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Souvenirs d'un vieux libraire

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES PALAIS-RaYAL, I5-I7-I9, GALERIE d'oRLÉANS

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2îiL

PRÉFACE

L est constant que le plus souvent le Post-Scriptum d'mte lettre contient le passage le plus

important, appelé à frapper Valtention du

destinataire, et quil y réussit.

Pourquoi nen est-il pas de même en ce

qui concerne /'Avis au Lecteur qu'une

PREFACE

déplorable routine oblige Vaiiteur de mettre en tête de son livre ? Mystère et fatalité insondables, dont il ne in appartient pas de déchirer le voile!

Les nécessités de la mise en pages, plus encore que le besoin de ni expliquer^ exigent cependant une Préface.

J'avais songé un instant à prier une de nos gloires littéraires actuelles de présenter mon livre et [aurais été ainsi) moi

Pauvre ver de terre, préfacé d'une étoile.

Mais ie suis si foncièrement bon, que fai renoncé à cette prétention.

Réduit ainsi à mes propres forces, la préface perdra en valeur, mais elle gagnera en

PRÉFACE

sinccrité. Tout en passant sons silence les défauts de mon œuvre, quiin public indulgent découvrira toujours asseX, tôt, je lui épargne au moins des louanges anticipées et généralement peu ratifiées.

Quelques initiés pourront facilement remplir les noms laissés en blanc, car tous les événements racontés ont été vécus. On trouvera peut-être quils sont déjà bien anciens, mais ne sait-on pas que le Temps est une abstraction, une conception purement humaine qui ne signifie pas grand* -chose! En ce qui concerne le manuscrit de Monos, je n insiste pas et je laisse au Lecteur le soin de démêler la vérité d'avec la fiction!

Quel que soit Vaccueil réservé à ces pages.

PRÉFACE

je Taccepte d'avance comme mérité. J'ai voulu, en tous cas, être T auteur d'un livre auquel puisse s'adapter, toute modestie gardée, ce précepte de l'immortel Juvénal (Sat. VII) :

Ctii lion sil puhlica vena

Oui niî expositum soleat deducere, nec qui Communi feriat carmen triviale moneta.

Louis LERICHE.

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