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tunisienne; il y va de notre ayenir en Orient, il y va de nos intérêts commerciaux, et il ne faut pas oublier que ritalie est pour nous, à cet égard, le plus dangereux des adversaires.
7 septembre :
Les journaux de Rome continuent à mettre une sourdine à leurs polémiques au sujet de Tunis. La plupart se contentent de reproduire mélancoliquement les articles plus ou moins platoniques en leur faveur publiés par des feuilles de Vienne ou de Berlin. Les avances qui viennent de ce côté commencent à prendre une forme plus définie, et j'ajoute que si la discorde continue à régner dans la Régence entre la France et ritalie, ces avances seront bien reçues par la grande majorité des honunes politiques dltalie, surtout par les chefs du grand parti libér«d modéré. Le roi, je le sais par des indiscrétions du Quirinal, s'est montré très irrité à propos de Tunis.
Il s'est écrié, comme feu Victor-Emmanuel : Questa non é la maniera di fare délia politica.
Au fond, le roi Humbert n'est peut-être pas fâché de l'incident. Le jeune souverain n'aime pas la France, il ne faut pas nous faire d'illusion à cet égard, et il trouve que le ministère a beaucoup trop de sympathie pour nous et pour le régime républicain. Rien d'étonnant donc à ce qu'il se réjouisse in petto de ce bâton dans les roues, destiné certainement à troubler l'honorable Cairoli et ses amis et à les arrêter dans leurs bons procédés et leurs bonnes intentions à notre égard.
D'UN PRÉFE'
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Cette situation tient non seulement aux difficultés créées par la politique européenne et les intrigues de Kheredine devenu mouchir, dignité qui le fait régal du bey, mais encore et surtout au réveil du fanatisme dans tous les pays de l'islam. Comme j'ai eu occasion de vous le dire, le cri d'alarme a été jeté depuis deux ans par les shérifs de la Mecque. Ce n'est pas encore la proclamation de la guerre sainte, mais l'invitation aux musulmans de se recueillir et de s'unir contre la chrétienté.
Tous les pèlerins qui reviennent de la Mecque l'annoncent, et les collecteurs des villes saintes qui parcourent les pays musulmans du Maroc aux Indes prêchent l'union des enfants de l'islam contre les infidèles.
Le danger est-il imminent en Tunisie? Je le crois sincèrement.
Ce qu'il m'est permis d'affirmer, en me basant
sur l'esprit de mes correspondances avec les musulmans, c'est que l'agitation grandit, aussi bien parmi les tribus de la Tunisie que parmi celles de PAlgérie, notamment dans le sud de la province de Gonstantine.
La présence à Palerme d'une mission tunisienne chargée de venir saluer le roi dltalie durant le voyage qu'il faisait en Sicile, va raviver les polémiques de la presse. J'écris le 4 janvier :
Le roi et la reine d'Italie sont arrivés à Palerme; la colonie italienne de Tunis y envoie une députation
D'UN PRÉFET DE POLICE iSl
pour saluer les souverains et leur exposer les craintes qu'inspire la politique de la France.
Cette manifestation va faire quelque bruit ; on célébrera les mérites du bey, qui a donné vendredi des marques publiques de sa réconciliation avec M. Maccio, consul d'Italie, dont les relations avec le Bardo étaient restées tendues ; on présentera comme un triomphe pour la politique italienne Téchec subi par M. Léon Renault, le bey ayant refusé de prendre connaissance du projet de Crédit foncier en Tunisie qu'était allé lui soumettre Tancien préfet de police. Cet échec est dû à M. Maccio, qui a su mettre dans son jeu le trésorier général du gouvernement tunisien.
20 janvier 1881 :
Il serait difficile de nier aujourd'hui que la venue à Palerme du consul Maccio, des représentants de la colonie italienne et du neveu du bey de Tunis ne constitue une véritable démonstration politique. Si M. Maccio n'avait eu derrière lui que ses compatriotes, la chose eût été très explicable et très logique, mais la présence de l'héritier du bey et d'un état-major complet aggrave singulièrement l'incident.
Voici comment se compose cette mission tunisienne :
Le neveu du bey, le ministre de la guerre de la Régence, trois aides de camp, un secrétaire, le consul général d'Italie et les représentants de la colonie italienne.
27 janvier 1881 :
J'appelle lattention du gouvernement sur une correspondance adressée de Londres à la Gazette de Berlirij où il est dit :
Tunis et Tripoli sont perdus pourrilalie. L'occupation de rÉgypte par les Anglais étant devenue inévitable, la France cherche une compensation dans Tacquisition de toute la côte septentrionale de l'Afrique. Elle n'y trouvera guère d'agréments, étant donné le peu d'aptitude des Français pour la colonisation.
Mais l'Europe regardera faire et n'enviera pas à la France ce divertissement africain. Les Anglais seuls bouderont : tout ce que les autres s'approprient, ils le considèrent comme un vol qui leur serait fait à euxmêmes.
A la fin du mois de mars, un fait nouveau se produit, qui va permettre au cabinet français de substituer l'action militaire à l'action diplomatique.
Les tribus tunisiennes de la frontière, connues sous le nom générique de Kroumirs, ont pénétré dans la province de Constantine, et, dans un engagement de plusieurs heures avec un détachement de troupes françaises, cinq de nos soldats ont été tués et cinq autres blessés.
Le 7 avril, je fais connaître au gouvernement l'état de l'opinion en Italie :
D'UN PRÉFET DE POLICE l'î3
On est presque résigné à une occupation, et s'il n'y a à craindre que des embarras venant du côté de ritalie, il n y a rien à craindre.
La question n'intéresse que peu de monde ; il y aura peut-être une explosion dans la presse, le jour où les bataillons français entreront en Tunisie; on menacera de TAllemagne, on rappellera Mentana, on maudira la prépotçnce française, et ce sera tout.
A la veille de Temprunt de 600 millions, le moment est excellemment choisi pour une action de la France, si cette action rentre dans les projets du gouvernement.
Extrait de mon rapport du 8 avril :
Un de mes correspondants de Rome m'écrit le 5 avril :
On espère toujours que l'Italie sera assez sage pour nous laisser prendre Tunis, où nous avons de si gros intérêts, sans protestations trop violentes.
L'opinion des gens sensés, même celle des militaires que je connais, nous est favorable dans cette affaire ; on comprend que la France, après dix ans de paix pendant lesquels on a reconstitué, et bien au delà, les capitaux dévorés pendant la guerre de 1870-1871, a besoin d'expansion, et que l'emploi de sa force latente (dans le sens économique) est devenu une nécessité.
On eût préféré certainement que cette expansion çAt une autre direction que Tunis, car ce pays semble bien près de la Sicile, mais on ajoute : ce Que nous
importe, à nous Italiens de la haute Italie? Cela ne peut être désagréable qu'aux Méridionaux : qu'ils se débrouillent I » Voilà où en est FunitélI Et cela je Tai entendu de la bouche d'un officier.
J'aurais vu un symptôme de guerre dans la nomination de Mezzacapo : il a un programme et veutritalie puissante, surtout militairement. Mais on vient de nommer le général Ferrero, qui commandait la division de Bari. C'est un homme qui ne représente rien : ni un aigle ni une nullité; toute sa signification, illa tire de ceci qu'il a été appelé après que Mezzacapo a refusé.
Et ce dernier n'a pas voulu être ministre une autre fois parce que l'on n'a pas voulu lui laisser dépenser 20 millions par an en surplus du budget de la guerre, tel qu'il est établi.
Pour moi, c'est un symptôme pacifique, et je crois vous exprimer le sentiment général à ce sujet.
Le 22 avril, je communique au gouvernement une lettre qui m'est adressée de la Spezzia, le 17:
Je suis à même de vous assurer que l'agitation produite par notre presse (assez ignorante d'ailleurs) pour l'échauff'ourée tunisienne n'est point partagée par les corps militaires et principalement par la marine.
Veuillez vous souvenir qu'autrefois je vous ai écrit que nos commandants, qui se rendaient à Tunis, étaient tous, sauf de Amezaga, partisans de M. Roustan et non de notre consul Maccio.
D'UN PKEI
Mon correspondant laie du 2 mai :
J'ai vu M. Rodolphe I i,vons parlé de différen 'expédition de Tunis. Il i ivec le plus grand soin < un peuple qu'il aime 1 .ant difficile de s ubste apprenant les faits d*arn Selon lui, le résultat à v ie proportion avec la r prête à rire.
W. Lindau aurait vot ^oyer aux frontières de fnenls et que les choses !
i)eu de bruit que lorsqu'i :\uyi quelque tribu peu i lan reflète exactement Bismarck permet à ses affaires étrangères.
N'ayant pas la prête mes rapports, Thistoi notre protectorat en ' ritations. Elles auront î (liie la préfecture de utile d'information au extérieures.
siyemeut le pays, sans réussir à rencontrer les Kroumirs.
Les déclarations de désintéressement, portées à la tribune par M. Jules Ferry, n'abusaient personne à l'étranger, et j'écrivais le 6 mai :
Les journaux gallophobes dltalie travaillent a pei^ suader au public que la France ne limitera pas son action au châliment des Kroumirs, qu*on ne peut prendre au sérieux les déclarations du gouvernement français, que la France s'emparera de la Régence. Le gros public croit les journaux et, quant au monde politique, les gens qui le composent sont trop habitués à considérer la politique comme un jeu où la tricherie est le premier des devoirs, pour supposer que la France ne soit pas décidée à pousser jusqu'au bout ses avantages.
11 résulte de tout cela que l'opinion est parfaitement préparée à toutes les conséquences de l'expédition française en Tunisie. Quelles qu'elles soient, ces conséquences ne produiront pas une émotion plus vive que celle qui s'est manifestée le jour où les dépêches ont annoncé que les Français avaient passé la frontière.
Dans le monde officiel, on est absolument résigné.
A Berlin, on voyait notre expédition avec faveur, et on se bornait à critiquer l'éclat dont le gouvernement avait cru devoir l'entourer.
Mon correspondant de Berlin m'écrivait à la date du 2 mai :
J'ai vu M. Rodolphe Liudau samedi dernier; nous avons parlé de différentes choses, et notamment de l'expédition de Tunis. Il m'a dit, à ce sujet, qu il évitait avec le plus grand soin de se moquer des Français, « un peuple qu'il aime tant », mais qu'il était pourtant difficile de s'abstenir de toute plaisanterie en apprenant les faits d'armes du corps expéditionnaire. Selon lui, le résultat à venir ou déjà obtenu est hors de proportion avec la mise en scène employée, qui prête à rire.
M. Lindau aurait voulu qu'on se contentât d'envoyer aux frontières de Tunisie deux ou trois régiments et que les choses se fussent passées avec aussi peu de bruit que lorsqu'une petite insurrection éclate chez quelque tribu peu importante d'Algérie. M. Lindau reflète exactement les idées que le prince de Bismarck permet à ses subalternes du ministère des affaires étrangères.
N'ayant pas la prétention de faire, à l'aide de mes rapports, l'histoire de l'établissement de notre protectorat en Tunisie, je borne là mes citations. Elles auront suffi, j'espère, à démontrer que la préfecture de police peut avoir un rôle utile d'information au point de vue des relations extérieures.
Autour du Bey. — Kheredine. — Le baron Robert de Billing. — Mustapha-ben-Ismedl. — Elias Mussali.
[l y aurait un intéressant chapitre à écrire sur Je bey Mohanuned-Sadock, sur les personnalités qui s'agitaient autour de lui, sur les intrigues qui l'obsédaient.
Mais, pour aborder ce sujet, il faudrait avoir vécu à Tunis, comme le baron Robert de Billing, qui fut notre consul général dans la Régence en 1874 et 1873, et dont je cite le nom avec le dessein prémédité de provoquer de sa part quelques communications de nature à intéresser mes lecteurs.
Je n'ai vu l'entourage du bey qu'à travers les rapports de mes agents, et je n'ai personnellement connu que Mustapha-ben-Ismaïl et le général Elias.
Les Parisiens n'ont pas oublié Kheredine, qui fut Parisien autant qu'eux tous sans cesser d'être un musulman fanatique ; on le rencontrait aussi souvent au Cercle Impérial qu'au quai d'Or-
say. Mais, en quittant le tapis vert, à une heure du matin, il allait faire ses dévotions suivant la loi du Prophète.
A Tunis, le bey l'avait pris en horreur et voulut un jour le faire étrangler. A cet effet, le vieux Mohammed-Sadock ordonna à Mustapha-ben- Ismaïl de se rendre chez Kheredine avec les hommes nécessaires au succès de cette petite expédition, qui n'était pas sans précédents à la cour de Tunis. Notre consul était présent; il fit ses efforts pour ramener Son Altesse à des sentiments plus chrétiens, lui rappelant que Kheredine était alors fort protégé par Son Excellence le duc Decazes, notre ministre des affaires étrangères.
Mohammed-Sadock restait inflexible. Mustapha sortit avec ses hommes pour aller accomplir les ordres de son maître. Mais il était visiblement troublé, et, tandis qu*il traversait le jardin, il tremblait de tous ses membres, au point que le baron de Billing en put faire la remarque et dire au bey :
« Vous voyez Tétat où est votre fils. Il ne peut se résoudre à accomplir cet acte inhumain. »
L'insistance du consul général de France, aidée par Taffection de Mohammed-Sadock pour son
« fils adoptif », finit par remporter sur là colère du bey, et Kheredine eut la vie sauve.
Voici le portrait qu'un de mes agents, depuis longtemps en relations avec Mustapha-ben-ïsmaïl, me traçait de ce dernier personnage, au mois de juillet 1881 :
« Il est Arabe dans toute l'acception du mot; toujours guidé par son intérêt, il se soumet s'il ost contraint par la force ou les événements, prêt à reprendre la lutte si l'occasion se présente.
» Il ne nous trahira pas, mais il nous laissera trahir sans nous prévenir : pour le moment, il s'est mis du côté du plus fort, tout en conservant des relations avec les fanatiques de Tunis. Il n'a d'autre but que de conserver sa fortune et celle de son maître, but étroit et qui ne comporte aucune vue d'ensemble pour l'avenir.
» C'est un esprit très fin; ce n'est point un homme à grandes vues politiques rêvant la reconstitution de la Tunisie ; Mustapha est un faiseur d'affaires, aimant l'argent et les plaisirs, timide avec nous en ce moment, et peut-être audacieux demain.
» Son ambition, à l'heure présente, est d'obtenir la dignité de grand'croix de la Légion d'honneur,
» Comme homme privé, il est charmant, ne manque pas d'esprit naturel et est de relations faciles. Sa personne est généralement sympathique. Le général Elias Mussali, qu'on lui a donné comme second chef de mission, est un Levantin sans caractère et sans personnalité. Il est inspiré par le comte de Sancy, qui joue un rôle occulte, mais important, dans toutes les intrigues timisiennes. »
J'eus l'honneur de connaître le premier ministre du bey lorsqu'il vint à Paris, accompagné d'une « mission tunisienne », vers le 20 juin 1881. Son Excellence Mustapha-pacha occupait, avec sa suite, au Grand -Hôtel, les appartements qu'avait autrefois habité le schah de Perse.
La mission se composait de MM. le général Elias, le docteur Mascaro, Volt erra et Revoltella. Le général Elias, chrétien d'Orient, d'un caractère doux et serviable, avait toujours montré de bons sentiments pour la France, oîi ses fils avaient été élevés. M. Roustan, notre consul général, l'appréciait beaucoup.
Le général, homme modeste et sans initiative, était d'ailleurs moins connu par lui-même que par M™® Elias, une Italienne remarquablement belle et fort intelligente.
Quoique originaire de Livoume, M°* Elias
était Française par le cœur. Bien avant Tarrivée de M. Roustan, elle était connue conune telle au consulat de France. Elle tnettait son honneiir à être belle, et elle n'a jamais pardonné à rayocat de M. Roustan, qui, dans un procès célèbre, avait cru devoir, pour les besoins de sa cause, la représenter comme une personne flétrie par Tâge, incapable de troubler le cœur de notre consul général.
Le docteur Mascaro, médecin du bey, était un savant distingué et un honnête homme. Très dévoué à Mohammed-Sadock, il avait le rare mérite de lui dire la vérité.
L'Italien Volterra ne jetait pas beaucoup d'éclat sur la mission dont il faisait partie ; c'est même tout ce qu'il convient d'en dire.
L'Autrichien Revoltella était un personnage secondaire et insignifiant.
Le 22 juin, à deux heures, Mustapha^ en grand uniforme, et sa suite furent reçus officiellement à l'Elysée par M. le président de la République.
Aussitôt rentré au Grand-Hôtel, oh l'avait reconduite l'introducteur des ambassadeurs. Son ExceUence reçut la visite de M. Barthélémy Saint-Hilaîre, ministre des affaires étrangères, et lui remit le grand cordon du Nicham-Iftikar.
Comme il traversait à pied la cour d'honneur
pour aller rejoindre sa voiture, courbé sous le poids • de ses pensées, M. Barthélémy Saint- Hilaire tenait négligemment à la main sa croix du Nicham, tandis que le grand cordon tombait jusqu'à son soulier le long de son pantalon noir. Un valet de pied l'accompagnait avec Técrin destiné à renfermer la décoration, et les personnes attablées au café de Thôtel se divertissaient à ce spectacle inattendu.
Le Nicham-Iftikar n'inspira pas à tous nos concitoyens la même indifférence qu'à notre ministre des affaires étrangères, et j'ai souvenir de quelques demandes obséquieuses adressées à Mustapha. par des personnalités que leur situation et leur mérite semblaient devoir rendre moins avides de ces sortes de distinctions.
Un illustre savant me saura gré de ne pas reproduire les termes dans lesquels il affirmait que le brevet du Nicham de deuxième classe serait la plus douce récompense de ses travaux, et honorerait en sa personne une docte société.
Mustàpha-pacha visita successivement les monuments les plus sévères et les cafés-concerts les plus folâtres ; il connut la vie parisienne sous ses aspects les plus variés, et partit le 15 juillet, après avoir contemplé les illuminations du 14.
Pour ceux de mes lecteurs qui tiennent à être ]I u.
!9I SOCVEXinS
bien informés, je révélerai que la mission tunisienne prit place dans le wagon-salon n* .15, à 7 heures 15 m. du soir, et que le matin du même jour, un camion de la Compagnie P.-L.-M. avait emporté les bagages, comprenant vingt-quaèe colis.
Mustapha n^était pas parti sans esprit de retour. 11 est revenu parmi nous ; il assiste aux séances de la Chambre et aux premières représentations des théâtres du boulevard; son fez rouge égayé les allées du bois de Boulogne.
n s'est installé confortablement à Passy. 11 y mène la grande vie de famille, telle que rautorisent les mœurs de son pays.
Les cercles de Paris. — Le jeu.
Le préfet de police autorise les cercles, les surveille, et en ordonne la fermeture, s'il y a lieu.
Le préfet de police est censé n'autoriser que des associations de personnes ayant pour but de se rencontrer, de prendre leur repas et de lire
les journaux en commun et, accessoirement, de se livrer, pour leur amusement, aux jeux dits de société.
Mais, à côté de ces associations, il existe à Paris de véritables maisons de jeu^ ouvertes par des spéculateurs qui déguisent mal lem' entreprise sous les apparences d'une réunion de gens du monde ou de commerçants.
Les industriels qui veulent ouvrir une maison de jeu s'adressent à quelques complaisants, derrière lesquels ils s'abritent et qm apparaissent comme les véritables fondateurs du cercle. On expose, dans la demande, que le besoin d'un cercle nouveau se fait sentir; ici ce sont les artistes ; ailleurs ce sont les escrimeurs ; ailleurs encore ce sont les francs-maçons, qui, pour le bien commun, ont compris la nécessité de se rencontrer et d'échanger leurs vues d'avenir et de progrès. 11 est bien entendu que la politique est étrangère à la nouvelle association, et que si des tables de jeu doivent être placées dans les salons, c'est uniquement parce qu'il n'est guère possible de refuser à une réunion d'hommes cette sorte de concession.
La préfecture de police n'est pas dupe de ces apparences; mais elle pense qu'il faut faire] lé part du jeu. Elle procède à une enquête, et si
les noms des membres du comilé fondateur paraissent honorables, si les personnes qui se dissimulent derrière le comité ne se sont pas déjà trop gravement compromises dans des entreprises du même genre, l'autorisation peut être accordée.
Suivant les temps, le préfet se montre plus ou moins récalcitrant. A la suite de certains scandales, et après des campagnes faites par la presse, le préfet résiste opiniâtrement à la concession de toute autorisation nouvelle. Puis, quand le souvenir des abus s'est effacé, quand Torage soulevé par l'indignation un peu factice des feuilles publiques s'est apaisé, le préfet devient plus indidgent ; le moment est opportun pour de nouvelles tentatives.
C'est surtout à l'arrivée d'un nouveau préfet de police que l'occasion est favorable pour présenter les demandes d'autorisation, et c'est aussi en ces occasions que les demandes se multiplient.
Un nouveau préfet n'est pas en garde contre les petites habiletés destinées à surprendre son inexpérience. Son attention, d'ailleurs, est absorbée par les côtés politiques de sa fonction; puis il a le désir de plaire, et ce n'est généralement pas par des refus qu'il veut marquer ses débuts.
D^UN PUKKEÏ DE POLICE iO"ï
Aussi voit-il apparaître dans son cabinet les messagers les plus divers. C'est une femme aimable que son rang dans le monde défend contre la supposition injurieuse d'un mobile intéressé, et qui n'aurait point accepté d'appuyer une demande en autorisation de cercle si elle n'en avait été priée par des amis dont elle répond comme d'elle-même. C'est un conseiller municipal qui n'obéit qu'à ses sentiments démocratiques et à son dévouement à la cause du progrès ; il laisse entendre d'ailleurs qu'il sera reconnaissant quand viendra le moment de voter le budget. C'est un collègue, c'est un député qui, avec d'autres représentants du peuple, a creusé ridée féconde de réunir en un cercle, avec les membres du Parlement, les hommes intelligents qui sauront deviner et apprécier les avantages de certaines fréquentations. Les fonctionnaires voudront tous être du « Cercle du Parlement » : la partie de billard avec les députés, en ce temps d'omnipotence parlementaire, n'est-elle pas le chemin le plus court d'une sous-préfecture à une préfecture, voire même d'un siège de juge à un fauteuil de président? Les agents de change, les coulissiers, les spéculateurs s'empresseront de solliciter leur admission ; car « dans leurs conversations avec les membres des deux Chambres,
ils puiseront d utiles renseignements pour leurs opérations au parquet ou à la coulisse. »
On croirait que je m'abandonne aux caprices d'une imagination irrespectueuse et désordonnée si je n'avais pris soin de mettre en guillemets cette dernière phrase, extraite d'un prospectus auquel des collègues avaient attaché leurs noms.
Si on leur objecte qu'ils patronnent une maison de jeu, la jolie femme a des étonnements naïfs et le conseiller municipal des protestations indignées.
La vérité, c'est que ces intermédiaires, qui viennent essayer sur l'esprit du préfet Tempire de séductions si diverses, ont reçu la promesse de quelques billets de mille francs et d'une part dans les bénéfices.
Parfois aussi le solliciteur est le futur président du cercle. Il apporte, dans l'association, sa réputation d'honnête homme, son ruban de la Légion d'honneur, le souvenir de ses anciennes fonctions. Cet apport n'est pas toujours évalué à un taux bien élevé ; on a vu d'honnêtes gens, à la recherche d'une position sociale, accepter les lourdes responsabilités de la présidence, moyennant une modeste rétribution mensuelle, avec la faculté de prendre gratuitement leurs repas à la table dn cercle et d'amener des invités.
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^; '. S'il prend cette qualifie ■k^ pour obtenir plus facilei ^i avances, en échange de sa ^ mais il est rare qu'il ne • , d'escroquerie avec l'art de Je ne voudrais pas metti amis que mon honorable ^ dans les cercles de Paris Talternative de se rendre leur amitié. Je m'empress* qu'à toutes les règles il y j je n'insiste pas moins dan!
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Le 1" septembre 1879, je reçus une lettre ôt conçue :
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» Il y a, tout à côté, un cercle pire : le Gfflilois^ boulevard des Capucines, 8, je crois. OutR (ju'il est le repaire et le gagne-paîn de quelques vilains bonapartistes, il s'y passe des choses assez malpropres.
» Quand on a gagné, on ne trouve pas à 5 changer les jetons, ce qui est une connivena entre lo garçon des jeux et les gérants du cercle connivence qui fait durer le jeu et par suite 1 hcnéfico de la cagnotte. Quand on a perdu,!
garçon avance des jetons sur gage à des tai exorbitants.
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» Mêmes faits, et mêmes visites fréquentes la haute philosophie au cercle de TOpéra 23, i
précis sur ces compatriotes de Socrate et d'Arislote ne suffisent pas pour les livrer à la justice ; il faut qu'ils aient été mis en flagrant délit, qu'ils aient été dénoncés et que leur escroquerie soit prouvée par des témoignages précis et honorables. Ces circonstances se rencontrent rarement; dans certains cercles, le grec qui s^est fail prendre est simplement invité à ne pas recommencer.
Je ne saurais dire tous les signes particuliers auxquels on peut reconnaître ces chevaliers de FHellade. Mais je mets en garde mes lecteurs contre tout individu qui, dans les cercles, se dit lami du préfet de police.
S'il prend cette qualification, c'est peut-être pour obtenir plus facilement du gérant des avances, en échange de sa prétendue protection ; mais il est rare qu'il ne cumule pas ce genre d'escroquerie avec l'art de tricher au jeu.
Je ne voudrais pas mettre dans l'embarras les amis que mon honorable successeur peut avoir dans les cercles de Paris, ni les placer dans l'alternative de se rendre suspects ou de renier leur amitié. Je m'empresse donc de reconnaître qu'à toutes les règles il y a des exceptions ; mais je n'insiste pas moins dans mes conseils de méfiance, et je cite un fait k l'appui.
i02 SOUVENIRS
.Le !•' septembre 1879, je reçus une lettre ainsi conçue :
« Paris, lundi
» Mon cher ami,
» Tu as fait fermer le cercle de TExposition : c'est une bonne note, quoique le président /tff lin répiihlicain.
» Il y a, tout à côté, un cercle pire : le Gaulois, boulevard des Capucines, 8, je crois. Outre qu'il est le repaire et le gagne-pain de quelques vilains bonapartistes, il s'y passe des choses assez malpropres.
» Quand on a gagné, on ne trouve pas à y changer les jetons, ce qui est une connivence entre le garçon des jeux et les gérants du cercle, connivence qui fait durer le jeu et par suite le bénéfice de la cagnotte. Quand on a perdu, le garçon avance des jetons sur gage à des taux exorbitants.
» Puis, il y a des grecs de la haute, tels que P. L..., et des invités de passage qui nettoient régulièrement les poches des malheureux joueurs.
» Mêmes faits, et mêmes visites fréquentes de la haute philosophie au cercle de l'Opéra, 23, rue
D'UN PRÉFET DE POLICE 20:î
de la Paix. Prouve que l'égalité devant la loi n'est pas un vain mot.
» Un vieux ami de collège décavé.
)) Tristan S...,
» Des Brotteaux. »
Je ne connaissais aucun « Tristan S... » et récriture de la lettre m'était également inconnue.
Je chargeai M. Brissaud de procéder à une enquête. Cet officier de paix avait alors dans ses attributions la surveillance des cercles.
On apprit qu'au mois de mai précédent un sieur B..., plus connu sous le nom de baron Alphonse de M..., joueur suspect qui fréquentait le cercle Gaulois, avait un soir proposé à un garçon de ce cercle de lui donner une médaille en or en échange de deux louis. Le garçon l'avait renvoyé au croupier, prétendant n'avoir pas d'argent.
Le baron M... s^adressa alors à plusieurs membres du cercle, auprès desquels il ne fut pas plus heureux.
On recueillit des témoignages desquels il résultait que le baron prétendait être enfort bons termes avec lé préfet de police. Il se disait son camarade de collège et exploitait les relations qu'il
soutenait avoir, en menaçant d'obtenir la fermeture des cercles dont les gérants lui refusaient des avances d'argent.
Ses manœu>Tes n'avaient pas eu de succès; il s'était fait chasser du cercle Gaulois et peu après du cercle de TOpéra.
Ces indices furent facilement complétés par l'examen du dossier du faux baron. On y trouva un spécimen de son écriture, qui était précisément colle de la lettre anonyme. Les renseignements qui le concernaient le représentaient conmie un grec. Il venait d'abord d'être condanmé, par la huitième chambre correctionnelle, à six mois de prison et cinq cents francs d'amende. '
L'indignité du dénonciateur, sans être un brevet de moralité pour les cercles qu'il accusait, n'était pas le seul motif pour faire écarter sa plainte.
Lejcercle Gaulois, alors qu'il s'appelait Cercle des marchands tailleurs, avait fréquemment attiré l'attention de l'administration, et le service des jeux l'avait plusieurs fois signalé. Mais, à la date de la lettre anonyme, il paraissait plus convenablement géré. On ne reprochait guère aux administrateurs que de tolérer de la part des membres de trop nombreuses invitations.
Le cercle Gaulois était géré par M. Provost,
D'UN PREFET DE POLICE 20o
ancien croupier de Dupressoir, et généralement estimé dans le monde des joueurs.
Composé d'artistes, de négociants et de quelques boursiers, il était présidé par M. le marquis de la Cornillère-Narbonne.
Le cercle de l'Opéra, après un premier refus, avait obtenu l'autorisation le 27 août 1877. Il avait dû bientôt fermer ses salons ; mais il avait obtenu une autorisation nouvelle le 28 mai 1878.
Géré, dans la première période de son existence, par M. Devriès, dont le nom n'était pas vu avec faveur par l'administration, il avait pour gérants MM. Gorges et Minard.
Les nouveaux gérants avaient cherché à épurer le personnel de ce cercle; mais leurs efforts n'avaient réussi qu'à moitié. Ils étaient fort éloignés d'en avoir expulsé tous les grecs, et ils ne paraissaient pas devoir facilement effacer le mauvais renom que le cercle de TOpéra s'était acquis durant la gérance de M. Devriès.
Il eût été sans doute exagéré de comparer au cristal la réputation des successeurs de M. Devriès ; mais ils avaient du moins la bonne fortune d'avoir pour président M. Maud'huy, capitaine en retraite, officier de la Légion d'honneur, qui s'élait laissé entraîner à mettre un petit capital dans l'affaire.
mais on ne peut se dissimuler qu^elle coûte bien cher à la République, puisqu'elle n'existe qu'aux dépens des mœurs. II est impossible de se faire une idée de la dissolution et de la dépravation publiques. Les ouvriers fêtent actuellement quatre jours par décade, et des pères de famille, consumés de besoins, ne craignent plus de sacrifier le produit de leurs travaux décadaires pour se procurer ces plaisirs factices qu'offrent la foule des bals, cafés, tripots et cabarets qui infectent cette commune, plaisirs qui ne laissent dans Tâme de ces citoyens qu'un vide iilFrcux, le dégoût du travail et la démoralisation la plus complète.
Le palais dit Égalité, toujours Palais-Boyé, osl, depuis une quinzaine de jours surtout, le rendez-vous de ce que la plus audacieuse obscénité offre de révoltant. Les pédérastes s'y sont établis et, vers dix heures du soir, ils exécutent publiquement, sous les auvents du cirque, les actes odieux de leurs infâmes turpitudes. Il faut tout vous dire, citoyen président : on vient d'amener au bureau central plusieurs enfants dn sexe masculin, dont le plus âgé avait à peine six ans, tous infectés de virus vénérien. Ces petits malheureux, dont on ne peut entendre les propos sans frémir d'horreur, sont amenés au
])âlais par leurs mère à la plus horrible dél
Les leçons de l'es sont mises en pratiqu< jamais d'exemple, et presque impuissants férée de scélérats de Bosserole, père de f nadier, au coin des ri a une petite fille âgé gands débauchés lu quelques jours; elle frappée de la maladi de l'art l'on jugée i qu'aient faits les pai découvrir le moiislre un semblable étal.
La prostitution pai comble; il n'est pas ; ancien inspecteur de une aussi grande quai Petite Force, le dép( en regorge, et les adn traints de former un ; Les citoyens Cousin et local avec un architeci arrêté par des petites u
2U8 SOUVENIRS
mais on ne peut se dissimuler qu^elle coûte bien cher à la République, puisqu'elle n'existe qu'aux dépens des mœurs. Il est impossible de se faire une idée de la dissolution et de la dépravation publiques. Les ouvriers fêtent actuellement quatre jours par décade, et des pères de famille, consumés de besoins, ne craignent plus de sacrifier le produit de leurs travaux décadaires pour se procurer ces plaisirs factices qu'offrent la foule des bals, cafés, tripots et cabarets qui infectent cette commune, plaisirs qui ne laissent dans l'âme de ces citoyens qu'un vide iiffrcux, le dégoût du travail et la démoralisatiou la plus complète.
Le palais dit Égalité, toujours Palais-Royal ^ est, depuis une quinzaine de jours surtout, le rendez-vous de ce que la plus audacieuse obscénité oifre de révoltant. Les pédérastes s'y sont établis et, vers dix heures du soir, ils exécutent publiquement, sous les auvents du cirque, les actes odieux de leurs infâmes turpitudes. Il faut tout vous dire, citoyen président : on vient d'amener au bureau central plusieurs enfants du sexe masculin, dont le plus âgé avait à peine six ans, tous infectés de virus vénérien. Ces petits malheureux, dont on ne peut entendre les propos sans frémir d'hoiTour, sont amenés au
ïiioveus du bureau ceulral officiers de paix, en grant de ses inspecteui's, sont que loin d'arrêter le désc Taugmonter. Ils mettent le tripots à contribution, et commerce de la façon L'administration est comp mais elle est sans viguen:
connaît que la routine. îi loi et la conduisent comm ports les plus insignifianb y croit avec une confianc funeste aux mœurs et à la
La position financière d tribue encore à aggraver agents intérieurs, extéric mois d'appointements. Vo sident, qu'ils sont d autan rompre que leur dénuemei
Venir h leur secours o!
justice, mais encore une dans toutes les circonstan»
Voilà ce que j'ai cru savoir.
Salut et respect.
Citoyen président, les lois de police correctioiinelle sont insuffisantes pour ces sortes de délits. Le flagrant délit n'est pas assez clairement exprimé, et l'embarras des tribunaux assure rimpunité des coupables. Il est temps cependant d'arrêter ce débordement affreux, qui finirait par entraîner les institutions républicaines et la République elle-même.
Les royalistes sourient de cette dépravation, ils sentent combien cet esprit de dissolution qui s'introduit dans toutes les classes de la société fait rétrograder l'esprit- républicain et forme contraste avec les vertus civiques, soutiens de la République. D'un autre côté, on calomnie le gouvernement qui tolère de pareilles horreurs, et le perfide et intolérant catholicisme protite adroitement de ces circonstances pour s'apitoyer sur le sort de la Religion, qui, étant persécutée, dit-il, ne peut plus mettre un frein salutaire à tous ces déportements.
Il faut vous dire encore que les vols et les assassinats, fruits cruels du défaut des mœurs, sont plus nombreux que jamais. Tous les jours, on découvre des preuves de ces crimes.
Je provoque de tout mon pouvoir les mesures les plus propres à arrêter ce fléau destructeur: mais, je vous l'avoue, citoyen président, les
moyens du bureau central sont insuffisants. Ses officiers de paix, en grande partie, et la plupart de ses inspecteurs, sont tellement corrompus, que loin d'arrêter le désordre, ils contribuent à l'augmenter. Us mettent les filles, les jeux et les tripots à contribution, et tolèrent leur infâme commerce de la façon la plus scandaleuse.
L'administration est composée d'honnêtes gens, mais elle est sans vigueur, sans énergie, et ne connaît que la routine. Ses agents lui font la loi et la conduisent comme une enfant : les rapports les plus insignifiants lui sont faits, et elle y croit avec une confiance aussi ridicule que funeste aux mœurs et à la tranquillité.
La position financière du bureau central contribue encore à aggraver le mal : il est dû aux agents intérieurs, extérieurs et employés, six mois d'appointements. Vous sentez, citoyen président, qu'ils sont d'autant plus faciles à corrompre que leur dénuement est grand.
Venir à leur secours est non seulement une justice, mais encore une politique essentielle dans toutes les circonstances possibles.
Voilà ce que j'ai cru urgent de vous faire savoir.
Salut et respect.
Sir/né : Picqvenard.
Il serait injuste de faire remonter au bureau central et au Directoire la responsabilité de Télat de choses décrit par le citoyen Picquenard.
Le bureau central ne faisait que recueillir la lourde succession des administrations purement municipales qui Tavaient précédé.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Si le conseil municipal en 188S, était chargé de recruter et de diriger le personnel de la police, nous reviendrions d'un pas rapide aux turpitudes que le commissaire près le bureau central dénonçait à Merlin de Douai.
Comment pourrait-il en être autrement? Je ne veux contester ni la compétence des élus de Paris, ni leur dévouement au bien public ; mais, quelle que soit l'honnêteté de leurs intentions, leur origine même les met dans Timpuissance d'exercer avec autorité les fonctions de police.
A peine élus, les conseillers municipaux songent à leur réélection, peut-être même aspirentils à un mandat rétribué. Le but que poursuit leur ambition, si modeste qu'elle puisse être, exige des ménagements envers les électeurs. Il importe surtout de compter avec les membres des comités. Si les grands électeurs, si leurs cousins, si leurs amis commettent une infraction, les conseillers municipaux chargés de la police fermeront
D'UN PB
ks yeux ^tt %xs^t
n ne AiifSira pas 4 teiirs et pdur leurs récomjietiâer leur zè site des «Énpiois do \: tance de ses cadres toutes les ambitions
Tous les citoyeuf fonctions de la mi^ ou de la diplomàMe.
demandes înconsidé du défaut d'aptitudei Mais que répondre à dans la police?
JNe croyez pas que maçons, serruriers temps de chômage ni souteneurs de fill police.
Les agents d'affa tures aux commisse voudront exercer le éclairer de leurs lui les gérants de cerc surveillance des jeu ront leur expérience des mœurs a
Et si, pour le centenaire de la Révolution française, après les belles réformes dont on veut nous doter, quelque honnête commissaire fait son rapport sur l'état moral de Paris, il faut craindre qu'il ne dise, comme son prédécesseur de l'an VI :
« Les officiers de paix et la plupart des inspecteurs sont tellement corrompus, que, loin d'arrêter le désordre, ils contribuent à l'augmenter. Ils mettent les filles, les jeux et les tripots à contribution, et tolèrent leur infâme commercé de la manière la plus scandaleuse. L'administration est sans vigueur et sans énergie. Ses agents lui font la loi et la conduisent comme une enfant. »
Le conflit du préfet de police avec le conseil
municipal.
Les idées exprimées au chapitre précédent n'avaient pas cours au conseil municipal de Paris en Tan 1881.
Les autonomistes voulaient un maire élu par les conseillers municipaux, dirigeant la police sous leur contrôle et sous leur inspiration.
Les opportunistes fet de police, à la cor ime sorte de ministre seil, devenu un petit
Je ne crus devoii maire de Paris, ni e tant de TÉtat, une si d'incessantes difficul un conflit.
Loin de redouter C( nécessaire. Je consi< pouvoirs publics et d sauces étrangères, n' cipale, qu'il appartenî Parisiens, et qu'en é( tant de sa situation d ccr à la vie communj nom du pays par de assemblée ne représe
Le gouvernement ( très éloigné de cette l'y amener tout à i le conseil, mettant à térées, refusât de vo ^ure ou rompît toute
J'en étais venu à comme une crise nécc
passer pour arriver à raffraiichîssement de la préfecture de police, et je préférais le risque d'y perdre ma fonction à la certitude de la pouvoir longtemps conserver en acceptant une sujétion inconciliable avec les intérêts dont J'avais la charge.
C'est dans cet état d'esprit que me trouva, au mois de mars 1881, la demande d'interpellation de M. Dépasse sur l'état général de la sécurité publique à Paris.
M. Dépasse, l'un des conseillers récemment élus, n'appartenait point au groupe de l'autonomie communale ; il n'avait aucun dessein d'ébranler l'institution même de la préfecture de police; mais à l'approche des élections législatives, il croyait opportun de dégager, de celle d'un préfet impopulaire, la cause de ses amis.
C'était le temps où M. Gambetta me donnait l'assurance de ses bons sentiments le lendemain de chaque article paru contre moi dans la Repuhlique française. Les questions électorales primaient toutes les autres ; il n'eût pas été politique de laisser les autonomistes exploiter à leur seul profit l'impopularité de la préfecture de police, et une interpellation, portée à la tribune municipale par l'un des représentants autorisés de l'opportunisme, arrivait à point pour
I . Seconder raction des joui \ Tattilnde qa*il convient d i( quand va a'onvrir le sera ^ La bataille s'eoigagea où serait discutée Tinterp
Je demandai la parole près en ces termes :
« Messieurs, lorsque j appelé à diriger la pré trouvé établi entre le ce seurs un usage à la con suis prêté volontiers : c'( adresser des questions ai
» J'y ai trouvé Foccasîi et à la population d'utiles répondre, dans l'intérêt i tration, aux attaques de cupations de Topinion.
» Je ne demande pas ] dans cet usage, et de m naturel d'interroger le pi les honorables membres (
« Je ne me laisserai m qualification un peu ami donnée aux questions de s'il n'y avait pour les préférence de mots et s
n^attestaient la volonté de donner au mot interpellation son sens parlementaire et de clore le débat par un vote d'approbation ou de blâme.
» Le conseil municipal n'est pas un Parlement ; le préfet de police n'est pas un ministre responsable devant cette assemblée. Le représentant de l'Etat ne saurait être responsable devant les élus de la commune. Je ne puis donc, messieurs, poser devant vous des questions de confiance, ni me prêter aux délibérations et aux votes qu'elles impliquent.
» Déjà le gouvernement s'est vu dans la nécessité d'annuler vos délibérations quand vous avez voté des ordres du jour de blâme contre certains actes de l'administration. Si j'acceptais le débat dans les termes où il est proposé par l'honorable M. Dépasse, je méconnaîtrais les droits respectifs du conseil et du représentant de l'Etat, tels que la loi les détermine, et j'aurais la responsabilité d'avoir placé le gouvernement dans la nécessité toujours pénible d'annuler encore une fois vos délibérations.
» Je répète que je ne veux pas me soustraire à l'usage de questionner l'administration. Le conseil a usé largement de cette faculté et je ne prétends pas la lui retirer; mais, si les questions doivent se clore par des ordres du jour et se
traiisformer ainsi gu elles excéderaient Ig c regret de ne pouvoir
Après une discussi< MM. Dépasse et de majoriti^ de 34 voix abstenue, vota l'ordre
« Le conseil, affirn l'administration des q tions se terminant pa blAme ou de confianc' et fixe à mardi procha lation de JU. Dopaaso.
, Le mardi vint, et; n dez-vous du conseil, suivante, que je croyai rendre :
« Monsieur le \
» Lorsque l'honorai à m'interpeller sur « I' « publique à Paris », seil municipal que je pellation. J'en ai dit |e suis chargé d'assm" [a seule autorité des n
2i0 SOUVENIRS
« Malgré mes observations, rinterpellation de M. Dépasse ayant été maintenue à l'ordre du jour. y* vous prie de vouloir bien faire connaître au conseil que j'aurai le regret de ne pas assistera la séance.
» Veuillez agréer, etc...
» Andrieux. »
Le conseil répondit à cette lettre par le vote d'un ordre du jour ainsi conçu :
« Le conseil municipal,
» Considérant qu'il avait fixé à son ordre du joiu* une interpellation sur la sécurité de Paris;
» Que cette interpellation rentre incontestablement dans les attributions du conseil;
« Que le préfet de police refuse d'y répondre;
» Qn«^ ce refus constitue un manquement à ses devoirs et une atteinte aux attributions du conseil;
j) Que l'administration de M. Andrieux ne saurait présenter des garanties suffisantes à la sécurité de Paris ;
» Passe à l'ordre du jour. »
Après le vote de cet ordre du jour, M. Maillard émit le vœu « que le pouvoir exécutif appelât à la tête de la préfecture de police, en atten-
D'UN PRÉI
dan/ sa suppressiotiiu) : atx intérêts èé la cité
A la demande de M statua pas sur le vœi réserve n'avait rien était uniquement moti affaiblir la portée du ^
Qu'allait faire le goi
L'hésitation n'était au préfet de police^ c' l'État devant les prête
Au début de la séan taire général de la pré lecture du décret suiv
Le président de la Hé{
Sur la proposition du
cultes;
Vu la loi du 14 avril i
Vu la délibération pr;
de Paris, dans sa séan(
porte :
« Le conseil municipa à son ordre du jour une de Paris ; que cette inte blement dans les attrib préfet de police refuse < constitue un manquem
atteinte aux attri bâtions da conseil ; que l'administration de M. Andrieux ne saurait présenter des garanties gufûsantes à la sécurité de Paris, passe ù Tordre du jour. »
Corifeidérant qu'aux termes de Farticle 2 de Tarrêté des consuls du 12 messidor an VIII, qui détermine les fonctions du préfet de police, ce magistrat exerce ces fonctions, soit de police générale, soit de police municipale, sous Tautorité immédiate des ministres;
Qu'en conséquence, le préfet de police pouvait ne pas répondre ; considérant, en outre, qu'en qualifiant Taltitude, en blâmant les actes d'un fonctionnaire qui n'ftst pas responsable devant lui, le conseil municipal de Paris a excédé ses pouvoirs et que sa délibération tombe sous le coup de Tarticle 14 de la loi du iAiiwnliHli, décrète:
Kst déclarée nulle la délibération susvisée, prise le 22 mars 1881, par le conseil municipal de Paris.
Signé: Jules Grévy.
Une vive émotion suivit la lecture de ce décret. La séance fut suspendue.
On remarquera que le décret annulait la délibération du 22 m£u:s, mais qu'il laissait subsister cello du 19, par laquelle le conseil avait affirmé son droit d'adresser au préfet des interpellations suivies d'ordi^es du jour de blâme.
L(5 décret avait été préparé au ministère de rinterieur ])ar les soins de M. Camescasse, directoiir do ladministration départementale et coin-
D'UN PRÉFE
munalej que les advers désignaient déjà comm( saur.
Le ministre de Tint* avaient cru nécessaire municipal; mais, d'auti qu'il convenait de ne p^ ment raison au préfet remarquer à ce fonction du 19 mars, quels qu'< rants », se bornant, en date d'une interpellatic santé importance poui décret, ni chien ni loup moitié de satisfaction a aux municipaux.
Les habiles du conse côté faible du décret, « de le mettre en relief < vaut, dont le farouche c lecture à la reprise de .
« Le Conseil,
» Considérant que Paris vote le budget d dont les dépenses s'é francs ;
» Considérant que c'est un principe supérieur de droit public que les assemblées qui votent les dépenses ont le devoir et le droit d en contrôler remploi et que ce contrôle ne peut être exercé par le conseil municipal sans la faculté d'adresser au préfet de police toutes questions et interpellations relatives au service essentiellement municipal de la sécurité générale de Paris ;
» Constate que Tordre du jour voté le 19 mars 1881, par lequel le conseil municipal a déclaré maintenir son droit d'interpellation, suivi d'ordre du Jour motivé, n'a pas été Tobjet d'un décret d'annulation et subsiste tout entier;
» Exprime le plus vif regret que les relations du conseil avec le préfet de police soient devenues difficiles au point de nuire à la bonne administration des affaires municipales, et signale au gouvernement Timpossibilité de laisser durer plus longtemps cette situation fâcheuse. »
Soixante-cinq votants adoptèrent cet ordre du jour.
Dès le lendemain, tandis que toute la presse radicale mettait le gouvernement en demeure de choisir entre ma révocation et la dissolution du conseil, la presse opportuniste m'engageait avec
les précautions oratoi donner ma démission.
" M. Aadrieux, diaai lui-môme qu'il y va attendre qu'on lui dem;
» Dans le cas qui a M. Andrieux avait strii son; mais l'usage lui c péché par la forme. Il situation de forcer mi favorables à lui deveni h. conflit existe, non pi et une fraction du cons le préfet et toute la i conseil. »
Si les organes officie gageaient à me démet dois dire qu'aucun de la même invitation.
Dans les conseils du timait pas que le préfet native de k se soumetti l'on examinait si la véi ne pouvait pas être d velle, ayant pour but d( conseil municipal le bu< lice pour le rattacherai
Mais, tandis que les ministres délibéraient, les conseillers municipaux appelaient à leur aide les auditeurs des réunions publiques.
L'élu du quartier de Bercy, le citoyen Jules Roche, faisait à rÉlysée-Montmartre une conférence sur « le Conflit de la préfecture de police. Entrée : 50 centimes. »
Après un long discours sur le budget de la préfecture et sur la loi du 12 messidor an VHI, l'ora teurselivraàune charge, digne de Reischshoffen, contre les électeurs de FArbresle, des paysans indignes de comprendre la grandeur du conseil élu par cette ville de Paris sans laquelle la République n'existerait pas.
11 déclarait, aux applaudissements de l'assistance, que ses plus chers désirs seraient réalisés quand la police serait entre les mains d'un maire élu et que les gardiens de la paix ne seraient plus armés :
« En effet, citoyens, disait-il, c'est par la force morale qu'il faut faire la police. Avec une population aussi honnête et aussi républicaine que la vôtre, la charger de maintenir l'ordre, c'est pouvoir en répondre. »
La séance fut levée aux cris répétés de : « Vive la Commune ! A bas Andrieux ! »
Encouragés par ces manifestations, les con-
1 9eillers municipaux ^secret et dédd^rënt toutes relations avec h n'exMininar auoun leur être envôyiSé pa Cette résolution M^ Louise Midiel, sans égard pour ma elle écrivit :
« La basse eanaî doit pas lui faire i avoir des élèves.
a Disons4e francl ne mérite pas d'autr
L'interpellatioi
Les députés de la nir de porter devai de la préfecture de
Une demande d'i leur nom sur le h\ fois, deux députés •
Sée et Bamberger, refusèrent de s'y Joindre.
L'interpellation fut développée par M. Pascal Duprat.
Orateur élégant, semant son discours d'épigrammes plus spirituelles qu'acérées, M. Pascal Duprat employa les ressources de son beau langage à restreindre le débat à une question de personne.
Il s'apitoya sur les responsabilités imméritées du ministre de l'intérieur, qui devait se demander souvent s'il n'était pas « le subordonné, plus que le cbef de son très haut et très puissant subordonné. »
Il énuméra les qualités nécessaires à un bon préfet de police : la clairvoyance, la résolution, la souplesse.
L'orateur voulut bien m'accorder la résolution, estimant même que je l'avais avec excès; mais il me contesta la clairvoyance, et ajouta que, quant à la souplesse, je protesterais si l'on m'accusait d'en avoir.
Je n'avais, suivant M. Pascal Duprat, compris de la préfecture de police que le côté militant, l'exagérant même par mon humeur belliqueuse.
La révocation du préfet de police était nécessaire pour mettre fin au conflit.
M. Constans, ministre de l'intérieur, couvrit
»on préfet, sans surpris de la nette que lui avait pi assoupli de son si sa ferme revendii nent à l'État.
Reprenant l'his sivcs du conseil m d'elles était un e pouvoir central, ( la municipalité ] volonté au gouve
La majorité ce dissements. Il n'< dit, que les déput( contre Paris ; ma disons même la 1 cipale qui s'élèv€ tionale et préten Ce n'est jamais sentiment de la C
M. Benjamin qu'on ait jamais fuse sur les dépo
M. Floquet r( débat à la hautei matoire, mais t
l'oubli des aménités désobligeantes, c'est le seul souvenir que j'aie gardé de cet éloquent discours.
Je répondis à M. Floquet.
Pour ne pas m'exposer à faire de mes paroles une analyse suspecte de partialité, je prends dans le journal la Convention les appréciations de M. Sigismond Lacroix, alors président du conseil municipal :
La haine de Paris, c'est surtout M. Andrieux qui y a fait appel avec le plus grand cynisme, et il faut le dire, avec le plus grand succès. Il venait de rappeler le projet d'organisation municipale, qu'il désigne ainsi : « Une espèce de constitution tendant à Tautonomie communale, » et ayant ainsi agité devant la Chambre le spectre rouge, il continua en ces termes :
« Fonctionnaire de TEtat, je devais défendre les droits de l'État. C'est la volonté nationale que je défendais dans la mesure des attributions qui me sont confiées, et que j'exerce sous le contrôle et les ordres d'un ministère appuyé sur vos suffrages ; c'est la volonté nationale que je défendais quand je demandais le respect de la loi, qui est la seule expression régulière de la volonté nationale, laqpielle doit prévaloir contre la volonté particulière d'un conseil municipal, si considérable et si respectable qu'il puisse être. »
Et comme la Chambre ne paraissait pas très bien comprendre comment c'était la volonté nationale qui, sans être consultée, avait défendu à M. Andrieux de
répondre à une îr attaquée diurnes < insista :
B Messieurs, là tion; ne cherchez ce qui y est : il f s'il est au conseil — Applaudisseme droite et à gauche, » Serviteur dév démocratie, j'estir démocratique lors pays par le pays i nemant du paya p (Très bien! très (lii Cette fois, on av contre Paris parla répandit en tels cri laissa échapper cef « Vous faites un vous excitez à la h J'ignore pourqu cours à l'Officiel, d'avoir entendu & Commune de Paru comme le porte 1' ment dit :
o II faut savoir i
commune de Paris
Le spectre avait
cause gagnée. Par
Car il ne faut s'j
à M. Andrieux un vote de confiance, ce n'est pas par sympathie pour lui ni par admiration pour sa conduite. La majorité aime peu M. Andrieux. Oui, mais M. Andrieux est un ennemi de Paris, il estrennemide la population de Paris, ennemi de son conseil municipal, Tennemi de sa députation : donc, M. Andrieux doit être maintenu. Il se pose en homme capable de mater Paris. Vive donc Andrieux, par haine et par peur de Paris.
L'honorable M. Sigismond Lacroix me prétait, pour la ville de Paris, des sentiments qui n'ont jamais été les miens, comme aussi il abusait de la fiction légale lorsqu'il affectait de confondre Paris avec sa représentation municipale.
Dans la lutte que j'ai eu le regret de soutenir contre certcûns Ardéchois ou Strasbourgeois du conseil, M. Sigismond Lacroix sait bien que j'ai rencontré des sympathies ailleurs qu'à Carpentras.
Le président du conseil municipal avait raison de dire que j'avais « corrigé mon discours à y Officiel, »
En effet, M. Gambetta, après la séance, me fit prier de changer cette phrase : « Il faut savoir si le pas est à TEtat ou s il est à la Commune de Paris. » C'est k sa demande que j'en ai modifié les derniers termes. M. Gambetta ne voulail
pas qu'à l'approche d souvenir de la Comn]
Après une repli qu honorablement menti à la Chambre un ordi
« La Chambre,
» Convaincue de Ti dans Torganisation d< réformes depuis long sables, mais désireu!
ser le conflit survenu et le préfet de police
» Invite le gouver sures nécessaires et ]
Cette motion, qui taire, invitait le gou fut repoussée par 35'
Ce qui est piquant ; que M. Gambetta, dî cessait de me prodige ses témoignages d a] journaux se pronoi moi.
Comme Janus, Toi
S34 SOUVENIRS
La réunion de l'Arbresle.
Stimulés par l'exemple des députés et des conseillers municipaux, mes électeurs, à leur tour, voulurent m'interroger. Je me rendis à leur invitation, et le dimanche 24 avril j'arrivais à TArbresle.
La journée pluvieuse n'avait pas empêché quinze ou dix-huit cents politiciens de se réunir dans la bâtisse municipale encore inachevée.
M. Fouilloux, maire de Saint-Cyr, président du comité central de la circonscription, me donna la parole, et je commençai en ces termes, si je m'en rapporte au compte rendu du Courrier de Lyon :
Mes chers concitoyens,
Depuis que vous m'avez fait l'honneur, en 1876, de me confier le mandat de vous représenter à la Chambre des déput*^s, je me suis fait un devoir de venir le plus souvent possible me mettre en rapport et en communion d'idées avec vous.
Aujourd'hui, je viens vous trouver avec le déâr
d'être interrogé et de r
Je ne vous apporte pf
suis pas de ceux qui
comptes à leurs électei
parlé. Je veux répondr
circonscrire le débat. C
ma fonction non de vo
nement, j'aurais certa
soustraire auxinterrog
cette fonction; mais il
opposer de telles excep
actes politiques vous s(
me prêter à vos investi
trouverai votre curiosité
à ma vie privée; je ne
le fameux mur que Vhi
élevé sous l'empire. Au
ébréché, le mur de ma \
de ses boulets, et à tr
qu'ils y ont laissées, le
garder les choses les pli
Je ne parle pas d'aill
pour m'en plaindre ; il
que jamais d'être parti
car je n'ai plus rien à j
dit contre moi tout ce
nation la plus féconde <
la lie la coupe de cale
je m'en sens fortifié.
Je ne vais pas rej tions qui me furent p
que j y crus devoir faire. Je me borne à celles qui, se rattachant à rexercice de ma fonction, me donnèrent Toccasion d'expliquer les motifs de quelques actes importants de mon administration :