‹ Souvenirs de FélicieChapitre 33 sur 82 · LE MARÉCHAL DE LBVIS · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE LBVIS

sions , et ce fut lui qui'enleva au prince héréditaire de Brunswick les canons ^ue Ton voyait à Chantilly avant la Révolution. La paix de Versailles termina sa carrière militaire , mais non pas ses services; promu au gouvernement de la province d'Artois, il sut se concilier TafTectiou des troupes et celle des citoyens , toujours juste , toujours affable , il eut la première qualité de Thomme public, partout il se fit aimer. Sans être doué de ces qualités brillantes de l'esprit qui séduisent ou étonnent , mais qui sont trop souvent déparées par les écarts d'une imagination déréglée ou par des prétentions choquantes , il avait toute la capacité nécessaire pour les emplois les plus importants ; son jugement était sain, son coup d'œil sûr ; dans la société il plaisait par cette gaieté languedocienne, à la fois naïve et piquante, et qui donne aux moindres choses de la grâce et de l'originalité. A la guerre, sa bravoure froide contrastait avec sa vivacité ordinaire; mais le trait distinctif de son caractère était la bonté ; il y joignait l'activité, sans laquelle cette qualité est presque mutile. Il suffisait d'avoir avec lui les relations les plus éloignées pour acquérir des droits sur son cœur. Ainsi,[tout ce qui était Languedocien, Canadien, Artésien, tous ceux qui avaient servi sous ses ordres , depuis le tambour jusqu'au colonel , pouvaient s'adresser à lui avec confiance. Bien plus, élevé aux premières dignités de l'État, duc et maréchsd de France, il ne croyait point déroger à son rang en allant solliciter lui-même dans le^ bureaux en faveur de la veuve et de l'orphelin ; ni l'âge, ni les infirmités ne rar lentîrent jamais son zèle.

L'extrême attachement qu'il eut toujours pour ses devoirs avança l'époque de sa mort. Il partit, malgré les instances des médecins , pour aller tenir les états d'Artois de 1787 ; le voyage augmenta son mal , et il mourut le jour même indiqué pour Fouverture. L'assemblée, organe fidèle de la province, lui décerna de magnifiques obsèques et lui fit ériger un monument dans la cathédrale d'Arras. Sept ans s'étaient à peine écoulés

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