‹ Souvenirs d'une exploration scientifique dans le nord de l'AfriqueChapitre 7 sur 21 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

CUABŒM H'ORIGUÎE PROBIiÉHATI^lJE.

<( Cette série de crânes (1) , que je me suis permis d'inscrire, jusqu'à présent, sous le titre de crânes d'origine problématique, comprend quatre calottes crâniennes, dont une féminine, et une cinquième incomplète, dont il ne reste que le frontal joint aux deux pariétaux.

id Tous ces os offrent une couleur jaune-rougeâlre , une contexture spongieuse et des surfaces raboteuses. L'ensemble de leur forme, leur légèreté relative, leurs sutures, dont les découpures sont d'une extrême délicatesse, non moins qu'une foule d'autres particularités, distinguent nettement ces crânes de ceux de la première série, dont je viens de signaler les signes caractéristiques.

(1) Ces crânes sont ceux que j'ai désignés sous le titre de crânes dolichopeniagonaux dans la description des sépultures.

!•' Crâne. (PI. IX, 6g. l* à P.)

a Chez ce crâne, à Texception de la suture corono-pariétale, toutes les autres sont ouvertes.

a Sauf le rétrécissement du sommet , les bosses pariétales effacées et le rapprochement de Técaille temporale au coronal ; sauf ces trois points , ce crâne diffère de celui du Kabyle par tous les autres caractères suivants : les apophyses orbitaires externes sont courtes et dirigées en arrière ; le front est haut, vertical, plan et très-peu marqué, avec une légère fuite vers les tempes; la dépression de la racine nasale est minime ; la descente des pariétaux vers Tocciput commence seulement au dernier tiers et se fait très-insensiblement, tandis que Técaille occipitale remonte presque au sommet; l'occiput est pentagonal, la partie libre de son écaille saillante, et la musculaire bombée; le trou occipital est ovale , ses condyles peu saillants, et ses alentours plutôt affaissés que proéminents; toute la base du crâne est considérablement élargie; enfin les apophyses mastoïdes sont bien moins robustes que ceux de la race kabyle.

« Il existe quelques os wormiens dans la suture lambdoïde.

2* Crâne. (PI. IX. fig. 2* à 2\)

<( Dans ce crâne, toutes les sutures, y compris la frontale, sont ouvertes.

« Vu de face, ce crâne offre une très-légère saillie des arcs sourciliers qui s'unissent à la glabelle. Le front est vertical, large, et il se marie presque à angle droit avec le sommet, qui est carré et presque plai. La descente des pariétaux vers loccipul est très-lente depuis les bosses pariétales, qui font saillie vers le haut et de côté. Il y a, de plus, aplatissement occipito-pariélal, et saillie de l'occiput, qui est pentagonal. Sauf cet aplatissement des tempes, les autres caractères de ce crâne s'accordent avec ceux du crâne précédent. Comme chez l'autre, la racine nasale est peu déprimée, les os nasaux sont joints à angle presque aigu et peu saillants immédiatement au-dessous de la racine; enfin les sinus frontaux suivent exactement le bord orbilaire dans toute sa longueur et sont cloisonnés horizontalement.

3* Crâne. (Non figuré.)

<( Ce crâne, dont toutes les sutures sont oblitérées à Tintérieur, présente une exagération de la forme crânienne des deux crânes précédents.

« Chez celui-ci, il y a une platycéphalie complète, une saillie encore plus prononcée des bosses pariétales et de l'occiput, qui parait comme détaché de la boite osseuse. Il y a, en outre, une large dépression à côté du dernier tiers de la suture sagittaire, de sorte que l'inclinaison vers Tocciput est presque entièrement eflfacée.

<( Grands os wormiens intercalés entre l'angle lambdoïde et les pariétaux. Le même aplatissement des tempes existe chez ce crâne à un aussi haut degré que chez le précédent.

4* Crâne. (Non figuré.)

<( Ce crâne féminin, excessivement léger, se rapproche du précédent, surtout par la platycéphalie, la saillie des bosses pariétales, la bosselure de l'occiput et l'aplatissement des tempes.

« Le front est bas et assez large. Les sinus frontaux sont assez vastes et cloisonnés dans le sens horizontal. Les apophyses mastoïdes sont très-petites; enfin l'ouverture des conduits auditifs est en entonnoir.

5^ Crâne. (Non figuré.)

« Ce dernier crâne, dont je n'ai pu examiner que des fragments, c'est-à-dire le fi*ontal et les deux pariétaux, me parait ressembler aux deux premiers crânes. Ces fragments mesurent O'^.US de largeur interpariétale dans la région temporale. Jamais aucun crâne de Berbère n'a atteint un pareil développement.

<( Ainsi que je viens de l'exposer, dans les crânes de cette deuxième série,

depuis la contexture spongieuse et leur légèreté, tous les caractères sont différents de ceux de la première série. Je ne connais point de formes semblables parmi les types actuels de l'Afrique. Si, par exemple, il se trouve parmi les crânes anciens de TÉgypte quelques-uns qui joignent à l'aplatissement occipito-pariétal la forme pentagonale de Tocciput, il faut reconnaître qu'ils diffèrent de ceux-ci sous tous les autres rapports.

« Ces crânes seraient-ils alors des crânes appartenant à des hôtes étrangers dont l'Afrique septentrionale a vu affluer tant d'essaims dans tous les temps? — J'incline à le croire, car, lorsqu'on examine la qualité des os, la délicatesse des sutures, le développement du front et de la partie supérieure du cerveau, la forme générale de ces bottes osseuses tendant à l'ovale allongé et à la dolichocéphalie amoindrie, ainsi que la direction des apophyses orbitaires externes et de la racine nasale par rapport à la conformation du visage, on ne peut s'empêcher de reconnaître en eux des crânes arias.

« A quelle branche de la grande race des Arias peut-on rapprocher ces crânes de Roknia? Je ne puis le dire sans hésiter, parce que, à mon grand regret, il s'est trouvé que ces crânes ne possédaient une seule face osseuse, et que, sans la face, il est bien difQcile d'affirmer un jugement sûr el précis.

<i Je puis avancer cependant que le crâne n* 2, par son sommet aplati et carré, son front large, court et presque lisse , son occiput rétréci et saillant en forme pentagonale, ainsi que parla conformation de la racine nasale et des sinus frontaux, etc. , se rapproche surtout des caractères des crânes des antiques peuplades arias de la Péninsule italique.

« En résumé, il se trouve, parmi les débris osseux recueillis dans les sépultures de Roknia, des ossements d'Arias, de Nègres, d'Égyptiens, de Kabyles, enfin de métis de Nègre et de femme kabyle.

« Je vais maintenant, pour compléter cette étude, donner les mensurations en millimètres des crânes dont je viens de signaler les caractères. »

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