‹ Souvenirs de 1830 à 1842Chapitre 15 sur 15 · A MONSIEUR ALEXANDRE DUMAS · texte numérisé non relu

A MONSIEUR ALEXANDRE DUMAS

rariF, le 12 avril 1854.

Monsieur,

C'est avec peine qae je vous al vu refeire (oot aa lopg» dans vos Mémoires. Thisloire de nos débals relatifs im drame de la Tour de Nesle^ et replaider, à VMigt'deax ans do distance, ce procès débattu jadis â satiété dans la presse, puis porté six fois devant les Iribaaanxet jugé $ix fols contre vou9. N'était-ce peiol assea t n'étaitrce pas trop T

à78 souvENïus

S'il y a des choses auxquelles un publiciste, gentilhomme comme vous Tètes, monsieur, devrait laisser le bénéfice du temps qui les a recouvertes de sa poussière ou de son voile, ce sont ses vieilles querelles et ses vieilles amours. En exhumant les unes de Toubli et les autres du mystère, auxquelles elles ont un êg&t droit, ne vous semble-f-il pas commettre ^nesorie de violation de sépulture? Vous êtes contraint à cette exposition» dites-vous, par votre rôle de chroniqueur. Soit. Mais on est mauvais juge dans sa propre cause, et je regrette d'avoir â dire que vous avez pris plaisir à travestir la mienne. Les pièces que vous avez reprodui* tes, avec une impartialité apparente, ont été précédées et suivies de discussions qui en avaient perverti le sens aux yeux du lecteur prévenu. Je me vois donc obligé de ré4«i^lir be9^C0^p de faits omis ou dénaturés, beaucoup de dates altérées. Je le ferai sans passion et sans haine. Je n'ai jamais su haïr longtemps mon plus IH'and ennemi^ et. pendant dooffans, H y a eu quinze eftntft UeiiM de mtr entra vous ci* moi. Depuis ditliuit ans^ j'ai quitté ta earriëre do théâtre peur aller A rélianger eo euitre une autre dans laqn^le v#ui tte Caiti» riisRDéur de l'eopnnatlre qa^ j*al rendu quelqoei serViees à mon piiysi Ce n'est doue puis! «ne question de vanité personnelle que Je vietia défeudre

contre vous» puisque tous daignez presque désintéresser la mienne en terminant. C'est une question d'histoire et de moralité littéraires, que je tiens à bien poser pour notre enseignement à tous.

La todgoeur des détails dans lesquels tous êtes entré, et le nombre des erreurs que j'ai â relever, ne sie pertneitreal pas d'élrepusû bref que jeTaurais désiré, par respect pour vos lecteurs. Mais c'est à vous qu'ils devront s'en prendre. Vous avez consacré neuf ou dix feuilletons du Mousquetaire à Tatlaque» et la loi en ac« corderait, je crois, vingt à la défense. Kassurez-vous. Deux me sufGront, et je les demande moins â mon droit qu'à votre courtoisie et à votre loyauté.

Et puisque je parle de loyauté, croyez-vous, monsieur, faire une chose bien licite en prenant un ouvrage qui a été représenté, de votre aveu, sous le nom de M. Dioaux, ou un ouvrage dont vous et moi

nous sommes reconnus, par traité, auteurs en commun, et en déchirant affîchés et traités pour raconter,

fl Vbtre façbn, que vous avez tout fait^ ôb à peu près,

dans ces œuvres? Bst-il loyal de revenir aiusi.sur des

chësës convébùes léi signées de part el d'autre^ pour

mettre le public dans la eonfldenee d'une paternité

spirltiielfé, dont la récherèhe doit' être interdite paris

décence, comme celle de la paleroîté pliysiqne est in* lerdile par la loi ? l/une est» en effets aussi difficile à prouver que l'autre. Deux auteurs peuvent-ils savoir avec vérité quelle a été leur part diverse dans une œuvre commune? Chacun d'eux ne doit-il pas naturellement, inévitablement, s^exagérer le mérite de son tra* vail ou de ses conceptions particulières ! La tâche qae vous avez entreprise est done ingrate et impossible.

f£ ^'ous avez beau croire et dire que la Tour de Nesle vous doit l'existence.

Celte croyance et cette affirmation de votre part tcmberont toujours devant toujours les deux faits suivant?, reconnus par vous-même.

Le premier, c'est que j'avais trouvé, seul, le sujet d'un drame daus la chronique de la Tour de Nesle^ et que j'avais fait seul ce drame, œuvre Imparfaite sans doute, mais assez remarquable pour qu'elle ait été reçue par le directeur de la Porte-Saiut-Martin, avant et sans votre collaboration •

Le second fait, c'est que, dans une lettre signée de vous et adressée par vous à moi absent, à moi inconnu^ vous avez spontanément constaté que l'on était vena vous demander des conseils pour un ouvrage de moif <|ue voui n'aviet fait qu'aplanir les dîfflcoltét d« ntsi

SOUVEMBS 28 1

en répétition et qaeje reslaig seul auteur el 4|Qe votre nom ne serait pas prononcé.

C'est lâ an document que tontes le§ explicatioDB après coup oc sauraient affaiblir. La pièce vous paraissait, alofF, seulement susceptible d'an succès^ et il est probable que si ce succès eût été contesté, je serais bien vcrilablement resté seul aateur, comme le disait voire lettre. Elle eût fait titre alors contre mol: il est donc juste qu'elle fasse titre maintenantponr moi.

En outre de ce titre, signé de vous-même, et de ceux que j'ai prodoits jadis, dans notre première polé« mique, la Revue et Gazette des Théâtres a publié, dans son numéro du 23 septembre 1841, diverses attestations de personnes honorables, qui, pendant mon absence, ont spontanément opposé leurs témoignages à certaines allégations d'un journaliste de vos amis*

Vo:ci ces attestations signées, je le répète, pendant que j'étais à quinze cents lieues de Paris :

Nous, soussignés, déclarons savoir de la manière la plus certaine, el par nous-mêmes, que M. Frédéric Gaillardet avait imaginé, construit et écrit, tout seul et sans collaboration de personne, avant d'en faire lecture à M. Harel, en 1832, uu drame en cinq actes» intitulé la téur de Nesle; que, par suite d'une collabora^

t8â douvENins

tl«n di M. Janio, non suivie d^e/fti, et après des conseils ^de H. Harel, M. F. Gaillardet fil un seenmHo pour disiriboer le drame en tableaux et y introduire d'importantes améliorations^ et qae la pifece primitive, combinée atee la disiribntion nouvelle et ainsi retouchée a prodoit; à quelques détails près qui la eonîplèlent, la TourdeNesie actuelle.

18 septembre ISil.

l^AI^CBLOT) FaLATBDP, . . GolLOIf ,

f ccrétaire de la ? érificateur d la secrétaire de aoiis>{»réfeetnre comptabilité du la mairie

de St- Denis. ministère de ta Justice. d'Auteail.

HoM, soussignés, attestons sur l'honneur que, dans les derniers jours de mars 1832» M. Frédéric Gaillardet a lu devant nous et devant plusieurs autres peN tonnes, le drame de la Tour de Nesle, auquel nous étions â même de le voir travailler depuis longtemps. Ce drame était à cette époque, ert ;cinq actes et sans tableaux. Quelques jours plus tard, et avant son départ pour Tonnerre, M. Frédéric Gaillardet nous com« muniqua on Scénario do même drame divisé en tahleauXf diaprés, nous dit-il, les conseils de M. Harel, et tel, à quelques améliorations près, qu'il a été repré-

SOUYENinS S83

^entê depuis sqr le théâtre de la Porte-Saint-VartÎQ,

20 septembre 1811.

A. Gouré, Héue, Hbriot,

attaché à la pré- professeur, chef de bureau,

feclure de de chez M. Polonceau

la Seine. rUniversité. (ponts-et-chaussées).

Ces témoignages éialenl Tenus corroborer un juge* ment de la cour d'appel rendu contre tous, toujours en mon absence, pour je ne sais quelle infraction à nos coDTentions. C'était le sixième jugement confirmatif de mes droits d'auteur primitif, devant seul être nommé.

En voici la curieuse liste :

. 1» Jugement du tribunal de commerce du 26 j\iin 1832 qui ordonne que l'affiche indiquant les représeutatipns de la Tour de NmU portera le nom de M. Frédéric Gaillardet seul^ suivi d'astérisques, sons peine, pour tout directeur, de cinquante francs d'amende par chaque infraction.

2o Jugement du tribunal de commerce du 22 sep-

tembre 1838 qui condamne le sieur Harel, directeur de la rorte-Saiut-Marlin, à payer à F. Gaillardet la somme de sept cent cinquante francs, avec intérêts,

^2Si SOUVENIRS

pour avoir mis !e nom crAlexanclre Dumas sur raffi« cite, coolrairemont au jugement ci^desâus*

3o Jugement du (ribuDa* de commerce du 7 mars 1839, rendu en présence de M. Dumas, qui condamne MM. Alexandre Dumas et Harel» solidairement, à payer à F. Gaillardet ses droits d*auteur, et porte : • Si, en lout cas, il advient que Harel soit redevable envers M. Dumastl'une somme plus forte qaesoixante*- 6)x francs, stipulée en faveur de Gaillardet» cette re» devance doit toujours être attribuée à celui-ci» geul auteur de la pièce,

^o Jugement du tribunal de commerce du 8 août 1839 confirmant le précédent jagemenl, par les mêmes considérations et d'après un nouveau rapport.

5o Jugement de la cour royale du 13 mars 1841 condamnant par défaut M. Alexandre Dumas pour opposition faite aux jugements précédents.

6o Jugement de la cour royale du 6 août 1811 confirmant la condamnation précédente contre M. Alexandre Dumas.

Voici enfin nne déclaration donnée, à la mèmeépoque» par l'arbitre auquel avalent été soumises toutes les pièces de nos débats judiciaires :

Le tribunal de commerce de la Seipe ayant envoyû

SOUVENtUS 285

de?aot moi, comme arbitre rapporteur des contestalioDs élevées entre MM. Gaillardet, Alexandre Damas et Harel, à roccasion de la Tour de Nesle, je déclare que les divers renseignements que j'ai recueillis dans Tinstruclion de ce prccès, m'ont convaincu que M. Gail* lardet est leseul auteur de ce drame, et que M. Alexan*

dre Dumas n'est intervenu que pour donner 'ses con* seils sur la mise en scène de l'ouvrage en l'absence de Tauteur» pour y introduire quelques changements, et pour se faire le patron d'un jeune écrivain débutant dans la carrière dramatique.

Paris» le 21 septembre iSil.

Bnoiiss&, avocat.

11 y a donc chose jugée moralement et juridiquetuent.

Lu coutume du barreau donne aux.plaideurs qui ont perdu leur procès vingt-quatre heures pour maudire leurs juges, mais elle ne leur donne pas vingt-quatre ans.

A ces téntoignages multiples^ à ces arrêts répétés des tribunaux vous nvoz opposé des lettres de feu 'Harel. le principal et premier coupable dans tout ceei. N'est-ce pas un peu dire : Demandez plutôt A

Lazarille !

Quant aoi ancienoes attestations de MM. Vertenii et J. Janin, lear autorité s'évanouit devant çeiteei:pltcation qu'après la retraite du brillant écrivain da journal des Débats, Harel demeura seul au courant des changements et améliorations arrêtés entre lui et moi» et dont il a dû incontestablement vous communiquer les détails, soit par écrit» soit verbalement. Sans cela» il ne me resterait, pour expliquer le prodige merveilleux de la rencontre de nos idées» qu'on proverbe beaucoup trop flatteur pour moi.

Mais reste aussi votre lettre qui se concilie si facilement avec mon récit» et il difflcitefamnt avec le vôtre. Il reste même encore une lettre de vous» qui, sans être aussi explicite que la première, m'accorde quelque chose de plus que vos dernières versions. Voici cette déclaration faîte par vous» à la suite d'une grande querelle littéraire que vous eûtes avec H. J . Janin en Ï8*3 :

Au Rédacteur de la Presse.

Monsieur»

l*ai cottrols dans ma lettre d'hier une IttGonveÀàntè Hué je fne reproche d'anlant plus qiid la penrsonnelntéressée à la relever est à 7»200 kilomètres de Parti.

•oDVBmiis Wl

!• ¥#« iMlfler dé M. âifflaMe^ ^aé fài «oMté de d^ lar comme rattte«r pilmitir de la XVm^ A; Wêàle; on BMtitie«rll tout entier éttW {Hlr lai, et 40I #è trouve à cette heure eetra mes toaliM, était éti reliili pàf M* Hardi Al.lJaeie« If al mêifie pHe àefleeee^ de flmee 411e nilm^tre critl^ee ataii dédalgûêett ; tut^UB êuum.

Veaillez agréer, etc.

le 30 jaillet 1843.

Cette petite lettre prouve que vous avez su, suivant le besoin do votre cause, vous servir de M. J. Jaoio contre moi et de moi contre M. Jania; observatH>n nécessaîre pour donner toule sa vérité â voire masime t cuique suum^ à chacun lesien.

Mais c'est on rude créancier que M. lanin, ofi foU d'esprit, et il s'est remboursé avec usure, sur vos épaules, de ce qu'il vous avait prêté sur les mieunesé

Nous pouvons donc nous tenir quittes à l'égard de ce témoin, et je désire que vous lui gardiez aussi peu rancune que moi.

Comme le respect que vous portez à la vérité vous e forcé de reoounaitre que vous êtes devenu inop f^ol-

laboratear à moQ iuga et ^malgré in«9. proleatalioaé, vous avez cherché i justifier cet acte de votre part ea plaidant, coaome on dit, les circonatances atténoaiitea» «t ces circonstaoces, vous croyez les avoir trouvées ; jo dans la lettre que vous m'avez écrite pour meKrç, nu/an/ ^uei70J«t^/e,dites-voo8« les procédés de votre côté; 2o dans le traité par lequel j'avais accepté.la collabora tien de M. Jaoin; 3o dans les avantages pécuniaires qne vous prétendez m'avoir procurés.

• Mon étonnement fut grand, dites-vous, quand je reçus de M. Gaillardct une répome qui, [au lieu d'un remcrdment, était une protes talion. > Vous avez fait là, monsieur, une première erreur de mémoire et une ÎDlérversion de daté Irès importante. I.a lettre que je vous écrivis de Tonnerre pour vous demander si ce que j'aporenals était vrai, pour vous dire que je ne pouvais croire à un pareil procédé de votre pari, et vons)>rier très formellement de suspendre votre travail; cette lettre n'était point une réponse à la vôtre, qui fut, au contraire, une réponse à la mienne. Jus* qne-'là, vous aviez gardé vis-à-vis de moi un silence, difficile à excuser après votre conversation suivante avecHarel.t Je n'aurai pas.de désagrément avec votre jeune homme? — Un mouton, mon cher. — Je comprends, el vous veniez le tondre. » Puisque vousavie»

«i Mm Mapriila pensée d'IfareU votre délieategse ne derail-elle pas tow porter à éviter tout ce qnf pouvait vous làire paraître son complice î Un niot de loyfil avis, poor me demander si je ratlOais la démarche d^Harel, eût prévena loate discussion eotre nous.

Voilà pour la première de vos justifications.

La seconde, tirée de mon traité avec M. Janin, ne me semble pas meilleure. « Les bras vous tombèrent, • dites-vous, de ce qu'ayant accepté la collaboration de M. Janip, je refusais la vôtre. Mais je n'avais accepté la participation de M. Janin qu'à mon cœur et à mon corps défendants, parce que j'étais son obligé. C'était loî,quf, sur le rapport de deux de ses amis. Théodose Burette et Félix Pyat, très enthousiasmés d'vne œo« vre qu'ils trouvent très jouable, avait demandé pour moi une lecture à Harel, et y avait assisté. La pièce avait été reçue immédiatement par Harel, qui m'avait

embrassé (historique), et M. Janin m'avait riit (fait non

moins historique), que j'avais trente mille frs^ics de

rente hypothéqués sur mon génie dramatique. Que

ponvais*je lui refuser après un pareil horoscope ? Vous

vous emparez d'une phrase portant que M.Vf . Gaillar-

det et Janin remettaient et cédaient à M. Harel un

drame pour être joué sur le théâtre de la Porte^Saint*

Martin, et voas dites t « Puisque le drame avait été IV 19

2U0 ^UVENfUS

cédé ^ftmh à Bftre), Il àv«ît ie4Nit4« iMMifatliCiMr ifanin. ^Ost lA, MMmlmtt, on» «rrgvcfe ytv^ti^M â*xtn éftpritramiM le ^re. fia pfèe* iê^wM étéPtinrse et cédée ft fibrel ifuejMitr^tf ^titf»; ila'Hiii était pas plufi le propriétaire qoe les âiréctetara de toas antres thêâtreg ne sont propriétaires des ooirrresqai leur sont remises. Il ne ponvait m'Imposer an cdliaboràtèur sans mon aveii, et celai que J'avais siibi, arec tant de peine, par des raisons Ae gratftade' personnelle, s*èlaat retiré^ j'étais devenu seul mattre d'une œuvre dont je restais seul auteur. Voilà ee qu'indiquent la raison et l'équité. ' ' *

Vous prétendez fn'âtotr prot;aré>an ^mé «t^iatnge

' pécuniaire, en stipulant, dites^iftius^ »vec Hanil^ 4f«e

je toucherais qouranCe-huîf frâncspap-reptésenlaltMi,

tandis qu'avec M.Janin, je n'aurais touehé que moîlié

de cette somme, la pièce étant reçee sons Terapk-e

' d'un traité qui n'acenrdail 4tf6qoapraBtè4NnltfdMio»4ie

drpits d"aulear. •

V'aliotd,f etilblfrti totft à l'heéM ^pt'filareliaiiHÔ et

second lieuj^ çjrçUi» çpiyfflÇ) je.to. g<wUW<»llî«^» qw

droit Cette qucsUoii, d'î«lli?i|r8^ éU^ f^pji^^eogupfi^ résolue dans le préamb^l^ 4u tr^Uè, sjgiié, I9 If 4¥rif 1$32, par la cpmmissjçq ^e^ aa^^n^ri;, i ,po^ f^i^f Texerçice de lears droitfi Uni à r^gai:4 4^ oqvriige^ ^ui oot été représentés pa rf(^^^(fr le^ (^éfmifiii^rQr t}o^s précédentes du théâtre de la Porte-S9int;li|9if Ufl; qu'à l'égard 4® ceux qui seront r^f^^y^/^^^^Tegvs^^ Taveniç par Tadmluisf cation. actaell|9. p Qr^.c.ç Irail^ ^tant antérieur d'un pois, çt (lefpi g 1^ r^pr.ésw^tîQii d^Ja Jour Je jye5/« me dpnnait évidemment .dr9;t à ^^ jpour cen\ snr les recettes $i. j'iétais resté q^u) PiTQpçié* taire de la pièce, comme yotre lettre m'y ^ulorisaÂt» ea me reconnaissant seul auteur. Haret, qui ne devait payer qu'une fois^ aurait à coup sûr refc^sé de vous donner dix pour cent comme à moi, ce qui. jurait f^t le cinquième de la recette brute. . , •

S'emparant de votre engagement vis-â-yis df inoi, il vous eût dit t « De quoi vous plaiffoez-voua* moa cher« puisque c'est on service qoe vous avez voulu

i92 SOUVENIRS

rihdféet éèoû vehéref » Ifois ao Itou de tout prendre» «0 même partager égatenient af ee yoas. J'ai coosenti, f^ttr étitér on procède â me contenter de quarante- Iwit francs, tandis que vous en tooctiiez trois cents' et ces qoarante-hoit francs, dont jle paiement m*é(af t garanti (c'était bien le moins) sur voire part de lion, mes ayant-droit ont été obligés, après mon départ pour l'Amérique, d'en réclamer â diverses reprises le paiement aux tribunaux. Sur une somme de trois mille deux cent neuf francs* formant, en capital, intérêts et frais, le montant d'une condamnation prononcée contre vous personnellement par la Cour d'appel de Paris^ lé 7 août 1841, mon frère vous a fait gracieusement remise de'huit cent neuf francs et accordé terme et délai de quatorze mois pour le reste, aiusi que cela est constaté par une transaction signée avec M. Démange, votre représentant» le 17 mars 1812.

Je n'en suis pas moins disposé à croire que vous avez eu rintentiond'èfre grand et libéral, en ce qui me concernait, dans vos arrangements particuliers avec Harel, et je vous liens compte de l'intention comme du fait. ' '

3'âdmets encore très volontiers la bonne foi et la \u béralîté d'inleniiod avec lesquelles vous m'aviez écrit que voire nom ne serait point prononcé et que je res-

lais seul auteur de la Tour de Naie. Voug prétende^ qDe la violation de cette parole fut le fait d'Harel. Je vous crois. Mais malheureusement Harel prélendit qu'il avait a^i sur votre affirmation, • que cela était couseuli par moi, • el quand je vous priai de vouloir bien vous expliquer avec lui devant moi, vous m'avf^z refusé celte satisfaction. Vous m'avez fait ce refus péremptoirf , dans votre donoiciley où je vu us trouvai encore couché, le lendemain de la première représentation de la Tour de Nesie.

Ces détails précis réduisent un peu à néant, en tant que vérité historique, voire spirituel dialogue avec mademoiselle Georges sur t herbe qui poussait dans son cabinet de toilette, sut le mur mito^fen de votre Dorval^ elles mots piquants que vous prèl^ez é Harel, recevant, ce jour^â. mon papier timbré, qui ne lui fut envoyé que neitf jours plus tard, quand il me fut démontré que je ne devais rien attendre de son hostilité systématique et de votre neutralitéj, qui ressemblait fort, à mes yeuY, à de là complicité. Ce qui est certain, c'est qu'au bout de quarante-huit heures, vous faisiez ouvertejoieat cause commune avec lui, sous prétexte que j'avais publié votre lettre, comme si vous me l'aviez adressée en guise de simple autographe !

Une fois soutenu par vous, Harel ne voulut même

Î04 souvEîfms

))luk iùe t)ayer qaarante-huiirraôcs de droits par soirêe, mais isealemept la moitié de cette somme, l'autre moitié étant retenue par vous, disait-il.

Ce fut podr arrêter les poursuites que j'avais commencées, èl après de violentes eiLpIieations entre nous,

dans le salon de Harel» demeurant alors rue Bergère, et non iriie dé Madame, comme vous le dites par une troisième erreur de mémoire, qu'eut lieu la transaction dont vous reportez, par une quatrième erreur, la signature avant la représentation du drame. Cette

transaction est datée du 11 juin 183z. Il y est dit que nous nous reconnaissocs auteurs en commun de la Tour de Nesle, et que la pièce sera imprimée sous mon nom, suivi d*étoiles. Vous faites ^une cinquième erreur, en ajoutant que nous nous réservâmes la faculte de la mettre/ èTi&cun à notrt nom seuU dans nos œuvres complètes.

Cette réserve n'existe point dans nôtre transactiob, mais elle fut introduite plus tard, sans que j'y prisse garde, dans le traité par lequel nous vendiboes le manuscrit au libraire Barba. Encore n'y fut-il pas dit que nous pourrions mettre la pièce dans nos œuvres cha* cun à noire nom seûL le relève cette sixième inexactitude de votre narration, parce qu*â peiné notre traité avec Barba était-il signé que Vous annonciez, à ma

fiouvEmns 306

giwdcto «arpffie» vos mum§ eemf^ieB. i|tii l'élîieiil si pea tlors, avec la Tourâê Nvête. Je meptatgo!^ à yonè de ce qde je regardais comttie ane erreur, ayant de le regarder eomine on pfége, et il y eut, à cette occasion, échange de lettre» fort vives entre nous. Cependant, Je lie mis point opposition â nnsertKm de la Tour de ftmie d9Lik9 roÉ céiuvres coftiplètës; nais elle y parut, iftiis qHil fèt fait la moindre mention de mon (lom et de ma èo«ptftërni{é.

'^Je fis saisir réditionc

Alors, TOtrë éditeur, le libraire Ctiarpen(ier,homme d'éfifiHt et de tact, vint ro*ttffrir tone nouvelle transaclioh, i laquelle je consentis encore. Je ne demandai qd'unè chose bien simple et bien légitime ; ce fut que !e titre de la pièce fût suivi de la mention ordinaire en pareille cas : « faite en société avec M. Gaillardet. > Ou s'y engagea par écrit, mais â la fbrmule convenue on substitua celle-ci : « faite en participation avec M. Gaillardet. » Puérile distinction qui me fit sourire, et montre jusqu'é quelles petites choses, indignes de lui, est descendu votre grand talent, dans sJ lutte contre ma confiance et mon droit.

' J'afrive ati duel que nécessita une lettre dont vous arêz reconnu la violence regrettable. Après cH aveu (|ui to\is honore, je ne m'attenda(s pas a être obligé de

206 souvemus

recli(ieri sur ce iu>aveaa aojet» des ioexaetitrtdes ii nomhreQses que je ne les compte plus.

Vous dites, d'abord, que dos témoiDs nous farent désignes par la commissioo des auteurs dramatiques ; puis, vous diles un peu plus loin qu'ils y furent tirés au sort. Je ne sais si tous avez prié la commission de vous désigner des témoins; et si elle s'est amusée, pour vous complaire, à les tirer à ia loterie, mais je sais que je choisis les miens sans consulter la comnu8« sien, dont j'avais refusé d'accepter l'ioterventloD, , tant que je n'aurais pas répondu publiquement à votre attaque publique. Frédéric Sou lié et Fontao me rendirent, spontanément aussi» le service que j'allai leur demander. Je tiens à conserver à ma caose et à leur mémoire tout le mérite de cette assistance volontaire et réfléchie.

Vous dites que leurs sympathies vous étalent ac- . quises. Je crois que votre mémoire vous joue là encore on petit tour, monsieur. En effet, Frédéric So«lié et Fontan me racontèrent que vons leur aviez reproché le concours qu'ils me prêtaient contre vous, mais qu'ils vous avalent expliqué qoe lenr conscience ne leur avait point permis de me lerefosèr. A cette particularité, dont vous vous souviendrez pent*ètre, maintenant, je pourrais ajouter une déclaration pré«

cifft faite i an lien par Frédéne SooU^ le jour 4e noire dael, et renouvelée par lai en iWS, daiM aae maison de eampagoe, où Je serrai» pour la dernière fois, ce noble cçeor sur ma poitrine^ en pciaence de M. Antony Béraod, alors direcleur de l'Anablga-Co* miqoe.

Je m'inscris bien plos fortement encore en faax coolre ces paroles (jpie.voas prêtez â vos témoins personnels : « %ue Ui yéritable raison (pour laquelle jV vais retardé notce rencontre), était qve M* Qaillardet désirant se battre au pîslolet, et a'étant point familier avec celle arme, désirait avoir Ueax mois devant Ipt pour s'exercer. » Je n'ai jamais eiprimé aue pareille prétention, dont vos témoins n'eussent pas manqi^é de faire mention dans la lettre que voos leur aviez demandée.

Leur silence, sur un fait aussi utile à votre cause, prouve la gratuité de votre injurieuse supposition, réfutée sofiisamroent par la déclaration du directeur du Muiée dts FamiUeSf que celte revue mensueUe avait son prochain numéro entièrement rempli et cornposé d'avance. Si ie directeur de ce journal devait être suspect de partialité, ce n'était pas envers moi, car non seulement il fit 3ubîr à ma réppose un retard préjudiciable (qui ne fut que d'un mois* au lieu de

Meors II iièift ptiMfa p^ èomplltenîeittt, et 11 eut là prêfêiiîinië dé i^di Ift dmnllunfqQet, d6 ffliçon qoè tooÉ jr (1(60 fflfre, pAr H* lanin, oné répliqué qtiî voqs ieilssait le derûier mot. Je dos compléter ma défense da D8 la Revue des Théâtres^ et après avoir pria corpa i eùT}^ rééritairi, fèrh'kêre^M à rhomine, comme je Ta vâîÈ âii, en ^ùui ïaitaftt sàrofr qne f étala prêt nh peu plus tÀt que lés ébtlaVes, susbilééà SOiia mes pas, m'a raient permti de i'espêrer.

' Votre iùslDoatlon et fhldtoi^e dé la blésénîre que tdiis rcçAléa Qb jèdr, àti iiioiner, par inaMdreéàé, dans un diiël àtr pistolet,' ont en pbar bat d'etpllqoer, à të- (ré profit et i mon détrlmeiit, pourquoi vous né routiez point rous battre arec cette drmé contre moi. Mais j'étais le premier offensé» vous Tareî reconnu je devdià donc avoir, eh équité, le choix de l'arme, et le résultat a prouvé que je l'avais peu pratiquée, puis* que je ne vous ai point atteint. Vous étiez, an contraire, de première forcé au pistolet, cbmme â Vépée (vou^ ravicz déjà imprimé}, tatidis que, de ma vie, je n'dvaîs manié un fleuret. J'en faisais la déclaration sur riionrieur, et èependaut vous persistiez à rodloir employer contré moi l'armé que je ne saraispas tettlr, et vous refusiez dbstinémeût d'accepter celle aVëé la*

. quelle lès chances poavaletit être égalisées ; iifir J^of-

fris dé ine battre â dix pas, à cinq pas. aussi près que

VOUS pourriez ie désirer. Vous proposiez de décider la

question é pile ou face; mais pourquoi ânraiis-je remis

an hasard ce qui était pour moi un droit et pour vous

un detoir ? Il fallnt, cependant, pour vous décider à

raecemplli^i que ft iiliése fenne^. «n meàa^nt d'en

«f|i}>èlérfl ro^niétf pubfiqèe, Aiifait-elle complu qife

-^^'il'ëiMsfèK^olot 'VûûXn àcetjpler tthe alpine «tècti-

^uëll% vod^ ^sëie2 dies poupées à (oui tîdup et -ioiëz

éts h\tùMtl\eê strr tèé bheminées !

li mi v;rM qpçYoufiii^ m'avez poiotttpiucJié, quoique 19 Ais^e un pçM plps gro^ qi^'une bîrondel]^ o^,q^'u^e .|^9l^.«i.ppaFt(ifit ce n'eçt p^&Ja bonne, yplpnté.qi^i Yfix^^m^^^* .Vi^ns çop^s^z le 4é«irard9Qt qi^e ym&^Hm M nie causer, i^ t^te, poor v<y|r9^li^(»ey<i^i ,:PAftifii»)i^e.otpom; ceHe.de.U.. Biiila, q^.étdil.cprieux de savoir si un homUM^ tufè id'ooia balle,, tpprnfi sur lui-même ayant de tomber.

ie dois avouef, monsieur, que je ne poussais pas l'ardeur de la vengeance aussi îoin que vous, et ï'afdeur de la science aussi loiu que M. Bisib^ J^aurais été désole que mon nom obscur fût atlaciié â votre nom historique, comme celui de votre meurtrier. Je le

,V00 . SQUVENIUS

disais à Frédéric Soulié, qai me serra la maÎD, et qu* me Yoyaot jouer avec une petite caone, m<% goarmanda en me disant : « Tenez donc votre bras au repos. Ne savez-vous pas que c'est la première des conditions pour bien tirer le pistolel. > Je l'ignorais, en effet.

, fendant ce temps, vous «berchîez un poôit de mire «ur ma perso/iue, 0t vous le trojaviez sur du coton que j'avais, dites- yonsy dans les oreille». Je n'ai pii.m'empécher de rire, en liaaot cette plaisaotierie» qui mal* heureusement pour vous^ mo«s,ienr, manque son coup, comme l'a déjà fait votre balle. Je ne me souviens pas d'avoir jamais embelli mes oreilles de l'ornement que vous leur prêtez. Si je l'avaiis fait, cette fols, pour la première de ma Vie, et à uAe époque où je n'avais que vingt -cinq ans, je me serais donc dit que c'étàR assez d'avoir le plaisir de vous voir, sans y j^ndre celui de vous entendre. Mais, dans ce cas, moa elraix n'eût pas été heuteux.

Vous Cherchez à sauver votre réputation de tireur par des détails comiques, en prétendant que j'ai rejeté la tète en arrière, et que j'étais tout de noir habillé. Mais ce sont des causes plus sérieuses qui ont troublé votre coup d'œil. La première, c'est qu'il y a une dif-

SOITVENIHS Soi

fâreaee eapitale entré aoe poupée aveugle et an homme de cœar qni vous regarde, mdme lorsqu'il est désarmé. La seconde, c'est que tandis qae vous vous avanciez sur mol lentement, tt vous effaçant/ comme le vonlaH la prudence, moi, impatient de ces lenteurs et insoocieui de ces précautions, je franchis en courant, et en vous offrant de f^Eice ma poitrine, toute la distance qui me séparait du llernier hut assigné à nos pas. Vons fûtes aussi surpris que nos témoins de cette témérité inattendue, et cette surprise dût natarellement déranger la Justesse ordinaire de votre cottp d'oeil.

Je voulus, comme vous, recommencer jusqu'à ce que l'un de nous deui fût atteint ; ce fut moi qui vous pro' posai de remplacer nos témoins, qni se réeasaieotf par M. Bixio ou votre armurier €t par on de mes amis présent, riommé Jarry, ou par mon frère, qui acceptait ce mandat, ce qui lui valut une remontrance pathétique de ce pauvre et bon Sonlié. Vous, vous parliez toujours épéo , insistance assez peu chevaleresque (soit dft entre nous), après la déclaration de ma complète inexpérience de celte arme. Il est vrai que vons teniez tant à me tuer et que vous aviez un si amer aoilvenir ié votre balle dans le noKiliet !

SOUVEJJTOS

. A^r,^ jiyoiraîawirél^bl} ^qf9ft vérité c^ttfi 4ei^ pi^re scèpft 4'«P« IPUgH^ et ,4^9r^Mle hi^lwrçt

^PÇj YW? ^Xfiz f^i^ljQp liOfiY^l.|jflLrW9aP*«l4^ l^

PÏW A^tii. jfi.veu:^ f|fl,'il syit Mç^ f|^(fi^{i ^e j«i ^.^ Pimcclijç j)#la(à çier lief amélî^r^lipn» çoD^i()érabi«f ^Q t la* Rifeçia 4Ç| la, J^çur.ie, ffe^ff^ ^ it^i^^^^b^ à vor

rait ane fataité; mais je pois dire qae la pensée d'ui^ comparaison n'est jamais entrée dans mon esprit.

. J'aiHr^Ms A^QiC é(é bearf i^x f||i jf^f f^ être contraint

iéyo4i»^ <^9^î?ip.«l pi^niM^ ftofiy^pj^a» prefqqe e|-

f«f«84«t<nton nufffî^, )en(iftfrf)|f^|»t.e|^4A()Q m^n 眫r.

4«<>n9i^ «epeind^lim'Ul» D^i^er^i^it ,pi^a s^p^ oUMi^ B^

pqne Ifift i^oai» gen% qnijij^pte^t d^i^s jia c^^r^ièrç ^e9

Mires, ni poar cet^K qui e^ «outlea vétiér^^B^. J'ai été

.le. premier mouton; qmn'd\\.i^si yoala^elaissetrtopdrev

-ftima jeuae féii^tancfi à de vieux proches, ena^^ge

«dais le m<¥ldji4r9matiwe a illallgj^ré. l'ère. d!qQ^ pi^

.Mi xitfoIntHWiK qn^ v^mi^ d^iifeac faiQ pf\rdpi|Deriif^ce

qu'après tout elle i^'«,pa« BfOKfr$i,i|9^ç,^f:4aç^c(Hmi^e

vous avez renversé celui de Charles X en faisant la révolation de 1830.

Agréez, etc.

F. Gaillardet.

Page 1