‹ Souvenirs d'un voyage en Terre-Sainte [microforme]Chapitre 61 sur 89 · partie Zacha prome du Se Jean:-] grand Zacha posé à · texte numérisé non relu

partie Zacha prome du Se Jean:-] grand Zacha posé à

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la chapelle de droite est érigée sous le titulaire de la Visitation de la sainte Vierge ; c'est l’ora. toire de gauche qui conserve plus spécialement le souvenir de la naissance de saint Jean-Baptiste, On y descend par sept degrés de marbre blanc; sous la table d’autel, aussi en marbre blanc, une ouverture ronde indique l'endroit où sainte Elisabeth devint mère du plus grand d'entre les enfants des hommes.

Des bas-reliefs, représentant les principaux événements de la vie de Jean-Baptiste, se voient encadrés en demi-cercle, sur les murs ; dans la crypte, il y a six lampes continuellement allumées, et qui y répandent une douce clarté; c'est donc dans cette grotte, trans-

formée en chapelle, et qui faisait primitivement

partie de la maison de sainte Elisabeth, que Zacharie, son époux, vit l’'accomplissement des promesses faites à lui, dans le temple, par l'ange du Seigneur ; que notre grand patron national, Jean-Baptiste, le précurseur du Christ, le plus grand des enfants des hommes, est né; que Zacharie eut la langue déliée, après avoir imposé à l'enfant le nom de Jean, et que prophé-

tisant sous l'inspiration du Saint-Esprit, il entonna le divin cantique du Benedictiis Dominius Deus Tsrael ; enfin, c'est ici que la sainte Vierge, venue d’au-delà des montagnes, passa ‘trois mois avec sa cousine, après lé mystèré de l'annonciation de l'ange, à Nazareth.

Le lendemain de notre arrivée au couvént de Aïn-Karim, nous eûmes le bonheur d'offtir le saint'sacrificé, sur l'autel qui couvre l'endroit vénérable de la naissance de saint Jean-Baptiste,

Il ne faut pas demander si, en disant la messe dans le principal sanctuaire de notre glorieux patron national, le souvenir de h patrie était présent et vivace dans mon âme ; l'amour sacré du sol natal, cet attachement inné, dont Dieu lui-même est l’auteur, et qu'il bénit, semble augmenter en intensité quand'on s'éloigne et qu’on s'expatrie; toujours ‘est:il qu'on le ressent alors bien plus vivement : maïs à saint Jean, tout rappelait à mon ésprit la pensée du Canada; enfant de ce beau pays, n'ayant près de moi qu'un compatriote, j'étais séparé de la pâtrie ‘par plusieurs mille

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les larmes mêmes que j'avais vu verser à l'alsacien n'avaient pu me laisser insensible, et

comimne lui j'éprouvais un ardent désir de causer

du pays, avec des frères et des amis ; c'est à l'autel que je m’accordai cette jouissance; oh! oui, je songeai au Canada, mon pays; si je remerciai Dieu de me l'avoir donné pour patrie, ce.n’est nas à cause de son climat salubre, de son !:: ciel bleu, de la majesté de son grand fleuve, de l’immensité de ses lacs, de la richesse du sol; nos cités florissantes, nos immenses forêts vierges, nos montagnes verdoyantes, et tant d’autres bienfaits dont le bon Dieu a comblé notre Canada, comme une autre terre

promise, furent sans doute l’objet d'une grande

reconnaissance, et de vives actions de grâces ; mais d'autres peuples peuvent aussi revendiquer la gloire de pareils avantages ; si je remerciai Dieu, si.je le glorifiai au nom de ma patrie, ce fut surtout parce que le Canada français, comme peuple, né de l’apostolat et du martyre, a grandi

sans-rien perdre de sa noblesse d’origine, de la -vigueur et de la pureté de ses croyances ; chez

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nous, canadiens-français, la religion catholique, mère de toutes les âmes, entoure tout berceau et bénit chaque tombe ; attaché de cœur et d'âme à cette mère, qui lui a témoigné de tout temps une si grande sollicitude, le peuple canadien, prenant part à toutes ses épreuves, comme à ses joies et ses triomphes, sut toujours lui payer le tribut de son amour, de sa fidélité ; il montra même un jour, à l'admiration de l’univers, qu'au besoin il savait être, envers l'Eglise, pour la défendre, prodigue de son sang. même le plus cher'et le plus généreux. Voilà de quoi j'ai béni et glorifié le Seigneur, au berceau de saint Jean-Baptiste: et j'ai demandé que le Canada soit. toujours fidèle à son Dieu, à l'Eglise, à lui-même et à ses traditions ; qu'il garde, fortifie ct développe son esprit chrétien ; que la Providence, continuant à ui dispenser ses faveurs, fasse de lui toujours-un peuple heureux, dans la concorde, l'union, et la.jouissanice paisible de tant de bienfaits qui lui sont accordés,

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