CABALES
S^ I point été désagréab}e si elle ii*avait pas été fort
Bialtr&iT»^ r la petite vérole. Ceci me rappelle que j'ai dit ]a in^ ^parlant du comte de Mirabeau. VoËJà donc dein
orateurs de France, et même les premiers ( si L ie cardinal Maury), défigures par cette hor* ce qiii ramène à se féliciter sur les heureux ef- :cine ne manquera pas de produire sur ta beauté i tiumaine ; elle aura^ sans doute p un elTet bien pJus -it sur la population^ qu^'elLe augmentera dans une pro- E)D rapide et indéfinie. Mais que ce résultat soit très-avaneu\ pour le bonheur général , e'cFt une grande question ^ et 4 voue que je ne penche pas pour Taffirmative Lorsque rAssembtée nationale fut enfin terminée , je fîs un Toya^ eu Angleterre et j'assistai à diverses séaDces de la chambre des Communes. Je fus singulièrement frappé de la ressemblance qui existait entre M, Fox et M. de Caïal^^s j tous dsca^taj^oottiiiié^o^tiice vive et tiâtareUei besiioofq^Jta^ily dieduléttr et deû-anciiise; tous deux se iét)ét»eD^lieaaetra|^, et mettaient si peu d'ordre dans leurs discours que ce n'était pas une petite affaire, pour les journalistes qui rendaient compte des séances, de rendre supportable à la lecture ce qui avait fait la veille une grande impression sur Tauditoire. Il faut cependant convenir que M. Fox avait de l'avantage lorsqu'il s'agissait de politique ; il le devait à son expérience dans les aflaires d'État et à cette éducation prolongée des Anglais, qui répand nécessairement parmi eux plus d'instruction que ne peuvent en avoir les individus des hautes classes dans les autres pays. Du reste, la ressemblance s'étendait jusqu'à la voix et à la taille. Ils avaient encore la même bonhomie et malheureusement les mêmes goûts; car M. Fox n'aimait pas moins le jeu et la dépense que l'orateur français. Ce n'est ni la première ni la dernière fois que j'ai remarqué ces parités physiques d'accord avec les ressemblences morales. J'en pourrais citer plu- «eurs exemples, entre «autres celui de M. Pïecker et de M.***,
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tous deux gens d'esprit, emphatiques et orgueilleux à l'excès ; sans avoir les mêmes traits , ils avaient la même conGguration et portaient la tête de la même manière. Mais pourquoi s'arrêter à des exemples qui pourraient être attribués au hasard? Les locutionS' proverbiales sont de bien meilleures preuves. He dit-on pas dans toutes les langues bouffi d'orgueil, et tant d'autres expressions semblables, où l'on annonce le caractère par la forme du corps? Or les proverbes sont toujours fondés sur l'observation et l'expérience des siècles.
^poinî été désagréable si elle n'avait pas été fort f ia petfte vérole. Ceci me rappelle que j'ai dit ta
rti parfiint du comte de Mirabeau, Voilà donc deux >ïïrîiteui*s de France, et m^ine les premiers ( si î. le cardinal MaurjO, défigurés par cette hor- I ce qui ramène à se féliciter sur les heureux eFdne ne manquera pas de produire sur la beauté naine ; elle aura, sans dotite, on efTet bien plus la nooulation, qu'elle augmentera dans une pro- ; indéfinie. Mats que ce résultat soit très-avan-^ onf^eur général , c'est une grande question, et foue que je ne penche pas pour Taffirmalive Lorsque T Assemblée nationale fut enfin terminée , je fis un y âge ea Angleterre et j'assistai à diverses séances de la cnambre des Communes, Je fus singulièrement frappé de la ïessemblance qui existait entre M. Fox et M, de Cazalès ; toas deux avaient une éloquence vive et naturelle, beaucoup d'esprit, de chaleur et de franchise ^ tous deux se répétaient beaucoup, et mettaient si peu d'ordre dans leurs discours que ce n^était pas une petite affaire, pour les journalistes qui rendaient compte des séances, de rendre supportable à la lecture ce qui avait fait la veille une grande impression sur l'auditoire. Il faut cependant convenir que M. Fox avait de l'avantage lorsqu'il s'agissait de politique ; il le devait à son expérience dansJes affaires d'État et à cette éducation prolongée des Anglais, qui répand nécessairement parmi eux plus d'instruction que ne peuvent en avoir les individus des hautes classes dans les autres pays. Du reste, la ressemblance s'étendait jusqu'à la voix et à la taille. Ils avaient encore la même bonhomie et malheureusement les mêmes goûts ; car M. Fox n'aimait pas moins le jeu et la dépense que l'orateur français. Ce n'est ni la première ni la dernière fois que j'ai remarqué ces parités physiques d'accord avec les ressenîblences morales. Peu pourrais citer plu- «eurs exemples, entre 'autres celui de M. I^eeker et de M.***,
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tous deux gens d'esprit, emphatiques et orgueilleux à l'excès ; sans avoir les mêmes traits , ils avaient la même configuration et portaient la tête de la même manière. Mais pourquoi s'arrêter à des exemples qui pourraient être attribués au hasard? Les locutionS' proverbiales sont de bien meilleures preuves, jfe dît-on pas dans toutes les langues bouffi d'orgueil, et tant d'autres expressions semblables, où Ton annonce le caractère par la forme du corps ? Or les proverbes sont toujours fondés sur l'observation et l'expérience des siècles.
Elle était étonnante Tinfluence que les principaux médecîiis exerçaient dans ce temps-là en France sur leurs malades de la haute société, et surtout sur les personnes du sexe. Elles avaient pour eux une confiance tendre et soumise , et leur admiration sans bornes était accompagnée des attentions les plus recherchées. Je ne saurais comparer les sentiments de ces dames pour leurs médecins qu^à ceux que leurs grand'mères avaient, à la fin du siècle de Louis XIV, poiur leurs directeurs; et, dans le fait, la préférence que, de nos jours, le corps avait obtenu sur l'âme , explique assez ce déplacement d'affections. Quoi qu'il en soit, les médecins qui avaient cette vogue extraordinaire étaient en très-petit nombre; ce qui ne doit pas étonner, lorsque Ton songe qu'ils devaient réunir à des talents reconnus dans leur art un esprit délié , la connaissance du cœur humain , l'usage du monde et des manières agréables; mais, avant tout, il fallait qu'ils eussent ou qu'ils feignissent un cœur sensible. Comme, sur vingt fois qu'ils étaient appelés , il y en avait au moins quinze plutôt de luxe que de nécessité, on voit bien qu'ils avaient plus de plaintes à entendre que de remèdes à ordonner. Ils devaient écouter avec Tair du plus vif intérêt les longs récits de leurs malades , et cependant il ne fallait point traiter trop sérieusement leurs inquiétudes, de peur de leur donner des craintes réelles, moyen sûr d'être pris en aversion et éconduits, tandis qu'en les traitant brusquement de chimères oh eût choqué leur amourpropre ou passé pour un homme dur. L'art consistait à relever le courage de ces âmes amollies ^ à leur prescrire , avec une apparence d'attention, de ces ordonnances innocentes qui sa-
tisfont l'esprit sans nuire à la santé, et à terminer par une plaisanterie délicate et légère une visite dont le commencement avait été consacré à la sensibilité. Qu'il y avait loin de ces docteurs aimables à ceux du temps de Pascal ! Lorsque ce grand penseur disait : « Qui voudrait d*un médecin sans soutane ? » il était loin de prévoir un tel changement de mœurs ; mais il avait raison de se moquer de Taveugle confiance que Ton avait alors pour rhabit. S*il eût écrit de nos jours, il n*eût pas moins n de la confiance dans cet intérêt prétendu que les femmes pensaient inspirer à leurs médecins. Les moralistes ont toujours raison ; les hommes changent de hochets, mais chaque siècle a les siens.
Il y avait, à l'époque dont je parle, plusieurs médecins célèbres, et qui, indépendamment de toute autre considération, méritaient leur célébrité; c'étaient Tronchin, Bouvard, Lorry et Bordeu. Les ouvrages de ce dernier jouissent encore, malgré les progrès de la science, de la plus grande estime. Tronchin, étranger ( ce qui a toujours été un titre de recommandation en France), avait mis de l'adresse et presque de la charlataderie pour assurer dans le commencement, ses succès ; par exemple, il imagina de conseiller à une jeune femme qui avait besoin d'exercice de frotter son appartement ; ce qui réussit si bien que la moitié de la bonne compagnie de Paris se mit à frotter. Une autre année , il proscrivit la soupe. Mais un service essentiel qu'il a rendu aux gens de lettres et à tous ceux qui, par état, sont obligés d'écrire longtemps de suite, c'est l'invention des tables qui se lèvent et s'abaissent à volonté ; elles portent son nom, et l'usage n'en saurait être trop recommandé.
Bouvard, non moins habile que ses trois confrères, n'a guère lai^ que des bons mots. On sait que la mode exerce à Paris son empire sur la médecine comme sur tout le reste ; or il fut un temps où l'écorce de l'orme pyramidal était en grande réputation; on la prenait en poudre , en décoction, en élixir,
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mtaie m bams ; elle était bonne pour les nerfiif la pbfMM^' restomac; qiie SQÎs-Je? c'était une véritable pandoéei An ^hv fort de la vogue, une de ses malades demandait à BoinrBKd ûdie ne ferait pas bien d'en prendre. « Preoes, Madame Vlé^ • « pondîtrjl, et dépéchez'Vous pendant qo'dle Js^néA. » latmpm Bartliez, fameux profe»^ de Montpellier, aniva àPiRÉiif^ excita tnentliousiasme presque universel dans le grand àte a dte ^ c'était un. hqpimé savant et spirituel, mais qui avàit.plw db Ûiéorie que de pratique, et qui devait tout cet éclata kwnde guàîson du comte de Périgord , commandant dé Lan|^6d«>c.- - Bouvard voyait avec quelque jalousie s'élever une ré^utatioift qui m^açait d'éclipser la aenne: On lui demanda ce qu'il pen-^ sait du nouveau venu. « Ce que je pense de M. Barthez, ré^on» « dit-il avec son air grave et malin^ c'est qu'il a bieo de l'es- « prit, beaucoup de connaissances, qu'y ëÊX beaucoup de « dioses, et même un peu de médedne. » On attribue un mot encore plus piquant à Bouvard. On prétend qu'il répondit au cardinal de*** , prélat peu régulier (d'autres disent à* l'abbé Terray), qui se plaignait de souffrir comme un damné : « Quoi ! déjà, Monseigneur ? » Pour moi, je crois bien qu'il a pu dire cela d'un de ses malades, mais non pas le lui répondre; les mœurs s'y opposaient. Les inférieurs faisaient quelquefois des réponses très-caustiques, mais point sans y être provoqués par des railleries.
Lorry avait un caractère tout différent ; ses -plaisanteries étaient douces et ses manières insinuantes. Il avait le talent d'égayer ses convalescents et de consoler ses malades ; il entrait dans leurs peines, partageait, pour ainsi dire, leurs souf* frances, et il les dépeignait avec une telle exactitude qu'il semblait les ressentir lui-même. C'est ce qui lit dire à la comtesse de C** , en le recommandant à une de ses amies : « Ce pauvre « M. Lorry, il est si au fait de tous nos maux que Ton dirait « qu'il a lui-même accouché. »
J'ai oublié de dire, en parlant de Bordeu, que sa mort 6lt
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presque un suicide. Il reveuait des eaux, qu'il avait été prendre pour se délivrer de violents maux de tête dont il était tourmenté. 11 paraissait mieux ; mais il était loin d'être guéri , et même, quelqu'un lui ayant demandé des nouvelles de sa santé : «Ne soyezpas étonné, répondit-il, si Ton vous apprend, non pas que Bordeu est malade , mais qu'il est mort. » Gela ne tarda guère ; il se mit un vésicatoire à la ùuque, et il expira dans la nuit. S'il ne voulait pas se tuer, comme plusieurs personnes l'ont cru, au moins eonnaîssait-il le danger de ce remède dans «on état. Mais un ouvrage important qu'il voulait terminer et ses nombreuses visites absorbaient tout son temps; il ne lui restait point celui de suivre un traitement moins hasardeux^ mais beaucoup plus long ; il risqua le tout pour le tout, la vie contre la santé. On trouva alors que c'était un acte de folie, et sans doute qu'on le trouve encore. Je ne dirai point mon opinion ; j'observerai seulement que, si c'est une folie , il y en a beaucoup du même genre. Je ne veux point parler des guerriers, qui, par amour pour la gloire ou par patriotisme, risquent journellement leur existence : ceux-là sont des héros; mais combien de militaires, par vanité ou pour obtenir quelque avancement, ne s'exposent-ils pas avec une incroyable témérité? Et dans la vie civile, que d'états, que de professions dangereuses ! Les marins sur leurs vaisseaux , les mineurs dans leurs souterrains, les couvreurs sur leurs toits, les danseurs de corde , et tant d'autres , ne bravent-ils pas sans cesse une mort imminente ? Mais il sufGt de voir cela tous les jours pour ne pas le remarquer.
Le sujet que je traite me conduit à parler des singuliers effets que produisit la Révolution sur la santé des gens du monde. 11 était vraisemblable que toutes ces personnes délicates et languissantes ne pourraient point survivre à la perte de l'aisance et des commodités de la vie; loin de cela, celles' qui restèrent en France supportèrent sans en paraître affectées les privations de tous genres , les rigueurs de toute espèce , la
misère et la captivité , taudis que celles qui se trouvèrent trausplantées loin de leur patrie, bous un ciel étranger, et la plupart mus un elimat rigoureux:, s'exposèrent sans iueonvéments aux mtcmpérïes des saisons , et retrouvêreat Tusage de leurs jambes qu'elles croyaient perdu. Jamais expérience en faveur de la tempérance et de l^exerdce oe fut faite plus en grand et plus chèrement payée; elle est sans doute décisive. Ajoutez que presque toutes ces personnes se plaignaient de vapeurs et de maux de nerfs. Des incommodités de ce genre devaient s'augmenter dans un temps de malheur et d'inquiéludes , où lW<a:au^pi»tayeo 11091 de laisoi^ pour soi et les siens, et où ^ ispeetadfls 4é(idi^^ cesse sous les jeox^
D'ailtres dirateit peutnetre que ces ^aideimes souffrances ^'jé•> iai^t que des mmgrt^i.Ciette explicatlcm seiaitpljos jQomr Siode; noiais je m h mm pas (ondiée^ du mops ppur Is^plus "
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. Sironiie{ieq|;pa8.i4terW. Jkdi^
^cî])Svi^^''e^^6St ^pas iQCWi^tiTr^ «qù-il jouissait de la phis haute réputation dans ime partie de la grande société, et, comme les personnes qui la composaient étaient des plus exaltées , leur enthousiasme pour lui était inconcevable. Sa mort prématurée empêcha le public d'apprécier l'étendue de ses talents, et il est plus célèbre dans les fastes de l'amitié que dans ceux de la médecine. 11 vivait, depuis plusieurs années, à Saint-Germain, avec un M. Pechmeja (1), de Lyon, et ils y donnaient l'exemple de l'union la plus intime et la plus touchante. Lorsque M. Dubreuil fut attaqué de la maladie dont il mourut, à peine frappé, connut le danger de son état et dit à Pechmeja : « Mon « ami, faites retirer tout le monde; ma maladie est contai « gieuse; vous seul devez rester ici. » Pechmeja s'enferma dans la chambre fatale, soigna son ami et mourut après luL J'ai entendu porter des jugements bien différents sur cette acr
(i; Auteur àeTéUphêt roman moral. .
tion de M. Dubreuil : les uns la regardent comme suffisamment autorisée par une héroïque amitié ; d'autres, au contraire, y voient un égoïsme cruel ; suivant eux , Dubreuil aurait dû exiger de son ami de s'éloigner avec les autres. Mais quoi ! dans une union fondée sur la vertu , l'honneur d'un ami ne doit-il pas nous être aussi cher que le nôtre ? Quel est l'être assez faible, je dirais presque assez vil, pour conseiller à l'objet de ses affections , à Fami de son cœur, une action lâche et honteuse , comme de reculer devant l'ennemi , ou , dans nos préjugés actuels, de refuser un défi ? Celle que Ton blâme ne l'eût- elle pas été.? Dubreuil devait être affligé de cette circonstance qui faisait partager ses dangers à son ami ; mais comment soupçoimer que le calcul barbare de profiter des soins de celui qu'il aimait, au risque de le perdre, soit venu dans son esprit? Non, tout dément cette accusation atroce, et j'affirmerais que c'était par intérêt pour Pechmeja qu'il l'exposait à périr avec lui.
Je ne dirai pas , pour justifier M. Dubreuil , qu'il avait rencontré dans une auberge Pechmeja, qu'il ne connaissait point, malade à l'extrémité , abandonné du médecin , dénué de secours , et qu'il l'avait sauvé autant par l'assiduité de ses soins que par son habileté. Cet éminent service ne devait plus influer sur leurs rapports ; car le lien de la reconnaissance, si fort, si durable, cesse d'exister dès que l'amitié commence : dès lors plus de bienfaiteur, plus d'obligé. L'amitié ne regarde pas en arrière; mais du jour de sa naissance elle établit, pour le présent et l'avenir, une indissoluble communauté de biens et de maux; sa base est l'égalité, la réciprocité la plus parfaite. Si vous concevez une liaison intime fondée sur d'autres principes, une union qui reconnaisse d'autres droits et d'autres devoirs, de grâce , ne la nommez point amitié ; ne profanez point ce nom sacré.
Je me demande, en relisant ceci, si l'amour, en pareille occasion^ n'aurait pas d'autres règles de. conduite. 'Au premier
«p»^,je8ijâi tàM de léeroffe,et r^xunoi de çevt&i^am^ tionnesenût peut-être pas ^ans mtérét; mais il m'entrafneBiil bie&lràDdà sujet de cet artidb, dont je ne me siâs déjà qii# trôp éeÉrté(l)* .
Jpl) On « neofllUf on mot ebaniiantde Peehm^a. H faisait assez deûé»liÉues, et quâqa'dD qoî ednàalssait.PeiigoIté de sa fortune s'éUmnai^ ^||Ml»p«t y jiiffif^^« l*ai pé^iedios^. U est Ytai« xépoacttt Pecbmci«^ «miÉs 0ai}raqll estiM^ » ' ':
xCetttt réponse (9^4[Vine aalireté toactote, Je dicaU presque fltoblime, lé bièo t QD hamme Yil eût dit prédsémeDt les mêmes mo& ; mais quelle èOrârénoedaiis la manière dont il les eût prononcés i .
Parmi les personnes de la haute société dont j'ai parlé dans le commencement de ce recueil , je n'aurais pas dû omettre madame de Montesson, qui pendant tant d'années y a joué un rôle si important. Jamais union n'a eu plus de publicité que son mariage secret avec le duc d'Orléans ; mais, comme le roi ne voulut point consentir à lui laisser prendre le rang de princesse, elle se trouva dans une position intermédiaire où elle avait également à redouter le ridicule et l'envie. Elle sut, par une conduite habile et soutenue, désarmer l'un et l'autre. Affable pour les inférieurs, d'une politesse noble et graduée avec les personnes considérables, respectueuse sans bassesse envers les princes , obligeante pour tous , elle acquit à la fois de la bienveillance et de la considération. Trop humble, elle eût été méprisée; arrogante, elle eût été haïe; enfin des airs de princesse eussent paru aussi déplacés que les manières libres d'une maîtresse. Le maintien d'une épouse sans titre était très-difficile à saisir et à conserver ; elle en vint à bout.
Madame de Montesson n'avait point cependant un esprit supérieur ; mais la nature lui avait fait des dons plus précieux, beaucoup de justesse, de patience et de raison. Tels furent ses ^ides dans la carrière longue et difficile qu'elle eut à parcourir , et, lorsqu'elle fut parvenue à son but, ce fut encore à son bon jugement qu'elle dut de jouir des avantages de sa position dans toute leur plénitude. Sa maison présentait une magnificence sans faste et tempérée par une élégance qui réconcilie avec le luxe ; sa société était une école de bon goût et de politesse. Quoiqu'elle aimât les lettres, et même qu'elle les cultivât, elle n'avait point la manie du bel esprit, et son ton était simple et
40a SCi!DAMB DE xoinxssoiff. \
sans préteBdon. A la Tilleel à la eampagne, on jouissait cliez: die de tous les agréments 'de la riGiiesse,et des divers pté- ^ sirs qu'elle peut procurer, sans éprouver le d^oût qui suit la . pi!0^§alité;€ar une lediepclie aetive et curieuse des înventiiNas ' nouveltes, et l'applieatîon plus ou moins ingém'euse des' pro- iptès ^e font oontimuellçiafiDt )eâ arts et même les sciences aux commodités de U^ vte , inl&essaient Fesprit et plaisaient à rinconstance.
C'était ainsi que madame de Montesson, tout ea satisfaisant ses goûtS) employait les immenses revenus du prince qui l'ai- ' mait d'une manière aussi agréable qu'utile a la société. En ià- Tonsant, eu encourageant les perfectionnements et les améliorations dé tous les genres^ les riches donnent une activité sans cesse, renaissante aux fabriques et a cette foule d'artû^ que le luxe emploie à son service dans les grandes capitales. Les mcBurs, à cette époque, n'étaient point favorables à la prospérité de ce genre de comoierce qui fait vivre, à Paris et àLyon, des milliers d'ouvriers des deux sexes. L'aisance et la liberté , en s'introduisant dans les cercles, y avaient amené la simplicité qui toujours les accompagne ; la magnificence dans les meubles et les vêtements était remplacée par Télégance; les formes consacrées par un antique usage, ces robes à paniers amples , les habits habillés, étaient proscrits ; la cour elle-même avait donné ou plutôt Suivi un exemple fatal à l'industrie nationale, et ce n'était plus qu'aux jours de cérémonie que Ton y voyait quelques traces de ce faste qui jadis entourait constamment le trône. Seule, la vivacité de la mode, qui faisait changer sans cesse d'ajustements, donnait de l'activité aux manufactures.
Peut-être me reprochera-t-on ces regrets que je donne au luxe ; on me dira, suivant l'ancien adage, qu'il est pernicieux, qu'il est la ruine des empires. — Mais pourquoi vous^arrêter en si beau chemin ? La corruption et le vice sont assurément le résultat nécessaire des nombreux rassemblements d'hommes : la vertu s'y corrompt comme l'air que l'on respire dans les
;n3liides assemblées. Donc point de villes, et surtout de villes de cinq ou six cent mille âmes ; quittons-les, et retournons dans les champs, ou plutôt dans les forêts, manger les glands comme nos pères. Pour parler sérieusement, dans l'état où est aujourd'hui l'Europe, lorsque tous les peuples pèsent les uns sur les autres comme les parties constitutives d'un même fluide, il faut nécessairement songer à la balance du commerce, tâcher de beaucoup vendre à ses voisins pour pouvoir beaucoup acheter, exciter leurs désirs par des produits brillants et solides.... Mais je m'aperçois que je m'égare dans le domaine vaste et ui; peu aride de Téconomie politique. Si cette digression, à laquelle j'ai été insensiblement amené en parlant d'ajustements et de frivolités, ne paraît point trop déplacée, ce sera la preuve que tout se tient dans les mœurs. Revenons à celle qui fait le sujet de cet article. Je disais donc que madame de Montesson tenait une excellente maison , où elle réunissait tous les agréments de la société à ceux d'un luxe ingénieux. Cela était d'autant plus précieux que les maisons ouvertes, autrefois si nombreuses à Paris, étaient presque toutes fermées ; les ambassadeurs n'en avaient plus, et, parmi les Français, on ne pouvait guère citer que les dîners du maréchal de Biron et les soupers du vendredi de madame de La Vallière. Ces grandes assemblées, habituellement bien moins agréables que les réunions particulières , où l'on jouit , dans toutes leurs douceurs , des charmes de l'intimité, sont nécessaires dans une capitale; elles donnçnt aux personnes d*un rang élevé des occasions de rapprochement, et conservent entre les grandes familles des liaisons de bienveillance et des moyens commodes de former des alliances ; elles ont encore l'avantage de concentrer, comme dans des temples, le culte de la politesse noble, et d'entretenir l'uniformité dans les manières de la haute classe; c'est ainsi que les académies ont été instituées pour maintenir la pureté du lan-
age.
Ceux qui aiment à faire des rapprochements (et ils sont nom-
409 HADÂHE 01 HONTËSSON.
bréu\ ) n'ont pas maaqué de comparer madame de Montesson k madciine deiMaiuteuon L'adresse, le manège et la patieiice qu'elles ont dû mettre toutes deux pour fixer, dijns un âge où Ton ne fait plus de conquêtes, des print-es jusque-là fort inconstants ; le mariage secret de nom, public de fait, qui fut le prix de leurs IiaLiles assiduités, voilà certainemeot des pointa de ressemblance ; mais elle ne s'étend point au delà de In position. Quand on en vient aux i^ersonnes, on ne trouve plus que des contrastes. Il est ^ en effet, impossible de comparer ce Louis XIV, si imposant, et qui, indépend^imment de son rang suprâme^ imprimait un caractère de grandeur à ses moindres aidions, avec celui de ses arrière-neveux qui n'était remarquable que |)âr sa bonhomie et son affabilité. Il ne re^emb[ait pas meuie au monarque eomme un nain qui peut avoir les truits d'un géant ; car, au lien de ces formes si pleines de dignité, de la taille noble et élevée de Louis le Grand, il avait des manières toutes rondes comme sa personne, et, sans être borné, son esprit n'avait rien de distingué. Quant à madame de Montesson, si on la compare à madame de MainJ:enon, même infériorité dans l'esprit, dans la beauté , et jusque dans la taille. Elle aurait eu plutôt quelque ressemblance de caractère avec cette femme qui gouverna la France sous Louis XV, la marquise de Pompadour. Toutes deux avaient de la douceur et de la grâce, de la bonté, un jugement assez sain, Tamour des lettres et des arts, mais des vues courtes, et un esprit rétréci par l'habitude du manège et de l'intrigue. Cela n'empêche point de bien tenir unemaison. Aussi madamede Montesson, qui n'eut qu'une influence privée , se fit-elle aimer et considérer, tandis que la marquise encourut l'indignation de la nation entière, qui attribua nos revers à ses funestes conseils ou plutôt à ses mauvais choix. Peut-on raisonnablement croire qu'en pareille circonstance madame de Montesson, avec le caractère que je viens de dépeindre, eût mieux gouverné ? Non, sans doute. J'en ignore la raison, mais ce n'est que chez les nations
^angères que Fon trouve de ces femmes à la fois habiles et fortes qui savent porter une couronne et égaler les plus grands rois ; telles furent, dans le Nord, Elisabeth d'Angleterre, Marguerite de Valdemar et Catherine II ; à Vienne, Marie-Thérèse. En revanche, les Françaises remportent, par leur amabilité, sur toutes les autres femmes ; et plaire, c'est aussi régner.
Madame de Montesson est auteur de plusieurs pièces de théâtre qui furent toutes représentées chez M. le duc d'Orléans, et souvent il fut , ainsi qu'elle , au nombre des acteurs. Ces pièces avaient, comme on s'y attend bien, un succès infaillible. Il ne fallait pas dans les spectateurs beaucoup de politesse pour les applaudir, parce qu'elles n'étaient pas précisément mauvaises, et cependant il en fallait, parce qu'elles n'étaient pas bonnes ; on y remarquait plus de sens que de verve, plus d'adresse que de talents ; jamais rien de choquant ou de ridicule^ mais aussi rien de saillant, pas un trait heureux, pas un mot piquant. Le dénouement arrivait au bout des cinq actes, comme les morts de vieillesse, parce qu'il faut bien que tout finisse ; alors on éprouvait, pour la première fois , un mouvement de gaieté en songeant au bon souper qui suivait immédiatement cette froide représentation.
Cette absence totale d'esprit dans les ouvrages d'une personne qui n'en manquait pas, et dans un pays où les productions littéraires en ont souvent trop, avait de quoi Sj^rprendre.
Madame de Montesson a fait imprimer en 1782, chez Didot, le recueil de ses œuvres^ qui forment huit volumes grand in-8®. Cela était un peu orgueilleux ; car, dans le nombre des pièces que contient cette collectioD, il n'y en a pas une seule qui soit au-dessus du médiocre, et la plupart sont au-dessous. Il est vrai qu'elle n'en fit tirer qu'un très-petit nombre d'exemplaires, qu'elle distribua à ses amis, sous le titre d'œuvres anonymes, et qu'aucun ne fut vendu. Cette réserve fut mise sur le compte de son rang, qui ne permettait pas qu'une aussi grande dame, .presque princesse du sang, courût la chance des auteurs vul-
#4 ^ lUDJLVJ^ BB MOIfTSSSON.
^res, et s'ei^s^, oonpne eux, atu^ tr^ûts de la critique cft^^. ridieide. ]$Iaisoe prétexte, servit. bicsa son amour-propre, que lé inauvais im^soès, plus que probable d'une T^table publica-^ tbn aurait sans doute mor&Lé. '
Les œuvres de madame de Montesson n'ayant été tirées (ju'à douze e^çempïaires, dont plusieurs sont détruite ou dépareillés^ sont devenues^ malgré leur peu de mérite Utléraire , un livre rare et précieux. Les amateurs ont la folie de le payer jusqu'à six cents francs et au delà, c'est-à-dire plus que ue leur coûterait une collection de nos chefs-d'œuvre. Voici , pour être complètes, ce qu'elles doivent contenir. Dans le premier volume, intitulé Mélanges y on trouve d'abord uii roman en prose, Pauline; tout le reste est en vers ; liosamonde, poëine eu cinq chants ; un conte allégorique ; les Dljc-huU Portes , anecdote tirée des Fabliaux \ enfin une Lettre de Salnl-Ptfux à myîord Edouard, Ces mélanges, à l'exception du roman en prbse, pitoyable production, ont été réimprimés la même année 1782 en un volume in-18, semblable à la collection d'Artois. Les sept autres volumes in-8° contiennent quatorze pièces , tragédies y drames, comédies, le tout fort médiocre. Parmi les pièces, les plus mauvaises (et cela pouvait se prévoir) sont les deux tra- " gédies, la Comtesse de Bar et Agnès dé Méranie ; l'Homme impassibte et rimant romanesque , comédies , ne sont pas sans quelque intérêt.
La dernière pièce du recueil, intitulée le Comte de Ckazelles, comédie en cinq actes et en vers , est tirée , suivant madame de Montesson, du roman de Clarisse^ et, suivant le public , des Liaisons dangereuses. Elle fut représentée à la Comédie française, sans nom d'auteur. Non-seulement elle tomba complètement, mais on la trouva très-inamorale. Madame de Montesson crut qu'il y avait de la magnanimité à se charger de cette accusation ; en conséquence M. le duc d'Orléans déclara qu'elle
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en était l'auteur, et elle-même en appela du parterre au lecteur, comme elle le dît dans sa préface.
11 est arrivé quelquefois, quand les mélanges manquaient , de diviser les quatorze pièces en huit volumes , afin de faire passer l'édition pour complète.
Enfin il y a une autre édition en deux volumes in-S" seulement, contenant quatre pièces; celle-ci porte la date de 1772 et 1777. Elle est encore plus rare que l'autre.
Les renseignements bibliograpliiques de cette note, plus utiles pour les amateurs de livres que pour les amis des lettres, m'ont été donnés par M. A. Renouard, dont les connaissances et le goût sont généralement estimés.
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Madame de Bouliers était une des personnes de son temps les pluf; distinguées par la justesse et l'iïtendue de sou esprit. Amie intime du priûce de Coutî, <jui était lui-même très- spirituel, elle a feit loiigtiniips les charmes de la société du Temple, Jeïakpm coimue binais j'ai reeueUli quelques^ pml9ées^d'eMe qui lâéritent d'être, coi^ervées. Peat-étre trouT^a-^tH»ii qa'il n'y a lien de bien nouve^fu dans ce petit opu'scûle /et Je croiSj «n effet, que, si l'on feuilletait quelques volumes de moralfôtes,^ on parviendrait à y rassembler des sentences ipi, sans être exactement les mêmes, ressembleraient à celles-^là ; mais, devpuis que le nombre des livres s'est si prodigieusement accru dans tous les genres, de s^mblableé recherches auront toujours du succès. Laissons donc ce travail ingrat , et qui n'est satisfaisant que pour l'envie, à des érudits oisifs, et recevons avec reconnaissance des pensées justes, morales, élégamment exprimées, et qui ne sont point sans utilité pour la conduite de la vie, lorsque la mémoire est aidée par leur précision. N'est-il pas indifférent que Zoroastre ou Confucius aient dit à peu près la même chose il y a deux ou trois mille ans? Mais si l'on veut une règle pour apprécier le mérite des auteurs, on peut être assuré que celui qui aura trouvé en lui-même un bon nombre de maximes dignes, pour le fond et Texpression , de l'approbation générale, loin dégrossir son recueil aux dépens d'anciens ouvrages, aura cherché à éviter les réminiscences. Les ^ens riches n'empruntent point.
Voici les pensées de madame de Bouflers :
« Dans la conduite, simplicité et raison. »
« Dans l'extérieur, propreté et décence. »
LÀ GOHTESSE DE BOUFLEBS. 407
« Dans les procédés, justice et générosité. »
« Dans Tusage des biens, économie et libéralité. »
« Dans les discours, clarté, vérité, précision. »
« bans l'adversité, courage et flerté. »
«< Dans la prospérité, modestie et modération. »
« Dans la société, aménité, obligeance, facilité. »
« Dans la vie domestique, rectitude, et bonté sans familia- « rite. »
« S'acquitter de ses devoirs selon leur ordre et leur impor- « tance. » "^
« Ne s'accorder à soi-même que ce qui vous serait accordé « par un tiers éclairé et impartial. »
À Éviter de donner des conseils, et, lorsqu'on y est obligé, « s'acquitter de ce devoir avec intégrité, quelque danger qu'il « puisse y avoir. »
a Lorsqu'il s'agit de remplir un devoir important, ne consi- « dcrer les périls et la mort même que comme des inconvé- « nicnts et non comme des obstacles. »
« Tout sacrifier pour la paix de l'âme. »
« Combattre les malheurs et les maladies par la tempé- « rance. »
« indifférent aux louanges, indifférent au blâme, ne se sou- « cier que de bien faire, en respectant, autant qu'il sera pos- « sible, le public et les bienséances. »
« Ne se permettre que des railleries innocentes, qui ne puis- « sent blesser ni les principes, ni le prochain. »
« Mépriser le crédit, s'en servir noblement, et mériter la « considération. »
On me demandera peut-être : La personne qui a si bien écrit sur les devoirs les a-t-elle toujours remplis? a-t-elle toujours offert un modèle de sagesse et de bienséance? Voilà des questions qui s'offrent naturellement à l'esprit lorsqu'on vous présente des règles de conduite. Mais quel est le but de cette curiosité? N'est-elle pas inspirée par l'amour-propre que les pré-
hk COMTESSE DE BOUFtEBS.
cêpteâ humilient, pare« qu'il y trouve presque toujours des reproches ? On cherche à mortilier le doïineur d*avis eti lui montrant qu'il 'n'est pas plus parfait qu'un autre. Cela n'est guère rajsonuable. Eh i qu'importe d'où vieut la source, pourvu que l'eau soit pure ? Autant vaudrait s'informer si le médecitt qui vous ordonne la tempérance l'a toujours pratiijuée. 11 n'y a de choquant et de ridicule que Tostentatioii de Ja vertu et l'affiche de la sagesse, surtout depuis qu*il n*y a plus , eomtnâ dan±i Paatiquitc, des philosophes de profession. J'insiste d^'autaot plus SUT ce point que j'y suis pcrsonneUeraent intéressé. Et mot aussi j'ai composé des maximes, mais sons avoir plus de droits que de prétcnlions à la sagesse, et tout en convenant que c*est souvent d'après mes propres défauts que j'ai dépeint' ceux des autres et que j'en ai montré les inconvénients. Après de tels aveux, il serait injuste et déraison oable de me les reprocher, au lieu de chercher à profiter de ce qu'il peut y avoir de bon dans mes eouseils.
Le petit ouvrage de madame de Bou fiers que je publie a été copié sur un exemplaire encadré depuis maintes années dans la chambre de madame de B***. J'ai été confirmé dans ropinion avantageuse que j'en avais conçue en lui voyant occuper cette place honorable chez une dame de Fesprit le plus distingué, de la plus aimable vertu, et dont les exemples valent mieux que tous les préceptes.