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Essaierai-je maintenant de décrire ce qu’on éprouve en pareille occasion ? le silence devient parfois le plus éloquent des languages ; ici, toute parole serait impuissante, et l'âme comme anéantie sous le poids de ses émotions, reste muette dans la contemplation. Elle adore, aime, remercie, gémit, se souvient et se donne, mais sans chercher ni trouver un mot qui puisse exprimer ses sentiments ; il semble aussi qu'au saint sépulcre de Notre Seigneur, le cœur d'un prêtre qui y célèbre les saints mystères s'élargisse tout à coup, et alors, instinctivement, ou plutôt sous l’action de la divine charité, il place là, devant lui, sur ce tombeau, autour de
la Sainte Hostie, et pour les lui offrir, toutes les âmes qu’il connaît, qu'il aime#et qu'il voudrait avoir avec lui pour partager son bonheur.
Quid retribuam Domino pro omnibus que retribuit nie.
Tous les jours il se fait, dans la basiiique du Saint-Sépulcre, une procession solennelle, composée des Pères de Terre-Sainte, et des pèlerins marchant à leur suite, un cierge à la main.
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A part les quatre églises dont j'ai déjà parlé, le pieux coïtège s'arrête à plusieurs oratoires, établis presque tous, dans les excavations naturelles du Calvaire, et dont chacun conserve le souvenir de pieuses traditions. On visite ainsi, au sortir de la chapelle franciscaine de l'Apparition, l'endroit où le Christ ressuscité apparut à Marie-Magdeleine sous les habits d’un jardinier ; puis après avoir passé la colonnade dite les Sept Arceaux de la Vierge, la prison où Jésus fut détenu, pendant qu'on faisait les derniers apprêts de son supplice, et dans laquelle on conserve, derrière une grille, une pierre perforée de deux trous cylindriques, et qui aurait servi à lier, au moyen d’une chaîne, les deux pieds du Sauveur ; la chapelle de saint Longin; Longin, suivant la tradition, est le nom du soldat qui perça de sa lance le côté du divin Crucifié; cet homme, syrien de naissance, avait une infirmité aux yeux ; ayant, par un mouvement instinctif, porté sur la