Voir sur Pouchkine mon étude dans mon volnme Le
monde slave, 2" série, Hachette, 1902.
lier à celte mission un intérêt tout particulier. La Russie et la France étaient alors en froid par suite d'un incident que l'histoire devra noter sous le nom d'aifaire Hartmann. Cet Hartmann était un nihiliste soupçonné ou convaincu d'avoir pris part à je ne sais plus quel assassinat politique en Russie. Il s'était réfugié chez nous. Le cabinet de Saint-Pétersbourg avait réclamé son extradition. Le gouvernement français Tavait refusée. A la suite de ce refus, l'ambassadeur de Russie à Paris avait été mis en congé. Les relations étaient très tendues entre les deux pays.
H me semblait que la France, en rendant un hommage public au poète russe tué naguère en duel par un étranger devenu depuis français et sénateur du second Empire* pouvait, sans rien sacrifier de sa dignité, préparer les esprits à un rapprochement sur le terrain diplomatique. Un homme qui connaît admirablement la Russie, mon ancien camarade et élève, M. Alfred Rambaud, était précisément chef de cabinet de Jules Ferry, alors ministre de l'Instruction publique. Nul mieux que lui n'était en état d'expliquer l'intérêt et l'urgence de la mis-