LA VOIE DOULOUREUSE
J'ai nommé la voie douloureuse ; on appelle ainsi la suite des rues qui, partant du palais de Pilate, aboutit au calvaire, et indique à peu près la route suivie par Jésus que l'on avait chargé
de sa croix et que l’on menait au supplice, C'est dans cette voie douloureuse que nous eûmes le bonheur de faire le chemin de la croix, en parcourant les quatorze stations, dont chacune est marquée par un signe spécial,
La première station devrait être au palais de Pilate que remplace la caserne ; Notre Seigneur y fut couronné d’épines, vêtu de pourpre, et raillé parles Juifs qui crachaient sur lui, frappaient sa tête avec un roseau, et l'adoraient par moquerie ; une affreuse mosquée, c’est tout ce qui indique le lieu de cette scène. Au prétoire était aussi le lithostrotos, où Pilate, assis à son tribunal, dit aux Juifs er leur présentant Jésus, tout couvert de sang, “voilà votre roi, ” et les Juifs criaient d'avantage : “ crucifiez-le.”
C'est encore au prétoire que Jésus fut définitivement condamné à mort par le gouverneur, qui avait dû cependant reconnaître l'innocence du divin Accusé.
Une église bâtie par les premiers chrétiens, exista longtemps sur le lieu du prétoire : aujourd’hui la profanation est complète: une mosquée, une caserne et des ruines.
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Pour la deuxième station, nous nous arrétâmes à l'endroit où se trouvait la Scala sancta, car c'est en bas du saint escalier, en sortant du prétoire, que le Sauveur fut chargé de sa croix.
Un tronc de colonne marque, au détour d'une rue, la place où Notre Seigneur tomba pour la première fois; il rencontra sa sainte Mère à quelques pas plus loin; à cette quatrième station, il y avait autrefois une église sous le vocable de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, et qui a complètement disparu.
La cinquième station, celle où Simon le cyrénéen vient à l'aide de Jésus, est désignée par une petite excavation dans la pierre, L'emplacement de la maison de sainte Véronique, la pieuse femme qui eut le courage de fendre la foule et d’aller essuyer la face de Notre Seigneur, se reconnait à un fragment de colonne, enfoncé dans le pavé, C'est la sixième station. La suivante se fait à la porte Judiciaire, par où passaient tous les condamnés à mort ; en la traversant Jésus tomba pour la deuxième fois : à une petite distance de cette porte, Jésus se
(ournant vers les femmes de Jérusalem, leur
dit: Ne pleurez pas sur moi, mais sur vousmêmes et sur vos enfants ; cette huitième station est indiquée par une pierre creusée tout exprès, La troisième chute de Jésus, étant la neuvième station, est la dernière qui se trouve en dehors de la basilique du saint sépulcre ; pour y arriver il faut faire un grand détour, et aller jusqu’à la porte de l'évêché cophte, où elle est marquée par un fût de colonne, Pour terminer le chemin de la croix, il faut alors entrer dans l’église, et monter au Calvaire, où comme je l'ai décrit déjà, se trouvent les endroits du dépouillement, du crucifiement, de la mort, et de la descente de la croix ; et enfin, pour la quatorzième station, on s'agenouille au tombeau où le corps sacré du Sauveur fut enfermé,
Malgré le froid et la neige, nous avons tenu à nous accorder la jouissance de parcourir en entier cette voie douloureuse, et de faire sur place l'exercice du chemin de la croix, relisant à chaque station les versets de l'Evangile qui y correspondent, Les personnes qui passaient çt nous voyaient
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agenouillés, récitant des prières, s'arrêtaient un instant, puis continuaient leur route sans manifester davantage leur étonnement, habituées qu'elles étaient à ce spectacle que leur donnent tous les pèlerins ; et d'ailleurs à Jérusalem, dans les circonstances actuelles, chacun vit de sa croyance, il y a liberté pour tous, et tous usent à leur gré et largement des privilèges qui leur sont accordés ; le chrétien fait le chemin de la croix, alors que près de lui, le juif inconsolable arrose de ses larmes les ruines du temple, et que le superstitieux mahométan accomplit ses interminables prostrations.
Somme toute la Ville Sainte, comme la Pa:
lestine en général, ressemble à un immense reliquaire, vénérable par son origine et son antiquité, mais dont les cases, ouvertes, brisées, vides pour la plupart de leurs premiers trésors, et remplies de poussière, n'offrent partout que l'imagé de l'abandon et de la profanation, et dans lequel, seules quelques inscriptions à moitié effacées par le temps ou l'impiété, éveillent le souvenir des choses précieuses ‘qu'il renfermait autrefois,
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Telle est Jérusalem ; tels et plus enéore peut-être, sont les alentours de
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