois le sable et les animalcules qui l'habitent

Bien que les divertes espèces que j'ai indiquées puissent mourir et ressusciter à diverses reprises, cette faculté a pourtant des bornes et chaque expé« rienoe coûte la vie à quelques individus. Aussi, en dessédiant et en mouillant alternativement lé môme sable, on voit à chaque fois diminuer le nombre de ceux qui reviennent à la vie. Spallanzani, en agissant sur les Elotifères, n'en vit aucun revivre après la seizième alternative de séch^tesse et d'humidité. Les Anguillules du blé vieilli oui résisté en partie jusqu'à la dix-septième (1).

Cet affaiblissement dans les singulières facultés des animaux qui nous occupent se manifeste égaiement lorsqu'on les garde kHigi^npt. Spallanzani, aptes avoir bien desséché du sable très ridie «n Rotifères, le conserva pendant plus de trois ans en en mouillant quelques portions tous les cinq oU

(I) Ces Angniltules, dont le nom lecfl safflt pour imfîqn^f fa forme générale, ont été décontertes par ICeedbam, pfiysicîen et naturaliste distingué an ivm* sièrfe. Né à Londres eu 1713, Needham s^oama altematîTement à Lfsfoomie, k Londres, à Paris , où il s'occupa de micro^apfaie sous les yent de BufTon. Appelé à Bruxelles pour diriger Torgmisattoa de TAcadémie fondée par Marie-tbérèse, il se fit* dam cette ville et y mourut en 1781.

^ix mois. U vit ie nombra des individus rossu^ci** tés aller en diminuant d'une maniàre progres-r $ive. Il est à regretter que cet habile ob^rvateur n'ait pas fait durer plus longtemps l'expérience. Baker, qui, après Needbam, étudia les Anguillule^ du blé vieilli, est ^llé plu$ loin. Il a conservé de ce b}é bien sec pendant vingt-sept fins §t a vu les Anguillules ressusciter peu de temps ^près avoir ^ plongées (]a»s une goutte d'eau. S'ils avaient dépensé leur yie totU d'un traita Botifères et Anguillules n'auraient duré que seize à dix-huit jours.

Les Tardigrades et les Anguillules qui habitent , gvec eux à côté des Botifères, ont montré à Spal-< lanzani des phénomènes tout à fait semblables à ceux que je viens de rappeler.

Ces résultats, confirmés dans le siècle dernier^ avaient été généralement reçus comme exacts, et on les expliquait par l'extrânie simplicité d'organisation qu'on croyait être le partage de tous ces ani« maux. Mais lorsque M. Ehrenberg(l) eut démontré

(1) M. EhtaDberg, oataraliite allemand, correspondaDt de rinstitui et leerélairt perpétuel de rAcadéinie dei acieocca de Berlin, est ua dci naturalistei vivants qui ont eiercé la plQi grande et la pluf utile inflnenee. Le premier peut-être eo Allemagne, il attaqua dam tea baiei le système nébuleux des PhiilotophBt âe la wUure qui dominait outre- Rhin, et fit rentrer les sciences soologiques et physiologiques dans \9^ voie de TobserVatioa et de Texpérienca. If. Ehrenberg est

qu'une organisation relativement fort élevée n'était nullement incompatible avec une taille microscopique; lorsqu'il eut publié ses belles recherches sur THydatine couronnée, et montré dans cette espèce très voisine des Rotifères une complication organique des plus inattendues, des doutes commencèrent à s'élever. On se demanda si dans les expériences de Spallanzani, de Baker et de leurs contemporains, la dessiccation avait été réellement complète. Un naturaliste, que ses tra-

sortout célèbre par ses recherches sur les petits organismes, recherches qui Pont placé à juste titre au premier rang des micrographes modernes. Ses découvertes sur Torganisation des Infusoires, des Rotateurs, ont en entier renouvelé la science, qui n*était guère plus avancée qu'au temps dé Leuvenhoeck et de O.-F. MûUer. Ses travaux sur les Infusoires fossiles ont prouvé que ces êtres inflniment petits avaient laissé dans les couches géologiques du globe des traces de leur existence beaucoup plus considérables que celles des Mastodontes et des Éléphants. Enfin ses Mémoires sur la complication organique de certains animaux inférieurs de grande taille, et entre autres des Méduses, ont été le point de départ d'une foule de recherches qui se poursuivent encore et qui ont complètement changé les idées qu'on se faisait d'une bonne moitié de la création animale. Parmi les très nombreux travaux de M. Ehrenberg, nous citerons surtout son grand ouvrage sur les Infusoires, intitulé : Die Infth Mions tMerchen ois volkommene Organismeny ses Recherches sur la structure du système nerveux, ses Mémoires sur l'or* ganisation des Acalèphes et l'ensemble de ses publications sur les Infusoires fossiles.

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vaux antérieurs avaient conduit à s'occuper de cette question, la reprit, aidé de toute la rigueur des procédés modernes (1). Des mousses peuplées des diverses espèces dont nous venons de parler furent desséchées sous la cloche de la machine pneumatique. Elles y restèrent huit jours, placées à 'côté de vases pleins d'acide sulfurique qui devaient absorber les dernières traces d'humidité. Au sortir de ce récipient, les mousses furent portées dans une étuve dont on éleva la température jusqu'à 125 degrés ; et pourtant, quand elles furent remises dans Teau, je pus constater avec MM. Dumas, Edwards et de Jussieu, qu'un certain nombre d'individus avaient résisté à toutes ces épreuves et revenaient à la vie comme si rien ne s'était passé. .Pour nous, tous il ne resta plus aucun doute sur l'exactitude des faits annoncés par Spallanzani.

Pour me conformer à l'usage, j'ai, dans tout ce qui précède, employé les mots mort et résurrection. Or, ce serait se faire des idées fausses que de les prendre ici dans leur sens le plus rigoureux. Quand iin Rotifère se dessèche, se flétrit, perd le mouvement et prend toute l'apparence d'un informe

(1) M. Doyère avait publié dans les Annales des sciences ncUurelles (1841), un travail anatomique d'un haut intérêt sur Tanatomie des Tardigrades. Ses eipériences sur la reviyification des Rotifères, Auguillules et Tardigrades, ont paru dans le même recueil en 1842.

8S0 SOUVENIRS d'un naturaliste.

grain de poussière, il n'est pas réellement mori. La vie est seulement suspendue chez lui, ou, pour parler d'une manière plus exacte, elle est devenue laterUe. Cet animal adulte a 'été mis dans un état par lequel passent un très grand nombre de germes, par exemple presque toutes les graines et Fœuf même d'un oiseau. Cet œuf, dans le ventre de la mère, participe à la vie de l'individu qui lui donna naissance; puis il s'individualise et la vie cesse de se manifester en lui par des phénomènes sensibles ; mais H n'est pas mort pour cela* Une fois pondu, i\ peut Mre conservé, et même fort longtemps, à con^ dition d être placé dans certaines circonstances de sécheresse, de froid, etc. Mais, qu'on le n^ette souq une femelle en train de couver, ou seulement dani^ un de ces appareils que les anciens Égyptiens m^. vaient construira en grand» et bientôt la vie sq manifestera, le germe sortira de sa torpeur et se développera* Pans cet œuf, la vie était donc restée quelque temps à Yétat laHnt, Qu'on ne regarde paa cette explication comme trop hasardée : )e monda physique nous présente des faits fort parais. Ia phaleur employée à fondre la glace ou à vaporiser un liquide disparaît, en ce sens que le thermomètre ne peut plus accuser sa présence; mais elle n'est pas anéantie pour cela : elle s'est seyleraent dissimulée^ elle est passée à YétcU laienf. C'est un phénomène du mâme ordre qui se passe

NOTES. 88i>

chez les Rotifères, les Anguillules, les Tardigrades, lorsqu'on vient à les dessécher. Dans tous les organismes vivants, une certaine quantité d'eau est nécessaire à l'eiercice des fonctions, aux manifeitatiom de la vie. En enlevant cette eau on arrête ces manifestations. Chez la plupart des animaux, 06 temps d'arrêt ne peut être effectué sans que la machine souffre au point de ne pouvoir plus fonctionner ; alors il y a mort réelle. Ce que les espèces dont nous parlons ont de très exceptionnel, c'est que la dessiccation n'entraipe pour elles q\x*um §ùrie de $yn/^Qp0 d'où on les retire eu leur rendant de l'eau.

Un certain nombre de végétaux inférieurs pré* sentent des phénomènes entièrement semblables j^ peui que nous venons da signaler chee les ani<^ maux. Nous citerons en particulier les Nostocs; (dont un^ espèce est assez commune dans nos envi* rtms. Cette Algue Men développée se présente sous la forme de plaques brunfttres ou d'un vert sale de A à 5 milUmètres d'épaisseur, plissées et comme chiffonnées. Ces plaques mt parfois jusqu'à 6 ceur timètres de difimètre. Par la dessiccation, elles s'amincissent et se réduisent presque à rien, mais une ondée de pluie suffit pour leur rendre leurs dimensions premières (1). Il résulte des expériences

(I) M, Di^ardin a fait connaître la straetare extrémemeÉt simple dei Noatoes. La plante entière est fermée par ééê

-a32 SOUVENIRS d'un naturaliste.

de Spallanzani et de Léman, que la végétation s'arrête dans le Nostoc lorsqu'il est sec, et qu'elle reprend aussitôt qu'il est imbibé d'eau. Mais nous ne croyons pas qu'il ait été fait sur ce végétal des rechercbes aussi précises que sur les Rotifères et les Tardigrades.

N° 3 (p. il). — On comprend qu'il s'agit ici du microscope. Le rôle cbaque jour plus considérable que cet instrument joue dans les sciences naturelles nous semble mériter que nous entrions à son suj£t dans quelques détails.

On distingue en physique le microscope simple du microscope composé. Le premier n'est jamais en réalité qu'une loupe formée d'une seule ou de deux lentilles. Avec cet instrument, l'observateur regarde directement l'objet qu'il veut étudier* Le second peut être considéré comme formé de deux loupes, dont l'une (y objectif) sert à produire dans le corps de l'instrument une image qui est reprise par l'autre ( V oculaire)^ qui la transmet à l'œil. Dans le microscope composé, l'observateur regarde, à proprement parler, non pas l'objet luimême, mais bien l'image de cet objet.

Les microscopes simples, ou, pour parler d'une

espèces de chapelets de globales microscopiques verdâtres comme noyés dans une substance muciiagineuse transparente. (Voyez Mémoire zw le Noslocei le ifonuei complet de Vobservateur au microscope, par M. F. Diqardin.]

manière pins générale, les verres grossissants, semblentavoir été connus desanciens. Du moins parmi les pierres gravées que nous ont léguées les artistes grecs ou latins, il s*en trouve dont les détails vrai* ment microscopiques ne peuvent être saisis à la vue simple, et il est à plus forte raison dillficile d admettre qu'ils aient été exécutés sans l'emploi d'aucun moyen auxiliaire. Cependant on pourrait croire que les anciens se servaient dans ce but de simples globes de verre remplis d'eau, comme celui que Sénèque employait pour lire des caractères très petits et peu distincts.

Quoi qu'il en soit, dès après l'invention des lunettes à lire, vers le commencement du xiv« siècle, ou a dû fabriquer des loupes proprement dites et chercher à en obtenir d'un pouvoir amplifiant de plus en plus considérable. Tous les premiers micrographes ont travaillé avec de simples lentilles, que souvent, comme Leuwenkoeck, ils fabriquaient eux-mêmes. Malpighi (1), Swammerdam ( 2 ) ,

(1) Malpighi, célèbre médecin et anatomisle italien, naquit dans les environs de Bologne en 1628, et fut professeur d^anatomie d*abord à Puniversité de cette ville, puis successivement à Pise et à Messine. Appelé à Rome comme médecin du pape Innocent XU, il s'y fixa et y mourut en 1694. Mafpighi peut être considéré comme un des fondateurs de Vanatomie comparée et de la physiologie expérimentale.

(2) Swammerdam, né à Amsterdam en 1637, mourut en 1680, des suites d'une affection hypochondriaque aggravée

S8i SOUVENIRS d'un NATURALISTE.

Lyoniiet(l), n'ont pas employé d'autre Instrument pour faire leurs belles découvertes. Les nom« breuses difficultés que présentait la fabrication de ces petites lentilles engagea plusieurs observateurs à tAcher de les remplacer. On employa successivement l'eau pure, Tacide sulfurique, Thuile de ricin , dont on déposait une très petite goutte sur une ouverture percée dans une plaque métallique. Le liquide, prenant de lui-même une forme à peu près sphérique, pouvait, pendant quelque temps au moins, jouer le rôle de lentille, Le baume du Canada, les térébenthines et vernie divers furent également essayés dans le mémQ but.

par reioëg de travail. Dans un de les accèa 4e mélaacoiie, il Jeta au feu une grande partie de sei manuscrits, s'imaginant que dévoiler la structure anatofnique des Insectes était offenser Dieu ! Une autre fois il vendit h vil prix ^ne masse de manuscrits qui , rachetés à grands firais par Boerhaave, furent publiés sous le titre de BibUa natura, Swammerdaqi» parait être un des premiers qui ait pratiqué dct iojectiona en employant des matières fondues qui se solidifient ensuite et permettent de disséquer aisément les moindres canalicules vasculaires ; mais il dut surtout sa célébrité à ses re*'' cherches anatomiques sur les Insectes.

(f ) Lyonnet, né k Maestrieht, mort à La Haye en 4789, se livra d'abord à Tétude du barreau et eut à remplir plusieurs Charges importantes. Pour se délasser, il s'occupa de science» naturelles et surtout de l'histoire des Insectes. II se proposait de publier sur ce sujet un ouvrage général , mais piqué de voir quelques unes de ses découvertes publiées par d'antres

BIOTES. Ut

Un do ces haMrd« dont les esprits étnhwnis M'^

tent «euU profiter vint dminer aoi micrographêê ce qu'ils cherchaient dqwis longtemps. En 106S, un jeune Hollandais, nommé Hartsoeker^ jouant fc la flamme d'une chanddle avec un fil de verre, s'aperçut que ee fil en fondant prenait une forme sphérîque. Hartsoeker avait vu travailler Leuv^.en<- Imeck. Il essaya aussilAt de placer sa petite sphère de verre entre deux lames de plomb percées d'un trou d'épingle, et en regardant un de ses cbeveut avec cet faistroment improvisé, il se vit^ à sa iras grande joie, possesseur d'un fort bon microscope (1). Depuis cette époque, les micrographes

iiflliiralifUi qttî VavaieDt dcvsaeé, il réi6lat û'eoirt^npéÊt un travail daiu lequel il n'eût pai à redooter de concurreiit. Pans ce bat , il entreprit de faire ranatomie d*an Insecte avec autant et plus de détails qu'on n*avait fait celle de rbomme hii-ménie, et il choisit une espèce de P^tMtléne on Papillon de nuii, 4ent la larte n>D|;« réc«roe des satiléa, été ermes, eu* (CotHêtHgniperda), Lyonaet se propoaaU d'élndlir successivement la larve ou chenille, la nymphe ou chrysalide, et rinseete parfait; mais^ détourné par tea fMctinM pwMl^uca , Il ne pot , en pitniciari aonéet , meMr à tant fin qae la première partis deeelravsH. Le Traité ênat^miqm de la CheniUô du «««te parut en.i762, en an fort voImm kk*V «eeèmpagné de dii^hute iilanebei gravée» par ratttew loi-mème. « Cet «luvrase, a dit Cnvier, est le chef'd'«avfs de ranatomle et de la gravwe. n Cet éloge est encore Mérité dtnos Jowrt.

(1) Hartsoeker, né en 1647, OMrt en 1121^, a'avatt ^M

employèrent très souvent le procédé d'Hartsoeker, et Le Baillif, entre autres, a joui pendant sa vie d'une grande réputation sous ce rapport.

Les diverses lentilles dont nous venons de parler présentent de grands inconvénients. Leur emploi est des plus fatigants ; le champ de vision est très restreint; le grossissement n'est jamais bien considérable. En 1813, un célèbre physicien anglais, M. Brewster, proposa d'employer le diamant à la fabrication des microscopes simples. MM. Pritchard à Londres, C Chevalier et Oberhaùser à Paris, firent diverses tentatives et produisirent en effet des lentilles de pierres fines. Mais le résultat ne répondit pas aux espérances qu'on avait d'abord conçues, et il fallut renoncer à l'emploi de ces matériaux dispendieux. On en revint alors à une idée émise à diverses reprises, mais que WoUaston avait développée avec son talent habituel. On essaya de superposer plusieurs lentilles ; et enfin, en 1829, M. C. Chevalier construisit, d'après les principes

dix-huit ans lorsquMl trouva l*art dd fabriquer des microscopes simples avec un fil de verre. An reste» cette déconyerte lui a été contestée. Quelques auteurs Tont attribuée, peut-être avec raison, au célèbre mathématicien anglais Hook à qui Ton doit Tinvention des montres de poche. Hartsoeker se servit de ses globules pour faire des recherches fort intéressantes, et il a disputé à Leuwenhoek la découverte des animalcules qu'on a retrouvés depuis dans le liquide fécondateur de tous les animaux.

du physicien anglais, son doublet, qui donne à peu près tout ce qu'on peut attendre du microscope simple. Cet instrument consiste en une lentille composée de deux verres piano-convexes, séparés par un diaphragme et dont les côtés plans regardent tous deux l'objet. Cette lentille est portée par une petite potence solidement assujettie et dont le bras horizontal peut se promener en tous sens audessus du porte-objet.

L'histoire du microscope composé présente des péripéties bien plus nombreuses que celles du microscope. Inventé très probablement en 1612 par Galilée (1), peut-être en 1619 par Dreb-

(1) Le nom de Galilée est un de ceax que tout le monde connatt. Cet illustre astronome naquit à Florence, d'une famille noble, en 4 564, et mourut en 1642. Dès sa jeunesse il s'occupa de mathématiques et professa cette science dans les universités de Pise et de Padoue. Ayant entendu parler de la décooyerte des lunettes d'approche faite en Hollande, à ce qu'on assure, par des enfants qui s'amusaient, Galilée se mit à l'œuvre et inventa la lunette qui porte encore son nom. Avec cet instrument, il découvrit les phases de Vénus, les taches du soleil, les satellites de Jupiter. Le résultat de ses découvertes astronomiques le confirma de plus en plus dans ses idées relatives au mouvement d(^notre globe, et dès lors il soutint le système de Copernic avec une vivacité qui attira sur lui les rigueurs de l'inquisition. On sait qu'au moment même où, pour échapper à ce terrible tribunal, il venait d'abjurer ce qu'on appelait ses erreurs, il s'écria, en frappant de son pied la terre : « Et pourtant elle se meut ! » Pby-

816 SOUVENIRS D^Un KATURALISTE.

M (i), ciet instrttment fut d'abord une «arle de lunette d'approche ayant jusqu'à sii pieds de long et parfois six à sept pouces de diamèUie. Modifié par divers physiciens, il resta néanBioins jusqu'à ces demiera temps dans un «tat d'ioH perfe<^ion tel que les observateurs sàrieui Ae voyaient guère en lui qu'une sorte de jouet et s'en teœiaient au microscope simple.

Le plus grand défaut du micfoseope emnposé était de donner des images confuses et dont tous les contours étaient bordés de franges colorées. Ce défaut tenait aux propriétés mêmes de la lumière, et ii parut longtemps impossible de le eonriger. Cependant l'étude attentive de l'œil humain fit découvrir le» moyens d'adirortiatisef les vertes grossissants. Dès 1757, un fabricant d'instruments, l'anglais DoUond construisit des télescopes parfaitement achromatiques^ De là a en faire autant pour le microscope U semble qu'il n'y ait qu'un pas. Mais la difficulté du travail augmenle tellenieiit avec la petitesse des lentilles, que Dollond Ini-tnème ne parait pas avoir tenté l'épreuve, ef que sefe

akleii aotaBt «la'attfMwme, Galilée décoiivrii les lois da ptsotlale €t Ift pesanteur de Vtâr, liooi »b Aiteipie, Torrkelli, doQDA la déipoBsiraiioo en iaveataot le baromitrev

(I) DrebM, eélètoi akbimUte oé en Hoilaode, mort k hèaûm eo iS34. Ob kii attribue J'inveolM» de là teioUffe •éeSflate ei ceMe do thcnBomèlre.

iDicrofiCopes vestèrmi oe qu'Us étaient aupirivant. C6 n'est qu'au oomoieiiceinent de ee siècle qu'il fat fait quelques tentatives ^érieu^es pour résoudre œ prcAlàme d'optique appliquée. Dàs 1816, le •avaitf qpticien de Munich, Frauenbofer, obtint un microicope assez parfait, mais d'un faible grossiaae? ment. Dans la séance du 5 avril 4834, M. SelUgue» un de nos mécaniciens les plus inventifs, présenta à l'Académie des scimices un microscope acbroma^ tique construit d'après ses idées par MM, VincenI et Charles Chevalier. A partir de cq moment, le^ progrès furent rapides. En 1825 MM* Chevalier , en 1827 M. Amici (1), firent paraître des instruments très supérieurs à ceux de leurs devanciers. Celui de M. Amioi surtout, apporté à Paris, souleva une admiration univeraelle ; et pourtant, en 1834 il était battu par celui de M. C. Chevalier. Vers cette époque, MM- Oberhaûser et Trécourt

(1) II. Amici} profeneiir de pliyiiqiM à Modène, a atUehé Mm nom à plosteari ÎDstroiiMmU d'optique. l\ a iaveot^ an microflcrope eatoptriqpe, une aouveile cbambro olaire, etc. M. Amiei fabrique lui-mèina les varrea qu'il aoiploic pour aaa Inalfumaati, at ii est aia«i parvenu è oblenir dei objectifa de wicMioope plut puissanU et plus parfait! que oeui de toai lei eoncurrenti. Mail eei verres ont un grave défaut : ils sont faeilement attaqués par rbumidité, et Pou nous « eité un ol\iect}f payé iOOQ fraiii» au savant professeur, quit après un siinple trajet sur mai, et sans avoir servi) se trouva complètement hors d'usage.

imaginèrent leur plathw à tourbillon et perfection-^ nèrent encore les lentilles. Il s'établit entre eux et M. Chevalier une véritable lutte, lutte dont la science profita. Puis M. Du jardin (1) inventa son excellent appareil d'éclairage ; M. Oberhaûser trouva son microscope pancmtique; MM. Nachet ajoutèrent plusieurs accessoires ingénieux à leur monture spéciale. Ce mouvement, d'origine essentiellement française, fut suivi à l'étranger; et l'on peut dire que les bornes du possible rêvé par les micrographes d'il y a trente ans sont aujourd'hui de beaucoup dépassées.

(1) M. Dujardin, un de nos naturalistes les plus distingués, après avoir professé la géologie à la Faculté des sciences de Toulouse, est aujourd'hui professeur de zoologie à la Fa* culte des sciences de Rennes. Ce fait seul indique chez ce savant une variété de connaissances que peuvent seuls apprécier comme elle doit Tétre ceux qui le connaissent personnellement. M. Dujardin a surtout étudié les organismes inférieurs et enrichi sur ce point la science de plusieurs découvertes eitrémement importantes. Nous citerons entre autres le fait fondamental découvert par lut chez les Rhizo* podes, qui fabriquent pour ainsi dire de toutes pièces, avec la substance homogène de leur corps, les membres qui leur sont momentanément nécessaires. Indépendamment d*un très grand nombre de Mémoires spéciaux qui ont surtout paru dans les Annales des sciences naturelles, M. Dujardin a publié, dans les Suites à Buffon, VHistoire des Infusoires et ceHe des Intestinaux. Il est aussi Tauteur d'un Manuel complet de Vobservatewr au microscope.

Les qualités que doit posséder un bon microscope sont avant tout la netteté et la pureté des images. U faut que l'observateur voie dans son instrument comme il verrait sur sa table à la distance de vision distincte. Les habiles artistes que nous possédons aujourd'hui remplissent ces conditions jusqu'à un grossissement de ^00 à ii50 diamètres (1). Au delà de cette limite, les contours deviennent moins nets et les images sont de plus en plus confuses. Cependant il est parfois utile d'aller plus loin, et l'on peut, si l'on veut, dépasser 1000 diamètres avec une lumière encore suffisante (2). Il faut ensuite que la monture de l'instrument soit à la fois très solide et facile à manier. Plus elle est simple, moins elle occupe de place, et plus elle se prête aux exigences du travailleur. Quelques unes des dispositions adoptées de nos jours ne laissent rien à désirer sous ces divers rapports (3).

(1) Le grossMsemeat d'un microscope ou d'une loupe s'estime en diamètres. Pour avoir le grossissement de la surface entière , if suffit d*éleYer au carré le chiffre énoncé. Ainsi une amplification de 450 diamètres grossit en réalité robjet 202 500 fois.

(2) 1000 diamètres donnent un grossissement de 1 000000 de fois en surface. On comprend que la vivacité des images doit forcément diminuer à mesure qu'on augmente le grossissement, puisque la même quantité de lumière doit former une image plus grande.

(3) Voyez, pour plus de détails, le Manuel de M. Dujardin

S4S SOUVENIRS ViW NATURALISTE.

N^ h (p. U)* -^L'Hydatine couronaéa (Byiaiina $0Ht0ij appartient à la f>lasae dw Syatolides ou i^otar taur». C'est aor eattû aapèca que M- Ehrenbeifi a feit S0I preinièrêa obs^pvationa relatives à la oompUca*' tion (HTganiqae de oes petits animaux. Gto trouve abopdammeot THydatine aus euwona de Paria, au printemps, dans les petites mareaqui ratent au bord des routes ou dans le oreux de$ praièrea. (Voyea les ouvrages d'Ebr^dberg et de DujavdîB.)

N° fi (p. k), -— Iles BraehioDs fent égaleineot parlie de la olasse des Rotateurs.

H" 6 (p. 5). -» Des Baoillaires ou Diatomées font partie d'un de ces groupes que lae naturalistes se disputent ou ae renvoient } les uns veulent y voir des végétaux, d-autres les oonsidèr^it comme des animaux. Un eartain nombre d'entre elles, comme les Navicules, jouissent d'un mouvement spcmtané, le^t, régulier, et qui semble être le résultat d^une volonté réfléchie. Plusieurs présentent des formes d^une végularilé géométrique, et leurs enveloppes siliceuses, transparentes comme le plus pur cristal^ sont en outre souvent ciselées avec une délicatesse telle que chaque perfectionnement du ïnipros(jC4>^ nous révèle ii oet égard des détails nouveaux.

a^ 1 (p. 5). -^ Les Planariées appartiennent m

•I l*oayrage de M. 0. ObeyaUcr, iatHulé : Des microscopes H de leur mage, ouvrage qai m'a fourni la pUiparl des détails historiques précédents.

NOTBS. SAS

sûttat-embrtncbeaient des Vers. Ce sont des aoimaux platf;, peu allongés, réunissant les deux sexes, pourvus d*uu appareil digestif qui se ramifie dans tout le GOfps, et se mouvant à laide de oils vibratiles qui hérissent la surface entière du oorps. Ces Y^s, dont Tanatomie est fort curieuse, oui été yûb)«t d^un grand nombre de travaux. (Voyet Badr, Ueier Plananen dans les Nova aeta Aeaâ. Léùp^ Cm*. ; Dugès et de Qùatrefages dans les Àmk^ éhê 9c. nat. ; OErsted, Platwûrmer, C.-E. Siebold, Ma^ nuei d^anaiomit comparée^ etc.)

N* 8 (p. 5). -^ Nous avons vu que les Inftisoires devaient être considérés provisoirement comme formant une classe du sous-embranobement des* Rayonnes globuleux. Ce groupe a été Tobjet da très nombreux travaux. Les ouvrages généraux qui leur ont été consacrés sont surtout celui de O.-F. Mûller, Ànimalcula infusoria^ et ceux do MM. Ehrenberg et Dujardin que nous avons déjà cités.

N** d (p. S). —Grgnville, petite ville du département de la Manche, a été bâtie sur un promontoiie élevé qu'une coupure profonde a presque entière* ment séparé du continent. Son port, commode et sur, fût construit en i 78ii . Huit ans après, 4a ville se défendit de la manière la plus honorable contre le» Anglais. Plus tard, elle résista de même à FattaquQ des Vendéeivs. Le cabotage, la pêche des huîtres^

34& SOUVENIRS b'un naturaliste.

et surtout celle de la morue, font de Granville un de nos petits ports les plus actifs et les plus commerçants.

N* 10 fp. 9) . — L*ensemble des grèves qui entourent le mont Saint-Michel, et qui couvrent et découvrent alternativement à cbaquc/niarée, est évalué à huit ou dix lieues carrées. Cette plage, basse et presquede niveau, est sillonnée par plusieurs ruisseaux, tels que la Sée, la Cellane, la Guintre et le Couesnon . Ces petites rivières, dont le lit change très souvent, sont une des causes qui rendent cette plage si dangereuse en favorisant la formation des lisses ou sables mouvants. (Voyez Recherches pour servir à rhistoire naturelle du littoral de la France^ t. I, par MM. Audouin et Milne Edwards.)

La montagne elle-même n'est qu'un gros rocher granitique de 1,200 à 1,500 mètres de ch*conférence à la base, et qui s'élève à une hauteur de plus de 130 mètres. Le sommet est entièrement occupé par le château, qui joua un rôle considérable dans les guerres du moyen âge, et qui n'est plus aujourd'hui qu'une prison d'État.

N« 11 (p. 10). — Ces coquillages sont désignés dans le pays sous le nom général de coques. Ils appartiennent tous à la classe des Mollusques acéphales. Les espèces les plus communes à Granville sont : le Cardium edule^ les Solen vagina et ensis^

la Venus pullastra^ la Mactra glauca, que les Gran« villais nomment Fias,

N° 12 (p. 10). — Sous ce nom, on pèche sur tout le littoral deux espèces du genre Ammodytes : VA, tobianus et VA, lancea,

N* 13 (p. 10). —On donne dans le pays le nom de Chevrette au Crangon commun (C. vtdgaris). Celui-ci est beaucoup moins estimé que le Bouquet^ nom sous lequel on désigne le Palémon à dents de scie [P. serratus). C'est cette dernière espèce qui s'exporte surtout à Paris, où elle figure à l'étalage des principaux marchands de comestibles.

Les Crabes qui se prennent sur le littoral sont principalement TÉtrille {Portunus puber) , appelée dans le pays Crabe espagnol; le Tourteau [Cancer pagurus), qui atteint quelquefois près d'un pied de largeur et j)èse alors jusqu'à cinq livres; le Crabe commun [Cancer mcmas)^ bien plus petit et moins recherché que les précédents, et qui pullule d'une manière étrange sur certains points de nos côtes.

Le Homard {Astacus marinm) ne se trouve que rarement aux environs de Granville; c'est Chausey même qui est le centre de cette pèche.

Il est presque inutile de rappeler que tous les animaux dont il est ici question font partie de la classe des Crustacés.

N" l/i (p. 10). —Le Congre [Conger commmis), connu à Paris sous le nom d'Anguille de mer, est

8A6 SOUVENIRS D*UN MàTURVLISTE.

un des poiesons les plus communs de nos côtes. Il ressemble beaucoup à TAngullle comme l'annoncé son nom vul|^ire, mais atteint une (aille bien plus eon^idépable. J'en ai vu de six à sept pieds de long, et Gesner (1) assure qu'ils atteignent parfois la taille de dix-buit pieds. Ce poisson ne se mange pas seulement (rais : les pécheurs, après l'avoir ^ventre et nelfoyé, le font sécher h Tair,. puis le livrent au oommerce en paquets d'environ cent kilogrammes.

N*» i5 (p, 10).^ Le Poulpe (Oe?/o/?M« vulgaria), la Seiche {SepiaofficinaUi), eiVEnoom&t {Sepialoligoj^

(i) Qesper, HMldooin et naturallite sniisa, naquit k Zarieli çn 41^16 el; ipourut à QÂle ^u 1^65. Gi)»4ramt dan» 9a jaot nesse de travailler et de donper de$ leçon s| pour viyre, il n'en acquit pas moins une instruction aussi variée que solide, On en jugera par ce fait, que sa IHbliothèqtie universelle pré- MDte le titre de tous les ouvrages hébreux , grecs et latins çoqnas de son temps, «ccoropagnés d'qn jugement mQtivé sur cbacun d'eux. Son Histoir» des çmivMucpf vaste compîtotion intelligente de tout ce que les anciens avajept écrit sur ce sujet, renferme d'ailleurs des observations fort bipn faite;g et des figures encore citées de nos jours. Gesner mourut en quelque sorte au champ d'honneur. Atteint d'une maladie qu'il jugea devoir être mortelle, il le fit porter dans sa bibliothèque, e( passa les cinq derniers Jours de sa vie k iqettre en ordre ses manuscrits, qu'il légua à WolfT. Celui-ci en publii^ une partie, entre autres des fragments 4'une HiHQire des plantes pour laquelle Gesner avait peint plus de c^uinze cents figures.

KOTEi. i^l

3oâi troiéMallUiqties de U dassedesCéphalopodeS. Toiia ces Mollusques sont poufvtis d'un oihgané particulier qui sécrète un liquide foncé qtie VàtiU mal tiait en résenre dans une poche appelée le réiermir à encre. Lorsqu'il est menacé paf quelque etntemi, il lance un jet de ce liquide qui trouble Veau tout autour de lui, et ranimai â'écbappe à la iflveurde ce brouillard artificiel. Cette encre deâ Céphalopodes pourrait être utilisée comme matière tinctoriale; elle fournirait au lavis des couleurs très fines et très faciles à manier. Les beaux dessins qtri accompagnent les mémoires de Ctlviet silr Tanatontie âë ces animaux, ont été exécutés avec Veticre fournie par les individus qu'il étudiait [Mêmoireé pour servir à l'histoire et à l'onatomie des Mollus^ queâ, par Ctivier) {^).

If» 16 (p. H). —Les Patelles {Patella), appelées ffénis otî Bénicles dans le pays; les Turbos( r^rfto), désîgfiés Sotts le nort de Vignettes^ et les Buccins [Svmnum), qu'on appelle des Rang; enfin les Hàliotkles [Hàliotis), vulgairement Ormiers, sont au-»tant de Mollasques de la classe des Gastéropode?.

N'» 17 (p. H). — M. Beautemps-Beaupré, membre de rinstitut, ancien directeur du dépôt des cartes et plans de la marine, naquit à La Neovîlle-au-Pont,

(1) Ces Mémoires, qui avaient été \us et imprimés isolément, ont été réunis en un vofume aujourd'hui fort rare. Cet ouvrage est un des principaux titres de gloire de Ctffî^T.

en 1766, et est mort à Paris en 185/i. Rappeler qu'il a reçu des Anglais le titre de père de Vhy* drographie^ c'est assez dire tout ce que lui doit cette branche de nos connaissances. C'est dans rétablissement même qu'il devait diriger un jour que M . Beaupré fit ses premières études, et à l'âge de dix-neuf ans il était déjà cliargé de faire les cartes du Neptune de la Baltique. Plus tard, il fit,en qualité de premier ingénieur-hydrographe, le voyage autour du monde avec d'Entrecasteaux, envoyé comme on sait à la recherche de La Pérouse, et leva tous les plans qui accompagnent la relation de ce voyage. Ce fut pendant cette campagne que M. Beaupré, appliquant pour la première fois des méthodes déjà connues , mais dédaignées conune inutiles, substitua les relèvements astronomiques pris avec le cercle répétiteur de Borda à l'usage de la boussole. Ce bel atlas ne fut publié qu'en 1808* M. Beaupré a publié plusieurs autres travaux remarquables, mais celui auquel lui-même attachait le plus d'importance , est V Atlas hydrographique des côtes de France, qui, commencé en 1815, n'a été terminé que dans les dernières années du règne de Louis-Philippe. Pour mener à bien cette grande entreprise, M. Beaupré a dirigé pendant vingt ans les travaux des ingénieurs qui travaillaient sous ses ordres, prenant part à toutes leurs fatigues avec un zèle et une activité qui étonnaient

ïfOTES. 3A0

jusqu'aux matelots. J'ai pu dans mes courses recueillir sur ce point de la bouche de plusieurs vieux marins des témoignages bien peu suspects. Ajoutons que, grâce à l'esprit libéral de M. Beaupré, il n'en a pas été de cet Atlas comme de presque tous les ouvrages publiés aux frais de l'État. On ne sait que trop que ces ouvrages sont presque toujours d'une cherté qui en rend l'achat impossible au plus grand nombre, et que parfois ils sont conservés à je ne sais quel titre par des administrateurs qui en disposent à leur gré. Il n'en est pas ainsi de l'Atlas hydrographique : chacun peut , pour 2 francs la feuille entière et pour 1 franc la demi-feuille, se procurer ces magnifiques cartes qui reproduisent jusqu'aux moindres accidents de nos côtes, et qui m'ont été personnellement d'une grande utilité. (Voyez les discours prononcés sur la tombe de M. Beautemps-Beaupré, et surtout ceux de M. Duperrey et de l'amiral Baudin.)

N° 1 8 (p . 1 5) . — Coutances, appelée jadis Cosedia^ et plus tard Constantia casera^ est une des plus anciennes villes du département de la Manche. Elle a donné son nom au territoire connu sous le nom de Cotentin. Sa cathédrale est un des monuments les plus remarquables de l'ancienne Normandie.

N*' 19 (p. 15). — Jersey, Guernesey, Alderney, lies de laManche, faisaient autrefois partie du duché

150 SOUVENIRS d'uh maturaliste.

de Normandie. En restant sous la domination an^» glaise, elles ont oonserré l^rs propres k)is^ qui n« sont autre chose que les tieilles coutumes nor-» mandes. Leui^ habitants sont exempts du service naval et militaire. Le port de Saint-Hétier, capitaia de letsey, jouit de la plus entière franctuse, et les actes du parlement anglais n'ont force de loi dans les trois lies qu'après avoir été approuvés pu* la magistrature locale.

N» 20 (p. 18). —Nous avons en France, d'après Dugès (1), oinqespècesde Lézards : Yocàlé{Lac€rta ocdlata) ^ le vert (£. viriiiê) , le véloee [Li velox)^ Tedwardsien {Li edwm^dnana) , le Lézard des sou* ches [L. êtirpium), et le Lésard des murailles ou Lézard gris {L, tnuralta), Gelui-Gi est dé beaucoup le plus commtm, el il est peu d'enfasits qui n'aient joué avec lui*

N« 31 (p. 18). ^ bé Moineau franc {Fringilla domestica) est peulrètre Tespèced'oiseau la plus Uni-

(1) Dugès, correspondant de Tlnstitut , professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, mort encore jeune en IS^, â lai^é plusieurs outrages stir X^àxi des aecodèbè^ irieiftf, un grand nombre de Mémoir«9 insérés priBcipaltf^ HWDt éexkê les Annote desscienees naHtr^$, et un TraUé de phyMologie comparée y ouvrage yraiment remarquable pour l'époque où il a paru. Très patient, et généralement exact dans l'étude des détails , Dugès avait en outre un espfit Sénéfa!isale\jr, maïs tifl pfeu spéctïttftif. S'il eût wétvt, if «ût eeHaiiietfKfdt lirissé ttnë réfmtatiofi eottdidérabl* H méritée.

^ersellement répandue, bien que sa patrie originaire soit l'Europe. Il a accompagné presque partout les navigateurs, et on le trouve aujourd'hui jusqu'à la Nouvelle-Hollande. Tout le monde connaît Tefiron- 4erie de ces parasites, leur voracité, leur fécondités, et par conséquent on peut se faire une idée des dégftts qu'ils commettent. M. Rouyer de la Bergerie [estime à un boisseau la ration de blé que mange un Moineau dans une année. Qu'on juge diaprés cela de la quantité de grain perdue annuellement!

Il fSeiut pourtant reconnaître que ces oiseaux cVoleurs rendent à l'agriculture un service bien réel. Au sortir de Tœuf, il faut apx jeunes moineauK une nourriture plus tendre que les céréales, et le père et la mère les nourrissent de chenilles. Bradiey a conclu d'observations souvent répétées, qu'un «ouple de vieux moineaux porte à sa couvée au aïoins 40 chenilles par heure, soit &80 chenilles par douze heures de jour, ou 3,360 par semaine. Ces chiffres nous expliquent un feit qui s'est passé il y a une trentaine d'années. Pour mettre les environs de Vienne à l'abri de la voracité de ces oiseaux, on avait ajouté aux contributions de chaque cultivateur deux têtes de Moineau. L'bnpôt Ait payé exactement et les moineaux disparurent ; mais en revanche tous les arbres furent dévorés par les chenilles. Il fallut rapporter le décret et favoriser

pendant quelque temps la multiplication de ces mêmes oiseaux qu'on avait voulu détruire.

N» 22 (p. 20) . — L'exploitation du granit deChausey présente un fait assez curieux, et qu'on observe du reste dans d'autres roches compactes. Lorsqu'on veut détacher un quartier considérable, on trace d'abord une rainure étroite d'environ un pouce de profondeur, dans laquelle on place à côté les uns des autres des coins de fer doux. On frappe ensuite alternativement et avec une force médiocre sur chacun de ces coins, et à un certain moment une sorte de son musical partant de la roche annonce que celle-ci s'est fendue dans toute son épaisseur, Il ne reste plus qu'à dégager le fragment ainsi obtenu. Quand la roche est bien homogène, la fente se prolonge très régulièrement en tout sens jusqu'aux fentes voisines, mais s'arrête toujours à la pierre pourrie. J'ai vu abattre de cette manière des tables de granit d'un pied d'épaisseur et d'au moins cinquante pieds carrés, dont les faces étaient presque parfaitement parallèles et planes.

N» 23 (p. 22) . — Les Zostères {Zostera) forment un genre de plantes marines qui croissent submergées le long des côtes de presque toutes les mers. L'espèce dont nous parlons ici {Z. marina) est xemarquable par la longueur de ses feuilles, semblables à des rubans verts, étroits et minces. Ce sont elles qui, desséchées, ont été depuis quelques années versées

dans le commerce sous l'étiquette de crin végétal.

N" 24 (p. 25) . — Voy. , pour plus de détails, le tome Ides Recherches pour servira l'histoire du littoral de la France, par MM. Audouin et Milne Edwards.

N° 25 (p. 28). — M. Edwards (Milne), membre de rinstitut (Académie des sciences), professeur au Jardin des plantes et à la Faculté des sciences de Paris, est incontestablement un des chefs de la zoologie actuelle. Ses travaux, aussi importants que nombreux, lui ont mérité la haute position qu'il occupe ; ses ouvrages élémentaires ont rendu son nom populaire. Les recherches scientifiques de M. Edwards se portèrent de bonne heure sur les Invertébrés, et de bonne heure aussi il comprit que pour voir clair dans Thistoire de ces animaux, il fallait aller les étudier sur place. Avec son collaborateur d'alors, M. Audouin, il donna le signal de ces séjours prolongés sur les côtes qui seuls permettent des travaux sérieux sur ces êtres aujourd'hui si intéressants. On sait combien cet exemple a eu •depuis d'imitateurs. M. Edwards a publié un nombre très considérable de Mémoires originaux dans les Annales des sciences naturelles^ dont il dirige la partie zoologique depuis une vingtaine d'années, et dont il a fait un des plus remarquables recueils scientifiques de l'époque (1). Parmi

(1) Les Annales des sciences naturelles, fondées en 1824 par MM. Audouin , Ad. Brongniart et Dumas , étaient dV

les ouvrages généraux de oe naturaliste, nous citerons, entre autre» : VHnIoiredes Crustacés^ qui fait partie des Suites à Buffon; celle des Polypiers, publiée en oommun avec M. J. Haime, et les £léme}U$ de zoolQgie^ qui sont devenus un livre classique.

L'œuvre scientifique de M. Edwards ne se dis* ^ingue p^s seulen^ent par le nombre et rétendue des travaux, mais bien surtout par les tendances générales. Au delà des faits particuliers, Fauteur cherche toujours les faits généraux. Ainsi» après avoir fait l'anatomie des Crustacés, il donne sur le squelette tégumen taire de ces animaux un m^noire ponçu entièrement dans le sens des écoles philosophiqqes, mais exécuté avec une rigueur qui manque trop souvent dans les travaux de cette nature. Comme conséquence de Thistobe générale des inémes Aunelés, il fait coQnattre leur distribution géographique, et cette étude le conduit à la théorie

))ord consacrées également à la zoologie, à la botani4^e, à la géologie et à la minéralogie. En 1834, ces deux dernières sciences se détachèrent, et la seconde série, dirigée par MM. Audouin et Edwards pour la zoologie, par MM. Ad. Brongniart, Oaillemtn et Decaisne pour la botanique, parut pendant dix an». En 1844, commença la troisième série dirigée par M. Edwards seul 'pour la zoologie , par MM. Bronr gniart et Decaisne pour la botanique. Enfin, les Annales sont ^ la veille ds 6Mnm«acer leur quatrième série avec les mêmes xédaçteurs*

NOTE0» ft66

des c^ntra^ de crMion qu6 confirment chaque jour iDÔme oerlaios résultats palôontologiquea. Pans se^ livres comme dans ses Mémoires, H. Sdwards fait toujours marcher de front la desr cription extérieure et Tanatomie ; en outre, il nç ^pare jamais Tétude de la fonction de calle des i>pganes. C'est en se plaçant à ce dernier point de vue qu'il a été conduit h formuler le principe de la 4ivi$ion du travail phyùçlogique^ principe qui a éclairé d'un jour tout nouveau quelques \xjm ^es questions les plus difficiles de la xoologie, M. Edwards a résumé ^ensemble 4e ses vues scientifiques dans un ouvrage intitulé ; Eléments de fQologie générale.

\\ ne faut pas confondre If, Milne Edwards. le zoologiste avec son frère aîné William Edwards, également membre de rinstitut (Académie des seienees morales et politiques). Celui-ci, mort à Paris en iSUh, était de beaucoup plus âgé. Après s'être occupé de médecine, il se livra d'abord à l'étude de la physiologie expérimentale, et publia sur ce sujet un ouvrage capital beaucoup trop oublié par quelques physiologistes actuels, sous ce titre : ûe V influence dee agents physiques sur la vie. Plus tard il se tourna du côté de Tethnologie, qui l'absorba bientôt tout entier. Ses recherches sur les Gaels et les Kimris, dont il étendit le$ résultat^ à plusieurs populations de VËupope, lui ouvrir^

les portes de l'Institut. Les dernières années de sa vie furent consacrées à un grand travail de linguistique qu'il ne put terminer, et dont une partie a paru après sa mort sous le titre de : Recherches sur les langues celtiques.

N«26 (p. 28).— Audouin, membre de l'Institut (Académie des sciences), professeur au Jardin des plantes, naquit à Paris en 1797 et mourut en 1841. Destiné d'abord à la pratique du barreau, puis à celle de la médecine, il se sentait invinciblement entraîné vers la zoologie ; le hasard vint en aide à cette vocation. Dans une de ses courses entomologiques, Audouin rencontra Al. Brongniart. Le savant illustre se sentit attiré vers le jeune étudiant en qui il crut reconnaître l'ardeur qui l'animait lui-même. Il l'aida de ses conseils, et Audouin y répondit si bien qu'avant l'âge de trente ans il suppléa Lamarck ( 1 ) et La-

(1) Lamarck, membre de l'Iastitat (Académie des scieoces) et professeur au Jardia des plantes, naquit à Bargentin en 1744, et mourut à Paris en 1829. Dernier enfant d'une famille noble, il avait été destiné à TÉglise et mis au séminaire; mais à la mort de son père il s'échappa et s'enrôla dans Tarmée que commandait le maréchal de Broglie. Il ne tarda pas à s'y distinguer, et fut nommé offîcier à la suite d'une action d'éclat ; mais une maladie grave et les ennuis du service le firent renoncer à la carrière des armes. Il vint à Paris étudier la médecine ou plutôt s'occu|)er de botanique. A la suite d'upe espèce de défi, il imagina la classifico-

treille (i)» tous deux âgés et infirmes. Appelé à remplacer ce dernier, Audouin se tourna vers les applications de Tentomologie, et il venait de parcourir le midi de la France pour étudier les Insectes qui attaquent Volivier, lorsqu'il fut enlevé par une maladie cruelle. MM. Autlouin et Edwards, unis par une amitié que n'affaiblirent jamais la similitude des travaux et l'identité du but, ont publié en commun plusieurs Mémoires, entre autres ces Recherches sur le littoral de la France

tîoà dichotomique, qui permet d'arriver très aisément an nom de la plante ou de Tanimal qu'on veut déterminer, et publia d'après ces idées la Flore française^ que Buffoo flt imprimer à l'imprimerie royale, et qui eut ua très grand succès. Plus tard, il fut nommé garde des collections au Jardin du Roi, et lorsque la Convention réorganisa le Maaéum, il -fut chargé de l'enseignement des Invertébrés. U avait alors près de cinquante ans, et la matière était nouvelle pour lui. Lamarck se mit résolument à l'ouvrage, et ne tarda pas à jeter un jour tout nouveau sur ce sous-règne encore fort mal connu. Malheureusement ses travaux incessants altérèrent sa vue, et il devint complètement aveugle, heureux encore de trouver un adoucissement à ce malheur dans les soins de sa fille, qui travaillait en quelque sorte pour lui, et écrivait sous sa dictée. Lamarck a publié un très grand nombre de travaux, et entre autres trois grands ouvrages : \& Flore française j la Zoologie philosophique ^ et surtout VHiS' toire naturelle des animaux sans vertèbres, qui le fit appeler avec quelque exagération, il est vrai, le Linné français,

(1) I^atreille, qui reçut de ses émules le titre de prince de Venlomologief était né à Brivesen 1762, et mourut à Paris

f6S SÛtVEMRS d'un naturaliste.

qu6 nous avons souvent citées. M. Au()ouin a publié seul plusieurs Mémoires d'entomologie pure pu appliquée» entre autres un travail fondamental ^r le squelette tégumentaire des Insectes, ni) ouvrage sur la muscardine, et un autre sur la Pyrale, qui n'a paru qu'après sa mort.

N<> 27 (p. 35). — Les Fucus, qui servent à la &• j^ripation de la soude ou à Tengrais des terres sur (outes nos cdtes de l'Ouest, sont principalement le F. nodosM^ appelé Vraigin, le F. vesicuiosuê^ dit Croquet^ et le F. serratus^ qu'on désigne par le nom de Vraiplat.

N* 2H (p. 43j. — Certains Polypiers, e»tr^ autres.

N<'29(p. 43].— La plupart des Nullipores^plaoés

ea 1S33. n futwembra de rinsUtut f Académie des scieace») et (fe presque toutes les Académies d'Europe, et pourtant peu d'hommes oot eu une vie plus modeste et plus pénible. P'abord prêtre obscuFi il failUt périr pendant les mauvais jpurs de la révolution ; puis simple employé du Muséum, il n arrÎYa au professorat qu'après la nort de Lamarck. « On ine donne du pain quand je n'ai plus de dents»» dit-il, en flppreaunt se nqmioatioo k une chaire dont il ne devait Jouif qqe quatre ans. On voit que la science est parfois une juère bien injuste, car Ulreille fut un de ses plus illustres enfaqts. Par sa publication de son Gmera Cruslaceorum el JnsedQrumf il partage avec Cuvier l'honneur d'avoir Introduit la méthode naturelle en zoologie. La plupart de ses autres travaui sont également remarquables, et son Bitloire des Cru9taçé$ et Jnteetea est un de ces ouvrages qui servent d» point de départ à tons eeox qui vicainent après.

KOTRS. SSGT

parmi les plantes d'abord ^ puis parmi les Poly* piers, à côté des Millépores, ne sont que de simples concrétions pierreuses, diaprés les observations de M. Decaisne.

N» 30 (p. 43.) — LesCorallines (Corallina), promenées tour à tour dans les trois règnes, sont dé^ cidément des Algues , et par conséquent des végétaux, d'après les recherches de M. Decaisne ; mats des végétaux qui s'encroûtent très rapidement de sels calcaires^ ce qui explique les difficultés de leut* étude et les erreurs auxquelles elle a donné lien.

N° 31 (p. A3). — Tous les Polypes vrais sont dans ce cas, et entre autres le Corail . des auimaù t avaient été décrits et nommés comme des plantes, même par Marsigli, qui les avait soigneusement étudiés à l'état vivant. Peysonnel, chirurgien de la marine française, reconnut le premier ht véritable nature de leurs prétendues fleurs, et fit part de sa décon- TCtte h Réaumui* (1). Mais cet illustre naturaliste,

( ] ) Réaumur, né k La Rochelle en 1 683, mort en 1 757, doit être regardé comme un des plus grands noms scientifiques de la France. Dès son plus jeune âge il s'occuimi de sciences et préluda h tous ses travaux par de sérieuses études de ma« ihématiques. Ses premiers Mémoires sur la géométrie lui valurent d^enlrer à TAcadémie des sciences à Tâge de vingt* quatre ans. Possesseur d'une fortune indépendante^ il tra-r vaiila avec une ardeur incessante et s'occupa des sujets Ici plus variés. Personne n'ignore qu'il inventa le tiierraomètre qui porte son nom. Les arts pratiques lui doivent en odlff

préoccupé des idées anciennes, et voulant, comme il le dit lui-même ménager la réputation d'un confrère dont il estimait les travaux antérieurs, ne crut pas devoir communiquer immédiatement ce résultat à TAcadémie. Pourtant il le fit connaître en 1727, mais sans l'adopter encore. La découverte dePeysonnel fut contestée jusqu'au moment où les expériences de Trembley (i) sur l'Hydre d'eau douce eurent montré dans ce dernier le type nu des animaux du Corail et des autres Zoophytes. Les derniers doutes ne furent d'ailleurs levés que par les travaux de deux membres de l'Académie, Guettard (2) et Bernard de Jussieu , qui, en 1741,

un procédé pour transformer le fer forgé en acier, la fabrication de la porcelaine, l'introduction en France des manufactures de fer-blanc, etc. ; mais de tous ces travaux, ceux où il a montré le plus d'originalité et un véritable génie, sont ceux qui ont pour objet Thistoire naturelle. l\ s'occupa d'ubord des Mollusques, des Zoophytes, non pas seulement pour décrire leurs formes extérieures, mais pour découvrir et expliquer les phénomènes les plus obscurs de leur vie. Ce fut aussi à ce point de vue qu'il s'occupa des Insectes, et l'ouvrage qu'il a laissé sur ce sujet sous le titre de Mémoires pour servir à rhisloire des Insectes peut être considéré comme le chef-d'œuvre de l'observation fine et exacte.

(1) Trembley, né à Genève en 1700, mort en 1784, a immortalisé son nom par la découverte des Hydres d'eau douce et par les expériences aussi curieuses qu'exactes qu*il fit sur ces animaux.

(2} Guettard, médecin et minéralogiste distingué , naquit à Étampes en i7 15, et mourut h Paris en 1786.

firent exprès le voyage de nos côtespour vérifier ce qu'il y avait de fondé dans les idées de Peysonnel.

N** 32 (p. 45). — Les Spongodium sont des plantes de la famille des Algues , qui ressemblent à des éponges de couleur verte.

N" 33 (p. 46). — Le nom de Rissoa a été donné, en botanique, à un genre de végétaux de la famille des Aurantiacées, et en zoologie à un genre de Mollusques. On comprend que c'est de ce dernier qu'il s'agit ici.

N"* 34 (p. 46). — Les Balanes [Balanus) sont un genre de la classe des Cirripèdes, animaux voisins à certains égards des Crustacés, mais qui subissent des métamorphoses telles que Cuvier, même après avoir fait leur anatomie, les plaçait parmi les Mollusques. C'est à M. J. Thompson, naturaliste anglais, qu'est due la découverte de ce fait important. (Voyez les Zoological researches and illustrations de cet auteur.)

N* 35 (p. 46). — Les Porcelaines [Cyprœa]^ :bien connues de tous les amateurs de coquilles., sont des Mollusques appartenant à la classe des Gastéropodes. Les Oscabrions [Chiton) font aussi ■partie des Mollusques Gastéropodes. Ils sont re^ marquables par la division du test qui forme sur leur dos des demi-anneaux imbriqués.

N°36 (p. 46).— LesThétis (7!fte/ys) appartiennent à la môme classe, mais n'ont aucuile trace de test.

fttô SOUVENIRS D^N KATURàLISTE.

N* 37 (p. 47). — Les Ophiures sont des espèces d'Étoiles de mer dont les bras sont très allongés.

N ' 38 (p. 47). — Les Flustres [Flustra] et les Eschares (Eschara), longtemps regardées comme des Zoophytes, font partie de la classe des Bryozoaires. Les Sertulaires {Sei^tularia) et les Campanulaires (Campmulai'ia) sont des Polypes. (Voyez, sur les Bryozoairei, les belles recherches de M. Van Beneden, et, sur les Polypes, celles de M. Edwards.)

N*» 39 (p. Ul). — Les Ihéiyes {Thetya) sont des espèces d'épongés à forme globuleuse et à structure compacte. Ce groupe, encore assez mal connu « a été, de la part de M. Valenciennes , l'objet de recherches approfondies qui malheureusement ne sont pas encore publiées.

N° 40 (p. 47). --Les Alcyons (Alcyon) et lei Lobulaires (Lobularia) sont des Polypes vivant en jcolonies sur une masse commune comme charnue.

N- 41 (p. 47). — La famille des Holothuries appartient à la classe des Échinodermes.

N" 42 (p. 48). «- La classe des Annélides est extrêmement remarquable par l'extrême variabilité de structure qu'elle présente. Elle a été pour moi Tobjet d'études suivies dont it sera souvent question dans les chapitres suivants. (Voyez, sur cette classe, les ouvrages de Savigny et de M. Edwards, ainsi que les Mémoires de MM. Edwards et Quatrefages dans les*Amta/es des sciences n€^*eUes.)

N* M (p. 56). — L'Arénicole des pécheurs {Arenicola piscatorum) est une des Annélidesles plus abondantes sur nos cdtes, où elle est employée comme appât. C'est aussi une des plus curieuses par son organisation que M. Edwards a bien fait connaître. {Mémoire êur la eircuiatiùn des Annélides) .

N* kk (p. 60). — Le genre Desman {Mygale) ne renferme que deux espèces vivantes : Tune, découverte en Sibérie par Pallas ; Tautre, trouvée en France bien plus tard. Celle-ci habite, à ce qu'il pa-* ralt, exclusivement les ruisseaux des Pyrénées. Les Desmans sont de petits Mammifères insectivores, exhalant une forte odeur de musc produite par un liquide particulier que sécrètent des glandes pla« cécs vers la base de la queue. M. Lartet a décou*" vert des restes de Desmans fossiles dans le riche ossuaire de Sansan.

N** U5 (p. 60). — J'ai donné à cette curieuse espèce le nom de Synapte de Duvemoy (Synapta Duvemœa}, en l'honneur du savant qui fut mon professeur et qui m'a toujours traité en ami (i).

(i) M. Duvernoy, membre de rfnitiiut, profesMar «n Jardin des plantes et au Collège de France , est né à Montbelliard. Compatriote de Cuvier, il s'attacha de bonne beore à cet illustre maître, et rédigea, de concert avec M. Daméril, la première édition de VAnatomie comparée. L'amitié de Cnvier, qui déjà Tavait fait nommer professeur à la Faculté «)es sciences, Ini assurait à Paris nn bel avenir ; mais entraîné par ses affections de famille, M. Duvemoy se retira dans sa ville natale où il eierça la médecine. A Page de

36A SOUVENIRS d'un naturaliste.

N' 46 (p. 63). — Kepler, né dans le Wirtemberg, mort à Ratisbonne en 1630, fut en quelque sorte le précurseur de Newton. Un des premiers, il fit à la physique rapplication des mathématiques, compléta les Tables rudolphines commencées par Tyçho-Brahé(l}, réforma le calendrier et publia

cinquante ans, il rentra dans la carrière scientifique en acceptant la chaire de professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Strasbourg. Dès ce moment , M. Duvemoy a montré une ardeur au travail qui ne s*est jamais démentie. Il a donné une foule de Mémoires, et aidé de Tancien aide de M. Cuvier , du savant et modeste Laurillard, il a publié une seconde édition de VAncUonUe comparée. A la mort de Cuvier, M. Duvemoy le remplaça au Coliége de France. Plus tard il succéda à M. de BlainviUe, qui professait au Muséum Tanatomie comparée. Ainsi, M. Duvernoy occupe aiigourd'hui les deux chaires que rendit Jadis si célèbres le grand homme dont il l\it à la fois l'élève et Tami.

(1) Tycho-Brahé, né en 1546, mort en 1601 , est resté célèbre dans Thistoire de Tastronomie par son amour pour cette science et par Tinvention d*un système intermédiaire pour ainsi dire entre celui de Ptolémée et celui de Copernic. Pour lui, la terre occupe le centre du monde, mais le soleil, en tournant autour d'elle, est accompagné des planètes supérieures qui lui serrent en quelque sorte de satellites. Ce système, qui semblait mettre d'accord les progrès accomplis par la science moderne avec le texte fameux du livre de Josué, a été longtemps en grande vogue auprès des théologiens. Il est aujourd'hui complètement oublié. Tycbo-Brahé avait fait bâtir dans une petite lie de la Baltique son observatoire d'Uranibourg, qu'il rendit célèbre par ses travaux et par plusieurs découvertes importantes.

plusieurs ouvrages d'astronomie. Mais de tous ces travaux celui qui a rendu son nom immorte) est la découverte des lois du mouvement des planètes et des comètes autour du soleil. Nous donnons ici l'énoncé de ces lois, en renvoyant aux ouvrages d'astronomie ceux de nos lecteurs désireux de plus amples développements :

i"" Les orbes des planètes et des comètes sont des ellipses dont le soleil occupe un des foyers.

2» Les aires, décrites par les rayons vecteurs des planètes et des comètes dans leur mouvement autour du soleil sont proportionnelles aux temps.

3* Les carrés des temps des révolutions des pla* nètes et des comètes autour du soleil sont proportionnels aux cubes des grands axes de leur orbite.

On a dit que Kepler avait été conduit, pour ainsi dire, par hasard à ses plus belles découvertes ma* thématiques par les idées mystiques auxquelles il s'abandonnait volontiers. Nous ignorons ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette allégation; mais ce qu'il y a de certain, c'est que ce grand astronome était profondément religieux. Nous en avons la preuve dans la belle prière qui termine un de ses ouvrages et qui a été reproduite en tète de l'ouvrage de Buckland sur les fossiles. On nous saura gré, sans doute, de transcrire ici la traduction qu'en a donnée M. Doyère :

« Avant de quitter cette table sur laquelle j'ai

SM SOUVENIRS d'un NATURALISTE.

fait toutes mes recherches, il ne me reste plus qu'à élever mes yeux et mes mains vers le Ciel, et à adresser avec dévotion mon humble prière à Tau-^ teur de toute lumière. — 0 Toi qui» par les lumières sublimes que tu as répandues sur toute la nature, élèves nos désirs jusqu'à la divine lumi^ de ta grâce, afin que nous soyons un jour transportés dans la lumière éternelle de ta gloire I je te rends grâces, Seigneur et Créateur, de toutes les joies que j'ai éprouvées dans les extases où m'a jeté la contemplation de l'œuvre de tes mains. Voilà que j'ai terminé ce livre qui contient le fruit de mes travaux et j'ai mis à le composer toute la somme d'intelligence que tu m'as donnée. J'ai proclamé devant les hommes toute la grandeur de tes œuvres ; je leur en ai expliqué les témoignages autant que mon esprit fini m'a permis d'en embrasser l'étendue infinie. J'ai fait tous mes efforts pour m'éle ver jusqu'à la vérité par les voies de la philosophie, et s'il m'était arrivé, à moi, méprisable vermisseau conçu et nourri dans le péché, de dire quelque chose d'indigne de toi, fais-le moi connaître afin que je puisse l'effacer. Ne me suisje point laissé aller aux séductions de la présomption, en présence de la beauté admirable de tes œuvres? Ne me suis-je pas proposé ma propre renommée parmi les hommes, en élevant ce monument qui devait être consacré tout entier à ta

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