‹ Souvenirs de FélicieChapitre 42 sur 82 · LE CÀBDINAL DE LOMÉNIE. • S · texte numérisé non relu

LE CÀBDINAL DE LOMÉNIE. • S

nances. Le reste était devenu indifférent ; elles étaient tombées dans un' profond oubli ces querelles religieuses qui , pendant près d'un siède , avaient divisé les corps et les familles. On ne songeait guère à Jansénius ou à ses antagonistes , et le fameux diacre Paris était déjà aussi loin de nous que Nostradamus ; même le goût de la philosophie moderne , dont Voltaire et ses partisans avaient , tout en préchant la tolérance , fait une secte fanatique, semblait s'être amorti ; les questions métaphysiques n'étaient plus en honneur. Cependant la dissolution des mœurs et la licence des opinions avaient relâché tous les liens de la civilisation ; l'édifice sodal était miné dans ses fondements , et les observateurs à la vue longue s'en apercevaient aux lézardes qui se manifestaient dans les parties supérieures : il devait tomber à la première secousse. Pour parler sans figure , les droits et les devoirs , la morale , l'autorité souveraine , la religion, tout avait été mis en question, et permettre le doute, c*est lâcher la bride aux passions. Toutes les têtes étaient donc bouleversées en France, et si l'on ne trouvait pas ridicule le spectacle qu'elle présratait alors , c'est que, la folie étant générale , il ne pouvait y avoir de rieurs. Les militaires s'occupaient d'admmistration, les magistrats abandonnaient les procès et rêvaient politique, les gens de lettres voulaient faire des lois, les abbés pariaient finances , et les fenmies de tout. Ce qu'il y avait de phis fâcheux , c'est qu'elles décidaient en derm'er ressort du mérite des hommes, non pas seulement, comme autrefois, pour leur accorder la palme des. grâces et de la politesse, mais pour les élever au gouvernement de l'État. Leur influence, qui remonte à une époque déjà éloignée , était bien moins dangereuse lorsque tout n'était pas ainsi confondu. Si l'on se trompait alors sur les lumières de ceux à qui l'on confiait des places importantes, du moins n'étaient-ils pas dépourvus d'expérience; car on ne choisissait, pour les différents départements, et surtout pour celui des finances, que des hommes' f «rsés dans ces sortes d'affah^ ; mais de notre temps on pré-

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