DU POUVOIR SPIRITUEL DES PAPES
En choisissant en grande partie ses apôtres parmi les classes les plus infimes de la société, Jésus-Christ voulut donner par cela
môme à la terre une preuve incontestable
de la divinité de sa doctrine. De pautres pêcheurs, d'obscurs artisans qu'ils étaient, ces hommes grossiers et illétrés deviennent les rénovateurs de l'humanité; leur science étonne les nations, leur parole les domine et les conduit vers la lumière, vers la vie.
Entre tous, il en est un plus simple et plus illétré encore que les autres. C'est celui-là que Jésus-Christ place . à la tête de son Eglise, et dont les successeurs doivent être de siècle en siècle et jusqu'à la fin des temps les évoques des âmes, les chefs spirituels du monde, les représentants du Fils de Dieu.
C'est Pierre, pêcheur de Galilée, sans lettres, sans argent, sans crédit, qui va faire l'éducation d'un nouveau genre humain dans le même temps que Sénèque, philosophe, éloquent, riche, fait l'éducation d'un nouvel empereur. L'élève de Sénèque sera Néron, l'élève de Pierre sera l'univers chrétien (1), D'oii vient donc cette prédilection du Sauveur pour celui qui devait être un jour le prince des apôtres ? « Qu'était-il pour de
(I) Rorhbacker. H. Univ, de VEgl., t. IV.
telles œuvres? Et qu'a-t-il fait pour une telle gloire , ce mortel plus favorisé qu'Abraham, plus puissant que Moïse, plus inspiré que les prophètes? » Laissez continuer la plume éloquente de M. Veuillot (1):
« Pierre n'avait par lui-même ni fortune, ni force, ni génie, et pour toute science il savait conduire une barque et raccommoder ses filets, mais il était droit et simple de cœur, il crut en Jésus-Christ, il l'aima, et, lorsque Jésus-Christ, lui commanda de le suivre, il n'hésita point. » 11 n'avait point hésité non plus à reconnaître en lui le Mes-* sie annoncé par les prophètes, le Rédempteur qu'il appelait de toute la ferveur de sesprières, et attendait avec toute la confiance de la foi . Dès qu'il le voit, il se prosterne à ses pieds: «Seigneur, s'écrie- t-il, retirez-vousdemoi, car je suis un pêcheur (2) , » et lorsque Jésus- Christ interroge ses disciples, leur demandant : « Qui dites- vous que je suis? » C'est encore lui qui s'écrie : <^ Seigneur , vous êtes le
(i) De quelques erreurs sur la papauté.
(2) Ev. sel. S. Luc. Ch. V. v. 8.
Christ, le Fils du Dieu vivant, » et alors Jésus- Christ lui répond : «Vous êtes bien heureux, Simon, fils de Jean, parce que ce n'est pas la chair ni le sang qui vous ont révélé ceci, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi aussi, je vous dis que vousêtes Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. »
« Etje vous donnerai les clefs du royaume des cieux , et tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans les cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans les cieux (1 ) . »
« Pierre, dit Bôssuet (2) , paraît le premier en toute manière, le premier à confesser la foi, le premier dans Tobligation d'exercer Tamour ; le premier de tous les apôtres qui vit le Sauveur ressuscité des morts comme il en avait été le premier témoin devant tout le peuple. »
La troisième fois que Jésus-Christ appa-
(1) Ev. sel. s. Math. eh. XVL v. 16. 17.
(2) Sermon sur Tunilé.
ralt à ses disciples, après sa résurrection, <( Simon fils de Jean,lui dit-il, m'aimez-vous?» Pierre lui répond : « Oui , Seigneur, voussavez que je vous aime, » et Jésus lui dit : « Paissez mes agneaux. » Et il lui demande de nouveau : « Simon , fils de Jean , m'aimez-vous ? » Pierre lui répond ; « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime, » et Jésus lui dit :
c( Paissez mes agneaux. »
Et il lui demande pour la troisième fois :
« Simon , fils dé Jean , m'aimez-vous ? Pierre , touché de ce qu'il lui demande pour la troisième fois m'aimez-vous? lui dit: Seigneur, vous savez toutes choses ; vous connaissez que je vous aime. » Jésus lui dit : « Paissez mes agneaux (1). »
Quel touchant spectacle que de voir un Dieu, Fils du Dieu tout-puissant, tout puissant lui-même, fait homme et descendu du ciel, s'entourer d'humbles et de pauvres, lorsqu'il pouvait de sa main divine manier tous les trésors, toutes les forces de la terre et établir sans contestations, sans luttes, la
(1) Ey. sel. s. Jean, ch. XXVi. v. 45. 16. 17.
foi pour laquelle il venait mourir ! Quel touchant spectacle que celui de ce Dieu s'entretenant sans cesse avec ses disciples, les instruisant avec bonté, avec douceur, et poussant Thumilité jusqu'à leur laver publi-^ quement les pieds !
Quel grand enseignement I Quel exemple vraiment digne de celui qui apportait au monde cette religion de paix et d'amour, dont la devise sublime se résume en trois mots que le désordre a prostitués : Égalité ! Fraternité! Liberté!
Égalité! Égalité devant Dieu, devant la mort, devant l'éternité! Car le Seigneur a dit ! « Faites aux hommes tout ce que vous voulez qu'ils vous fassent (1). » « Heureux les pauvres qui acceptent leur pauvreté d'un cœur reconnaissant, car le royaume des cieux est à eux (2), mais en vérité il est bien difficile qu'un riche entre dans le royaume des cieux (3). »
(1) Ev. sel. s. Math. ch. VU. v. 12.
(2) Ev. sel. S. Math. ch. V. v. 5.
(5) Ev. sel. S. Math. ch. XIX. v. 25.
Fraternité ! Cax il a dit aussi I a Donnez à celui qui vous demande, et ne rejetez point qui veut emprunter de vous (1). » « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient (2).» «Celui qui aura donné seulement à boire un verre d'eau froide, en mon nom, à Tun de ces plus petits^ ne perdra point sa récompense (3).»
Liberté 1 Carie christianisme abolit Tes-clavage. Plus, dès lors, de distinctions d'homme libre et d'esclave, tous sont les fils du même Dieu, les membres d'une même famille, la chrétienté.
Quel contraste étrange entre ces premiers temps d'humilité et d'épreuves de l'Église catholique et l'origine des religions dissidentes ! Toutes sont propagées par des empereurs et des rois, des philosophes et des théologiens, et imposées ou par la force ou par l'influence qu'a sur les nations la con-
(1) Ev. sel. s. Malh. ch. V. v. ^2.
(2) Ev. sel. S. Malh. ch. V. v. 44.
(3) Ev. sel. S. Math. ch. X. v. 42.
— Induite de ceux qui sont à leur tête. Toutes commencent par le triomphe pour marcher vers l'oubli. Seule, la foi des apôtres commence par la persécution, le martyre (1 ), pour arriver à la gloire, à la domination universelle que lui a promise son divin Chef.
La Rome des Galigula et des Néron opposait les supplices à ceux qui marchant dans la voie de la vérité et de la justice, renonçaient au paganisme et à ses honteux mystères, et à de longs siècles d'intervalle on a pu voir presque de nos jours encore un des plus grands peuples de l'univers, justement fier de sa civilisation, justement jaloux de sa liberté, ne pas craindre de se déshonorer en employant les tortures
les plus cruelles contre ceux des siens qui, fidèles à la foi de leurs pères, refusaient d'embrasser Terreur. Pourtant qu'arriva-til? Rome devint le centre du monde catholique, et l'Irlande, après trois siècles de
(i) Voir l'appendice, note n"l.
souffrances (1 }, reste debout quoiqu'épuisée, tenant d'une main inébranlable et ferme le drapeau de la catholicité qu elle a su maintenir au milieu des marais du Connaught, à travers les proscriptions, les massacres, les
(i) Sir William Pelty a calculé que de 1941 à 1652, S00,000 Irlandais furent détroits par Tépée, la peste, la famine, les fatigues et le bannissement. (Hallam.) Après 1688, aux cruautés de Cromwcll succéda la persécution légale plus inique, parce qu^elle est plus réfléchie; plus odieuse, parce qu'elle tue à froid. (Gustave de Beaumont.) Cette persécution est connue sous le nom de lois pénales qui permettent à TAngleterre de ruiner sa rivale au point qu'en 1726, des milliers de familles, dit le primat Boulier, se sont trouvées dans l'impossibilité de se nourrir, et qu'il en a péri par centaines. En 1817, une enquête sur le paupérisme irlandais reconnaît que le nombre des fièvres causées cette année par rindigence et la faim atteignirent un million cinq cent mille individus. En 1826, le vice des aliments occasionna, selon VakeGeld, 20,000 maladies, et en 1832,révêque Doyle, consulté sur Vétat de la population en Irlande, répondait encore : « People are perishing as usual. » Le peuple y meurt de faim comme de coutume.
Notez bien que la population pauvre de l'Irlande est toute catholique.
Voir les touchants récits de M. Gustave de Beaumont sur la misère de Tlrlande. Pour moi qui ai parcouru ce pays, loin de les trouver exagérés, je les trouve encore bien audessous de la réalité.
Gamines ! Elle reste debout comme le plus éclatant défi jeté à la face des réformateurs, comme la preuve la plus frappante de leur impuissance; debout, majestueuse, ainsi qu'après la tempête , le vaisseau dématé dont la coque a résisté aux efforts du vent et des flots; bien plus, ses enfants, forcés de quitter un sol qui, suivant le mot atroce de Cromwell, non-seulement ne pouvait plus les nourrir, mais même les porter (1 ), s'en vont au-delà des mers répandre l'amour de leur
(i) Allusion de Cromwell au sol marécageux (aux bogs) du Counaughi où ron entassait tous les catholiques à coup de canon et en leur disant : «Goto hell or to Connaught » (Allez au diable ou à Connaught).
Cromwell, trouvant fort difficile Textirpation des catholiques ([ui,après toutes les violences employées pour les détruire étaient encore dans une proportion de 100 pour 1 1 protestants, résolut de les parquer tous comme un bétail dans une des quatre provinces de Tile. // leur fut interdit toua peine de mort de dépasser les limites qui leur étaient fixées. Leur borne au Sud était la rive droite du Shannon. Tout Irlandais trouvé 8ur la rive gaucJœ pouvait être tué par qui que ce fût sans qu'il y eut matière à procès,. Pour contenir les catholiques, par une puissance placée au milieu d'eux, on leur laissa seulement les campagnes et on Qt toutes protestantes les villes du Connaught. (Gustave de Beaumont.)
Dieu, chanter en paix ses louanges, dresser ses autels à côté de ceux où fume encore le sang des victimes humaines, et deviennent eux aussi, de simples pêcheurs, de pauvres émigrants qu'ils étaient, les apôtres du christianisme, les missionnaires de Dieu (i).
(l)Voirrappcndice, note n»2.
En 1655, d'un seul coup, on enleva de force, iî leurs familles, mille jeunes filles Irlandaises, qu'on envoya à la Jamaïque pour être rendues comme esclaves. (Lingard.) Un autre écrivain affirme que cent mille personnes furent ainsi déportées, et Lingard évalue à 30 ou ^£0 mille le nombre des hommes capables de porter les armes qui s'expatrièrent-
L*émigrotion irlandaise pour le Nord de TAmérique, le Canada, les Etats-Unis et le New-Brunswick atteignit dans ces dernières années encore les chiffres suivants : '
1847 pendant les neuf premiers mois 240,461, de 1847 à 1850 833,692,
Ce qui fait un total de 1,715,622 pour six ans.
(A hiêlory oftîie Froshpoor law, by sir George. Nicholls, London 1856.) Aux Etats-Unis, ces immences renforts ont permis à TEglise de porter le nombre de catholiques qui était de 25,000 en 1789 à plus d'un million en 1855, pour la seule province ecclésiasliqne de New- York. (Comte de Montalambert, De V Avenir politique de V Angleterre.)
En présence de tels bits, saurait-on nier l'intervention de la poissance divine? Cela ne me paratt pas possible, snrtoat si Ton compare les nations du Coran à celles de rÉvangile. D*an cAté la sauvagerie, Fesclavage; de Fantre la civilisation, la liberté ; si Ton compare les nations protestantes aux nations catholiques : là, une religion dliier et comptant d^à autant de sectes que d'adeptes ; ici au contraire près de vingt siècles d'existence et partout Ftinitél Cette admirable unité qui préside à toutes les œuvres de Dieu, qui donc Ta maintenue? Qui, sinon les successeurs de saint Pierre? Qui, sinon la papauté? Et ce pouvoir seul en était capable, grâce à sa mission toute divine.
Dans les premiers temps de TEglise, c'est la papauté qui groupe autour d'elle tout un peuple de martyrs, qui raffermit leur courage au milieu des supplices, ravive leur foi , en leur rappelant sans cesse les paroles divines, en leur montrant le chemin de la félicité éternelle. La même religion qu'elle
avait soutenue dans le malheur, guidée à travers les ténèbres, elle la dirige plus tard, conquérante et éclatante de gloire. Toujours elle maintient la foi intacte et pure, et la conserve jusqu'à nous, telle que l'avait enseignée le divin Maître.
C'est elle qui est l'étoile polaire, la boussole de la religion. Sans papauté, point d'unité; sans unité, point de religion. Aussi, qu'on ne s'y trompe pas, tous les ennemis de la papauté sont les ennemis de la fw, de quelque manière qu'ils s efforcent à colorer leur opinion, et cela se démontre sans peine. Le parti évidemment le plus opposé au pouvoir du Saint-Siège est le parti ultra-républicain, ennemi de tout pouvoir, excepté le sien. Qu*on suppose la France en république, lautorité papale anéantie, que se passerat-il?Ou la religion tombera indubitablement entre les mains d une sorte de prêtres constitutionnels, choisis par l'autorité au milieu de ses plus chauds partisans, et qui lui faisant subir des modifications sans fin, chacun suivant les idées ou les ordres qu'il aura reçus,
l'auront bienlôt complètement dénaturée, ou bien encore, chose plus probable, il se rencontrera un fanatique illuminé, unfouillustre qui, par ambition ou par tout autre motif , viendra s'ériger en suprême pontife d'une nouvelle religion que lui aura inspirée son athéisme! (1)
Reste maintenant une question, qui a déjà soulevé bien des débats, provoqué bien des attaques, bien des railleries : L'infaillibilité. Est-il possible, s'écrie-t-on d'ordinaire à ce mot, qu'un homme, fils d'un autre homme, soit exempt d'erreur? Évidemment non, et cette prétention n'a jamais été émise. Par infaillibilité on entend ceci et ceci seulement: que le Pape parlant à t Eglise libretnent, et, comme dit l'école, ex Cathedra « ne s est jamais trompé et ne se trompera jamais sur la foi, »
Il y a dans le Pape, on ne saurait l'oublier, deux personnes bien distinctes, l'homme, et le représentant de Dieu, le successeur de
(1) Sans rautorité du Souverain-Pontife, Tunité catholique se dissoudrait ; sans cette unité, le catholicisme périrait au milieu des sectes. (Thibas.)
l'apôtre choisi par Jésus-Chrisl. L'homme ne saurait être exempt d'erreur, puisque Terreur est inhérente à sa nature. Mais le représentant de Dieu ? Est-il admissible au contraire que le pasteur qui a aimé son troupeau au point de donner sa vie pour le racheter, laisse abandonné à ses seules inspirations,sans le secours de la céleste influence, celui qu'il a permis d'élire pour paître ses brebis, lorsqu'il s'agit de maintenir une et inattaquable la vérité que lui-même est venu enseigner? L'expérience de près de vingt mille ans est là pour témoigner du contraire.
A plusieurs reprises, le pouvoir pontifical vint à tomber aux mains d'hommes qui en paraissaient tout à fait indignes, et parmi ces choix malheureux, si rares du reste dans la longuehistoiredu pontificat, je neciteraique : Alexandre VI et Clément V. Vit-on jamais sous leur règne la foi hésiter, la vit-on faire un faux pas? Ils se conduisirent d'une façon criminelle peut-être , dans leur vie privée, dans leur gouvernement temporel ,dans leurs rapports avec les autres princes. Cependant
jamais le dogme immuable» n'a eu à se ressentir de leur indignité. Il y a plus, cette indignité de quelques-uns des chefs de FÉglise , au lieu d'être, comme ses ennemis ont pu le croire, une objection redoutable à lui opposer, n est-elle pas, loin de là, une des preuves les plus évidentes, les plus manifestes de Tinfaillibilité?
Dieu dirige ses pontifes dans la conduite de la religion, mais, il leur laisse, comme hommes, leur liberté d'action, et s'il en est qui se soient servis de cette liberté pour faire le mal, malheur à eux sur qui la chré-r tienté avait les yeux fixés ! Malheur à eux qui devaient donner au monde l'exemple de toutes les vertus.
Depuis saint Pierre, la tiare a changé 248 fois de tête, et le dogme est resté le même.
C'est ce phénomène unique dans l'histoire du monde où rien n'échappe aux variations, que Voltaire trouve étonnant, n'osant sans doute le trouver miraculeux (1). S'il avait été possi-
(1) On s*étonnc, dit Voltairo dans ses EssaUsur l^hisloh^ générale, t. i, chap. XXV, que sous tant de papes si scan-
ble aux papes de se tromper sur les canons, s'il leur avait été possible de les interpréter suivant leurs caprices, suivant leurs intérêts ^ la religion du Christ aurait depuis longtemps complètement disparu (1). Au lieu de cela, elle a toujours subsisté sans tache, et
daleux et si peu puissants, TEgiise romaine ne p^it de ses prérogatives ni de ses prétentions.Voltaire qui se complait là à exagérer les désordres de la papauté pendant le X* siècle dont il est question, ne comprend pas que la religion n*en ait psis souffert. U serait honteux, dit Sismondi, de faire un allument contre la religion, des crimes desIX'et X^* siècles, quand il aurait fallu un vrai miracle pour purifier les éléments qui recrutaient le clergé.
(1) « C'est à vous, pontife de Rome, s^écrie un ministre anglais, à vous montrer le père des fidèles en rendant à rÉglise son unité. C'est & vous successeur de saint Pierre à rétablir dans TEurope incrédule la religion et les mœurs. » La suppression de Tautorité du pape, ajoute d'un autre côté un célèbre protestant allemand, a jeté dans le monde des germes infinis de discorde, car n'y ayant plus d'autorité souveraine pour terminer les disputes qui s'élevaient de toutes parts, en a vu les réformés se diviser entre eux et de leurs propres mains se déchirer les entrailles. (Pufendorf, de Mon. Pont. Rom.)
Cette autorité tant regrettée par ceux même qui l'avaient détruite, que signifierait-elle, si elle nVtait infaillible? Au lieu d'être une garantie pour la Foi, ne serait-elle pas pour elle une source terrible de dangers?