‹ Souvenirs d'un vieux libraireChapitre 10 sur 39 · LE BILLET DE MILLE · texte numérisé non relu

LE BILLET DE MILLE

DE FLAMMINET ET C'c

ous les commencements sont durs et laborieux. Celui qui

ne sait résister aux déboires

et aux périls de la première heure ne saurait vaincre la fortune et se l'attacher.

Mon ami Flamminet en a fait l'expérience; il n'y a plus de raison de le cacher et on peut le citer parmi ceux dont le courage et la persévérance ont eu raison de difficultés nombreuses. Aujourd'hui, ses magasins, en plein boulevard, sont, comme vous le savez, le rendez-

VOUS du beau monde. Il n'édite pas, mais il est pour nous autres éditeurs, un précieux intermédiaire. Malheur au livre qui n'a pas les honneurs de son étalage; il est condamné d'avance, et jugé indigne d'être lu.

Mais avant d'arriver à cette réputation et à pareille vogue, Flamminet a parcouru la douloureuse échelle des luttes et des revers; Dix fois il s'est cru perdu, dix fois il a pu vaincre. C'est un des épisodes de ces temps d'épreuves que je vais vous narrer.

Ainsi s'exprima en manière de prélude l'éditeur H..., que j'aurai suffisamment désigné en indiquant que c'est à lui que l'on doit la rénovation de la littérature destinée à la jeunesse.

Flamminet, avec quelques économies

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