VI INTRODUCTION
consulter chaque jour la généalogie de sa famille pour se rappeler qu'il est de bonne race^ mauvais écrivain celui qui rouvre, à chaque instant, un manuel de recettes littéraires, pour être sûr de ne pas broncher. Emile Gebhart ne connaissait pas ces vaines craintes. Après son noviciat de Rome et d'Athènes, lorsqu'il vint faire profession dans l'abbaye de Thélême, il entendit bien ne pas renier les autels de sa jeunesse. Aux murs de la libre cellule qu'il s'était choisie, le Faune de Praxitèle regarde avec complaisance les bohémiens du lorrain Callot ; sur les tablettes de ce Gaulois qui fut toujours un bon citoyen d'Athènes.^ Rabelais donne la main à Platon.
Athénien, il ne le fut pas à la manière des archéologues, mais à celle de Chateaubriand, de Racine et de Fénelon. Les deux sont bonnes. Elles se soutiennent, elles se complètent tune l'autre. M. Gebhart, qui n'aimait pas les barbares et qui se lamentait parfois de trouver si peu de poésie chez certains savants, ne supportait pas davantage les prétendus poètes qui se moquent de la science. Pour lui, il avait fait, une bonne fois, ses preuves doctorales, en écrivant, coup sur coup, avec le beau courage de la vingtièine année, une thèse sur la Poésie de la nature chez les anciens et un mémoire