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avait coulé le long de la hampe, il recouvra soudain la santé du corps, et les yeux de son
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esprit s'ouvrirent en même temps à la lumière de la vérité Plus tard, Longin souffrit le martyre.
La station voisine se fait au lieu de la Divi, sion des Vêtements, où les bourreaux firent quatre parts des vêtements, et tirèrent au sort la tunique sans couture et d’un seul cissu, que Jésus tenait de l'amour maternel de Marie:
cette robe est conservée dans l’église cathédrale de Trèves, qui la reçut de sainte H{lène, Enfin, au pied même du Calvaire, on vénère un morceau de pierre, que l'on croit avoir servi de siège à Jésus au prétoire, pendant que d'infâmes soldats, l'ayant couronné &’épines, couvert d’un manteau de pourpre, et lui ayant mis dans la main un roseau, le souffletaient, l'accablaient d'injures, et fléchissaient le genou devant lui d’une manière dérisoire, en disant, “salut, roi des Juifs.”
Tous ces sanctuaires, excepté la chapelle de sainte Magdeleine, qui est à côté de la rotonde, et appartient aux franciscains, sont à la disposition exclusive des sectes schismatiques, et se trouvent dans la partie Est de la
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basilique, dispersés autour du chœur des Grecs, lequel s'étend de l'ouest à l'est, dans l'espace qui sépare le sait sépulcre du calvaire et de la citerne,
C'est dans ce chœur, que les Grecs, d'un grand sérieux, montrent, dans un cercle de marbre, le centre de la terre, donnant un sens tout matériel à ces paroles du saint roi David : Dieu a opéré le salut au milieu de la terre; et à ces autres du prophète Ezéchiel : le Seigneur a placé Jérusalem au milieu des nations ; comme la terre est ronde, il ne faut pas trop contester aux Grecs la vérité de leur assertion.
Les parties fermées de la basilique qui. ne sont pas des sanctuaires proprement dits, sont occupées par les cellules des religieux dissidents, si l’on excepte trois petites chapelles, dont l’une, appuyée sur le côté ouest du sépulcre, appartient aux coptes, la deuxième est à l'usage des syriens, et communique avec la troisième, qui porte le nom de caveau sépulcral de Joseph d’Arimathie, et se trouve à l'extrémité occidentale, en dehors de la: grande rotonde,
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Pour résumer en deux mots cette description d'une église aussi compliquée et aussi irrégulière, de la porte d'entrée qui est au sud, tirons une ligne qui aille droit au nord, et partage la basilique en deux parties à peu près égales, nous aurons, à droite de cette ligne, la montagne du calvaire et la citerne où furent trouvés les instruments de la passion ; à gauche, la rotonde renfermant le saint tombeau, et au-delà, l'emplacement de la maison de Joseph d'Arimathie,
Aucun monument n'a une histoire comparable à la série non interrompue des outrages, des sacrilèges, des profanations abominables dont le saint sépulcre a été l'objet depuis qu'il renferma le corps inanimé de Jésus ; aucun sanctuaire ne peut, non plus, revendiquer un honneur aussi grand que celui qui est propre au tombeau du Christ, qui a vu, à tous les âges, les pèlerins du monde entier, accourir avec amour, se prosterner, puis baiser en pleurant ce marbre que Jésus a consacré par son attouchement divin et prolongé ; qui a vu des armées
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pauvre inconnu, et venir, après de sanglantes batailles, arracher à l'impiété cette pierre, le souvenir le plus précieux à l'amour de l'Eglise. Hélas ! est-ce une suite de la malédiction effroyable qu’une terre ingrate et déicide a méritée? pour quelques années que le sépulcre du-. Rédempteur a reçu librement les honneurs dus à sa dignité, il a passé des siècles entre les mains et sous lg domination de l’impiété ou du schisme, et aujourd'hui, le spectacle est navrant pour qui a conservé dans son âme une étincelle de foi catholique. Pour entrer, il faut demander aux Turcs une permission qu'ils ne dnent qu'à prix d'argent, et coudoyer ensuite ces affreux mécréants qui nous imposent leur surveillance ; cette humiliation n’est pas suffisante encore ; le schismatique est là, qui nous précède ou nous accompagne avec les mêmes droits, ou plutôt avec des privilèges extorqués et plus étendus ; sur l’autel où nous offrons le saint sacrifice, il a lui-même, avant nous, célébré la messe et accompli ses cérémonies ; ou, comme sur le calvaire, en même temps que lui et à ses côtés, sans que la plus mince cloison nous
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sépare, il nous faut consacrer le pain azyme pendant que le pope prononce, sur le pain fermenté, les paroles sacramentelles,
Deux sentiments bien opposés se combattent dans l'âme du pèlerin, au saint sépulcre : s’il est vrai que son bonheur est grand, lorsque, reconstituant sur place, les scènes douloureuses de la passion de Jésus, et celles plus consolantes de sa glorieuse résurrection, il suit par la pensée le divin Sauveur, en compagnie de la très sainte Vierge et du disciple bienaimé ; si l'amour et la reconnaissance le pénètrent et le transportent, quand, agenouillé sur le roc taché de sang, au calvaire, ou le front appuyé contre le marbre du tombeau, il se rappelle en détail les circonstances si sublimes et si consolantes que retrace l'Evangile, peut-il se défendre contre l’amertume d'une profonde tristesse, en voyant comineiit sont traitées, par l'ingratitude humaine, des choses qui ne parlent que Dieu, sa tendresse et ses miséricordieux bienfaits ? e
La passion de Notre Seigneur n'est donc pas encore terminée, et si la gloire de sa résur-
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rection a mis la divine personne de Jésus hors des atteintes de l’outrage et du sacrilège, il se trouvera donc toujours des Judas, des Pilates, des lâches et des cruels, que l'impassibilité du Sauveur ne rendra pas moins coupables, et dont la rage contre les monuments de sa miséricorde ne voudra jamais s'apaiser |
Mais, où Jésus expirant demandait à son Père le pardon de ses bourreaux, c'est la prière, non l’indignation, que Dieu désire de nous ; il veut qu'on le supplie, non seulement pour l'Eglise, ses pasteurs et leurs ouailles, mais encore pour le payen et l’infidèle, l'hérétique et le partisan du schisme, pour le pauvre musulman et le malheureux juif lui-même,
Après avoir pris largement le temps voulu pour jouir à notre aise et donner cours à nos pensées, dans le saint temple, avant de sortir, nous fimes bénir par monseigneur, sur le tombeau, tous les objets de piété que nous avions apportés, et qui, avec le cierge de la procession, comptent parmi nos plus riches souvenirs,
Excepté à la façade, la basilique du saint sépulcre est de toutes parts, entourée de mai-
sons qui s'appuient sur elle, et même, s'échelonnant sur le contrefort de la colline, arrivent jusqu’à la hauteur du toit de l'église,
De chaque côté du parvis, qui consiste en une place dallée de soixante pieds carrés, sont des chapelles schismatiques, dédiées à la très sainte Trinité, à sainte Marie-Magdeleine, à saint Jacques, et à sainte Marie l’égyptienne ; cette jeune courtisane était venue d'Alexandrie à Jérusalem en 383, pour assister aux fêtes de l'Exaltation de la sainte Croix. Arrivée aux portes de la basilique, et voulant y pénétrer, elle se sentit repoussée jusqu'à trois fois par une force invisible, ce qui l’obligea de faire sur elle-même de sérieuses réflexions. Elle s'adressa dans une fervente prière, à la Mère de Dieu, et promit de couler le reste de ses jours au fond d’un désert, dans la plus austère .pénitence, si elle parvenait à voir le bois de la croix. Sa prière fut exaucée, et, pour accomplir son vœu, elle se retira sur les bords du Jourdain, où elle mourut saintement.
Nous visitâmes encore ie couvent de saint Abraham, un endroit où plusieurs Franciscains
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furent martyrisés, et le lieu de la mort de la vénérable tertiaire Marie de Portugal, qui, venue en pèlerinage au tombeau du Sauveur, fut prise et brûlée vive par les Turcs en haine de la religion.
C'était assez pour un jour, et nous rentrâmes à Casa Nova, sans cependant avoir dit adieu au saint sépulcre auprès duquel nous voulions, à tout prix, rever