SAINTE CATHERINE
La chrétienté comptait trois siècles sur sa tête, Trois siècles de combat contre l'âpre tempête Qu'un souffle de l'enfer soulevait sur ses pas. L'Eglise, toujours grande à Tinsulte, à l'outrage, De ses jeunes martyrs soutenait le courage, Et pour Dieu les poussait à souffrir le trépas.
Il en périt beaucoup ; mais elle était féconde ; Sur le sol qu'un sang pur arrosait de son onde, Surgirent des milliers de généreux enfants ; Etonnant les bourreaux de leurs vertus sublimes, Ils souffraient et mouraient, innocentes victimes, Moisson abandonnée à la faux des tyrans.
De ces nobles héros enfantés par l'Eglise,
Qui pour force ont le Christ, son saint nom pour de-
[vise.
Et dont le bras soutient l'étendard de la croix ;
De ces vaillants martyrs fut sainte Catherine,
Et sa force puisée à la source divine
A fait trembler de peur les princes et les rois.
Tel un phare élevé, dominateur de l'onde. Au mépris des fureurs de la vague qui gronde.