LE MONT SION
Situé au sud-ouest de Jérusalem, le Sion, occupé par les Jébuséens, résista longtemps aux attaques de David qui finit cependant par s'en emparer, et y établit son palais, Il y transporta aussi l'arche d’ alliance, et ce lièu prit le nom de cité de David. Le roi fit ensuite construire une citadelle qui passait pour être inexpugnable, et à laquelle, pour ce motif, la sainte
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Vierge est souvent comparée ; furris davidica ; turris fortiltudinis.
Le Sion est souvent nommé dans les Saintes.
Ecritures, non seulement dans les livres où les parties historiques, mais aussi dans les pro. phètes et surtout dans les psaumes, qui de fait, furent composés sur cette montagne. Figure du ciel, et berceau symbolique de l'Eglise, à cause des mystères qui s'y accomplirent, la cité de David fut cependant l'objet des menaces terribles et des châtiments effrayants de Dieu, dont le bras vengeur s'appesantit encore sur la montagne de Sion, plus encore peut-être que sur le reste de Jérusa!em. Rejetée en grande partie hors des murs depuis Adrien, son plateau est couvert de ruines, de tombes, ou d’une terre inculte et desséchée qu'une herbe maigre réussit à peine à voiler, :
Au milieu de ces décombres et de .ces pans de murs à l'abandon, quelques établissements modernes ont été élevés par les Turcs, les Arméniens, et mêmes les-protestants de l'Europe,
On y visite l'emplacement de la maison d'Uri, cet infortuné que David fit périr pour
épouser sa femme Bethsabée, qui devint la mère de Salomon ; l'oratoire où le roi pénitent exptima son repentir et composa la majeure partie des psaumes, et qui sert aujourd’hui de magasin militaire; l'emplacement du palais d'Hérode-le-Grand, l'auteur du massacre des saints Innocents ; sur les ruines de ce palais réprouvé, s'élève une église protestante! des hérétiques qui vont à Jérusalem, non dans l'intention de vénérer les lieux saints, et d’accomplir des pèlerinages, mais uniquement pour combattre et détruire, s'ils le pouvaient, les traditions existantes, ont bien fait de laisser de côté toute prétention aux sanctuaires chrétiens, et de construire leur temple sur uu lieu qui ne rappelle que honte et cruautés ; c'est dans l’ordre ; aussi longtemps que les protestants se tiendront à l'écart du saint sépulcre, et se.contenteront des ruines du palais d'Hérode, les communions chrétiennes de Jérusalem peuvent être tranquilles à leur égard, et ils continueront à ne compter pour adeptes, que les quelques personnes amenées par les ministres, et payées pour distribuer des bibles.
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Nous entrâmes aussi dans la cathédrale des arméniens schismatiques, construite sur le lieu du martyre de saint Jacques le Majeur. Cet apôtre, frère de saint Jean, et appelé comme lui sur les bords du lac de Tibériade, témoin pareillement de la transfiguration de Jésus sur le Thabor, et de son agonie au jardin des Olives, serait allé, d’après les traditions, porter le flambeau de la foi jusqu'en Espagne,
Retourné à Jérusalem, l'an 43, il fut. arrêté par l’ordre d'Hérode Agrippa, et eut la tête tranchée,
Celui qui l'avait dénonté, frappé de son courage et de sa constance, se déclara chrétien ét reçut en même temps la couronne du martyre,
Le corps du saint apôtre, enterré d'abord à Jérusalem, fut ensuite transporté en Espagne où on le vénère à Compostelle, '
Tout près de l'église est un couvent assez considérable habité par des religieuses armé. niennes. schismatiques, et édifié sur l'emplace. ment de la maison du beau-père de Caïphe, le grand-prêtre ‘Anne, devant qui comparut d'abord Notre Seigneur, qui reçut en cette cire
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constance, un infâme soufflet de la part d'un des archers ; on nous fit voir, dans un oratoire, un'autel dont la position indique la place qu'oc- ‘cupait alors Jésus.
Le lieu'où a dû être la maison de saint Thomas, avoisine aussi la cathédrale saint Jacques, et est couvert d'un édifice qui fut d’abord une église, et, est actuellement une mosquée,
A un autre ‘endroit découvert, qu'on nous ‘désigna come étant celui où Notre Seigneur apparüt à quelques saintes femmes, et leur dit de répandre la nouvelle de sa résurrection, il y avait autrefois une chapelle qui a disparu et dont il ne reste aucune trace,
Sur le versantméridional du mont Sion, en dehors ‘des murs, est le cénacle, dont nous n'avons pu visiter qu'une partie, l'autre étant complètement fermée aux chrétiens. Au saint sépulcre et sur le calvaire, en payant Mahomet, ét'coudoyant Photius, nous avons eu la consolation deiprier, et même de célébrer la sainte mèsse, Avec un peu d’or et beaucoup de formalités, nous avons pu aussi fouler les parvis
du temple, témoin de plusieurs scènes de
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l'Evangile, et entrer même dans la mosquée qui remplace le saint des saints ; au cénacle, la défense est plus absolue, l'interdiction plus complète ; et aucune somme ne saurait faire ouvrir, pour y introduire un chrétien, les salles de l'étage inférieur, auxquelles cependant sont attachés de si pieux souvenirs,
n'a pas ce lieu si vénérable à l'attachement des catholiques ! n'est-ce pas là
; > que Jésus, renouvelant l'offrande que ‘sa mère avait faite de lui,
Et quels titres l'amour et à
au jour de la Présentation, et
préludant à la Consommation de son sacrifice au Golgotha, accomplit cette cène dont nous trouvons les touchants et sublimes détails aux dernières pages de l'Evangiie ?
Le jour des azymes, Jésus, étant à Bétharie, envoya Pierre et Jean en leur disant: Allez nous préparer la Pâque, gions, Ils lui dirent : Où la préparions,
afin que nous la manvoulez-vous que nous Il leur répondit : En entrant dans la ville, vous rencontrerez Portant une cruche Maison où il entrera, famille à
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GEau ; suivez-le dans la et vous direz au père de € cite maison : Le maître nous envoie
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dire: où est le lieu où je mangerai la Pâque
avec mes disciples ? Et il montrera une chambre toute meublée ; préparez-nous-y ce qu’il faut. Or, cette maison, appartenant à Joseph d'Arimathie, d’après l'opinion commune, est celle qui reçut plus tard le nom de cénacle, et
s'élevait à l'endroit que couvre maintenant
. une vilaine mosquée.
On peut croire que la sainte Vierge, qui, depuis longtemps portait dans son cœur le glaive de douleurs que le vieillard Siméon y avait plongé, connaissait d'avance les tortures qui l’attendaient à la vue des souffrances et de la mort de son Fils,
Il est probable qu’elle se retira, avec quelques saintes femmes, dans la maison où s’accomplissait la Pâque, bien qu'elle dût être dans une pièce différente de celle où se trouvaient les apôtres, et qu'elle savait exactement, de moment en moment, tout ce que le Sauveur disait, et faisait, . Elle vit Judas, le traître, à la table de son Fils qu'il allait vendre pour trente deniers ; elle vit ce misérable sortir, après sa
communion sacritège, pour allier conclure labo-
minable marché,
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Elle fut aussi témoin de la profonde et étonnante humilité de Jésus, s'abaissant jusqu’à se prosterner devant ses apôtres, et laver leurs pieds malgré les protestations de Pierre.
Elle vit le disciple bien-aimé, reposer avec amour sa tête sur la poitrine du divin Maître.
Elle y assista, au moins en esprit, à l'institution de l’ineffable sacrement de l'Eucharistie et à la fondation du sacerdoce nouveau ; elle entendit prononcer ces paroles solennelles par lesquelles le Sauveur accomplissait de si au. gustes mystères :
“Ceci est mon corps qui est donné pour vous, faites ceci en mémoire de moi, c'est le calice, le nouveau testament en mon sang
qui sera répandu pour vous..."
Elle entendit le sublime discours que Jésus prononça, avant de partir avec ses apôtres, pour commencer sa passion ; enfin, elle dut lui faire de douloureux adieux, et le voir s ‘éloigner pour s'abandonner à toutes les torture: d'u et cruelle agonie ;
re longue et elle d:rmieura dans la maison de la cène pour Y suivre, dans une
extase prolongée, les différentes phases de la
Passion jusqu’à la condamnation de son divin Fils, au supplice de la croix.
Après sa sortie du tombeau, Notre Seigneur, dont l'humanité n’était plus assujettie aux lois de l'espace, vint plus d’une fois au cénacle surprendre ses disciples par de glorieuses apparitions ; il y confirma à ses apôtres le pouvoir de remettre les péchés par ces paroles: “ Recevez le Saint-Esprit, Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.”
C'est du cénacle que Jésus partit, suivi de ses disciples, pour se rendre au mont des Oliviers, et y opérer son ascension dans le ciel ; et c'est dans cette maison que les disciples revinrent, après la disparition de leur Maître, afin de se mettre en prière avec la très sainte Vierge.
Au cénacle, pendant cette sublime retraite des apôtres, eut lieu l'élection de Mathias, et, au milieu de phénomènes extraordinaires, la descente du Saint Esprit,
Plusieurs croient aussi que dans le cénacle fut institué le sacrement de Confirmation, que saint Jacques ie Mineur fut consacré évêque
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de Jérusalem ; que les sept diacres furent élus, et enfin que les apôtres se réunirent une dernière fois avant de se séparer pour prêcher l'Evangile par toute la terre,
Se peut-il un lieu plus saint! Et le cénacle est une mosquée! pis encore, c'est un lieu.
d'abominations sans nom, et le chrétien ne:
peut pas même acheter le droit de faire une prière dans cette enceinte, où se sont accomplis tous ces événements mémorables !
Après la Pentecôte, le cénacle que l'on peut considérer comme l’église-mère, servit de lieu de réunion et même d'église, et les saints mystères y furent longtemps célébrés.
Sainte Hélène construisit plus tard, audessus du cénacle, une église À deux étages, dans laquelle furent transportées les reliques de saint Etienne, de saint Gamaliel et de saint Nicodème, Cette église qui était en ruines au XIe siècle fut rebâtie, sur le même plan, par’ les croisés, et des chanoines de saint Augustin furent chargés de sa desserte jusqu'en 1187.
Après le départ des Latins, des religieux
syriens l'occupèrent. Les franciscains s'établi.
rent sur le mont Sion, à côté du cénacle, en
1210, édifièrent la petite église qui y existe d’} encore, et exercèrent longtemps l'hospitalité no en cet endroit. Mais les musulmans les acca- sty blèrent de vexations de toutes sortes, et même vra en 1551, massacrèrent plusieurs des religieux, et vin chassèrent définitivement les autres ; l’église tio!
fut convertie en mosquée, et les constructions {, attenantes reçurent diverses destinations pro- esc |: fanes. Ce qui avait surtout excité cette persé- et cution des fils de Mahomet contreles religieux, D per É c'est que les musulmans croyaient l'église du MN cén | | cénacle élevée sur le tombeau de David, quiest lieu | un de leurs grands prophètes, Aujourd’hui I | encore, ils prétendent posséder ce monument, més fl et de fait, la chose non seulement n’est pas des impossible, mais même n'est pas dépourvue bea | d’une certaine probabilité ; le saint roi reçut sa T | sépulture dans la cité de David, dit l'Ecriture, 1 tim or ce nom désignait surtout le mont Sion; et ) ls saint Pierre était au cénacle lorsqu'il prononçait et ces paroles : Mes frères, qu’il me soit permis vieu: de vous diré hardiment du patriarche David, 1 quée qu'i est mort, et qu'il a été enseveli, et que trad:
son sépulcre est parmi nous.
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cénacle, en ui y existe l'hospitalité ins les accates, et même religieux, et res ; l’église onstructions ations procette persées religieux, l'église du avid, qui est Aujourd’hui monument, t n'est pas dépourvue roi reçut sa t l'Ecriture, it Sion; et | prononçait soit permis che David,
reli, et que
Dans les constructions qui s'élèvent aujourd'hui, à l'endroit et sur les ruines du cénacle, nous avons pu voir deux salles, dont l’une, de style gothique, séparée en deux nefs, et couvrant un espace de quarante pieds de long sur vingt-cinq de large, porte le nom de l’Institution de l'Eucharistie ; l’autre, plus élevée que la première, et à laquelle on arrive par un escalier de pierre, est surmontée d'une coupole, et partagée aussi en deux pièces, par un mur percé d’une porte et d’une fenêtre ; on l'appelle cénotaphe supérieur de David ; elle sert de lieu de prière aux musulmans.
Les appartements qui sont absolument fermés aux chrétiens sont la salle du lavement des pieds, et le cénotaphe inférieur, ou le tombeau de David.
Tout près du cénacle, à l’ouest, nous visitâmes l'emplacement de la maison qu'habitait la Sainte Vierge après l’Ascension de Jésus ; et qui est indiqué par quelques restes d’un vieux mur, dans lequel sont deux pierres marquées d’une croix. La Sainte Vierge, selon la tradition, vécut longtemps en ce lieu, dans la
compagnie de saint Jean, à qui Jésus l'avait donnée pour mère, et qui, chaque jour, célébrait pour elle les saints mystères. C’est là aussi que mourut Marie, dans la soixante-douzième année de son âge,
La maison de Caïphe, où l'on nous conduisit ensuite, est à quelques pas au nord du cénacle. Ce lieu nous rappelait encore bien des souvenirs ayant trait à la Passion ; c’est à Caïphe qu'Anne envoya Jésus ; dans le palais de ce grand-prêtre, ‘uc le divin Sauveur fut raillé, souffleté, désiré de coup, accablé d'outrages, et interrogé cürime un vil malfaiteur, Pierre y reuia trois fois son Maître, malgré les protestations qu'il avait faites, de lui être fidèle jusqu’à la mort,
C’est dans la maison de Caïphe que Jésus se proclama le Fils de Dieu, parole qui le fit juger digne de mort; c'est de là qu’il sortit enfin pour être conduit à Pilate.
Sur le lieu où se trouvait autrefois la demeure du grand-prêtre, existe aujourd’hui une église arménienne, dans laquelle les franciscains ne sont admis à dire la messe qu'une fois par
insta!
sortir avec quelq beauc dont oindr spécia l’hosp dans | mates les ép L'a égard, yeux,
sus l'avait r, Célébrait st là aussi -douzième
s conduisit lu cénacle,
des sou- : à Caïphe lais de ce fut raillé, l'outrages, ur, Pierre é les protre fidèle
que Jésus qui le fit qu’il sortit
| demeure ine église scains ne
fois par
année, le lundi de la Pentecôte. Nous y avons vu une petite abside qui porte le nom de prison
de Notre Seigneur, parce que Jésus y passa, lans les chaînes, et exposé À tous les outrages, a nuit du jeudi au vendredi saint; et aussi le
morceau de la pierre de l'ange, dont j'ai déjà
parlé en décrivant le saint spulcre : cette pierre rt de table d’autel,
Après avoir parcouru l'église et prié quelques instants dans la prison de Jésus, nous allions sortir quand un arménien se présenta À nous avec une fiole d'aromates dont il nous jeta quelques gouttes à la figure et sur nos habits ; beaucoup d’orientaux ont conservé cet usage, dont l'Evangile fait mention, et qui consiste à oindre de parfums les personnes que l’on veut spécialement honorer ou à qui l’on accorde l'hospitalité ; cette coutume se pratique surtout dans les noces, où l’on ne ménage pas les aromates ni l’encens, dont on couvre littéralement les époux.
L'arménien qui se montra si gracieux à notre égard, perdit beaucoup de son mérite à nos yeux, en présentant la main pour demander