LE P, DE RATISBONNE
Nous n'avions de là, qu'un petit détour à fi faire pour voir l'établissement du R. P. de il
Ratisbonne, et nous ne pouvions manquer une
si bonne occasion, de faire connaissance avec le vénérable patriarche.
Le saint vieillard nous accueillit avec une bienveillance affable et empressée, et nous introduisit dans son cabinet de travail, où règnent, avec les emblêmes de la prière et de la science, la modestie et même la pauvreté la plus religieuse,
D'une stature qui dépasse la moyenne ; une belle et longue barbe blanche comme la neige ; un teint frais ; une soutane noire d’une propreté irréprochable ; la tête couverte de la barrette ; une grande dignité dans le maintien, une politesse exquise et sans recherche, une piété angéliqué sans affectation, un langage
308 VOYAGE EN TERRE-SAINTE simple et qui respire touiours la charité la plus la vive ; tel nous apparut le P, de Ratisbonne. tie Monseigneur et lui eurent, en notre présence, rec une conversation d’une demi-heure, et il faisait vie bon d'entendre cet évêque missionnaire, arri- qu vant de la lointaine Amérique, et ce juif con- lor | verti, venant des rives encore plus lointaines tou 1h de l'infidélité, et tous deux causant, à côté de dic : Jérusalem, le berceau de l'Eglise, et s'entretenant des douleurs de l'épouse du Christ, de seis la captivité de son chef, des persécutions qui me l’accablent de toutes parts; des espérances ( chrétiennes pour l'avenir, etc. esp ° Le P. de Ratisbonne est loin de réussir au d'u gré de ses désirs, dans son travail pour la con- ] version des Juifs; bien peu se font chrétiens, bot et parmi ceux qui reçoivent le baptême, plu- et sieurs, leur éducation terminée, abandonnent gné l'Eglise, et retournent à la religion de leurs ancêtres.
Mais indépendamment de cette œuvre, qui,
naturellement, est pour lui la première et la
plus chère, le vénérable Père à établi, sous le nom de nstitution de Saint-Pierre, un orphe-
é la plus onne, présence, il faisait ire, arrijuif con- >intaines côté de.
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linat, véritable école générale des arts et métiers, où un très grand nombre d'enfants sont recueillis et élevés par ses soins. Je me souviendrai toujours de l'affectueuse tendresse qu'il laissa voir envers ses enfants d’adoption, lorsque, au moment de notre départ, il fit sortir tout ce petit peuple pour le présenter à la bénédiction de l’évêque :
“ Approchez, approchez, mes enfants, Monseigneur veut bien vous bénir, venez vous mettre à genoux. ”
C'était, pour qui voulait réaliser dans son esprit, toutes les circonstances de cette scène, d'une simplicité sublime et touchante,
Nous nous séparämes du P. Marie de Ratisbonne, emportant ses souhaits de bon voyage, et la promesse de ses prières, puis nous regagnâmes le chemin de Ain-Karim.