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A Bethléem, les Pères Franciscains gardent le lieu de la naissance du Sauveur, ont un hos. pice pour recevoir les pèlerins, desservent l'é. glise paroissiale, et dirigent l'école des garçons,
L'école des filles est tenue par les sœurs de saint Joseph de l'Apparition. Les Carmélites ont un monastère ; et un orphelinat y est sous les soins de quelques prêtres du patriarcat ; c'est l'établissement de Dom Belloni, que nous avons tenu à visiter avant notre départ de Bethl‘em et qui est :onnu sous le nom d'Orphelinat de la Sainte ! 1mille ; on y donne à deux cents enfants, le couvert, la nourriture, l'habit, et surtout le bienfa. d'une éducation chrétienne, d’une instruction tr soignée et suffisante pour permettre à tous de pourvoir plus tard aux besoins de la vie,
Cet établissement a été créé par le chanoine Belloni, ancien professeur du séminaire patriarcal de Beit Jalla, et dont les seules ressources claient la Providence divine et la charité publique,
En revenant de Bethléem, après les cérémonies de Noël, nous arrêtâmes aussi à l’hos-
pice autrichien, actuellement sous la direction du comte de Caboga, consul, dont nous avions fait la connaissance à Bethléem, L'institution qu'il patronise et dirige, paraît destinée à res. taurer, en Orient, l’ordre militaire et hospi. talier des chevaliers de saint Jean,
Le tombeau de Rachel, sur la route d'Ephrata, ressemble à une mosquée, à cause de sa coupole blanchie à la chaux, Ce petit édifice est en grande vénération auprès des musulmans ; les femmes juives aussi y viennent faire des prières à l'épouse de Jacob,
C'est près de ce tombeau que, de Samuel, Saül, élu roi d'Israël, r hommes qui lui dirent :
“ Les ânesses que vous cherchiez sont re.
trouvées, ”
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Le champ adjacent est, d'après la légende, À
celui qui aurait fourni les lentilles pour lesquelles Esaü vendit son droit d'aînesse,
Ce champ est tout Couvert de petits cailloux ayant la forme de pois chiches, autre légende par laquelle les expliquent ce phénomène :
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Un jour Notre Seigneur voit, dans ce champ, un homme qui semait des pois chiches.
“Que sèmes-tu là, mon ami? lui demande le Sauveur, ”
L'homme répond en se moquant : “ Je sème des pierres ! ”
“ Bien, répartit Jésus, tu moissonneras des pierres. ” En effet, lorsque le semeur de pois vint pour faire sa récolte, il trouva son champ tout cou-
vert de pois chiches... en pierres.
Notre guide nous signale ensuite, sur une hauteur d'où il permet une vue sur les deux villes de Jérusalem et de Bethléem, le couvent de saint Elie,
Ce monastère fut bâti par Héraclius au vite siècle, détruit de fond en comble dans un tremblement de terre à l'époque de la domination franque, réparé en 1165 par la munificencé de Manuel Comnène, et enfin tout à fait reconstruit en 1678 par l’évêque grec Dosithée ; il est occupé aujourd’hui par des religieux grecs schismatiques,
À quelques pas du monastère de saint Elie,
sous un vieil olivier, on vénère un rocher sur lequel la tradition veut que le prophète Elie se soit reposé, lorsqu’après l'exécution des prêtres de Baal, près du Mont Carmel, il dut fuir la colère impitoyable de la reine Jézabel, qui avait juré de se défaire de lui,
Arrivé au désert de Juda, il vint en ce lieu et se reposa sur une pierre où il s'endormit,
L'ange du Seigneur l’éveilla et lui dit :
“ Lève-toi et mange, Car ilte reste un grand chemin à faire, ”
Et s'étant levé, il mangea et but,.et, fortifié par cette nourriture, il marcha pendant quarante jours et quarante nuits, jusqu'à Horeb, la montagne de Dieu,
Une autre pierre, sur le versant de la même montagne, garde le souvenir d’un fait non moins extraordinaire, et que l'on trouve ainsi raconté dans la sainte Ecriture :
Habaccuc, le prophète, portait à manger à ses moissonneurs, lorsqu'il rencontre, en cet endroit, un ange qui lui dit:
‘“ Allez, et donnez ce repas à Daniel qui est
dans la fosse aux lions, à Babylone.”
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“ Mais, Seigneur, ” répondit Habaccuc, “ je ne connais pas Babylone, ni la fosse aux lions.”
Alors l'ange le tenant par les cheveux, le transporte en un instant à Babylone, au-dessus de la fosse aux lions: et là, Habaccuc s'écrie :
“ Daniel, serviteur de Dieu, recevez le repas que Dieu vous envoie,”
Et l'ange ramena le prophète dans son pays.
Cinq minutes après, nous sommes dans la vallée des Géants, ainsi appelée parce qu’elle était autrefois habitée par une fraction de la tribu d'Ephraïm, qui était de taille gigantesque,
David battit deux fois les Philistins dans la vallée des Géants, et y brûla leurs idoies.
Une ruine j:unâtre, marque un peu plus loin l'emplacement de la demeure du saint vieillard Siméon, celui qui reçut au temple la Sainte Famille au jour de la Purification de Marie ; qui tint dans ses bras le Sauveur des hommes, et prophétisa les douleurs de la sainte Vierge.
Ce souvenir terminait la série des choses intéressantes que nous devions voir dans notre
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En nous rendant à Bethléem, sous la tempé- ‘rature la plus douce, et par un temps des plus favorables, nous avions critiqué sans merci ce que nous appelions les pieuses exagérations des prédicateurs et des auteurs spirituels en
général, qui, commentant les récits évangé-
liques, nous parlent des douleurs et des souffrances de toutes sortes que dut endurér la Sainte Famille, rejetée de toutes les habitations, et obligée de chercher refuge, au milieu de la nuït, et en plein hiver, dans une pauvre étable abandonnée, Nous nous disions que le thème des humiliations d’un Dieu fait homme est bien assez fécond par lui- -même, sans qu’il soit nécessaire de demander à des circonstances imaginaires de saison et de climat, des développements contredits par les faits, et indignes de la majesté du sujet, La Providence voulutelle nous punir de ces pensées téméraires ou au moins les faire disparaître de notre esprit ; toujours est-il qu'à peine étions-nous rentrés à Jérusalem, et étions-nous confortablement installés dans de bonnes chambres, à Casa Nova, une tempête de neige, véritable bour-
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Le froid devint très intense, les chemins furent partout bloqués, tandis que dans ja ville même, les rues se remplirent de neige tout comme dans une ville quelconque de notre Canada. . Force nous fut de nous rétracter, et d'admettre que si, au temps de Notre Seigneur, le climat de la Judée était le même, ce qui est plus que probable, la Sainte Famille dut souffrir et beaucoup, non seulement de l'indifférence et des refus qu'elle eut à essuyer, mais aussi des intempéries et des rigueurs de la saison pendant laquelle Jésus vint au monde à Bethléem.
Les routes étant devenues impraticables par suite de la tombée de la neige, nous employâmes les jours qui suivirent jusqu’au premier le l'an à étudier la ville sainte, à visiter ses principaux monuments et à satisfaire notre piété dans les différents sanctuaires.
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