‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 52 sur 89 · LE JOURDAIN · texte numérisé non relu

LE JOURDAIN

Prenant sa source au pied du Grand Hér-

Mon, le Jourdain après avoir traversé le lac de Tibériade, roule ses eaux: claïres, limpides et impétueuses, en décrivaht mille et un petits détours, jusqu’à la mer Morte où il s’engloutit, L'impétuosité avec laquelle coule le Jourdain, est due naturellement à la pente accentuée de son lit : Ja différence de niveau, entre le lac Tibériade et la mer Morte, étant de sept cent seize pieds, pour un parcours d’À peu près trente lieues, | La vitesse prodigieuse du Courant, jointe aux nombreuses cascades qui brisént le lit du fleuve,

constitue un véritable danger pour les bateliers

paye son attei:

fleuv aller mêm tant:

du cc lutte d’où à qu daie rasat pont!

rega; pour dure la pl

iystères ‘vers lé près, ‘aù

| Herlac de des et petits loutit, Jouriccenentre e sept u près

eaux leuve,

et les nageurs, et plus d'un imprudent trouva la mort, en se jetant témérairement dans les eaux du Jourdain,

Un de nos soldats bédouins faillit lui-même payer de sa vie, une confiance trop grande en son habileté : ayant, d’un : up de son fusil, atteint un oiseau qui passait au-dessus du fleuve, il s’élança à la nage, tout habillé, pour aller s'emparer de sa proie, qui était au milieu même de la rivière; mais, après quelques instants, noïre bédouin fut surpris par la violence du couran\, contre lequel il lui fut impossible de lutter, et qui l’emportait bien vite vers le gouffre d'où il ne: fût jamais sorti. Heureusement que, à quelque cent pieds plus bas, des saules étendaient leurs branches au-dessus du fleuve, en rasant presque les eaux ; le nageur s’y cramponna, et put ensuite, après bien des efforts, regagner le bord du Jourdain ; ilen fut quitte pour une bonne peur, et pour la peine assez dure, de se laisser sécher au soleil en traversant la plaine,

Les bords verdoyants. du Jourdain forment -une étroite zône, enserrée entre deux chaines

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de Montagnes, et dont le sol, Couvert d’une riche végétation.

Autrefois, du temps des Hébreux,

tard, à l'époque de la domination r outre de nombreux ponts de

très fertile, est

et plus omaine, pierre qui unisy avait plusieurs aqueant, non seulement à fournir l’eau

aux habitants des villes voisines du fleuv

encore à fertiliser, Par d’abondantes irrigations, les penchants des collines, et les pl lonnantes.

saient les deux rives, il ducs serv

e, mais aines envi-

De l'antique splendeur, il reste aujourd'hui le cours d'eau, toujours limpide, toujours impétueux, et la nature, riche sans doute, mais parfaitement solitaire et inculte,

Aucune barque ne sillonne aujourd’hui le fleuve, aucun pécheur ne jette Je filet dans ses EAUX, cependant sipoissonneuses ; et les oiseaux sauvages, qui seraient un excellent gibier, peuplent en paix les bois et les ma nombreux détours du Jourdain,

L'endroit où notr

rais, dans les

€ petite caravane s'arrêta, est indiqué généralement Pat la : tradition

comme celui où s’accomplirent Presque tous

rtile, est

et plus romaine, ui unisrs aqueir l’eau ve, mais gations,

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les faits bibliques, qui eurent lieu sur les bords

où dans les eaux du Jourdain.

Les Israélites traversèrent le fleuve à pied sec, pour entrer dans la terre promise : voici comment l’'Ecriture sainte raconte ce fait mira..

‘culeux : Josué dit au peuple: ‘“sanctifiez-vous,

car le Seigneur fera demain des choses merveilleuses parmi vous.” Et il dit aux prêtres : “prenez l'arche d'alliance, et marchez devant le peuple. ” Le peuple sortit donc de ses tentes pour passer le Jourdain ; et les prêtres qui portaient l'arche d’alliance marchaient devant lui. C'était le temps de la moisson, et le Jourdain regorgeait par-dessus ses bords. Aussitôt que les prêtres furent entrés dans le fleuve, et que l’eau commença à mouiller leurs pieds, les eaux qui venaient d'en haut s'arrétèrent en un même lieu, et s’élevèrent comme une montagne, et les eaux d’en bas s'écoulèrent dans la mer Morte. Cependant le peuple marchait vis-à-vis Jéricho ; et les prêtres qui portaient l'arche d'alliance se tenaient au milieu du fleuve, sur la terre sèche, et tout le peuple passa au travers du canal qui était à sec, Après qu'ils furent

passés, les enfants d'Israël, sur un ordre du

Seigneur transmis par Josué, prirent du milieà

du lit du Jourdain, dowe pierres, pour les dé.

Poser au lieu du Campement. Josué prit aussi

douze pierres au milieu du lit du Jourdain, et les plaça 1à où les prêtres s'étaient arrêtés,

Plus tard, Elie et Elisée son disciple, se tenaient tous deux aux bords du Jourdain ; alors Elie prit son Manteau, le plia, et en frappa les eaux qui se divisèrent en deux parts, livrant Passage aux deux prophètes, Lorsqu'ils furent passés, Elie monta au ciel dans un char de feu, enlevé au milieu d’ün tourbillon,

Elisée ramassa le Manteau que son maître avait laissé tomber, et revint aux rives du Jourdain, dont il frappa les eaux, qui ne furent Point cependant divisées, Alors Elisée dit :

“où est maintenant le Dieu d’Elie ? ” pant les eaux une seconde fois, el!

gèrent et le laissèrent passer.

et frapes se parta-

Naaman, général syrien, était couvert de lèpre ; sur la parole d'u de Syrie, et vint en gr

ne fille d'Israël, il partit ande Pompe, à la porte

ordre du du miliëà ir les déprit aussi rdain, et êtés.

ciple, se urdain'; , €t en 1 deux )phètes.

au ciel u d’un

maître es du furent > dit :

- frapbarta-

rt de Dartit borte

de la maison d’Elisée, qui lui fit dire par un

messager : “ Allez vous laver sept fois dans le Jourdain, et vous serez guéri” Naaman résiste et se fâche disant que, dans son pays, il se trouve des fleuves meilleurs que ceux d'Israël. A la fin, cependant, cédant aux conseils de ses serviteurs, il va, se lave sept fois dans les eaux du Jourdain, et sa lèpre disparait.

Un jour, les enfants des prophètes dirent à Elisée : ‘“ Allons jusqu’au Jourdain, pour nous y bâtir une demeure.” Ils vinrent donc au Jourdain et commencèrent à couper du bois; mais il arriva que l’un d’eux, abattant un arbre, le fer dé sa cognée tomba dans l’eau; Elisée voyant la désolation de l'enfant, coupa un morceau de bois, et le jeta à l'endroit où le fer était tombé ; le fer revint, nagea sur l’eau, et put être facilement repris par l'ouvrier.

Tous ces faits extraordinaires sont racontés dans l'Ancien Testament si maintenant nous ouvrons l'Evangile, nous y verrons des choses encore plus merveilleuses, accomplies en ces

: mêmes lieux. C'est en effet sur les rives du

Jourdain que Jean-Baptiste prêchait la péni-

tence, et dans les eaux de

sait ceux qui avaient co “ Race de vipères, ”

ce fleuve qu'il bapti:

nfessé leurs péchés,

Y disait le Précurseur aux pharisiens de son temps, “ faites donc.de dignes fruits de pénitence, ”

en et voici ci est mon fils is mes complaisances, ”

L'illustre Pénitente, Marie l'Egyptienne, dont

Portes du saint sépulcre, vint Passer trente- Cinq années de sa vie sur les bords du Jourdain, où elle Mourut et reçut Ja sépulture des mains de saint Zozime,

L'endroit qui fut témoin de tous ces événe:

ments fut cher aux premiers chrétiens, et de bonne heure Jes solitaires vinrent sur les rives

du Jourdain, attirés par le Souvenir du baptême de Notre Seigneur, dont une croix, au milieu

vil bapti- des eaux, indiquait le lieu probable ; sur les | | péchés, bords étaient des dalles de marbre qui en cou- 1 ‘écurseur , vraient une grande étendue ; et dans le voisidonc.de nage il y avait des couvents, habités par de nombreux religieux, et dans lesquels on acer Jean, cueillait le pèlerin du Jourdain. Tout a disreçu le paru complètement et seules, de pauvres ruines aussitôt indiquent qu'il y eut autrefois des moriastères nt ou- aux environs du Jourdain, et portant les noms ant en de saint Jean-Baptiste, et de saint Erasme. t voici + C'est à regret que nous nous arrachâmes à 1on fils ces rives où nous retenait le charme de tant de nçes, ” réminiscences ; avant de les quitter, nous ne , dont manquâmes pas, après avoir lu dans l’'Evan- \'aux | gile, le récit du baptême de Notre Seigneur, rente- | de nous agenouiller sur le bord du.fleuve, à Jour- | l'endroit présumé d’où Jésus était descendu des dans les eaux, et de renouveler ensemble, par un acte commun, les promesses du baptême ; éne: puis ayant fait une petite provision de l’eau t de du Jourdain, et couné une branche d'arbre ives pour l’apporter comme relique, chargés de ces ême Î précieux souvenirs, nous avancâmes dans la lieu direction de Jéricho, commençant le retour

vers Jérusalem,

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