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PEÉFET DE POLICE
Un peu plus de lumière sur les fonds secretSi'J
Il faut beaucoup d'abnégatiou et de dévoue-' ment à son pays pour consentir à être ministre : tel est du moins le thème que les journaux officieux développent périodiqufiraent.
Le cuisinier Trompette — qui était pour son maître comme un journal officieux — disait :
« C'est pour la gloire qu'il tient la place, A moi seul je dépense et au deli les GO, 000 francs qu'il ïeçoit pour son traitement. »
Les journaux, officieux — qui sont pour les ministres comme autant de Trompettes — disent
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statuts n'assurent aux adniiiiîstralcurs aucuni Iff^araotie de stabilité.
Ces sortes d'affaires ne sont jamais adminîstréei comme pourrait l'être l'industrie d'un përe d»j famille.
Tandis qu'ils ont encore la majorité dans l'assemblée des actionnaires, les membres du conseil d'administration se hâtent d'en tin profit.
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Le sans gêne avec lequel, en haut lieu, on dispose des fonds secrets, est d'un fâcheux exemple pour les divers agents de la hiérarchie ^administrative; si l'un d'eus ne résiste pas à ce iqii*a de séduisant la doctrine ou la tradition du libre emploi de certains fonds, le ministre se montre indulgent et semble s'écrier :
I — Homo stan, et nihH humani a me alieitum.
puto!
Pour ne prendre qu'un exemple parmi les plus récents, je me bornerai à rappeler celui de U. André de Trémontels.
li ♦SODVENÏliô ^ \
— Halte là ! yont me crier encore les officieux. Ce sujet ne fait pas partie de vos Souvenirs. Vous nous avez déjà raconté ceux de H. Léon Renault, ceux de M. Albert Gigot. Est-ce que vous allez encore révéler les secrets de tous les préfets qui ont administré nos divers départements?
— Messieurs les officieux, j'ai le regret de ne pas écrire pour vous. La question de savoir si je suis dans mon sujet est affaire entre mes lecteurs et moi. Tant qu'ils me prêteront leur attention et qu'ils paraîtront m'écouter avec quelque intérêt, je persisterai à croire que je ne mérite pas d'être rappelé à la question.
Je sais bien que mes Souvenirs sont « incohérents » ; mais l'esprit public est à Tincohérence. Nous avons eu l'exposition des « Arts incohérents », le bal des « Incohérents » : je sacrifie au mauvais goût de mon temps.
D*ailleurs, tous mes souvenirs ne sont-ils pas les souvenirs d'un ancien préfet de police ?
Deux fois déjà j'ai porté à la tribune cette question des libertés prises par M. André de Trémontels, ancien préfet de TAveyron, avec les deniers de TÉtat, et je ne renonce pas jk ïy porter une troisième.
On se rappelle que ce préfet fut dénoncé au
ministre comme concussionnaire par !
cesseur. M, Démangeât.
L'affaire traiaa en longueur : entre temps, M. André de Trémontela, devenu préfet de la Corse, y fut promu à la classe supérieure de son grade, et M. Démangeât... fut révoqué.
L'accusation de concussion était devenue publique ; M. Waldeck-Rousseau, ayant compria.^ que 3on préfet n'était plus possible à la tète d'u département, l'avait rappelé à Paris avec un traite- J ment de disponibilité.
Si M. André de Trémontels était innocent, la ^ mise en disponibilité était une disgrâce imméritée ; s'il était coupable, maintenir à un conçus- ' sîonnaire le titre de préfet et lui servir un traite- j ment de 6,000 francs', c'était faire preuve d'une tolérance voisine de la complicité.
Je priai M. Waldeck-Rousseau de vouloir bien ^ 'en expliquer à la tiùbune.
— La justice est saisie, répondit M. Waldeck- Rousseau. A l'heure où je parle, M. Démangeât, sur mon invitation, est mis en demeure de faire devantles tribunaux la preuve de ses imputalions diffamatoires.
Je m'inclinai devant la justice ; j'attendis la dé-