‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 44 sur 89 · MONT DES OLIVIERS · texte numérisé non relu

MONT DES OLIVIERS

Le mont du Scandale, c'est le nom que porte le plateau sud de la montagne des Oliviers, Nous avons parlé déjà des abominations qui y furent commises par Salomon.

Le sommet voisin s'appelle le mont de l’As-

cension.

Quarante jours après sa résurrection, Jésus

se montra à ses apôtres, et mangeant avec eux, il leur ordonna de ne point s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre l'accomplissement de la promesse du Père, « Vous l'avez entendue de ma bouche, ” leur dit-il, “cette promesse ; Jean a baptisé dans l'eau, mais vous, d'ici à quelques jours, vous serez baptisés par l'Esprit- Saint.”

Ceux qui étaient Jà l'interrogeaient, disant: # Serait-ce alots que vous rétablirez le royaume d'Israël ? ”

“Ce n’est pas à vous, leur dit-il, de savoir les temps et les moments que le Père a marqués dans sa puissance ; mais vous recevrez la vertu de l’Esprit-Saint qui surviendra en vous, et vous me rendrez témoignage à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre, ”

C'est au cénacle, probablement, que se passait .

cette sublime scène. Ensuite Notre Seigneur conduisit ses disciples hors dé la ville, sur la montagne des Oliviers, près de Béthanie qui se trouvait sur le flanc oriental.

Là, le Sauveur leva les mains et bénit ses

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disciples, et pendant qu'il les bénissait, ils le virent s'élever vers le ciel, où il est assis main- | tenant à la droite de Dieu, Une nuée le déroba | à leurs Yeux, qu'ils continuaient à fixer vers | | le ciel, et voilà que deux hommes, vêtus de | blanc, se trouvèrent près d'eux et leur dirent : “ Hommes de Galilée, pourquoi continuez-vous de regarder ainsi vers le firmament ? ce même | Jésus qui, se séparant de vous, vient dé s'élever | vers le ciel, viendra un jour de la même manièté | que vous l'avez vu monter.” A ces mots, ils se prosternèrent pour adorer. Ensuite ils quit- “ | | | |

tèrent lé mont des Oliviers, éloigné dé la vitlé de l’espace de chemin qu'il est permis de faire ui jour de sabbat, et ils revinrént à Jérusalem, remplis d’une grande joie,

Le mont de l’Ascension, où s’'accomplit ce mémorable événement, s'élève à l’est dù Cédron, en face de la ville de Jérusalém, vis-X-vis | la porte Dorée, et à une hauteur de près de | trois mille pieds au-dessus du niveau de la L Méditerranée, Le plateau est OCCUPÉ par un 1 petit village mahométan, près duquel se trouve “15 le lieu précis de l'ascension de Notre Seigneur.

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Sainte Hélène, dans sa piété, eut garde de négliger le mont des Oliviers, et par les soins de la sainte impératrice, une belle basilique s'éleva au-dessus du rocher qui gardait l’empreinté des pieds du Sauveur ; cette première église, visitée par plusieurs saints pèlerins, ést mentionnée spécialement par saint Jérôme, qui nous apprend qu'on n'avait pu fermer la coupole, ni recouvrir de marbre, la pierre que Jésus avait foulée, au moment où il s’envolait dans les c'eux.

La basilique constantinienne eut le sort de tant d’autres sanctuaires, que les Persans vinrent ravager en 614; comme l'église du saint sépuicre, elle fut rebâtie par Modeste ; au hui. tième siècle, nous y voyons adjoint un couvent de bénédictins, établi par Charlemagne, et qui fut ensuite détruit par le féroce Hakem.

Réédifiée par les croisés, l'église de l’Ascen. sion fut. desservie par des chanoines de saint Augustin, jusqu’à la fin du royaume latin, en 1187, époque où les musulmans la remplacèrent

par. une mosquée, ‘qu'on y voit encore, - C'est un. petit édifice -octogone, surmonté d’une çou-

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pôle, orné d’un mihrab et flanqué d’un minaret, Au centre, est le roc vénérable, dans lequel on voit la marque profonde laissée par ie pied gauche de Jésus ; le morceau qui portait l'empreinte du. pied droit a été enlevé, Pour visiter la mosquée, qui remplace une église chrétienne, bâtie par les catholiques, à l'endroit où le divin Rédempteur a opéré son ascension, il nous a fallu dépêcher un petit garçon turc, vers une espèce de derviche, qui demeure au village voisin, afin de lui demander la faveur d'ouvrir, pour y laisser entrer un évêque et des prêtres catholiques, les portes de son temple usurpateur, et encore, n'est-ce qu'après lui avoir donné de l'or, et nous être soumis à ses exigences, que nous fümes admis à nous .prosterner sur la pierre sacrée,

Les RR. PP, Franciscains, dépossédés de

tout, sur le mont des Oliviers, ont cependant

le droit d'y célébrer un office chaque année, le jour de l’Ascension, Dès la veille, toute la communauté s’y transporte, et là, sur les ruines de l’ancienne église, on chante vêpres et complies ;

puis vient la procession à laquelle assistent et

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. Prennent part tous les catholiques qui ont pu s'y rendre, À minuit a lieu le chant de matines, suivi des messes basses de quelques Pères ; ét au lever du soleil la messe solennelle, ce qui terminé les cérémonies, Pour cette fête, la mosquée disparaît sous des tapisseries et des orne: ments apportés par les religieux, qui s'efforcent

de donner au petit édifice musulman, au moins l'apparence passagère d'un temple catholique, Bién entendu, cette facilité qu'on accordé

aux catholiques, de célébrer sur le vénérable:

rocher, à la fête de l'Ascension, coûte cher aux dévoués religieux, qui ne jouissent dr ce droit que moyennant une forte rétribution.

Sur le mont des Oliviers, se trouve la grotte de sainte Pélagie,

N'étant encore que catéchumène, Pélagie s'était engagée dans une troupe de comédiens, à Antioche, où elle eut bientôt scandalisé toute la ville par ses débauches. Un jour, entrant dans une église, elle éntend tout à coup l’évéque. qui s'écrie en la désignant: “ Dieu fera miséticorde; même à cette femme qui est l'ouvrage de ses mains,” La:pécheresse, l'office terminé:va

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LA VALLÉE DE JOSAPHÀAT 241 se jeter aux pieds de l'évêque, et lui demande ce qu'il faut faire : d’après les conseils du saint, cle. abandonne le théâtre, donne ses biens aux pauvres, et se condamne pour sa. vie à la pénitence la plus austère, Elle se rend ensuite à Jérusalem où elle prend le voilé, puis sur le mont des Oliviers, où elle se retire dans une grotte; c'est là qu'elle finit ses jours, et fut enterrée,

‘La grotte de sainte Pélagie est maintenant une simple abside, et:on n'y voit rien de l'église qui la couvrait jadis,

«C'est encore sur le mont des Oliviers que Notre Seigneur enseigna à es apôtres, la prière du Pater: Ilarriva que comme Jésus oriait en un certain lieu, un de ses disciples lui du, après qu'il eût prié: “ Seigneur, enseignez-nous à prier, comme Jean lui-même l'a enseigné à ses disciples,” Et il leur dit : « Quand, vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié, Que votre règne arrive, . Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, et remettez-nous'nos péchés puisque nous remettons nous-mêmes à tous Ceux qui-nous doivent ; ét ne nous induisez point en tentation, ”

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Une église s'est élevée de bonne heure lä‘où Jésus enseigna la prière ; mais détruite depuis longtemps, il n’en restait même aucun souvenir lorsque, sous le patriarcat de Mgr. ‘alerga, la princesse de la Tour d'Auvergne entreprit de relever ce sanctuaire, qui fut confié à des carmélites françaises,

Nous y avoir: admiré un joli cloître de style gothique dort l:s murs, recouverts de grandes plaques de fience, portent la prière du Päter Noster écrite en trente-deux langues.

Le couvent des carmélites touche au sanctuaire du Pater. Dans une touchante allotution qu'il adressa à ces ferventes religieuses, Monseigneur les félicita d'avoir choisi la montagne des Oliviers comme lieu de séjour, et du bonheur qu’elles doivent éprouver sans cesse à prier sur cette montagne sainte, objet de la prédilection du Sauveur, et du haut de laquelle, elles peuvent contempler toujours la Ville Sainte et le tombeau de Jésus dont elles se trouvent si près.

Suivant la tradition, les apôtres, avant de se

partager le monde, se réunirent une derniè:

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fois sur le mont des Oliviers pour résumer en quelujues articles, l'ensemble de la doctrine qu'ils avaient mission de prêcher et:d'établir par toute la terre ; plusieurs ont cru que chacun des apôtres composa un article du symbole qui porte leur nom, et qui fut leur profession de foi.

Pendant qu'ils étaient ainsi assemblés, là où Jésus leur avait enseigné la prière, à côté de cette route qui descendait de Béthanie pour

.€ntrer à Jérusalem par la porte Dorée, les dis-

ciples du Christ avaient, autour d'eux, tout ce qui pouvait leur rappeler d'avantage et la puissance, et la miséricorde d’un Dieu créateur et rédempteur ; le temple où Jésus avait accompli des miracles, cette vallée où il avait versé des sueurs si abondantes, ce cénacle où il s'était donné en nourriture, et qui avait vu la descente du Paraclet; ce calvaire où il avait donné sa vie; enfin ce sépulcre d'où, vainqueur de la mort, il était sorti glorieux ; ils étaient donc, humainement parlant, dans la plus parfaite des

conditions pour affirmer l'existence et les per

fections de Dieu; l’incarnation du Fils; la rédemption de nos âmes, par les souffrances et

là mort de Jésus ; la résurrection du Sauveür et son ascension dans les cieux ; C'est même la iôhitagne qui les voyait en ce moment réunis, qui avait été le théâtre de ce dernier événe: mént, et c'est tout près de là que des anges étaient venus leur parler, les consoler, et leur annoncer la venue de Jésus à la fin des temps,

De même que le lieu du Pater, l'endroit où fut composé le symbole des apôtres fut acheté, il y a peu de temps par la duchesse de la Tour d'Auvergne, et nul doute qu'un monument con:

venable s’y élèvera avant longtemps.

Un troisième plateau situé au nord, et voisin de celui de l’Ascension porte le nom de V7; Galilei, ou des hommes de Galilée,

“ Lorsque je serai ressuscité,” avait dit Notre Seigneur, de son vivant, “ je vous précèderai en Galilée,” En effet, sorti du tombeau, Jésus apparaît à quelques saintes femmes, et leur dit: “Allez, dites à mes frères qu'ils aillent en Galilée, c'est là qu'ils me verront ;” et les onze

‘älèrent en Galilée,

Cette Galilée, où Notre Seigneur convoque

ses disciples, n’est, selon plusieurs auteurs, autre

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chose qu'un des plateaux du mont des Oliviers, où les Galiléens venaient camper aux époques des fêtes juives. La ville de Jérusalem n'étant pas assez grande pour contenir l'immense foule qui accourait de tous les côtés de la Palestine, il y avait autour des murs, des endroits assignés aux différentes portions du pays, et le lieu gardait souvent le nom du peuple qui y campait ; or les Galiléens occupaient une partie du mont des Oliviers, connue sous le nom de Galilée, et où Jésus donna rendez-vous à ses apôtres,

On croit encore que, à cet endroit apparurent les deux hommes vêtus de blanc, qui vinrent dire aux apôtres : “ Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous là regardant le ciel? Ce Jésus qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel, ”

Bethphagé se trouvait aussi sur le mont des

“Ofiviers ; c'est de ce village, qui appartenait aux

prêtres, que Notre Seigneur partit pour opérer

son entrée triomphale, au jour de Rameaux.

Le penchant occidental de la montagne con-

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