LE DOC DE GOINES
I^ éac de €EiliDeiB avait été ambassadâur à Berlin avant d'être eiiToyé èà> An^terre. Il avait plus d'esprit et surtout pins d*adres9e quf Itcsordoia} île Rolien , et la reine avait aut)D de goût pour^iui qu'elle avait d'aversion pour le cardinal, if était plus fiattei}? pour sou amour-propre d'avoir plu au grand Frédéric»^ l'admit dsyau^sa soeiété intiuic et qui faisait sou^ vent de la musiqpao avec lui; car ils jouaient tous deu\ de flûte dans ime grande perfeetioo. A Versailles il passait poi: oh des hommes les plus ^sômables de k eour; et, eu effet , ' avait une plaisanterie fine et piquante plutôt que satirique ; I persiflage était sqn.fort, et sa gravité alors était imper bable.
Le duc de Guines avait rapporté de ses voyages des histoîre$l très-plaisantes dont il amusait nos princes; elles sont d'un . geure trop libre pour figurer ici ; mais je puis raconter une aventure de bal de l'Opéra qui fera connaître la tournure de son esprit. Pendant tout un carnaval M. de Guines s'était diverti à intriguer deux jeunes dames très-aimables, et il avait mis tant de circonspection dans ses propos qu'il leur avait été impossible de le reconnaître. Cependant , à force d'importunités, elles avaient obtenu qu'il se nommerait au dernier bal. Ce jour fatal arrivé, le masque reparaît à l'heure accoutumée , mais avec tous les signes d'une profonde mélancolie ; il demande, il supplie que l'on n'exige point l'exécution d'une promesse faite trop inconsidérément ; il conjure ces dames de lui laisser un secret dont dépend son honneur et peut-être sa vie. Toutes ces instances ne font que redoubler leur curiosité ; elles insistent , il cède ; et , après leur avoir fait jurer qu'elles