‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 5 sur 89 · ARRIVÉE A JAFFA · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A JAFFA

Dans la nuit nous passions devant Rosette, et Damiette, pour arriver, le matin à Port-Saïd, à l'entrée du canal de Suez. Le vaisseau devait y tester toute la journée à l'ancre, pour l'échange des marchandises,

La ville de Port-Saïd, qui ne doit son existence qu'au percement de l'isthme, a progressé rapidement ; elle est peuplée par une bonne partie des ouvriers qui y ont fixé leur résidence, et auxquels sont venus se joindre beaucoup

d'exilés volontaires, qui prétendent y faire for. tune,

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Les Dames du Bon Pasteur y ont ün asile, et les Franciscains un couvent et une église paroissiale,

Au moment de notre Passage, il y avait beau- Coup d’agitation dans la. ville à cause de Ja présence simultanée, dans le canal, de plusieurs vapeurs anglais et français,

Cette journée nous parut d'autant plus longue que rien ne pouvait piquer notre curiosité, et que douze heures seulement nous séparaient de. la Terre-Sainte, que nous appellions de tous nos vœux, |

Enfin, lundi matin, le 22 décembre, nous arrêtions en face de Jaffa, et nous pouvions saluer avec joie et bonheur la première vue de la Terre-Sainte,

Le navire avait jeté l'ancre à un mille environ du rivage : le temps était beau, la mer Paraissait d’un calme plat. Mais la rade de Jaffa est fort Mauvaise; le lit de Ja mer est parsemé d'énormes blocs de rochers qui rendent a navigation tout à fait dangereuse, surtout quand les vagues les recouvrent complètement,

R Il nous fallait attendre le lever du s

oleil, car les Mu-

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longue sité, et ient de.

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sulmans dédaignent de travailler quand l’astre du jour est absent; dans l'intervalle le vent s'éleva, et le bouillonnement des vagues jeta dans nos esprits une inquiétude mortelle,

Le débarquement allait devenir impossible, et .

le capitaine se préparait à donner l’ordre de regagner la haute mer, et de reprendre la direction de Beyrouth, ce qui eût dérangé absolument tous nos plans; et les bateliers de Jaffa conti-

nuaient à nous laisser languir dans une anxieuse :

attente,

Enfin, vers sept heures, nos yeux fixés sur le rivage voient s’en détacher une barque qui s'avance péniblement sur les flots irrités; une autre la suit bientôt, l'espérance renaît en nous, et nous ne p-rdons plus du regard ces deux frêles embarcations ; après une grosse demi.

heure de pénibles efforts elles arrivent au vaisseau,

Un médecin arabe ayant constaté l'état sa-

tisfaisant de notre santé, rien ne s'oppose plus à notre descente,

Mais la mer est très agitée ; tantôt les vagues frappent les flancs du navire, ct s'élèvent ; Jusqu'à

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