ODE A LEON XIII. I
Du '' Lumen in cœlo," cette noble devise,
Toujours tu fus, Léon, le symbole vivant ;
Non content d'éclairer les enfants de TÊglise,
Tu veux encor sauver l'infidèle ienorant.
C'est pourquoi, dans ton zèle, aux peuples de l'Afri-
[que, Tu portes le flambeau de la foi catholique,
Pour en faire, au plus tôt, d'innombrables chrétiens.
Sous le joug écrasant du plus dur esclavage.
Le noir avait perdu l'espoir et le courage.
Quand tu vins briser ses liens.
Semblable au peuplier qui, durant la tempête.
De l'orage et du vent méprisant les efforts,
Dresse avec fermeté sa fière et noble tête,
Semblant trouver aux cieux quelques nouveaux sup-
[ports,
Tu cherches en Dieu seul la force souveraine. Vainement contre toi l'ourai^fan se déchaîne, Vieillard aux cheveux blancs méprisant le danger, Sans cesse tu combats l'impiété du monde, Opposant la prière à la fureur qui gronde Et s'efforce de se venger.
'' Léon," ce non de force, emblème du courage, Te sied bien, ô vieillard, toi dont la fermeté Triomphe constamment des faiblesses de l'âge, Et semble soutenir ta débile santé.
Tendre et compatissant comme sont tous les pères. Si tu sais écouter la voix de nos misères. Tu sais aussi flétrir, dans ta noble fierté. Les spoliations qu'on fait de tes provinces,