‹ Souvenirs de collège [microforme]Chapitre 13 sur 69 · DRE 2 RE · texte numérisé non relu

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L'AUGUSTINIDE, 29

S'élance brusquement, le cou gonflé de rage ;

Au sein de la victime épanchant ses poisons,

De la fureur en elle allume les tisons ;

Telle, dans son courroux, l'insolente Discorde Dans le cœur d'Augustin, enfant de la concorde, D'une rage subite allume le brasier,

Elle en fit un héros au regard fier, altier.

“ Qui de vous, désormais,” dit d'une voix vibrante, Le terrible Augustin à la foule tremblante, Osera me braver avec ses jeux mesquins ?

“ Je saurai vous punir, imbéciles coquins.”

Un éclair, à ses mots, jaillit de sa prunelle,

Le groupe de taquins tremble, hésite, chancelle,

Et, cédant à la peur, s'enfuit de toutes parts.

Cependant le héros méprisant les fuyards,

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Sur la scène déserte à grands pas se promène, Cherchant quelqu'un sur qui son courroux se déchaîne. Or, voilà que, guidé par un destin cruel,

Thauvette, rougissant d’avoir craint un mortel,

Et méprisant enfin une terreur subite,

Pour venger son honneur entaché par la fuite,

Du groupe des fuyards se détache bientôt,

Et vers maître Augustin se dirige aussitôt.

Hélas ! destin fatal ! courage trop funeste |

Objet infortuné d’une haine céleste,

Digne fils d’un héros, Joseph, ne vois-tu pas

Que ton audace peut te conduire au trépas ?

Hélas ! il n'entend point, il marche, il marche encore, Déjà, près d'Augustin que la rage dévore,

Il s'arrête sans crainte et dit d’un ton railleur :

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“ Sache, brave Augustin, que, maloré ta valeur, “ Je n’éprouvai jamais une crainte réelle ;

“ Je ne suis pas, tu sais, enfant de la querelle,

C'est la seule raison qui m'engageait à fuir,

Voyant que ton courroux cherchait à s’assouvir,

Et qu'’enflé d’un succès si Pauvre et si facile,

Tu promenais partout ta fureur imbécile,

J'ai cru devoir punir un petit arrogant,

Et montrer qu'après tout tu n’es pas va géant.” Augustin, ne pouvant plus contenir sa rage, S'élance furieux pour venger cet outrage.

Tel on peut voir, au fond des bois silencieux,

Le lion que provoque un tigre audacieux,

Bondir en rugissant vers l'agresseur perfide,

Le renverser avec un courage intrépide :

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‘l'el le brave Augustin sur son fier ennemi

Se jette avec fureur, le terrasse à demi;

Mais prompt comme l'éclair, le valeureux Thauvette

Se recule; Augustin de prendre une pirouette.

Or, Thauvette, voulant profiter du hasard,

À son tour sur Gustin se jette l'œil hagard,

Lève un bras vigoureux, frappe, mais dans le vide...

C'est ce coup malheureux qui du combat décide.

Pendant qu'il s'étourdit en d'innombrables tours,

Thauvette ne voit pas Gustin qui, de rebours,

Sur son nez, avec force, abat un poing terrible.

Le sang coule à grands flots de la blessure horrible.

Thauvette se retire et sanglant et confus

‘ Jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Augustin glorieux sur les lieux se promène, #

Défiant du regard Thauvette hurs d’haieine.

Collège Bourget, 10 juin 1894.

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tte. LA PAUVRETÉ.

le vide...

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Ours, F. Le rs, ; ble. L : :

fi La pauvreté ! comment, dansle siècle où nous sommes, horrible. M Ce mot est-il compris par le commun des hommes ? ait plus.” Comment ceux dont le cœur

et N'a d'auire ambition que de régner en maître,

Peuvent-ils remarquer les douceurs que fait naître

Ce mot, porte-bonheur ?

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Toujours la pauvreté se présente bien sombre ;

C’est l’arbre du malheur couvrant tout de son ombre,

Et dépouillé de fleurs ;

Un cyprès déséché par un souffle perfide, Et dont le pied qui croît sur une terre aride,

Est arrosé de pleurs.

On dirait que le pauvre est indigne de vivre, Partout on le méprise et partout le riche, ivre D'augmenter son trésor, S'en fait ur :1archepied, un être qu'il exploite Pour atteindre le but que sans cesse il convoite :

Accumuler de l'or.

Le pauvre a travaillé de journée en journée,

De semaine en semaine et d'année en année,

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