‹ Souvenirs de FélicieChapitre 41 sur 82 · LE CARDINAL DE LOMÉNIE · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE LOMÉNIE

M. de Brienne, d'abord archevêque de Toulouse, ensuite principal ministre et archevêque de Sens , et enfin cardinal dd Loménie, eut, sous ces divers noms, des réputations bien difTérentes. En Languedoc , province sagement administrée , où les taxes étaient également réparties , le peuple ménagé, les chemins bien entretenus , il suffisait au prélat, à qui son si^ donnait la direction des affaires , et qui voulait acquérir les suffrages du public, de ne rien iimover, de ne point contrarier les ingénieurs et les principaux employés , hommes probes et instruits , et d'appuyer à la cour les demandes des particuliers. L*archeyéque de Toulouse eut ce talent négatif, qui du moins annonçait du discernement. Il fit plus , il parut prendre intérêt aux affaires de la province, et composa quelques Mémoires assez bien faits sur des objets d'utilité publique. Il acquit ainsi , à peu de frais , la réputation de bon administrateur, et ce fut surtout à Paris que ses nombreux amis la lui donnèrent; mais la capitale est comme les princes, qui ne savent guère s'arrêter dans leurs générosités. M. de Brienne s'y fit aisément passer pour un habile financier : c'était alors le moyen de parvenir aux grandes places.

I^s comptes fastueux de M. Necker, tous ses emprunts perpétuels et viagers , sujets continuels de tentation pour la cupidité, ses discussions avec son successeur dans le ministère, si imprudemment autorisées par le gouvernement , les querelles sur le déficit, les débats des Notables, la résistance opiniâtre et motivée des parlements aux taxes nouvelles , résistance toujours plus forte en raison de la faiblesse du chef de l'État ; toutes ces choses avaient attiré Tattention générale sur les fi-

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