‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 6 sur 89 · LE · texte numérisé non relu

LE

Nil

la hauteur du pont; tantôt, se retirant, elles

laissent comme un gouffre profond dont la vue donne le vertige.

Il faut du sang-

froid, de la Prudence, et même, une certaine

habileté pour sauter dans la barque, juste au moment où le fl

la hauteur de l'escalier attaché a Une fois installés dans l’emb nous abandonnons à la bonne

ot l’apporte à u navire, arcation, nous volonté des rameurs ; Ceux-ci paraissent d’abord engagés dans une très vive discussion, qui s puis, celui qui tenait le Souvernail ayant donné le signal, chacun se mit à l'œuvre en répétant un mot, toujours le même, et dont la cadence et l’ensemble soutenaient les effo Pour NOUS, nous tenant qui nous servaient de sièg ces paroles, qui ‘sont 1 Burlington, ct que M redire pend Êrovidebit, Le quai était très peuple dégoûtant, gro

‘apaise bientôt i

rts communs.

solidement aux barres €, NOUS nous répétions a devise de l'évêque de onseigneur n'a cessé de ant tout notre Pèlerinage: Deus

Encombré, couvert d'un

uillant dans ses haillons,

et attendant les VOYageurs pour saisir l'occasion

de leur arracher quelques sous.

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Quelques marches de pierre; ressemblant à un escalier, servent au débarquement quand la houle le permet ; mais ce jour-là, il fut impossible d'en approcher, et il fallut escalader les murs ; des indigènes, à qui nous dûmes présenter nos mains, nous hissèrent assez brutalement, sans s'inquiéter de la boue dont ils nous couvraient en nous tirant le long des pierres.

Au milieu de ce monde, peu rassurant, nous avions, à notre grande joie, distingué la bure d'un franciscain ; c'était l'excellent frère Liévin, venu du mont Thabor, pour rencontrer l’évêque

de Burlington et ses Compagnons. Par ses soins, .

nous fâmes vite débarrassés des officieux qui.

nou$ entouraient ; les douaniers nous laissèrent .

passer, et l'instant d'après nous étions au cou-

vent de saint Pierre, chez les PP. F rancisçains,

que nous désignerons désormais sous le nom de Pères de Terre- -Sainte, ce nom si glorieux, et qui leur appartient à tant de titres.

Depuis plus de six siècles et demi, les enfants du patriarche d'Assise, disséminés, par petits groupes, dans la Palestine, n'ont cessé de donner

leur activité, et ieur sang même pour accomplir

fidèlement la belle mission qu'ils tiennent de l'Eglise, et qui fait la gloire de leur ordre,

Ils sont missionnaires, curés, médecins, pharmaciens, hospitaliers, et l'hospitalité ils l'exer. cent envers tous, avec la Conscience des anciens patriarches,

Dès notre arrivée en Terre-Sainte, nous nous sommes mis entièrement sous Ja direction du frète'l ’évin,

Humbie frère lai, Liévin est un guide dont les savants respectent l'autorité : depuis plus de vingt ans, il Parcourt la Palestine, revoyant les mêmes endroits, plusieurs fois chaque année ; interrogeant chaque Colline, chaque tavih, et les moindres ruines ; Confrontant

tous les lieux et les monuments avec les des-

ctiptions de l'Ecriture Sainte et l’histoire des différentes époques ; on devine dès lors l'étendue de ses Conhaissances, et à quel point sa Compagnie est précieuse à Ceux qui ont l’avantage de l'avoir pour guide,

IL est belge de naissance, et âgé de soi.

Xante ans; sa taille est PEU au-dessus de Ja Moyenne ; œil vif, démarche noble, majestueuse,

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et qui en impose aux Orientaux ; d’une humeur

très gaie et très égale, sa conversation, toujours

intéressante, abonde en saillies ; les Arabes le vénèrent à cause de sa belle barbe ; nous l'avons aimé beaucoup à cause de sa piété, de son affabilité, et de son empressement à nous faire profiter Ce sa science si profonde.

Jaffa (Joppé) veut dire la belle : je l'appelle. rais volontiers la belle hypocrite, ou la belle trompeuse,

De loin, sur mer, l'apparence en est agréable,

Bâtie sur une colline, en forme d'amphithéâtre, avec ses murs crénelés et ses toupoles blanchâtres, elle a un certain air pittoresque qui plaît,

Mais, l'intérieur en est sale, sombre, désolé; ses rues très étroites, tortueuses, pavées grossièrement, sont bordées de bazars qui n’ont rien d'attrayant ; ce sont de petits magasins, en plein air pour la plupart, dans lesquels on offre en vente les produits du pays, surtout des fruits et des légumes ; le marchand, enveloppé dans

sa toge, est gravement accroupi sur son comptoir, attendant qu'un acheteur vienne trouble son repos et, encourager son commerce,

Jaffa est une des plus ancie

monde, Noé, dit-on, y Construisit l'arche, en prévision du déluge, Après le Cataclysme, Ja. phet rebâtit la ville qui échut à la tribu de Dan,

Hiram, roi de Tyr, y fit débarquer les fameux cèdres du Liban, promis à Salomo Construction du temple,

nnes villes du

n pour la

Jonas s'y embarqua pour se rendre à Tharsis ; On sait la suite de l’histoir milles plus loin, le monstre mari

€ ; c'est quelques que le prophète fut rejeté par n qui l'avait englouti.

Pour venger la mort de deux cents Juifs que les habitants de Jaffa avaient noyés, Judas Machabée détruisit la ville, l'an 164 avant Jésus-Christ, et brûla tous les vaisseaux qui se trouvaient dans la rade. Relevée de ses ruines, elle est prise d'assaut deux fois par Simon Machabée qui rétablit le port,

C'est à Jaffa que saint Pi

crre ressuscita Tabithe ; 1à aussi que le mé

me apôtre, logeant ut la vision des ani.

» ainsi qu'il est rapporté au chapitre neuvième des Actes des Apôtres, Vespasien détruisit de nouveat ]

chez Simon le Corroyeur, e maux purs et impurs

a ville.

villes du rche, en sme, Jade Dan, fameux pour la

à Tharuelques eté par

lifs que Judas avant qui se ruines, Simon

a. Tageant s aniporté

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Au onzième siècle, les croisés en occupèrent la citadelle ; depuis cette époque, passant tour à tour aux mains des chrétiens et des musulmans, elle fut mainte fois livrée au pillage et au massacre,

En 1252, saint Louis y apprenait la mort de sa sainte mère,

En 1799, Napoléon s'emparait de Jaffa qui fut, pendant trente heures, abandonnée au pillage et au massacre : le passage du terrible guerrier fut marqué par un acte qui ternira à jamais la gloire du conquérant, si des documents ne se découvrent pour en détruire la certitude : un dépôt de pestiférés Français avait été établi à Jaffa ; avant de partir, Bonaparte ordonna de les empoisonner tous, pour leur épargner de périr par les mains de leurs ennemis.

On montre encore la salle où s'accomplit cet acte de cruauté,

La population de Jaffa est de six à sept mille âmes, dont plus de la moitié sont musulmans ; les autres sont catholiques des divers rites, schismatiques, juifs et protestants. Les

Franciscains y ont, outre leur couvent, une

église Paroissiale, et une écoles de filles sont dirig de l’Apparition de sain tertiaires de Saint Fran

L'empl

école de Barçons, Deux ées, l’une par les Dimes t Joseph, l'autre par les Çois,

acement de Ja Maison de Simon le

r est occupé par une mosquée musul-

ayant ses nattes et son Mihrab ; et pour obtenir la faveur de faire une courte

prière en cet endroit, qui rappelle de si touchants souvenirs, il faut Payer un tribut au vieux mahométan qui en &arde la porte

; hélas ! que de SanCtuaires, en Terre-Sainte, sont, par le mal.

inane,

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