‹ Souvenirs d'un parisienChapitre 2 sur 29 · PASSAGE CHOISEUL, 23-33 M DCCCCX · texte numérisé non relu

PASSAGE CHOISEUL, 23-33 M DCCCCX

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RANÇois CoppÉE, dans son œuvre, utilisa souvent ses souvenirs personnels : son poème d'Olivier, son roman Toute une Jeunesse, — pour ne citer que ces deux exemples, — sont à peu près des autobiographies; mais plus d'une page de journal intime, plus d'une note prise sur le vif, restèrent inédites, empilées dans des cartons ou collées sur des albums.

En 1898, François Coppée songea qu'il avait là, tout rédigés, les éléments de véritables « Mémoires »; il n'y avait plus qu'à les coordonner et à les refondre. Le titre était tout indiqué : Souvenirs d'un Parisien. Il se mit résolument à l'ouvrage... Mais sa vie et sa pensée allaient bientôt prendre une orientation nouvelle; un autre devoir, pensait-il, le réclamait tout entier; et, sans transiger avec sa conscience, il sacrifia le soin de sa gloire littéraire à son devoir de citoyen : les « Mémoires » furent interrompus... Peut-être le poète gardait-il secrètement l'espoir de reprendre, un jour,

Tœuvre inachevée, dans sa calme retraite de la rue Oudinot; mais le sort implacable ne devait plus le lui permettre.

Ce sont ces « Mémoires » commencés et interrompus que nous publions en y joignant des fragments inédits, des pages restées inconnues où le poète se « raconte » lui-même.

Ils nous font regretter davantage l'œuvre entière, qui eût été, sans aucun doute, parmi les plus exquises de François Coppée. Souvenirs d'un Parisien! Nous aurions cru entendre encore les intonations de sa voix narquoise, si vite mouillée de tendresse; nous aurions cru revoir Téclair de ses yeux bleus, où, malgré l'ironie, rayonnait la bonté. Et c'eût été un spectacle bien consolant de voir cet homme illustre, resté gai, expansif, cordial avec tous ses confrères, auxquels il rendit plus d'un service et dont — chose rare — il reconnaissait volontiers les vertus ou le talent, de voir cet académicien, généreux et désintéressé, au cœur toujours jeune, toujours prêt à battre pour un noble sentiment ou pour une grande cause, parler de lui-même et de son œuvre avec une simplicité, une modestie touchantes!

Aussi, tout en nous inclinant respectueusement devant la décision du poète, regrettons-les quand même, tout bas, ces « Mémoires », dont l'intimité nous eût été si douce, à nous ses lecteurs, devenus bien vite

ses amis.

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