‹ Souvenirs d'un naturalisteChapitre 6 sur 32 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

duisent à Tabri de la vase qui menaçait de les détruire, où le& huîtres acquièrent dès leur naissance la couleur verte des huttres de Ma* rennes (1). Viennent maintenant les parcs i huîtres artificiels, si faciles à établir, ne fûtr-ce que sur le modèle des parcs à moules d^Esnandes ; vienne Tintroduction en Europe des nouvelles espèces domestiques dont s'occupe la Société d'acclimatation ; viennent la préparation des engrais artificiels etTextraction des matières grasses provoquées par les zoologistes v vienne Fimmense développement qui attend toutes ces industries nourricières, et l'on ne dira plus : — A quoi sert la zoologie?

Voilà pour Vutilitarisme , pour le métier. L'homme ne serait qu'un organisme tout matériel, un peu supérieur aux corps bruts; qu'il devrait encore à la zoologie une part de reconnaissance. Mais en lui une intelligence et une àoie s'unissent à la matière. Tout homme digne

(f ) tou» CC8 réBoItats ont été constatés offlcielleraent.

INTaODtCTiaH. XI

de ce nom a des besoins intelleciaels et moraux aussi impérieux que les besoins physiques ; et, nous pouvons le dire hardiment, aucune science ne satisfait au même degré que ia zoologie i oea nobles instincts qui font de Tespèce humaine un Règne à part dans la Création. — Ce résultat n'a-t-il pas aussi son utilité ?

A diverses reprises j^ai insisté dans le texte de cet ouvrage sur les considérations de cet ordre. J'ai cherché à montrer combien la science des créations vivantes était propre a agrandir notre esprit en même temps qu*i ramener nos pensées vers Celui qui a tout créé (1). Je ne reviendrai donc pas ici sur ce sujet ; mais parmi les conséquences utiles des études zoologiques, il en est une autre que je tiens à faire ressortir.

Le nombre des animaux aujourd'hui connus se compte par centaines de mille, et la mémoire la plus vaste succomberait A vouloir retenir

(1) Je tiens à rappeler que les articles auxquels je fais ici allusion ont tous été écrits il 7 a kuit ou dix auf.

XU INTRODUCTION.

isolément les noms seuls de toutes les espèces. Pour se retrouver au milieu de cette immensité, les zoologistes ont imaginé des classifications méthodiques, c'est-à-dire fondées sur la nature même des êtres qu'ils étudient. Le Règne animal a été distribué dans une sorte de cadre dont les divisions correspondent à autant de groupes de faits et d'idées, s' élevant graduellement des détails jusqu'aux généralisations les plus étendues. Il est impossible de s'occuper un peu assidûment de semblables études sans s'imprégner quelque peu de leur esprit. Or, s'il est utile d'apprendre par les mathématiques à raisonner d'une manière logique sur des matières purement abstraites , s'il est utile d'acquérir par la physique et la chimie l'esprit d'expérimentation , n'y a-t-H pas un intérêt plus grand encore à ce que les Jeunes intelligences apprennent à observer, à tenir compte de la réalité, à classer et à coordonner des masses de faits précis et d'idées reposant

JNTRODlJ«;TION. XIII

sur des choses, de manière à en saisir les ra|i-» ports vrais et les oonsé<[uences les plus gêné* raies t Ces habitudes empruntées a la méikodê ne trouveraient-elles pas partout, et jusque dans la vie jourpalière, des applications de tous les instants ? — Or , aucune science né peut, sous ce rapport , remplacer les science^ naturelles, et la zoologie en particulier.

Je viens dindiquer les pensées qui m^ont guidé dans la composition de ce livre ; il hm reste i dire un mot de TeKecution.

En m'adressant aux lecteurs habituels de la Revue des deux manies^ je parlais à un pubUo instruit, intelligent, mais peu familier avec les sciences naturelles. Tai dû, par conséquent, procéfer avec réserve, surtout au début, et user toujours de quelques précautions. Presque partout j^ai laissé de côté les détails par trop techni-* ques, et traité à peu prés exclusivement des questions générales. Souvent, j^ai cherché à imiter le médecin qui enveloppe de miel le

XIV INTHODOCTION,

médicament dont la «aveur répugnerait au malade, et de lilesdétailsdescriptirs ou historiques qui accompagnent presque tous les chapitres de cet ouvrage.

Cette part faite aux nécessités de Teiitrepnse,

je ne m'en suis attaché que plus fermement au

but principal. Dès qu'il s'est agi de science,

jamais la forme ne m'a fait faire le moindre

sacrifice de fond. Là, j'ai voulu être zoologiste

aussi rigoureux que dans un travail rédigé pour

mes confrères. Les faits dofit j'ai parlé dans

ees Souventrê sont ceux qu'on retrouverait

soit dans mes Mémoires, soit dans les œuvres

scientifiques les plus sérieuses; les idées que

j'y ai développées sont celles que j'ai professées

dans tous mes travaux. Sous ce rapport ce livre

aurait pu être intitulé : Essaie de zoologie et de

physiologie générales.

J'ai ajouté des notes parfois très détaillées à la publication actuelle. On y trouvera des développements un peu plus techniques sur plusieurs

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